La parabole du fils prodigue ou l'amour inconditionnel du Père

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Le b.a.-ba du christianisme

jeudi 4 août 2016 à 16h00

Durée émission : 25 min

Le b.a.-ba du christianisme

© CorinneSIMONCIRIC - Le retour de l'enfant prodigue, 1980. Musée Michel CIRY

La parabole du fils prodigue est un texte sur la miséricorde. Il parle de cet amour divin capable d'accueillir le juste comme le pécheur. Le p. Philippe Abadie répond à Bénédicte Draillard.

On dit souvent d'un homme bon ou serviable qu'il est un bon samaritain et d'une personne frivole et dépensière qu'il est un fils prodigue: ces formules passées dans le langage courant viennent de la Bible. Ce sont des paraboles, une façon de communiquer typiquement biblique! Elles permettent d'attirer l'attention des auditeurs sans être trop moralisateur. "La parabole est un récit, une histoire, qui fait comprendre quelque chose de différent", explique le p. Philippe Abadie. Lorsque Jésus raconte une histoire, c'est qu'il veut faire réagir ses auditeurs. Une parabole sert aussi à entrer en communication, contrairement à une morale énoncée avec distance et autorité. Ce ne sont pas des fables accompagnées d'une morale, mais des histoire qui invitent l'auditeur à faire lui-même sa propre conclusion. "Souvent, la Bible est porteuse de ces histoires très ouvertes qui nous parlent encore aujourd'hui."

Le père prodigue, une figure de miséricorde. "Je préfère parler de père prodigue", affirme en effet le bibliste. Pour le père Philippe Abadie, "le vrai prodigue c'est le père, car il donne son bien sans chercher à moraliser le cadet, il le laisse dans sa liberté et quand il voit son fils revenir vers lui il ne lui fait pas non plus la leçon". L'amour de ce père, c'est l'amour de Dieu. Comme dit le pape François, si Dieu s'arrêtait à la justice il cesserait d'être Dieu, il faut qu'il aille jusqu'au pardon et à la miséricorde. Le père est prodigue d'amour, il accueille le juste comme le pécheur. Comme un écho aux paroles du père, on retrouvera ces paroles du Christ sur la croix "Père pardonne-leur ils ne savent pas ce qu'ils font".

 

Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père.

Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”

Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Lc 15, 11-32 - Source: AELF

Emission enregistrée en avril 2016

Invités

  • Père Philippe Abadie , bibliste

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L'émission

Du lundi au vendredi à 06h00 et 16h00

"Le b.a-ba du christianisme" ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le christianisme sans jamais oser le (re)demander… Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Mathilde Hauvy sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste.

Le présentateur

Bénédicte Draillard

Passionnée de relations humaines et de spiritualité, Bénédicte a un parcours divers et varié! Directrice littéraire d’une maison d’édition religieuse et canoniste, elle collabore à RCF depuis une vingtaine d’années. Sa joie est de partager avec les auditeurs ses coups de cœur littéraires et la saveur de la Parole de Dieu.