Un projet de loi pour lutter contre le gaspillage à grande échelle

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L'invité de la rédaction

mercredi 10 juillet à 8h10

Durée émission : 7 min

Un projet de loi pour lutter contre le gaspillage à grande échelle

© LOIC VENANCE AFP

​La secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, va présenter son projet de loi contre le gaspillage et pour une économie circulaire.

Ce texte vise notamment à réduire les déchets et améliorer le recyclage en France. Ce texte ne séduit pas tout le monde car il envisage d’obliger les producteurs de matériaux du BTP à reprendre gratuitement auprès de leurs clients les déchets qui en sont issus. Par ailleurs, le gouvernement souhaite instaurer une consigne de 15 centimes d’euro sur les bouteilles en plastique.
 

Une proposition intéressante

Pour Zero Waste France, ce projet de loi est un texte intéressant. "C’est un nouveau vecteur. Il y a des dispositions qui sont pertinentes, sur l’information du consommateur, sur la réparabilité, la conception des produits. On en est au tout début des discussions. C’est une proposition intéressante" explique Thibault Turchet, responsable des affaires juridiques de Zero Waste France.

Pour autant, l’association attend de voir comment le texte sera voté par le Parlement, puis comment il sera mis en application par les organismes et les personnes concernés. "C’est un peu le problème des vecteurs législatifs. Toutes les avancées réglementaires sont bonnes à prendre. En revanche derrière, ce sont beaucoup de services, de collectivités locales et d’industriels de chaque secteur qui doivent les appliquer et aller dans le sens voulu" ajoute-t-il.
 

Un changement de mentalité à opérer

Concernant la faisabilité des mesures évoquées par Brune Poirson, Zero Waste France y voit des signes encourageants et d’autres plus inquiétants. "Sur le BTP, c’est une mesure très forte que nous saluons. Le sujet de la consigne est un autre sujet. Aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est une consigne sur les bouteilles et les flacons en plastique, par pour une réutilisation, mais pour du recyclage. Attention à la déception" nuance-t-il.

Thibault Turchet regrette en effet que "l’on ne s’attaque pas encore au caractère jetable de beaucoup de produits. Et les emballages sont très représentatifs de ce tout jetable. On pourrait penser à distribuer les boissons dans des formats vraiment consignés. Pour faire d’une pierre deux coups".

Plus largement, l’association estime qu’il y a une vraie mentalité à faire évoluer en France, sur la question du déchet. "Faut-il vraiment une loi pour dire aux individus de ne pas utiliser de gobelets en plastique jetables ? C’est très difficile de s’attaquer à chaque objet jetable. C’est du ressort de la mentalité des consommateurs, mais aussi des entreprises qui doivent comprendre qu’elles produisent un certain nombre de produits qui ne sont pas conçus de sorte à être facilement réparables, ou facilement recyclables" conclut Thibault Turchet.

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