[DOSSIER] Les Assises chrétiennes de l'écologie, du 28 au 30 août 2015

Plusieurs centaines de personnes sont attendues pour Les Assises chrétiennes de l'écologie, ce rendez-vous de la planète écolo chrétienne. RCF se fait l'écho de cette mobilisation et vous propose une programmation spéciale en direct de Saint-Etienne.

Dans la perspective de la Conférence internationale sur les changements climatiques (COP 21) à Paris et suite à la parution de l'encyclique du pape François sur l'écologie, Les 2èmes Assises chrétiennes de l'écologie prennent cette année une ampleur particulière. Organisé par le diocèse de Saint-Etienne et l'hebdomadaire La Vie, en lien avec le Service national Famille et société de la Conférence des évêques de France, l'événement se veut un temps fort de réflexion et de sensibilisation aux questions environnementales dans une perspective chrétienne.

Jean-Luc Souveton: prêtre engagé pour l'écologie

Témoin

Il est à l'origine des Assises chrétiennes de l'écologie. Jean-Luc Souveton doit son engagement écologique à son expérience du jeûne et de la contemplation. Il répond à Véronique Alzieu.

"Ce qui m'intéresse c'est de rejoindre ces gens qui ont une véritable faim de vie spirituelle, qui cherchent, et pas forcément qu'à l'intérieur de l'Eglise." Prêtre du diocèse de Saint-Etienne, Jean-Luc Souveton est délégué aux développement personnel et aux spiritualités hors-frontières. Il anime des ateliers sur l'assise silencieuse, le jeûne, la respiration ou la marche méditative. Une fonction originale au sein d'un diocèse, mais qui entre une démarche de l'Eglise de dialogue avec le monde.

"Le jeûne s'est imposé à moi dans mon cheminement spirituel." Le père Jean-Luc Souveton est à l'origine des Assises chrétiennes du jeûne, organisées pour la première fois en 2010. Une pratique qu'il a découverte dans les années 1996-1997. Comme une réponse à un besoin de sobriété. "Trouver de la liberté par rapport à l'alimentation pour pouvoir me nourrir d'une autre nourriture." Le jeûne procède d'un besoin de connaître le manque pour s'ouvrir à Dieu. Il fréquente alors une communauté jésuite en Suisse qui lui enseigne comment jeûner.

Ce lien très étroit entre l'écologie et l'expérience spirituelle du jeûne...

 

"Etre là pour Dieu et non pas d'abord pour ses grâces": est-ce à cela que l'on peut résumer l'écologie? Pour le père Jean-Luc Souveton, il y a un lien très étroit entre l'expérience spirituelle du jeûne et l'écologie. Par la contemplation. Le prêtre du diocèse de Saint-Etienne se souvient, quand il était enfant, de ces heures à garder les vaches d'un agriculteur pendant les grandes vacances. Une première expérience de la solitude qui marque.

Du goût de la contemplation à une prise de conscience écologique.

Devenu adulte, ce goût de la contemplation le conduit à une prise de conscience écologique. Car tout est lié. "A la question de l'écologie viennent se greffer les questions du rapport à Dieu, à la création, aux autres, de la justice sociale, de la juste répartition des richesses, de ce que nous allons laisser à nos successeurs sur la terre."

 

Entretien réalisé en août 2015

Martin Kopp, théologien de la décroissance

Grand Témoin

"Quel que soit le sujet qui vous tient à cœur il est mis en danger par la crise écologique." A 28 ans Martin Kopp est une voix de l'écologie chrétienne en France. Il répond à Anne Kerléo.

C'est lors d'un tour du monde que Martin Kopp a pris conscience de la crise écologique et de son ampleur. "En 24 heures je suis passé des bidonvilles de New Delhi à Hong Kong, des enfants qui boivent dans les flaques à ceux qui sont habillés en Cartier. Cette juxtaposition des mondes m'a fait prendre conscience des inégalités." Parti pour un voyage d'agrément, Martin Kopp voulait aussi se confronter "à la réalité du monde". Et voir comment les gens vivent "en dehors de la bulle occidentale". De ce confort dont bénéficie l'Occident il comprend désormais que peu le partagent.

Entre écologie, économie et gouvernance, tout est lié. "Tout est lié, comme le dit le pape François, mais la question écologique est hiérarchiquement plus importante car elle détermine tout le reste." De ce constat Martin Kopp prend la résolution de réorienter son engagement. Il décide à son retour de voyage de consacrer sa thèse de théologie à la décroissance. "La force du mot décroissance est de viser quelle est la vraie racine du problème. Tandis que des expressions développement durable ou croissance verte laissent entendre que l'on peut continuer à vivre comme on vit juste en faisant des changements à la marge. C'est faux."
 

"Quel que soit le sujet qui vous tient à coeur, il est mis en danger par la crise écologique. Vous vous souciez de l'Eglise: si dans deux siècles l'humanité a disparu, il n'y a plus de question sur l'Eglise ; vous vous souciez de la paix: le changement climatique va devenir le premier facteur de création de conflits et va catalyser le terrorisme dans le monde ; vous vous souciez de la pauvreté: aujourd'hui il n'y a pas un programme de développement ou de lutte contre la pauvreté qui va pouvoir faire fi dans les décennies qui viennent de la question du changement climatique."

 

Invité à venir parler du climat à Taizé, il a animé en août 2015 un atelier lors du Rassemblement pour une nouvelle solidarité. Aujourd'hui chargé de plaidoyer pour la justice climatique pour la Fédération luthérienne mondiale, c'est en prenant la parole auprès de jeunes ou de dirigeants, que celui qui a pensé un temps devenir pasteur, ressent désormais la justesse de son engagement.

 

Entretien réalisé en août 2015

Jean-Marie Pelt : "Je plaide pour la réconciliation de l'Homme avec la Nature"

Quatrième volet de notre série "Chrétiens et écologie". C'est le botaniste et écrivain Jean-Marie Pelt qui témoigne de son rapport entre nature et spiritualité.

À moins de six mois de la conférence climatique de Paris, c'est peu de dire que l'encyclique de François est très attendue. Comme il l’a déjà dit lors de l'Angélus dimanche, François va adresser à cette encyclique à tous, croyants ou non, simple consommateur ou décideur politique ou économique avec une idée maitresse : "défendre la maison commune".
Depuis des semaines, dans ces homélies ou audiences, il n’a cessé d’appeler l'humanité à agir au plus vite pour la planète, victime de ses excès. Le 12 mai dernier, il prévenait  les puissants qu'ils seraient jugés par Dieu s'ils ne respectaient pas l'environnement, dénonçant  la culture du "déchet" et invitant chacun à procéder à son propre "recyclage". "La sobriété ne s'oppose pas au développement, elle est devenue sa condition", a-t-il martelé la semaine dernière, donnant un avant-goût de son encyclique. Pour le Pape, si l'Homme n'est pas Dieu, il a reçu la terre en héritage. Cette profession de foi, Jean-Marie Pelt, botaniste, écrivain, président de l'Institut Européen de l'Écologie et chrétien engagé, l’a fait sienne depuis tout petit. Il témoigne de ce lien consubstantiel entre Nature et Spiritualité. 

 
 

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