Imaginer l'inimaginable - La Nuit des Idées 2018

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Conférences

jeudi 15 février à 19h40

Durée émission : 50 min

Imaginer l'inimaginable - La Nuit des Idées 2018

© La Coursive

Table ronde organisée à La Coursive, scène nationale de La Rochelle, le jeudi 25 janvier dans le cadre de La Nuit des Idées 2018, avec le concours de l'Université de La Rochelle et l'Espace culture de l'Université de La Rochelle, avec une équipe pluridisciplinaire de six enseignants-chercheurs.

Des films catastrophes hollywoodiens, de Rostropovitch devant le Mur de Berlin à la tempête Xynthia, comment la culture de l'inimaginable a-t-elle façonné nos pensées au fil des siècles ? Le futur, notre futur, est-il l'angoisse ultime de l'Homme ?

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Imaginer l’inimaginable : les catastrophes environnementales
par Tangi Villerbu, maître de conférences en histoire contemporaine - Centre de recherches en
Histoire internationale et Atlantique (CRHIA)
et Jean-Michel Carozza, Professeur des Universités, chercheur au laboratoire Littoral
Environnement et Sociétés (LIENSs)

Les sociétés pensent l'inimaginable : doit-on en conclure que rien n'est vraiment inimaginable ?
Ou que penser l’avenir catastrophique fait partie des réflexes sociaux « normaux » ? Il s'agira
d'envisager les conditions dans lesquelles de nouvelles formes de récits, les géofictions de la fin
du monde, ont émergé. Ces récits, développés à l'interface entre science et fictions, peuvent
être lus comme une mise en récit des angoisses des sociétés face au retour de l'incertitude et de
l'imprévisible. On fera l'hypothèse que cette évolution est le résultat d'une double dynamique.
La première est propre au domaine des sciences et passe par la réhabilitation des paradigmes
scientifiques sur les catastrophes dès le début des années 1970. La seconde est sociétale et
concerne l'effondrement de l'idéologie du progrès qui caractérise la post-modernité dans les
années 1980 ? Si l'avenir reste imaginable, n'est-il pas de plus en plus incertain ? Ces mêmes
angoisses ont donné lieu, d’autre part, à des anticipations de drames industriels, souvent, mais
pas uniquement, liés à la peur d’une fin du monde par le nucléaire et très lisibles dans la bande
dessinée. Mais il faut remonter plus loin et constater dans les archives que la conscience d’une
mise en danger du monde naturel et social par des choix politiques de développement
économiques est concomitante de ces choix, qui ont donc été fait en connaissance de cause : il
n’y aurait alors pas d’inimaginable mais une occultation politique du risque.

Des événements inouïs : quand la musique permet de penser l’histoire
par Jean-Sébastien Noël, maître de conférences en histoire contemporaine - Centre de
recherches en Histoire internationale et Atlantique (CRHIA)

La musique n’est pas seulement la bande-son de l’histoire sociale et politique : elle peut en être
un élément constitutif et les musiciens, des acteurs de premier plan. Le traitement médiatique
d’un concert qui « marque l’histoire », par le scandale qu’il provoque ou par l’adhésion qu’il
suscite, fournit aux sociétés des représentations des mutations qui sont en cours. En novembre
1989, Rostropovitch jouant une suite de Bach à Check Point Charlie, au pied du Mur de Berlin
qui s’effondre, résume – derrière le symbole – la complexité de l’exil et des dernières décennies
de la Guerre froide. Le 25 décembre de la même année, lorsque Leonard Bernstein dirige à
Berlin Est la IXe de Beethoven avec des musiciens des deux Allemagne, d’Union Soviétique, de
Londres, de New York et de Paris, il rend audible ce qui était encore inimaginable quelques mois
plus tôt et produit un discours politique, autant que musical. A travers ces exemples et quelques
autres, il s’agira d’envisager ces événements musicaux qui permettent de penser les
bouleversements historiques.

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