"Un toit vers l'emploi" : des logements mobiles pour les personnes SDF

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vendredi 17 mai à 6h41

Durée émission : 4 min

"Un toit vers l'emploi" : des logements mobiles pour les personnes SDF

© RCF Haute-Normandie - Franck Renaudin

L'architecte normand Franck Renaudin construit des maisons mobiles en bois pour pouvoir plus facilement accompagner les personnes sans-abri vers l'emploi.

Créateur il ya 20 ans d’"Entrepreneurs du Monde", une ONG qui promeut la micro-finance dans les pays du Sud, l’architecte normand Franck Renaudin se lance dans un nouveau projet. Intitulé : "un toit vers l'emploi" ; il vise à construire des petites maisons mobiles en bois pour les personnes sans abris tout en les accompagnant vers l'emploi.  Catherine Manné de RCF Haute Normandie a rencontré Franck Renaudin

Dans un premier temps Franck Renaudin explique la manière dont lui est venue l'idée de cette initiative solidaire.

"Après vingt ans dans les pays en développement j'avais très envie d'une implication locale, du coup en réflechossant à la question, je me suis très vite dit, aider des personnes à la rue à trouver un emploi, si elles n'ont pas un toit le soir, on est en pleine utopie, et donc il faut d'abord et avant tout travailler sur la question du logement. Et tout à fait par hasard, en parcourant un article dans La Vie qui parlait des "Tiny Houses", ces petites maisons mobiles en bois, là j'ai une espèce de déclic en moi, je me suis dit "mais c'est une évidence" il faut développer une offre de tiny house pour des publics qui n'ont pas de toit, et à partir de là, une fois qu'ils auront ce toit, on pourra les accompagner à la recherche d'un emploi."
 

Vous en êtes où aujourd'hui Franck de votre projet ?

"Alors le programme a démarré il y a trois mois, le temps que je me désengage complètement de la direction d'entrepreneurs du monde, et le temps d'identifier des personnes ressources pour travailler avec moi, donc il y a Éva qui m'a rejoint il y a trois mois en tant que jeune architecte, et demain on a Mattéo qui démarre avec nous, ce sont deux jeunes service civique qui s'impliquent pendant un an sur ce projet, pour m'aider justement sur toute la partie rencontre des partenaires, la partie faisabilité, c'est un projet quand même très ambitieux, et on ne sera pas trop de trois dans les mois qui viennent pour le faire émerger." 
 

Parce que la pauvreté vous la connaissez très bien Franck Renaudin, dans les pays très pauvres, mais c'est vrai qu'en France ce n'est pas tout à fait la même réalité, elle n'a pas les mêmes traits cette pauvreté, comment est-ce que vous avez procédé pour monter ce projet ? 

"On est dans cette phase de rencontre de beaucoup de partenaires, publics, privés, parce qu'il est extrêmement important pour nous de ne pas dupliquer une offre qui existerait déjà, mais d'être au contraire un acteur qui apporte une offre complémentaire, une plus-value réelle par rapport à ce qui existe aujourd'hui, en fait ce qui plaît beucoup dans ce projet c'est la mobilité finalement. Une solution de logement mobile est quelque chose d'original, qui n'existe pas encore à ma connaissance sur le territoire, et qui apporte une très grande flexibilité pour le public cible, à savoir que comme la maison est mobile et bien on pourra déplacer le logement de la personne accompagnée vers un lieu de formation ou vers un lieu d'emploi, c'est cet aspect là qui est vraiment plébiscité par les partenaires avec lesquels on discute aujourd'hui, tout à fait."
 

Il y a une première maison qui va être construite pour donner à voir, justement...

"On est en train de lancer une levée de fonds, d'un montant de 20.000€, avec ce montant là on pourra acquérir une maison qui est déjà construite, et nous avons surtout identifié la personne qui va être le premier bénéficiaire de cette maison, il s'agit d'un jeune SDF de 25 ans, qui est à la rue depuis maintenant quatre ans, une personne très abîmée moralement, physiquement, qui a fait des séjours en prison, qui a tenté des retours à l'emploi et pour qui ça a été un échec, qui se rend compte que quelque part il est sans doute trop dans la précarité pour pouvoir avoir un appartement aujourd'hui, on a vu Thomas plusieurs fois, et Thomas nous a très vite dit que ce type de logement était vraiment fait pour lui, pour remettre un pied quelque part dans ce monde, c'était parfaitement adapté par rapport à ses envies, sa mobilité l'intéresse beaucoup, mais ce qui l'intéresse beaucoup aussi, c'est l'idée qu'on l'accompagne a la recherche d'un emploi."

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Catherine Manné