Confinement: un Carême pas comme les autres?

Alors que les chrétiens sont en période de Carême depuis le 26 février, les consignes de confinement pour endiguer l'épidémie de coronavirus donnent à cette période liturgique une tournure particulière.

Aumône, prière et jeûne

Depuis le 17 mars, les Français vivent donc confinés chez eux. Le Carême est une période où chacun est invité à pratiquer le jeûne, l'aumône et la prière. Alors que l'accès aux lieux de culte est interdit, quel sens donner à la prière quand on ne peut se rassembler ? Et puisqu'il est fortement recommandé de se tenir à distance les uns des autres, comment aller vers les autres et leur porter secours ?

 

ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS : PRIER ENSEMBLE SUR RCF - RCF vous propose de suivre en DIRECT : 
- Une messe quotidienne : de 11h à 11h30 (dès lundi 23 mars)
- La messe dominicale : à 18h15
- Le culte protestant : le samedi à 18h15
Vous retrouvez le commentaire de l'Évangile du dimanche dans Enfin une Bonne nouvelle.
ET AUSSI - Pendant la durée de quarantaine, RCF assure la diffusion de : La Prière du matinLa Prière du soir et Le Psaume du jour. Le chapelet en direct de la grotte de Lourdes (à 15h30). Et pour toute la durée du confinement, RCF retransmet tous les soirs de 20h30 à 21h un temps de prière en DIRECT de la communauté de Taizé.

 

confinement : donner un sens à sa vie

Finalement, nous sommes invités à vivre un vrai Carême : à déployer notre créativité pour inventer de nouvelles formes de solidarités, qui soient plus personnelles, plus authentiques ; à rester en communion de prière avec tous ceux qui souffrent, notamment les familles endeuillées par l'épidémie, mais aussi avec les soignants et tous ceux qui luttent contre la propagation du virus ; à se concentrer enfin sur l'essentiel, sur ce qui donne un sens à notre vie.

 

"Vivre cette quarantaine comme un vrai Carême"

Parole aux Églises

Et si la quarantaine était l'occasion d'approfondir le lien spirituel que nous avons les uns avec les autres? Pour Mgr Joseph de Metz-Noblat, ce serait goûter l'esprit même du Carême.

ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS : RCF ASSURE UN SERVICE D'ÉGLISE - RCF vous propose de suivre en DIRECT : 
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Curieux Carême, par Mgr Jean-Luc Brunin

Parole aux Églises

Comment allons-nous remplir le vide que les restrictions imposent à notre vie sociale et ecclésiale? Et si ce temps de confinement nous incitait à prendre conscience de l'essentiel?

LE CARÊME AVEC RCF, 40 JOURS POUR RÉORIENTER SA VIE - Du 26 février au 12 avril, RCF vous accompagne tout au long du Carême et de la Semaine sainte, jusqu'au Dimanche de Pâques. Découvrez notre programmation spéciale sur le thème "Réorienter sa vie".
> En savoir plus

 

Quel Carême ! Nous voici conduits à jeûner d’une manière que nous n’avions sûrement pas envisagée. Jeûne de nos gestes amicaux, jeûne de visites à nos aînés et à nos malades, jeûne de nos retrouvailles en famille ou entre amis, jeûne de nos assemblées de prière, et même jeûne de l’Eucharistie ! Nous sommes bousculés et nous sentons qu’il nous faut vivre à un autre rythme.

Oui, curieux Carême. "Moins est plus", disait le pape François dans Laudato Si’, pour expliquer que "la spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété" (n° 222). Mystère paradoxal de l’Évangile que cette période nous encourage à réactualiser dans nos vies ! Comment allons-nous remplir le vide que les restrictions imposent à notre vie sociale et ecclésiale ?

Face à de telles mesures contraignantes, nous pouvons nous laisser aller à des assauts d’agacements et de mauvaise humeur. Mais, dans la foi, nous pouvons aussi  accueillir, de façon différente, ces contraintes imposées. Peut-être la période que nous vivons s’apparente-t-elle à celle du désert qui nous fait revenir à l’essentiel. Pour cela, il nous faut chercher les moyens qui permettront de vivre ces moments de confinement, non comme des périodes de vide, mais un temps de plus grande présence au Seigneur et aux autres. Paradoxalement, la distanciation sociale que les responsables de notre pays nous imposent, peut nous permettre de retrouver l’importance du lien.

Cela peut aussi nourrir notre prière. Le Christ est notre communion. Le prier, c’est rejoindre sa prière, lui l’éternel intercesseur auprès de son Père pour toutes celles et tous ceux qui sont nos proches.

Ce temps du vide imposé, s’il ralentit nos activités, peut être mis à profit pour entretenir une plus grande relation d’intimité avec le Christ. Profitons du temps libéré pour mettre notre vie en contact prolongé avec la Parole de Dieu, pour ouvrir un livre qui nous fera grandir dans l’intelligence de notre foi ou l’approfondissement de notre vie spirituelle. L’impossibilité de participer aux célébrations dans les églises peut être aussi l’occasion de nous libérer de la routine et d’approfondir les vraies raisons de notre attachement à l’Eucharistie.

Oui, curieux Carême 2020, qui nous offre de vivre l’expérience que "moins est plus". "C’est un retour à la simplicité - nous dit le pape François - qui nous permet de nous arrêter pour apprécier ce qui est petit, pour remercier des possibilités que la vie offre, sans nous attacher à ce que nous avons ni nous attrister de ce que nous ne possédons pas." (n° 222)

 

Prière de Taizé : "Prions pour tous ceux qui inventent des gestes de solidarité"

 La prière des Frères de Taizé

Exceptionnellement, RCF diffuse chaque soir la prière des Frères de Taizé. Un temps de communion et de fraternité en solidarité avec tous ceux qui font face à l'épidémie de coronavirus.

À partir du mardi 17 mars et pour toute la durée du confinement, RCF retransmet tous les soirs de 20h30 à 21h un temps de prière en DIRECT de la communauté de Taizé.

 

CONFIEZ VOS INTENTIONS DE PRIÈRE AUX FRÈRES DE TAIZÉ - Les auditeurs de RCF sont invités à faire part de leurs intentions de prière, dont certaines pourront être lues à l'antenne. Toutes seront portées dans la prière par les frères de Taizé.
> Cliquez ici pour confier vos intentions de prière aux frères de Taizé

 

méditation de Frère Luc

Ce soir du 19 mars, fête de saint Joseph, depuis la colline de Taizé, nous prions en communion avec tous les auditeurs de RCF, en France et en Belgique. Voici quelques pistes de méditation en écho à l’Évangile du jour alors que la prière se poursuit maintenant par quelques instants de silence.
 
Marie et Joseph sont les premiers à avoir accueilli le Christ dans l’enfant Jésus. Lors du voyage de retour après le pèlerinage à Jérusalem, ils réalisent tout à coup qu’il l’ont perdu !
 
Comme Marie et Joseph, ne nous arrive-t-il pas souvent de perdre le fil de notre relation avec le Christ ? D’avoir le sentiment que le mouvement du quotidien avec ses préoccupations, ses sollicitations, et ses urgences nous tiennent éloignés de lui ?
 
Quand ses parents, tout émus, le retrouvent dans le Temple, Jésus leur répond : "Pourquoi donc me cherchiez-vous si inquiets ? Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père ? C’est là que vous me trouverez toujours !"

Depuis Pentecôte, Dieu demeure, par son Esprit Saint, dans le cœur des croyants qui gardent la paix du Ressuscité et sont en communion les uns avec les autres. C’est là le Temple qu’il s’est choisi. C’est donc là que nous le trouverons toujours si nous le cherchons.

Avec l’isolement imposé par les circonstances actuelles, nous faisons, ces jours, une expérience inattendue d’éloignement et de séparation, non seulement d’avec nos proches mais même les relations simples qui d’habitude nourrissent le quotidien se trouvent soudain remises en question. Nous intégrons peu à peu les gestes barrière. Ils donnent une gravité à chaque mouvement et à chaque rencontre.

Le sérieux de la situation nous ramène à l’essentiel. D’un coup nous prenons conscience comme jamais de l’importance des paroles et des échanges qui restent possible. Alors que nous réduisons nos activités au nécessaire nous voilà rendus attentifs aux trésors d’humanité encore à notre portée : les relations familiales, amicales, de voisinage... N’est-ce pas une occasion de nous retrouver plus proche que jamais si nous cherchons le Christ dans la demeure qu’il s’est choisi ?

La personne d’espérance pour aujourd’hui est Michaël, le chef du Paulus Bistrot dans le quartier de la Kruteneau, à côté de l'université de Strasbourg. Avant-hier mardi, ce restaurateur a offert le repas de midi aux trente jeunes réfugiés africains et asiatiques du foyer de de la paroisse universitaire. Il avait déjà acheté les denrées alimentaires pour les plats de la semaine et, se retrouvant du jour au lendemain sans clients il a décidé de les offrir. Il va continuer à cuisiner chaque jour pour les réfugiés.

Le père Thomas Wender, responsable du foyer nous raconte son soulagement de ne plus avoir la charge de la préparation des repas de midi. Il nous écrit : "Depuis l'annonce du confinement, la solidarité envers les jeunes réfugiés a été profondément bousculée. Du jour au lendemain les 200 bénévoles qui aident chaque semaine ont du réorganiser leur vie, prendre soin de leurs proches ou rejoindre leur famille ailleurs en France. Hier matin, Rose, une maman africaine de la paroisse m'a téléphoné pour proposer d'apporter régulièrement des plats cuisinés pour le repas du soir. Elle en parle à ses amies pour qu'elles se relaient. Là aussi, les garçons vont sans aucun doute très bien manger. Devant la paroisse il y a des bacs en plastique où on peut déposer du lait, des biscuits, des fruits et légumes. Petit à petit, les Strasbourgeois y déposent des denrées. De leur coté, les étudiants de l’aumônerie s'organisent pour faire les courses pour des personnes âgées, nombreuses dans le quartier de l'Esplanade. Là aussi, de nouvelles solidarités naissent."
 
Prions ce soir pour tous ceux qui viennent en aide à d’autres, pour ceux qui inventent des gestes de solidarité.

 

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- La messe dominicale : à 18h15
- Le culte protestant : le samedi à 18h15
Vous retrouvez le commentaire de l'Évangile du dimanche dans Enfin une Bonne nouvelle.
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La Prière du matin
- La Prière du soir
- Le Psaume du jour.
- Le chapelet en direct de la grotte de Lourdes (à 15h30)
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La quarantaine, un temps pour s'ouvrir à Dieu et à de nouvelles solidarités

L'édito de Sr Véronique Margron

Peut-être que ce temps imposé peut nous obliger déjà à nous interroger: qui mettons-nous habituellement en quarantaine aujourd’hui dans nos sociétés?

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Quarantaine : 40 ans comme les 40 ans d'errance pour le peuple hébreu avant de rejoindre Canaan et les 40 ans de règne pour les rois David et Salomon, ou encore les 40 jours où l’armée d’Israël doit faire face à celle des Philistins avant que le petit David, simple berger venu de Bethléem, arrive à l’improviste et accepte de combattre le colosse Goliath et apporte ainsi la victoire aux Hébreux. (Voir dans la Bible, le Premier livre de Samuel, chapitre 17).

 

Migrants, personnes âgées, gens trop différents... Qui mettons-nous habituellement en quarantaine ?

 

Ces quarantaines comme le temps pour Dieu de façonner notre cœur, de nous faire entrer dans une vie nouvelle. Telle la quarantaine de notre Carême : au bout de 40 jours, un homme sera vainqueur de la mort, ni héros ni costaud, mais Jésus qui sauve et relève.

Notre quarantaine, due au coronavirus, nous rappelle alors que notre humanité a toujours tremblé face aux épidémies. Malgré notre puissance technique, nos sociétés modernes restent absolument vulnérables. Nous n’avons, pas plus qu’hier, la maîtrise complète de notre destin.

Peut-être que ce temps imposé peut nous obliger déjà à nous interroger : qui mettons-nous habituellement en quarantaine aujourd’hui dans nos sociétés ? Migrants, personnes du grand âge, gens trop différents, inadaptés à la vitesse… Mais aussi dans notre Église ? Victimes d’abus, encore malgré les avancées récentes, situations non conformes…

Alors nous rendre solidaires d’elles en ces jours et regarder l’envers du monde. Celui-là même qui est l’endroit du monde pour Dieu. Lui qui est un Dieu de l’alliance, du don, du dépliement de lui-même, du lien. 40 jours pour nous ouvrir davantage, alors qu’il faut, très sérieusement, se confiner. Ouvrir ses entrailles, découvrir de nouvelles solidarités avec ses voisins plus isolés que soi peut-être. Ou une personne à la rue, proche de chez nous, plus démunie encore.

Prier et supplier, aussi, pour les patients, ceux du coronavirus et tous les autres qui ont impérativement besoin de soins, pour tous les soignants engagés dans cette guerre, spécialement ceux qui apparaissent les plus humbles : aides-soignants, personnels de service… À nous ensemble d’observer les consignes de l’État pour n’exposer personne par désinvolture. Mais à nous aussi d’aimer plus encore et mieux encore et d’en trouver les chemins concrets.

 

Confinement: Dieu veut notre fraternité, par Mgr Pierre d'Ornellas

Parole aux Églises

Alors que notre monde avançait à une vitesses extraordinaire, voici que nous éprouvons notre fragilité commune. Or, si nous sommes fragiles, alors nous sommes tous appelés à la fraternité.

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- La messe dominicale : à 18h15
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PRIER AVEC RCF - Pendant la durée de quarantaine, RCF assure la diffusion de : La Prière du matinLa Prière du soir et Le Psaume du jour. Le chapelet en direct de la grotte de Lourdes (à 15h30)
ET AUSSI : pour toute la durée du confinement, RCF retransmet tous les soirs de 20h30 à 21h un temps de prière en DIRECT de la communauté de Taizé.

 

Face au coronavirus, une guerre: deux batailles

L'édito de Mgr Benoist de Sinety

"Nous sommes en guerre", ce sont les mots d'Emmanuel Macron, mais de quelle guerre s'agit-il ? Comme dans tous les conflits, c'est avant tout une bataille personnelle qu'il nous faut mener.

 

Il y a les drôles de guerres qui se terminent mal. Il y a les guerres qui commencent en dentelles et qui s’achèvent dans la boue. Il y a les guerres sales, toujours, et justes, dit-on. Il y a les guerres où l’on meurt à redouter que surgisse l’ennemi, il y aussi les guerres que l’on prépare avec fougue et qui finalement n’éclatent jamais.

Oui, des guerres il y en a de toutes sortes et l’histoire de l’homme en est scandée pour l’effroi des enfants, la griserie des jeunes gens et les silences des vieillards. Et puisque nous sommes désormais déclarés « en guerre », il pourrait être utile d’essayer de comprendre quel conflit est alors envisagé.

Il ne s’agit pas d’une opération militaire : un seul hôpital de campagne, aucun tir, point de bataille d’hommes. Il y a bien des stratèges mais ils ont tronqué la tenue camouflage pour la blouse immaculée. L’ennemi est désigné mais encore mal identifié : on semble en découvrir chaque jour un visage inattendu. Et le mot d’ordre est de mobiliser les citoyens pour qu’ils se replient chez eux, et n’en sortent plus.

Il n’y aura donc pas d’adieux émus sur les quais de gare, ni d’au-revoir touchants depuis l’embarcadère. Les cercueils et les sirènes d’ambulance attestent, seuls, de la violence du choc et donnent ainsi à ce que nous vivons l’odeur irrespirable qui est la marque de la guerre toujours et partout.
 
Guerre mondiale qui n’oppose plus des peuples, mais l’humanité à un virus. Avec, pour conséquence, ce confinement qui nous oblige tous, de l’Inde à la Californie, du sud de l’Afrique au nord de l’Europe à entrer chacun chez soi. Ce « chez soi » est d’importance car il est en fait le lieu où tout se joue pour demain.

Soit nous y campons comme des imbéciles, nous gorgeant d’images et de sons, refusant à toute force cette grâce de solitude que nous ne souhaitions pas mais qui s’impose à nous. Et alors nous scellons notre sort qui nous fera revenir plus cupides, plus égoïstes, en un mot plus écervelés qu’avant dans une société ruinée où l’argent nous asservira davantage. Soit nous prenons ce temps pour y cultiver ce que nous n’avons jamais eu jusque-là l’occasion d’essayer d’être, en découvrant l’épaisseur du présent, en goûtant pleinement ce « maintenant », et alors, nous ressortirons renouvelés, plus solides, plus vrais, plus humains.

On peut refuser ce voyage essentiel, cette expérience inouïe et se soulager dans l’alcool, la drogue ou que sais-je ? C’est accepter d’être demain l’esclave d’un monde qui retrouvera très vite ses fumées et ses pompes asphyxiantes.

On peut saisir l’occasion de tisser entre proches des liens plus intimes où la promiscuité forcée impose une plus grande vérité et ouvre aussi à la vraie Charité, et de toute manière, tisser avec soi-même une relation plus familière et plus sincère aussi.

Dans cette guerre qui s’engage, il y a la première bataille que livrent les spécialistes pour sauver les victimes et détruire ce qui les blesse ou les tue. De celle-là nous devons être spectateurs actifs et prendre nos responsabilités pour que ceux qui sont en première ligne ne luttent pas en vain.

Mais il y a la seconde bataille, celle de notre solitude imposée, où chacun nous sommes pleinement engagés et dont le monde de demain sera le résultat : soit par notre lâcheté collective en redevenant ce qu’il était, soit par notre courage, en laissant davantage scintiller la splendeur de la Jérusalem céleste.

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