"Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous ..." (Mc 7, 1-13)

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Prière du matin

mardi 12 février à 5h45

Durée émission : 5 min

"Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous ..." (Mc 7, 1-13)

© David Zawila UNSPLASH

"Vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes"

Méditation de l'évangile (Mc 7, 1-13) par le Père Bernard Devert

Chant final : "La loi du Seigneur redonne vie" des Frères de Saint Jean.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem,
se réunissent auprès de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas
avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs,
se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger,
par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché,
ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau,
et ils sont attachés encore par tradition
à beaucoup d’autres pratiques :
lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus :
« Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ?
Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit :
« Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites,
ainsi qu’il est écrit :
Ce peuple m’honore des lèvres,
mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ;
les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu,
pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Il leur disait encore :
« Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu
pour établir votre tradition.
En effet, Moïse a dit :
Honore ton père et ta mère.
Et encore :
Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.
Mais vous, vous dites :
Supposons qu’un homme déclare
à son père ou à sa mère :
“Les ressources qui m’auraient permis de t’aider
sont korbane, c’est-à-dire don réservé à Dieu”,
alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit
pour son père ou sa mère ;
vous annulez ainsi la parole de Dieu
par la tradition que vous transmettez.
Et vous faites beaucoup de choses du même genre. »

Source : AELF
 

Méditation Père Bernard Devert

« Ce peuple m’honore du bout des lèvres, son cœur est loin de moi ».
Inutiles ces rites qui empilent des traditions sans faire une place à un avenir pour l’orphelin, le réfugié, la veuve et tous ceux blessés par la vie.
Jésus n’hésite pas à dire : « vous êtes des hypocrites ».
Honorer Dieu, c’est agir pour ne pas punir l’avenir, refusant que des enfants vivent dans des bidonvilles ou aient des conditions de vie les blessant à jamais.
Honorer Dieu, c’est rendre cette terre habitable pour tous, d’où – non pas une option - mais la nécessité d’entrer en résistance contre les situations de déshumanisation. François Varillon rappelait que Dieu ne peut diviniser que ce qui est humanisé.
Honorer Dieu, c’est lâcher prise pour entrer dans une générosité à faire naître, non pas dans un futur, mais dans le maintenant de notre vie. C’est aujourd’hui, rappelle Jésus, que la Parole s’accomplit.
Honorer Dieu, c’est veiller à agir pour qu’Il soit compris comme une réalité de notre histoire. Un monde sans témoins, c’est un monde sans avenir ; un monde sans témoins, c’est un monde sans espérance.
Permettez-moi de vous partager un moment où j’ai ressenti que Dieu était honoré. C’était ce dimanche à la prison, au sein de laquelle un drame s’est déroulé : le suicide d’un jeune homme de 18 ans. Un des gardiens, prenant le temps de parler avec l’équipe d’aumônerie, évoque rapidement que s’il est loin de la foi, il est proche des captifs.
Or, l’Evangile de ce même dimanche soulignait que Christ était venu pour que les captifs connaissent la liberté.
Alors, avec empathie, il nous invite à prier pour ce garçon qui s’est suicidé, pour ceux qui travaillent en ce lieu difficile afin que chacun trouve une liberté intérieure.
Honorer Dieu, c’est être semence de vie au cœur des blessures et des fragilités.
 

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