Vers la fin de l'énergie nucléaire en France ?

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La chronique Économie

jeudi 23 janvier à 7h20

Durée émission : 3 min

La chronique Économie

​Le gouvernement a ouvert cette semaine à la consultation publique son projet de feuille de route énergétique pour la France.

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Cette PPE, programmation pluriannuelle de l'énergie, prévoit notamment le recul de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Elle doit passer de près des trois quart (72%) actuellement à la moitié (50%) d’ici 2035.

Outre la centrale de Fessenheim, dans le Haut Rhin, dès cette année, EDF a ainsi proposé au gouvernement d’étudier la mise à l’arrêt de paires de réacteurs sur les sites de Blayais (en Gironde), Bugey (dans l’Ain), Chinon (en Indre-et-Loire), Cruas (en Ardèche), Dampierre (dans le Loiret), Gravelines (dans le Nord) et Tricastin (dans la Drôme). En tout, quatorze des quelque 58 réacteurs en activité dans 19 centrales doivent fermer d’ici quinze ans.

Comme l’explique dans La Croix d’aujourd’hui notre spécialiste, Jean-Claude Bourbon, les rumeurs couraient depuis plusieurs mois et la presse régionale s’en était largement fait l’écho.

EDF avait indiqué qu’il souhaitait que ces fermetures interviennent sur « la tranche des 900 MW », la plus ancienne du parc et dans des centrales disposant d’au moins 4 réacteurs, afin d’atténuer l’impact social, en particulier sur la sous-traitance. La liste était donc relativement facile à établir.

Fermer les réacteurs les plus anciens, c’est assez logique… Ils ont tous peu ou prou cinquante ans. Comme EDF les amortit sur cette durée, le gouvernement n’aura pas à indemniser l’électricien, comme ce sera le cas cette année pour les deux réacteurs de Fessenheim, dont la décision de fermeture a été prise pour des raisons politiques en 2012, alors que des investissements de modernisation avaient été entrepris.
 

Est-ce que cela signifie que la France ne croit plus au nucléaire ?

Non. Malgré l’accident de Fukushima, et à la différence de certains ne nos voisins, le gouvernement estime que l’énergie atomique a de l’avenir, à côté des énergies renouvelables, qui produisent elles aussi une électricité décarbonée.

L’exemple de l’Allemagne, qui a de plus en plus recours au charbon au fur et à mesure qu’elle ferme ses centrales nucléaire fait office de repoussoir, à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique. D’autant que même si la croissance est moins gourmande en énergie, du fait de l’augmentation de l’efficacité énergétique, elle nécessite de plus en plus de courant, ne serait-ce que pour recharger nos smartphones ou rouler avec nos voitures électriques.

Va-t-on construire de nouvelles centrales nucléaires dans l’hexagone ?

Oui. C’est le cas actuellement avec l’EPR de Flamanville dans la Manche, dont la complexité, pour des raisons de sécurité, fait qu’il pourra au mieux tourner à la fin 2022, avec dix ans de retard et une facture multipliée par quatre. A la mi-2021, EDF doit remettre au gouvernement sous rapport sur le « nouveau nucléaire », avec un EPR optimisé et moins cher.

Officiellement, ce dossier sensible est repoussé après la présidentielle. Mais en septembre, le gouvernement a demandé à EDF de travailler à un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts. Et ces dernières années, l’électricien a acheté des terrains autour de six de ses sites nucléaires.

 

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Le présentateur

Vincent de Féligonde

Vincent de Féligonde est chef du service économique et social de La Croix. Il y a débuté sa carrière, puis a été correspondant des Echos en Allemagne, chef du service web, avant de revenir à La Croix pour en diriger les services international, puis économique. Sa passion : rendre intelligibles les grandes évolutions de l’économie @VdeFeligonde