Yémen: de nouveaux pourparlers de paix débutent à Genève

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jeudi 6 septembre à 6h40

Durée émission : 4 min

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© SALEH AL-OBEIDI AFP

​Depuis 2015 et l’intervention de la coalition arabe, le conflit a tué au moins 17.000 civils. De nouvelles discussions débutent jeudi 6 septembre à Genève.

L’idée étant bien entendu d’élaborer un processus de paix durable entre les différents protagonistes, sous l’égide de l’ONU.

Pour leur malheur, les Yéménites sont à la fois otages de dissensions internes presque ancestrales au Yémen, et des enjeux géopolitiques de la région ?

"Oui. On peut dire que la guerre a d’abord des causes internes, c’est une guerre de succession entre les différents protagonistes qui participaient au régime de l’ex-président Saleh, qui se sont battus pour le pouvoir. Et en même temps, le Yémen est l’otage de considérations géopolitiques de la part d’acteurs régionaux, l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis en premier lieu, et puis l’Iran, qui essayent d’étendre leurs zone d’influence dans la région" explique Franck Mermier, anthropologue au CNRS, auteur de "Yémen : écrire la guerre" (éd. Garnier Classique).

Dans votre ouvrage, vous donnez la parole à des acteurs yéménites qui parlent de ce conflit. Comment vivent-ils cette guerre ?

"Dans ce livre, il a été important pour moi de faire traduire des articles, des textes, des analyses d’auteurs yéménites qui se situent à juste distance des différents protagonistes du conflit, et qui émettent un point de vue critique sur cette guerre. Ils montrent comment est vécue la guerre par la population yéménite" ajoute l’anthropologue.
 

Vous avez bon espoir que ces consultations puissent aboutir sur quelque chose de concret ?

"L’espoir que l’on peut avoir à ce stade, en étant réaliste, c’est que l’on arrive à trouver une solution sur le sort des prisonniers politiques des deux camps, ce qui permettrait d’entrevoir une solution à court terme pour la distribution d’aide humanitaire, donc une certaine trêve qui serait trouvée. Ce serait là la première mesure qui pourrait être prise, et permettrait d’entrevoir une solution politique. Mais je reste très pessimiste sur la venue d’une solution politique qui permettrait de résoudre le conflit yéménite" conclut Franck Mermier.

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