Vendée Globe : "Les technologies ont isolé les skippers", selon Denis Horeau

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Le Grand Invité

lundi 9 novembre à 8h10

Durée émission : 12 min

Vendée Globe : "Les technologies ont isolé les skippers", selon Denis Horeau

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L'ancien directeur du Vendée Globe publie un livre dans lequel il raconte les coulisses de la course, qu'il a vu évoluer.

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Les 33 skippers sont partis dimanche après-midi pour le Vendée Globe, le tour du monde en solitaire qui devrait durer au moins 70 jours. Navigateur, skipper et ancien directeur de cette course, Denis Horeau publie "Mon Vendée Globe, dans les coulisses d’une course de légende" (éd. François Bourin).

LES COULISSES DU VENDÉE GLOBE

C’est un ouvrage en forme d’abécédaire, dans lequel Denis Horeau voulait "parler du Vendée Globe qui est très cher à [s]on coeur mais d’une façon non linéaire". C’est un univers bien particulier qu’il raconte, celui des marins solitaires et celui d’une course qui ne se joue que tous les quatre ans. "Je voulais ouvrir la porte des coulisses pour que le lecteur comprenne comment ça fonctionne", explique l’ancien directeur du Vendée Globe.

Cette édition a une saveur bien particulière. Les skippers se sont élancés dimanche pour un tour du monde le long d’un chenal vide, sans aucun supporter, conditions sanitaire obligent. Mais Denis Horeau le prend avec philosophie et se rappelle que chaque édition a sa particularité. "Il n’y a pas deux éditions identiques donc 2020 aura cette identité de départ à huis clos, de crise du Covid", assure Denis Horeau.

DES BATEAUX DE PLUS EN PLUS CHERS

Depuis 1989 et la création du Vendée Globe, dont il était déjà le directeur, Denis Horeau a vu la course évoluer et le coût des bateaux grimper. "À partir du moment où il y a huit prétendants à la victoire, il faut investir énormément", affirme-t-il. "On assiste à l’arrivée des plans porteurs, ce sont des éléments qui sont probablement performants mais très très chers", explique l’ancien navigateur. Une situation que Denis Horeau déplore : "On ne voit pas comment on pourrait restreindre cette inflation sauf à revoir l’ADN de cette compétition et mettre un cadre plus précis pour diminuer les budgets".

MOINS DE CONVIVIALITÉ, PLUS DE TECHNOLOGIE

Selon lui, "les technologies ont isolé les skippers". Il prend l’exemple de la bande latérale unique (BLU) qui permettait auparavant d’établir la communication entre tous les marins. Elle a aujourd'hui laissé place à la communication satellite. "Maintenant avec le satellite, c’est seulement deux personnes qui parlent et ça coupe la communication avec les autres", regrette-t-il.

"Le côté convivial des marins les emmenait au bistrot jusque dans les années 2010 et depuis les années 2010, on retrouve une intériorisation des marins", explique Denis Horeau. Pour cette édition 2020, en raison de la crise sanitaire, les skippers se sont isolés avec leurs coachs plusieurs jours avant le départ, pour éviter d’être testés positif, ce qui les aurait écartés de la course. "Tout ça est en train de devenir beaucoup moins humain", conclut-il.

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