Dom Xavier de Maupeou, une vie auprès des paysans sans terre du Brésil

Présentée par

S'abonner à l'émission

Grand Témoin

mardi 5 septembre 2017 à 21h00

Durée émission : 55 min

Dom Xavier de Maupeou, une vie auprès des paysans sans terre du Brésil

© RCF / Béatrice Soltner - Mgr Xavier de Maupeou

"Le Christ est venu pour rendre justice aux plus pauvres." Dom Xavier de Maupeou a consacré sa vie au service des petits paysans du Brésil. Il rêve d'une église plus dépouillée. Témoignage.

C'est le témoignage d’un homme de 80 ans qui a passé sa vie auprès des plus démunis du Brésil. Dom Xavier de Maupeou était un tout jeune prêtre ordonné pour le diocèse du Mans quand il est parti en Amérique latine en 1962. Aujourd'hui retraité, l'évêque émérite du diocèse de Viana il vit toujours dans l'archidiocèse métropolitain de São Luís do Maranhão, qui correspond à la région apostolique du "Nord-Est V" (selon la Conférence nationale des évêques du Brésil). Malgré la maladie de Parkinson il vient de publier "Un Français évêque au Brésil questionne son Église" (éd. Karthala). Et continue à vivre sa vocation d’homme et de prêtre.
 

"J'ai découvert le choix prioritaire des pauvres et en même temps la grandeur de Dieu"

 

de la Jeunesse ouvrière des quartiers pauvres...

Son expérience en Algérie lui a avait inspiré l'idée d'une vie de mission hors de France. Entré au séminaire en 1957, Xavier de Maupeou est ordonné en 1962. Quelques mois après il est envoyé comme prêtre fidei donum au Brésil. Un monde qui lui était inconnu "mais tellement plein de vie, tellement grand, tellement accueillant" que tout de suite il a ressenti "de l'amour pour ce pays".

Sa mission: évangéliser la jeunesse ouvrière et lancer une Action catholique ouvrière (ACO) dans les quartiers populaires dans l'État du Maranhão. Il se souvient des baraques en bois sur pilotis où vivaient les populations ouvrières, au-dessus des terres marécageuses et polluées. Des quartiers où l'Église n'allait pas. "J'ai commencé à découvrir combien l'Eglise était loin des préoccupations des gens." Les habitudes clergé d'alors se résumaient à une pastorale traditionnelle, confesser et dire la messe. Une Église confinée qui lui a fait prendre conscience de la nécessité d'aller à la rencontre des populations.

 



 

... aux paysans sans terre

Ce que Xavier de Maupeou a découvert au Brésil, à partir de 1968 environ, c'est un système d'évangélisation nommé le desobriga, pour "se désobliger".  En d'autres termes, s'acquitter auprès du prêtre en lui versant de l'argent pour les sacrements qu'il venait célébrer de communauté en communauté, à la saison sèche. Aux yeux du Français cela était "insupportable". Avec un autre prêtre il a entrepris de préparer la prédication avec les paysans. Dans le but de les "aider à réfléchir sur l'Évangile, pour qu'ils puissent forger leur foi, qu'ils aient une foi adulte". Ce qu'on lui a reproché par la suite. "Que les gens prennent conscience, réfléchissent, commencent à dialoguer, aient des réponses, c'était considéré comme une révolte contre le pouvoir établir. Donc on me traitait de communiste."

Mgr Xavier de Maupeou a fait partie de la grande aventure des Communautés Ecclésiales de Base (CEB) qui ont fleuri au sein du peuple des paysans brésiliens, un peuple opprimé dont il a partagé les combats. Pour ces populations souvent spoliées de leur terre, l’Évangile est apparu véritablement comme une bonne nouvelle de libération et de justice. C’est pour cette raison que Mgr Xavier de Maupéou devenu évêque de Viana (dans l'État du Maranhão.) Il a été le coordinateur de la Commission pastorale de la terre (CPT) et dans l'État de Maranhão.

 



 

Xavier de maupeou ou "le choix prioritaire des pauvres"

Pour comprendre l'homme de foi qu'est Xavier de Maupeou il faut revenir à ses origines. Ses racines, c'est la Bretagne, la Vendée, et "un milieu profondément catholique". Élevé dans le respect et la crainte de Dieu, Xavier de Maupeou est un catholique de l'Ouest de la France, né à Saumur en 1935 et qui a passé toute sa jeunesse à Nantes. Sa famille lui a appris la nécessité du partage et la préoccupation pour les pauvres.

Puis il y eut plus tard la découverte de l'islam qui l'a profondément marqué. Il la doit à son affectation au 4è régiment de Spahis à cheval. Chef de peloton il avait sous ses ordres des Tunisiens ou des Algériens. À leur contact s'est posée pour lui la question radicale de sa foi et de son identité chrétienne: "Je suis chrétien, qu'est-ce que ça veut dire être chrétien?" En Algérie il a aussi rencontré "le monde des pauvres", comme il le nomme. "J'ai découvert le choix prioritaire des pauvres et en même temps la grandeur de Dieu."

 

Sur le même thème :

Les dernières émissions

L'émission

Grand Témoin donne la parole à des chrétiens célèbres pour leur engagement ou leur combat au service de l'Evangile. Cette émission met également en valeur des croyants de l'ombre, méconnus du grand public et dont le témoignage mérite d'être diffusé et transmis.

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.