Une image du festival de Cannes

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L'image de la semaine

vendredi 24 mai à 8h52

Durée émission : 3 min

L'image de la semaine

© LOIC VENANCE/AFP

Dans cette chronique, David Groison s'attarde sur une photo de l'acteur Antonio Banderas prise au festival de Cannes.

C’EST UNE PHOTO DU FESTIVAL DE CANNES QUE VOUS NOUS PROPOSEZ CE MATIN. UNE PHOTO PARTICULIEREMENT JOYEUSE.

 
"Oui. Alors ce n’est pas la plus belle photo du monde. Mais c’est une image pleine de joie. Et qui résume bien le dilemme des photographes à Cannes : comment étonner, capter des moments de vérité dans un évènement ultra corseté… Alors je vous décris la photo… Au centre de l’image sur un petite scène, l’acteur Antonio Banderas. Il a les bras grand ouverts, les mains tendues, comme s’il allait prendre son envol. Ses jambes se croisent, elles forment comme une torsade, un des pieds ne touche même pas le sol. L’acteur est aérien. On se demande même comment il tient… Le décor… Dans la moitié supérieure de l’image, une grande toile blanche –Antonio Banderas se détache ainsi parfaitement. Et dans la moitié inférieure, derrière son pantalon blanc, une nuée de photographes. Une foule même, une centaine d’hommes et de femmes cachés derrière leur objectif photo."
 

ILS ONT TOUS LA MEME IMAGE ALORS !

 
"Bah non… Car il faut être du bon côté. Tous les photographes que l’on voit sur l’image ils ne peuvent prendre l’acteur que de dos. Leur photo est loupée. Seule consolation pour eux : ils incarnent la folie de Cannes, l’emballement médiatique qui s’empare de cette ville pendant dix jours. Ils enrichissent l’image que l’on a devant les yeux. Mais Loïc Venance – c’est le nom du photographe - était au bon endroit : du bon côté, et bien centré, à bonne hauteur. Il faut savoir jouer des coudes et/ou être très patient – venir très à l’avance et garder sa place – cela fait partie du talent du photographe."
 

IL FAUT AUSSI APPUYER SUR LE DECLENCHEUR AU BON MOMENT…

 
"Oui. Le photographe de l’AFP a bien assimilé une des règles non écrites de son métier : les photos officielles n’ont aucun intérêt. Ce qui compte, c’est l’avant et l’après. Inutile d’espérer une belle photo une fois Antonio Banderas bien installé sur sa petite scène, en train de sourire, de minauder, de faire des clins d’œil. Si on veut un peu de naturel, un peu d’authenticité, il faut prendre des images au moment où il arrive, où il monte sur scène. Et au moment où il en sort. Les acteurs ou les hommes politiques le savent bien : il faut soigner son entrée, c’est cette photo là qui semble dévoiler des coulisses qui sera finalement retenue."
 

ET ANTONIO BANDERAS L’A BIEN COMPRIS : EN FAISANT L’IDIOT, EN TENDANT LES BRAS, IL OCCUPE TOUT DE SUITE L’ESPACE…

 
"Tout Cannes en une image : les caméras du monde entier, symbolisées par ce mur de photographes. La flamboyance d’Hollywood avec l’acteur ténébreux. Et les gestes grandiloquents, pour montrer que mine de rien, on n’est pas tout à fait dupe du spectacle offert."

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Le vendredi à 8h52 et 15h15

Chaque vendredi dans la Matinale RCF, David Groison commente une photo de presse.

Le présentateur

David Groison

David Groison est rédacteur en chef du magazine Phosphore, édité par Bayard et destiné aux 14-19 ans. Il est également directeur des titres ados du groupe (Okapi, I love English) Il est enfin l'auteur de plusieurs ouvrages sur la photo chez Actes Sud Junior (Prises de vue, l'histoire vraie des grandes photos). Le matin, il a toujours une petite goutte de sueur au front : été comme hiver, il vient au studio à vélo. @DavidGroison