[L'Evangile du dimanche] Une place pour Dieu et une place pour César

Présentée par UA-130151

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Enfin une Bonne Nouvelle

jeudi 15 octobre à 22h00

Durée émission : 25 min

[L'Evangile du dimanche] Une place pour Dieu et une place pour César

© Wikimedia Commons - Monnaie de Jules César, CAESAR COS TER

A l'heure du complotisme et de la diabolisation de l'autre, Jésus nous invite à sortir d'une vision binaire du monde. Sa liberté de penser et de parler nous arrache au manichéisme ambiant...

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Rendre à César ce qui est à César, l’expression est bien connue, ce que l’on sait moins c’est que cette locution est la traduction d’un passage du nouveau testament dans lequel Jésus doit faire face à des religieux venus le piéger.
Cette histoire d'impôt se retournera contre ceux qui sont prêts à tout pour épingler celui en qui ils voient un adversaire...

Jésus pris au piège 

James Woody, pasteur de l'Eglise Protestante Unie de France à Montpellier, revisite et commente cet épisode au micro de Béatrice Soltner. 

 "Nous sommes à Jérusalem, le lieu de toutes les tensions qui vont converger vers l'arrestation et la mise à mort de Jésus. On essaie de le piéger et de le prendre en flagrant délit.  C'est vraiment l'orchestration d'un complot des Pharisiens et des Hérodiens, qui soutiennent l'occupant romain. C'est une sorte de piège à double contrainte. Soit il dit qu'il faut payer l'impôt à César et dans ce cas-là, c'est un mauvais Juif et un collaborateur. Soit il dit qu'il ne faut pas payer l'impôt et dans ce cas-là c'est un révolté qui mérite de finir en geôle parce qu'il s'oppose au pouvoir romain". 

Il est entraîné sur un plan politique. C'est un point qu'il nous faut garder à l'esprit quand on se demande si pour les Théologiens, il faut se positionner sur le plan civil et politique. Est-ce que la foi, c'est simplement privé ou c'est pour tout le monde ? Ici, nous sommes sur l'espace public. "

Sortir d'une logique binaire

Alors qu'on est dans une logique binaire, Jésus va créer une transcendance pour se mettre au dessus de la mêlée. Jésus leur renvoie la situation, en leur demandant de montrer cette pièce. Ils ne peuvent plus plaider l'innocence, ils sont conscients d'avoir sur eux l'objet du délit et leur donne l'occasion de révéler eux-même leur véritable hypocrisie. Il les sort de leur déni.
Il y a une sorte de correction fraternelle. 

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu

La question de rendre se réfère plutôt à la logique du don. On a reçu quelque-chose et on ne peut pas le garder pour soi. On ne va pas rendre à Dieu l'identique de ce qu'il nous a donné mais César, on va lui rendre exactement ce qu'il nous a donné. Du côté de Dieu, il va falloir inventer ce que nous sommes capables de lui offrir. On est dans la catégorie du vivant et de la création. 
On constate que Jésus s'en sort en injectant cette transcendance, ce divin dans ce dialogue qui était destiné en fait à causer sa mort. 
"Bien souvent, nos églises ont tendance à s'occuper plus de César que de Dieu, beaucoup d'intendance et finalement peu de théologie. Ce qui est intéressant ici, c'est que Jésus remet de la théologie dans des vies paroissiales", souligne James Woody. 

De l'importance de concilier le spirituel et le temporel

Il y a, dit-il, trois façons de comprendre cette phrase : 
 1) une sorte de désintérêt de Jésus pour les questions financières. L'important est ailleurs. Ne préoccupez pas de l'intendance, l'intendance suivra. Quand on a un bon projet, les moyens suivent !
2) un propos anti zélote. Jésus ne dit pas qu'il ne faut pas payer l'impôt. 
3) il y a des choses qui relèvent de César, du pouvoir temporel et politique et des choses qui relèvent de Dieu. Jésus est en train de coordonner le spirituel et le temporel. 

C'est un texte sur la liberté contre le pouvoir, cette liberté de réflexion, de pouvoir exprimer sa propre vérité, sans se préoccuper des personnes. On peut trouver là l'occasion pour nous d'être plus libres dans la vie. 

 

Evangile selon Saint Matthieu 22, 15-21

Les pharisiens allèrent tenir conseil
pour prendre Jésus au piège
en le faisant parler.
Ils lui envoient leurs disciples,
accompagnés des partisans d’Hérode 
« Maître, lui disent-ils, nous le savons :
tu es toujours vrai
et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ;
tu ne te laisses influencer par personne,
car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens
Alors, donne-nous ton avis :
Est-il permis, oui ou non,
de payer l’impôt à César, l’empereur ? »
  Connaissant leur perversité, Jésus dit :
« Hypocrites !
pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ?
Montrez-moi la monnaie de l’impôt. »
Ils lui présentèrent une pièce d’un denier.
    Il leur dit :
« Cette effigie et cette inscription,
de qui sont-elles ? »
Ils répondirent :
« De César. »
Alors il leur dit :
« Rendez donc à César ce qui est à César,
et à Dieu ce qui est à Dieu. »

(Traduction EALF)

Invités

  • James Woody, pasteur de l'Eglise Protestante Unie de France à Montpellier

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Le jeudi à 22h, le vendredi à 13h30 et le dimanche à 8h

Peu de nos contemporains connaissent les Évangiles. Ils n'y sont pas hostiles mais ils n'ont plus d'occasion d'y avoir accès. C'est partant de ce constat que, avec l'éclairage d'un bibliste, Béatrice Soltner nous propose chaque semaine un texte d'Évangile pour qu'il soit entendu (ou réentendu), pour en savourer la nouveauté et faire l'expérience que - si incroyable que ce soit à l'heure de l'instantanéité - cette parole écrite il y a plus de 2.000 ans nous rejoint toujours au plus profond.

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.