"Tout homme qui se met en colère... devra passer en jugement" (Mt 5, 20-26)

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Prière du matin

jeudi 14 juin à 5h45

Durée émission : 5 min

"Tout homme qui se met en colère... devra passer en jugement" (Mt 5, 20-26)

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"Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement

Méditation de l'Evangile (Mt 5, 20-26) par le père Bernard Devert

Chant final: "Frères humains", par Daniel Facerias

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples :
« Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Ssource : AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

Si votre justice ne dépasse pas celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux.
La justice de ces hommes n’est pas mise en cause.
Justes, ils le sont au regard de leur logique, à tel point qu’ils en deviennent étroits, étriqués à l’égard de ceux qui n’ont pas leur savoir ou leur avoir.
Justes, ils n’ont plus aucune idée de se laisser ajuster. Ne seraient-ils pas ceux-là mêmes que Charles Péguy nomme les « habitués ».
Ils sont arrivés … Arrivés à quoi ? A leur fin. Tout alors est fini. La petite Espérance est celle, nous dit Péguy, qui « commence toujours ».
Le Royaume des Cieux est le lieu de l’étonnement. Pharisiens et Scribes sont satisfaits d’être ce qu’ils sont, tellement différents des autres jusqu’à créer des abîmes et devenir des intouchables.
Intouchable, telle une caste ; un monde fermé qui fermente l’ennui, la peur et le refus de l’autre.
L’enfer, ce n’est pas les autres comme le prétendait Sartre, mais c’est bien s’appartenir, être entre soi pour soi.
Rappelons-nous Zundel, « Dieu est Dieu parce que précisément, il est tout donné ».
Donné, jusqu’à se perdre. Nous le voyons pendu sur une croix.
Donné, jusqu’à susciter de l’inquiétude : n’aurait-il pas perdu le sens s’interrogent les siens, jusqu’à accepter de perdre ses repères avec cette question qui traverse tous les temps : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? ».
Donné, dans une totale confiance, cette confiance même qui éveille une autre voie, celle qui sera reprise par la petite Thérèse.
Thérèse n’avouait-elle pas s’avancer dans la nuit et pourtant l’Eglise, très justement, en fera un « Docteur » guérissant des illusions et des fausses certitudes. Cette petite voie ne serait-elle pas justement là où nous sommes appelés à faire le pas de l’impossible.
Seigneur, détourne-nous de nos conformismes et de nos idées toutes faites jusqu’à rechercher des justifications. Le juste, au sens du Royaume, est celui qui accepte d’être incompris : « si l’on dit contre vous toute sorte de mal à cause de moi, à cause de l’Evangile, alors réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse ».
Ecoutons encore Péguy : s’il n’y a que la justice, qui sera sauvé ? Mais s’il y a la miséricorde, qui sera perdu ? personne.
Se sauver est impossible à l’homme, mais rien n’est impossible à Dieu. Tel est l’inouï de Dieu.

 

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