La nourriture juive : faire entrer le sacré dans le quotidien

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Connaître le judaïsme

lundi 13 mai à 16h00

Durée émission : 25 min

La nourriture juive : faire entrer le sacré dans le quotidien

© William ALIX/CIRIC - 19 avril 2008 : Lecture de la Haggada qui fournit la procédure à suivre pour la la fête de Pessah, la Pâque juive, qu'elle présente en 15 étapes, et dégustation du harosset mélange de noix, dattes, raisin et vin. Paris (75), France.

Pourquoi les juifs doivent-ils manger ce qui est "casher"? Les règles alimentaires obligent à prendre du recul par rapport à un besoin primaire et font entrer le sacré dans le quotidien.

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Quand on évoque la nourriture juive, un mot nous vient à l'esprit : casher. On dit souvent que pour juifs ce qui est casher est ce que l'on peut manger. Pourquoi existe-t-il des aliments autorisés et d'autres non ? Au-delà de la pratique, les règles qui entourent la nourriture juive ont une visée "morale et spirituelle." Ce que nous explique l'historienne Catherine Déchelette Elmalek.
 

Qu'est-ce que la cacherout ?

Le mot "casher" signifie apte à la consommation. On parle aussi de "cacherout" (un terme hébraïque francisé) pour désigner "l'ensemble des règles alimentaires qu'il convient de respecter". Catherine Déchelette Elmalek précise que l'on trouve surtout le mot "casher" dans le Talmud. Dans la Bible, on parle plus de tahor, pour déterminer quelque chose de pur, ou de tamei ou désigner quelque chose d'impur. 

Il y a les aliments autorisés et ceux qui ne le sont pas. Il y a aussi des mélanges qui ne sont pas autorisés, comme le carné et le lacté qui ne peuventpas être servis au cours d'un même repas. L'abattage des animaux enfin doit répondre à des règles spécifiques.
 

Une façon de ritualiser le quotidien

Le rabbin Philippe Haddad explique ainsi le sens spirituel du repas : "Le judaïsme a ceci de particulier qu'il invite à chaque repas un hôte de marque qu'il faut savoir honorer : Dieu lui-même." Signifiant par là que le respect des règles alimentaires a une portée morale éthique et spirituelle, comme l'explique l'historienne.

"Qu'est-ce que je peux manger ? Qu'est-ce que je dois manger ?" Les règles alimentaires obligent à prendre du recul par rapport à un besoin primaire. Cela encourage "un certain recul sur soi-même, une certaine maîtrise de soi-même".
 

Origine historique

Il faut remonter à l'an 70 de notre ère, et la Chute du Second Temple de Jérusalem, pour trouver des traces de la façon dont ces règles ont été codifiées. Provoquant la dispersion du peuple hébreu, la Chute du Temple équivaut pour les juifs à ne plus pouvoir prier dans ce lieu bien précis. L'intérieur de la maison va devenir l'un des lieux où vivre et exprimer sa foi. Le repas autour de la table familiale est un lieu et un moment où un certain nombre de valeurs s'expriment.

 

Invités

  • Catherine Déchelette Elmalek, historienne, professeure d’histoire du judaïsme dans les formations du D.U. Religion, liberté religieuse et laïcité à l’Université catholique de Lyon (UCLy)

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L'émission

Le lundi à 16h et le mercredi à 22h

Comment comprendre les rites, les fêtes qui rythment le calendrier hébraïque ? Comment lire la Bible à la lumière de la tradition juive ? Qu’apporte la lecture du Talmud ou les textes de Maïmonide à un croyant juif... ? Chaque semaine, dans un dialogue avec un fin connaisseur du monde juif, Elise Chardonnet nous fait entrer dans la richesse de cette tradition religieuse qui est à la racine du christianisme et de l’islam.

Le présentateur

Élise Chardonnet