La Nuit Sacrée, une rencontre interreligieuse pour chanter et prier ensemble

RCF est partenaire de la Nuit Sacrée. Du 4 au 5 juin à Paris, des chorales de diverses traditions spirituelles interprètent des chants sacrés, réunis par un même désir de prier ensemble.

Du 4 au 5 juin 2017, la paroisse Saint-Merry à Paris (IVè arr.) organise, avec l’association Coexister, la Nuit Sacrée. Du dimanche 19h au lundi 7h, durant toute la nuit et jusqu'au matin, des chorales de diverses traditions spirituelles interprètent des chants sacrés. Chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes et hindouistes sont réunis par un même désir de chanter et de prier ensemble.

 

PROGRAMMATION SPÉCIALE SUR RCF

Pour la première fois, RCF retransmet la Nuit Sacrée dans sa première partie. Et dès vendredi 2 juin, une programmation spéciale vous est proposée. Votre radio chrétienne souhaite vous faire vivre la Nuit Sacrée dans l'esprit de la Rencontre d'Assise, voulue par Jean-Paul II. Une rencontre interreligieuse où se manifeste la possibilité de vivre ensemble. Une manière pour RCF de prendre part à la construction de la fraternité, dans une société marquée par la violence, la division et la difficulté à vivre ensemble malgré les différences.

- Le sacré et la prière au secours du vivre-ensemble
Vendredi 2 juin, à 17h, dans l'émission Décryptage

- Dialoguer entre croyants de différentes religions: pourquoi, comment?
Samedi 3 juin, à 12h - Émission spéciale
Emission spéciale avec des auteurs de différentes traditions, qui s’intéressent au dialogue entre les religions et participent au salon du livre organisé à St Merry à l’occasion de la Nuit Sacrée.

- Le souffle dans les religions
Dimanche 4 juin, à 18h15 - Émission spéciale
Un échange avec des croyants de différentes religions sur le thème de la Nuit Sacrée: "Le Souffle".

- [DIRECT] Retransmission de la première partie de la Nuit Sacrée
Dimanche 4 juin, de 19h à minuit
Des groupes des différentes traditions religieuses chantent par séquences de 20 minutes. Ces séquences sont entrecoupées de lectures de textes des différentes traditions religieuses.

 

L’ensemble de cette programmation est réalisée par Etienne Pépin et Anne Kerléo - Avec la collaboration technique de Philippe Faure et Antoine Picot.

 

Manifeste | "Dans l’expression de la foi, il ne peut y avoir de place pour la violence"

Signé par plusieurs personnalités impliquées dans le dialogue interreligieux, un manifeste a été publié à l'occasion de la Nuit Sacrée, dont RCF est partenaire.

À l'occasion de la Nuit Sacrée, dont RCF est partenaire, les organisateurs de l'événement publient un manifeste. Le Père Daniel Duigou, curé de la paroisse Saint-Merry, et l'association Coexister, sont les co-signataires de ce texte, qui rappelle que la Nuit Sacrée se veut être "un acte fort de paix et de fraternité, de liberté et de responsabilité".

"Personne n’est propriétaire de la transcendance"

 

Soulignant l'importance du dialogue interreligieux pour la paix, le manifeste est signé par la communauté de Taizé, mais aussi des représentants du judaïsme, de l'islam et du bouddhisme. Un texte fort publié alors qu'«une montée des peurs entraîne dans la société une grave remise en cause du "vivre ensemble"».

Alors que des actes de terrorisme sont perpétrés au nom des religions, la Nuit Sacrée est "un grand moment d’ouverture et de spiritualité par le langage du chant et de la musique, et d’affirmer ainsi que personne n’est propriétaire de la transcendance".

 


manifeste | texte intégral "Dans l’expression de la foi, il ne peut y avoir de place pour la violence"

 

Une montée des peurs entraîne dans la société une grave remise en cause du "vivre ensemble". En particulier, elle se concrétise à la fois par un repli communautaire et un rejet de la religion du voisin. Face à cette dangereuse tendance à la négation de l’altérité qui participe au fondement de l’humanité, des communautés religieuses incluant des chrétiens, des juifs, des musulmans, des hindous et des bouddhistes ont posé ensemble, le 28 mai 2016, un acte fort de paix et de fraternité, de liberté et de responsabilité.

Fort du succès de la première édition en 2016 (plus de 2.400 participants), et à l’invitation du Centre Pastoral Saint-Merry à Paris et du mouvement Coexister, une nouvelle Nuit Sacrée est organisée dans la nuit du dimanche 4 juin au lundi 5 juin 2017 (week-end de Pentecôte).  De 19h à 7h du matin, chaque groupe des différentes communautés religieuses chantera Dieu ou le sacré selon son répertoire. Il s’agira de vivre un grand moment d’ouverture et de spiritualité par le langage du chant et de la musique, et d’affirmer ainsi que personne n’est propriétaire de la transcendance.

Dans l’expression de la foi, il ne peut y avoir de place pour la violence.
L’ennemi de l’homme, c’est l’ignorance et l’indifférence.
La paix de demain passera par la rencontre et le dialogue entre les différentes traditions convictionnelles et leur action en faveur du bien commun.

 

Les signataires: Père Daniel Duigou - responsable du Centre Pastoral Saint-Merry, curé de la paroisse Saint-Merry ; Collectif Coexister ; Communauté de Taizé ; Rabbin Philippe Haddad – ULIF-Copernic ; Bruno Fraitag – Vice-Président ULIF-Copernic ; Tarik Abou Nour - Imam, théologien, doctrine Malikite. VSMF et artisan de la paix ; Cheikh Khaled Bentounes - Guide spirituel de l’ordre soufi Alâwî – AISA ONG Internationale ; Vénérable Miaoda - Temple bouddhiste Fo Guang Shan

 

[DIRECT►VIDÉO] Suivez la Nuit Sacrée en intégralité

[DIRECT►VIDÉO] Suivez la Nuit Sacrée en intégralité

Dès le dimanche 4 juin à 19h, l'intégralité de la Nuit Sacrée est retransmise en vidéo, en direct de l'église Saint-Merry.

Suivez la Nuit Sacrée en direct et en vidéo

 

 

Nuit sacrée 2017 | Au souffle de la fraternité

Nuit sacrée 2017 | Au souffle de la fraternité

Les livres sacrés sont-ils des ferments de fraternité? Echange entre croyants à l'occasion sur salon du livre de la Nuit sacrée le week-end de Pentecôte 2017 en l'église St Merry à Paris.

"Il n'y a pas d'unité lorsqu'une société est uniforme. La véritable unité c'est la reconnaisssance des différences": cest mots d'Hervé-Elie Bokobza, talmudiste font consensus entre les participants de cette émission. Leurs échanges sont souvent animés,  des désaccords se manifestent , notamment à propos de la lecture des textes sacrés. Et pourtant, tous sont d'accord sur la nécessité de la fraternité, parce qu'"elle est le fondement du vivre-ensemble" explique Bruno de Benoist organisateur de la rencontre autour des livres en préambule à la Nuit sacrée à St Merry (Paris)

Mais qu'est-ce que la fraternité? Paul Blanquart répond à partir de la lecture du passage de l'Evangile où les disciples viennent voir Jésus et lui disent "Ta mère et des frères te demandent". Réponse de Jésus: "Qui sont mes frères et ma mère?" Ce qui fait dire à Paul Blanquart: "la fraternité n'est pas la fratrie, ce n'est pas une identité biologique. Identité, éthymologiquement, veut dire "mêmeté", mais la fraternité n'est pas une "mêmeté" de sang ou d'objectifs. Nous ne sommes pas des frères d'armes. La fraternité, c'est quelque chose de nouveau, qui a pris la forme de mots nouveaux : adelphotès en grec et fraternitas en latin ont été inventés pour dire cette nouveauté de la fraternité par rapport à la fratrie. Cela ne veut pas dire que cettte émergence novuelle est une propriété du christianismen ça peut tomber ds le bien commun cde l'humanité, n'empêche qu'il y a une émergence qui est en rupture par rapport à ce que recouvre le mot fratrie. La fraternité n'est pas une identité, elle est d'entrée de jeu universalité et universalité va avec les différences

Tous semblent faire l'expérience que la fraternité peut être plus difficile à construire entre croyants d'une même religion qu'entre fidèles de religions différentes. "Les champs religieux sont des champs conflictuels, affirme Paul Blanqart. Il y a un christianisme de la fraternité, dans la filiation de Jésus, et à l'aube des temps modernes en la personne de François d'Assise. Qu'est-ce que ça a à voir avec le catholicisme identitaire? " s'agace-t-il. 

Kahina Bahloul fait cette même expérience en tant que musulmane. Née d'un père musulman d'origine algérienne, d'une mère française, ayant elle-même une mère juive polonaise et un père français catholique, elle témoigne : "pour oi c'est tout naturel de voir que les humains, même s'ils ont des origines diverses sont attirés les uns vers les autres. J'en suis l'exemple vivant. Je pense que nos différences ne nous éloignent pas forcément, nos différences d'opinions sont aussi des richesses, à chaque fois l'autre nous enrichit. Je pense que l'obstacle majeur à la fraternité c'est la peur, la peur de l'autre, de la différence, de ce qu'on ne connaît pas". Mais pour elle, "c'est l'amour divin qui transcende toutes les relations entre les humains". 

Hervé-Elie Bokobza, juif, talmudiste, s'émerveille lui de la diversité des humains : "il n'exite aucun être humain sur terre qui a la même opinion qu'un autre". Et ce constat vient en lui faire écho à  une phrase du talmud : "il n'existe aucun visage semblable à un autre depuis les origines de tous les temps jusqu'à la fin des temps". "La fraternité implique l'acceptation des divergences d'opinion sinon il n'y a pas de fraternité pensable. Imaginez qu'on soit tous uniformes, là il n'y a plus d'humanité", affirme-t-il encore. 

Alors les textes sacrés sont-ils ferments de fraternité ?  La violence contenue dans certains passages de ces textes n'empêche-t-elle pas la fraternité ? Pas si le lecteur aborde le texte de la bonne manière disent en substance les participants à cette émission. Pour hervé-Elie Bokobza, "l'homme a le libre-arbitre face au texte". Et d'ajouter : "J'ai plus peur des lecteurs que des livres. Les livres sont matière à ouvrir la pensée, quel que soit le lire. Si la personne devient subordonnée au texte, là on est perdu".

Kahina Bahloul dit en substance la même chose : pour elle, "la fraternité est exigeante. Pour que l'être humain puisse vraiment être digne de cette fraternité, il faut d'abord faire un travail sur soi-même et c'est ce à quoi appellent toutes les spiritualités dont la spiritualité musulmane. C'est pour cela que nous ne pouvons pas avoir une lecture littéraliste des textes. Il faut absolument contextualiser les textes, revenir à l'histoire, au contexte social et politique dans lequel ils ont été révélés pour bien comprendre pourquoi. Et surtout avoir une lecture symbolique approfondie pour comprendre le vrai sens des textes".

Et lorsqu'on lui demande si ce point de vue est majoritaire au sein de l'islam, voici ce qu'elle répond : "l'islam traditionnaliste, et surtout les savants qui ont travaillé sur l'aspect légaliste de la religion, la charia, se contentent souvent d'une lecture très littéraliste et très superficielle du texte, seulement pour en dégager des règles de vie qui régissent la société. Mais dans la tradition musulmane, par exemple dans le soufisme, spiritualité musulmane qui existe depuis le début de l'islam, il y a une toute autre approche, un autre rapport au texte qui est beaucoup plus intériorisé. C'est une lecture de sagesse. Cette lecture-là existe depuis toujours, on ne peut pas dire qu'elle est minoritaire mais plutôt qu'elle est moins connue". 

 

Après les attentats, une rencontre interreligieuse source de fraternité et d'espérance

Après les attentats, une rencontre interreligieuse source de fraternité et d'espérance

Au lendemain des attentats de Londres, la Nuit sacrée réunit en l'Eglise Saint Merry des ensembles de chants et de musique de différentes religions, comme un symbole de paix et de fraternité

"Celui qui tue une âme innocente, c'est comme s'il avait tué l'humanité toute entière et celui qui sauve une vie, c'est comme s'il sauvait l'humanité entière". S'appuyant sur cette sourate du Coran, au lendemain des attentats de Londres, Tarek Abou Nour, théologien, imam en région parisienne dénonce le terrorisme comme "de la sauvagerie, l'oeuvre de malades, de déséquilibrés qui n'ont aucun repère". "La vie est sacrée en islam comme dans toutes les religions" ajoute-t-il, appelant à rééduquer les générations future par la connaissance de leur propre religion et par l'enseignement de la paix dès le plus jeune âge.

Pour lui, les attentats, une nouvelle fois, ne font que " renforcer notre fraternité et notre volonter de travailler ensemble, pour montrer au monde entier que les religions sont un facteur de paix" Et Tarik Abou Nour de rappeler qu'éthymologiquement religion vient de relier. 

Les représentants des différentes religions présents sur le plateau de RCF pour cette émission préambule à la Nuit sacrée témoignent de leur désir de fraternité et racontent une fraternité déjà en marche à travers des rencontres fréquentes et diverses entre croyants de différentes religions. Ils disent combien ces rencontres les enrichissent. 

Au fil de leurs échanges se dessine la force du souffle qui traverse l'humanité, souffle multiple porté par les différentes traditions. 

Francis Coffinet, comédien, ponctue les échanges de textes issus des différentes traditions religieuses. 

Sur le même thème :