Cinq figures de miséricorde

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Halte spirituelle, l'intégrale

vendredi 1 avril 2016 à 23h00

Durée émission : 55 min

Cinq figures de miséricorde

Thérèse de Lisieux, Vincent de Paul, Madeleine Delbrêl, François de Sales ou Jean-Marie Vianney: des vies données aux autres et à Dieu. Le p. Bernard Pitaud répond à Véronique Alzieu.

Dans miséricorde, il y a "misère" et "coeur". Le terme désigne tout simplement le coeur de Dieu. La misère ici, loin de tout misérabilisme, c'est la pauvreté fondamentale de l'homme, là où Dieu vient nous chercher. "C'est-à-dire que l'homme ne serait rien sans Dieu", explique le p. Bernard Pitaud.

 


Madeleine Delbrêl ©ArchivesCIRIC

Madeleine Delbrêl, "Tu étais et je ne le savais pas, tu existais et je ne le savais pas."

A 17 ans, Madeleine Delbrêl (1906-1964) écrit un poème "Dieu est mort, vive la mort". Athée depuis ses 15 ans, elle ne satisfait pas du non-sens de la vie. Ses rencontres avec de jeunes chrétiens l'invitent à réfléchir. "Ni plus vieux, ni plus bêtes, ni plu sidéaliste que moi, ils se disent chrétiens et en vivent", dit-elle alors. Madelene Delbrêl racontera raconte qu'un jour elle s'est mise à genoux, qu'elle a prié et que dès lors elle a cru.

Sa conversion l'a conduite à quitter son propre milieu de la petite bourgeoisie intellectuelle pour vivre à Ivry-sur-Seine "auprès des incroyants et des pauvres", comme Madeleine Delbrêl le dit elle-même. Dans ce milieu prolétaire marqué par le communisme, où elle est assistante sociale, elle sera le Christ. Morte à l'âge de 60 ans, elle s'était épuisée à la tâche, entièrement donnée aux autres et à Dieu.

 


Saint François de Sales ©ArchivesCIRIC

François de Sales, l'homme qui semait la paix et la réconciliation

François de Sales (1567-1622) a laissé à tous ceux qui l'ont connu le souvenir d'un homme habité par la bonté. Extrêmement cultivé, avec une puissance de travail considérable, il a fait des études de philosophie et de droit. Il est d'ailleurs consulté par le pape sur des points de théologie. Il nous a laissé le "Traité de l'amour de Dieu" (1615) et le "Traité de la vie dévote" (1608), des "best sellers" à l'époque qui restent des références spirituelles aujourd'hui. Sa correspondance particulièrement volumineuse, est aussi une source d'inspiration importante.

Homme d'une grande écoute il faisait preuve d'une grande finesse dans ses recommandations. Il a assuré la direction spirituelle d'hommes de tous milieux. Il a su comprendre l'âme humaine, ses aspirations et ses faiblesses. A une époque où la plupart des évêques vivent proches des princes, il faisait preuve d'aisance aussi bien avec les plus pauvres qu'avec la noblesse. Particulièrement révolté par l'injustice, François de Sales est souvent intervenu pour plaider la cause de personnes injustement accusées. Cet évêque de Genève exilé à Annecy était "un homme qui semait la paix et la réconciliation en se faisant l'avocat des malheureux", explique le p. Bernard Pitaud.

 


Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars ©Wikimédia Commons

Jean-Marie Vianney - "Dieu court après l'homme et le fait revenir à lui"

"Il est plus facile de se sauver que de se perdre tant est grande la miséricorde de Dieu." S'il est une figure qui a tout donné aux autres sans compter sa peine, c'est bien Jean-Marie Vianney. Le curé d'Ars (1786-1859) est aujourd'hui l'un des prêtres célèbres le monde entier. Il est aussi l'une des plus grandes figures de miséricorde, "dans l'une des plus petites paroisses au monde", constate avec amusement le p. Bernard Pitaud. Certes, le p. Jean-Marie Vianney n'a pas laissé d'oeuvres qui ont marqué l'histoire de l'Eglise.

A une époque où le christianisme est marqué par le jansénisme et l'angoisse du salut, et se caractérise par une certaine austérité, Jean-Marie Vianney manifeste une très grande conscience de l'amour de Dieu pour les hommes. Sa sévérité à l'égard de ses contemporains vient de cette certitude qui l'habite au plus profond de son être. "Vous ne vous rendez pas compte que le Seigneur vous aime", dit-il souvent. Ce pasteur ne renvoyait pas les hommes à leur péché mais à l'amour de Dieu. "En vivant son ministère, il découvre peu à peu la miséricorde", explique le p. Bernard Pitaud.

 


Saint Vincent de Paul ©Wikimédia Commons

Vincent de Paul, la miséricorde au secours de la pauvreté morale et spirituelle

L'un des saints français les plus connus et sans doute les plus aimés. Saint Vincent de Paul (1581-1660) incarne l'attention aux plus petits. Les Dames de la Charité, les Filles de la Charité, les Prêtres de la mission... Il est l'organisateur des oeuvres de charité au XVIIè siècle, pour sortir les pauvres de la pauvreté. On oublie que pour lui, l'exercice de la miséricorde est d'abord une conversion du coeur et que les oeuvres de charité ne durent pas sans une vie intérieure de proximité avec Dieu.

Issu d'une famille modeste, Vincent de Paul n'a jamais oublié le milieu d'où il venait, même lorsqu'il faisait partie du Conseil de conscience du roi ou lorsqu'il conseillait les évêques. Très écouté à la cour, ne recherchant pas cette proximité avec les princes, il avait refusé d'être évêque. Devenu prêtre dès l'âge de 20 ans, rapidement après sa conversion, il a vécu une crise de la foi très profonde. Son attitude a été de prendre à sa charge la pauvreté de l'autre, pauvreté matérielle, morale et spirituelle.

 


Sainte Thérèse de Lisieux ©Sanctuaire de Lisieux

Thérèse de Lisieux, la transfiguration du quotidien

Morte à 24 ans, Thérèse Martin a vécu la majeure partie de sa courte vie enfermée dans un carmel de Lisieux. Docteur de l'Eglise, elle est cependant connue du monde entier. "Dans un carmel on n'a pas la possibilité de faire des choses extraordinaires, c'est pour cela que Thérèse nous tourne vers la transfiguration du quotidien", pour le p. Bernard Pitaud.

Thérèse de Lisieux a expérimenté pour elle-même la miséricorde de Dieu. La jeune fille a même eu la certitude que toute sa vie a été jalonnée par les grâces de miséricorde du Père. Par exemple elle se souvient avec précision avoir guéri de son extrême sensibilité le 25 décembre 1886. Enfant, elle a eu à vivre beaucoup de détachements, dont la blessure de la mort de sa mère, ce qui explique probablement ses difficutés d'adolescente à aller vers les autres. Atteinte d'une dépression profonde et chronique depuis l'âge de 12 ans, elle s'est sentie tellement transformée par la miséricorde de Dieu qu'elle n'a pas eu d'autre désir que de lui consacrer sa vie.

Invités

  • Bernard Pitaud , prêtre sulpicien, spécialiste de la spiritualité de la première moitié du XVIIè siècle et de Madeleine Delbrêl

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L'émission de référence de RCF ! Un format court et quotidien, complété par une version intégrale le samedi, pour engager une réflexion spirituelle profonde et accessible, autour d'une thématique d'actualité.

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!