"Voici l’héritier : venez ! tuons-le !" (Mt 21, 33-43.45-46)

Présentée par UA-163056

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Prière du matin

vendredi 5 mars à 5h45

Durée émission : 5 min

"Voici l’héritier : venez ! tuons-le !" (Mt 21, 33-43.45-46)

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"Voici l’héritier : venez ! tuons-le !"

Méditation de l'évangile (Mt 21, 33-43.45-46) par le père Sébastien Antoni

Pas de chant final

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple :
« Écoutez cette parabole :
Un homme était propriétaire d’un domaine ;
il planta une vigne,
l’entoura d’une clôture,
y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons,
et partit en voyage.
Quand arriva le temps des fruits,
il envoya ses serviteurs auprès des vignerons
pour se faire remettre le produit de sa vigne.
Mais les vignerons se saisirent des serviteurs,
frappèrent l’un,
tuèrent l’autre,
lapidèrent le troisième.
De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs
plus nombreux que les premiers ;
mais on les traita de la même façon.
Finalement, il leur envoya son fils,
en se disant :
“Ils respecteront mon fils.”
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
“Voici l’héritier : venez ! tuons-le,
nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui,
le jetèrent hors de la vigne
et le tuèrent.
Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra,
que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond :
« Ces misérables, il les fera périr misérablement.
Il louera la vigne à d’autres vignerons,
qui lui en remettront le produit en temps voulu. »
Jésus leur dit :
« N’avez-vous jamais lu dans les Écritures :
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux !
Aussi, je vous le dis :
Le royaume de Dieu vous sera enlevé
pour être donné à une nation
qui lui fera produire ses fruits. »
En entendant les paraboles de Jésus,
les grands prêtres et les pharisiens
avaient bien compris qu’il parlait d’eux.
Tout en cherchant à l’arrêter,
ils eurent peur des foules,
parce qu’elles le tenaient pour un prophète.
 
Source : AELF

Méditation Père Sébastien Antoni

Lorsque l’on n’a plus rien à perdre, on est libre ! C’est ce que la montée résolue, de Jésus vers Jérusalem et donc sa mort, révèle dans le passage de l’Évangile de ce jour. Les jeux sont faits ! Le temps de la vérité est venu !
Dans ce texte, Jésus parle à ceux qui se pensent purs et bien sous tous rapports, particulièrement ceux qui affichent une certaine humilité de façade se prétendant « pauvre pécheurs » se battant la coulpe, à genoux le plus souvent, mais ne s’estimant « pas si mal que ça finalement » et méprisant ceux qu’ils estiment peu fréquentables… C’est à eux que Jésus s’adresse ici. Les autres, c’est-à-dire les prostitués, les gens de mauvaise vie, les menteurs, les lépreux et les voleurs, les concubins, les monoparentaux et tous ceux qui peinent à aimer… eux ont bu à l’Évangile comme des assoiffés. Ils ont compris qui étaient Dieu. Les purs, les parfaits, les gens bien … ceux qui ont tout vu, tout lu, tout su, tout entendu et qui n’ont plus d’appétit pour rien,… C’est pour eux que Jésus tente une nouvelle parole.
Le maître aimerait tant voir fructifier sa vigne, celle qu’il a plantée, depuis toujours il envisage cette récolte dans une démarche de partage de responsabilités et de richesses des fruits avec ces vignerons qu’il a embauché, à qui il a confié son bien. Mais ces derniers s’approprient la vigne, ont oublié qu’elle n’est pas à eux, qu’ils ne l’ont pas planté… Obsédé de la posséder, ils vont jusqu’à tuer le fils du maître, l’héritier légitime… Notre église qui parfois aujourd’hui se bat pour ses murs, ou pour tenir l’institution coûte que coûte au mépris des petits, des pauvres et des exclus ne ressembleraient-elles pas, un peu à ces vignerons possessifs et jaloux, donneurs de leçons ?
Des vignerons qui laissent le fruit de l’évangile pourrir sur la branche à défaut de le partager et de le faire goûter à ceux qui en ont tant besoin ? Reiner Maria Rilke écrivait « nos traditions ont cessé d’être conductrices, branches mortes que n’alimente plus l’énergie des racines… Je ne peux imaginer plus voluptueux savoir que celui-là : il faut se faire commençant ; quelqu’un qui écrit le premier mot derrière un point de suspension long de plusieurs siècles. » Comme le dit Marion Muller Collard, Jésus était-ce quelqu’un, écrivant le premier mot derrière un point de suspension long de plusieurs siècles… Et nous, aujourd’hui chrétien de 2021, au cœur d’un Carême nouveau dans un contexte si tendu et difficile d’une société bousculée … Oui toi, moi, auditeur là où tu es chez toi, dans ta voiture, ta cuisine, ta salle de bain ou à cette heure dans ton lit, …
Cherchons ce premier mot à écrire, ce matin. Ne rajoutons pas un énième point de suspension silencieux et ensommeillé qui tait qui tue le trésor de l’évangile… pour ceux qui crèvent de ne pas l’avoir entendu ou reçu pour ce qu’il est. Écrivons ce premier mot du partage de la force des fruits de l’évangile pour ceux qui en ont besoin … aujourd’hui et sans attendre. A nos plumes !

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Tous les jours à 5h45, 6h45 et 7h45

Chaque matin l'Évangile du jour commenté par un prêtre ou un pasteur. Ce temps de prière invite à prendre le temps de la méditation et s'achève par la proclamation du Notre Père.

Le présentateur

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Agathe - Seigneur, toi qui aujourd'hui t'es anéanti devant nos méchancetés, et nos péchés pour sauver l'humanité, je te confie tout particulièrement mon frère très fragilisé psychologiquement et matériellement. Retombé dans la dépression suite à la pression d'un patron pervers qui l'a amené à la perte de son emploi, à l'indifférence de certains pro

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