Aller à la messe : pour ceux qui n'y vont pas

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Halte spirituelle, l'intégrale

vendredi 30 mars à 23h00

Durée émission : 55 min

Halte spirituelle, l'intégrale

© Corinne SIMON/CIRIC - "Si les gens sortent de chez eux pour aller à la messe, considère Anne Lécu, c'est qu'il y a en eux une grande attente"

C'est bien la tradition biblique de prier pour les autres. Pour Sr. Anne Lécu, la messe, on n'y va pas pour soi mais pour les autres, chrétiens ou non. "C'est le côté universel de l'Église."

Une messe dans un coin reculé de campagne, un prêtre âgé, personne pour faire chanter, et juste deux ou trois fidèles. Qu'est-ce donc qui fait qu'on y assiste à ces messes si "ordinaires", comme les appelle Sr. Anne Lécu ? Le type de célébrations à mille lieux de ce que l'on peut voir lors de grandes fêtes religieuses...
Pourtant, un 26 juillet 2016, c'est lors de l'une de ces célébrations "d'une grande pauvreté" que le Père Jacques Hamel a été assassiné. Et c'est cela qui a interpellé Anne Lécu : "Ce qui m'a ébranlée c'est de se rendre compte que cet homme donnait sa vie à l'occasion d'une messe ordinaire." Que se passe-t-il donc lors de la messe ? Pourquoi y va-t-on ? Pourquoi est-ce un devoir pour les croyants ? La religieuse publie "Ceci est mon corps" (éd. Cerf), non pas pour expliquer ce qu'est la messe mais bien pour proposer une lecture méditative de la célébration. Et de la façon dont elle nous entraîne.
 

"Je crois fondamentalement qu'on y va pour les autres - moi je vais à la messe pour ceux qui n'y vont pas"

 

LA MESSE, MODE D'EMPLOI - Rendez-vous hebdomadaire des catholiques, la messe rassembles les fidèles chaque dimanche. Un temps de prière où chaque parole, chaque geste et chaque silence a un sens. Un dossier pour comprendre la messe.
La messe, mode d'emploi

 

La messe, y aller avec ses questions

"Si les gens sortent de chez eux pour aller à la messe, considère Anne Lécu, c'est qu'il y a en eux une grande attente, et le rôle des ministres du culte c'est de ne pas décevoir cette grande attente." Aussi, fût-ce par habitude, et même si le comportement des uns et des autres peut sembler "pas toujours adéquat", pour la religieuse, "on ne peut pas mépriser cette attente".

La religieuse invite chacun à se questionner : si l'on parle de "présence réelle" à propos de l'hostie consacrée, est-ce que l'on croit que Dieu est vraiment présent ? Qu'il nous accompagne dans notre vie ? Est-ce que l'on se rend présent à lui ? "Et si l'on parle du salut : de quoi ai-je besoin d'être sauvé ? Avec quoi est-ce que je me bats ? Est-ce le sens de la vie ? Le sens de la fraternité ? Pour des parents comment faire avec les enfants ?" Les questions qui nous habitent peuvent sembler très simples et très concrètes, trop pour certains, il s'agit précisément de "les honorer", de "les prendre au sérieux".

 



 

Rejoindre à la messe la communauté des croyants

Est-ce le Christ qui appelle ou la communauté ? "Rien ne nous arrive dans la vie chrétienne qui ne soit médiatisé par des hommes : si le Christ est bien Dieu qui se fait homme, c'est par l'intermédiaire des hommes que l'on reçoit l'appel de Dieu." Et s'il existe bien sûr des expérience directes du divin, bien souvent ce qui nous guide ce sont des rencontres avec nos semblables.

"C'est ensemble qu'on va tenter de porter ces questions vers Dieu." L'assemblée des fidèles est tout sauf uniformisée, chacun vient à la messe avec ses questions, son vécu, son histoire. Mais cet ensemble disparate est comme "un peuple qui converge". Et "la célébration de l'eucharistie fait de ces individus un corps vivant".

 



 

La messe, Y aller pour ceux qui ne croient pas

"Je crois fondamentalement qu'on y va pour les autres - moi je vais à la messe pour ceux qui n'y vont pas." En cela, il y a comme "une sorte de devoir" pour les croyants d'aller à a messe. Car on n'y va pas pour soi : c'est la conviction de la religieuse. "Je crois que nous les croyants sommes invités à y aller pour ceux qui n'y croient pas, pour porter la prière des hommes, de tous les hommes, ceux qui pratiquent et ceux qui ne pratiquent pas, les chrétiens et les non chrétiens : notre pauvreté c'est d'être là pour les autres."

En fait, si on regarde bien, la tradition biblique "c'est toujours de prier pour les autres". C'est Abraham qui intercède auprès de Dieu pour les habitants de Ninive, ou la tradition hébraïque (dont on hérite) lors de la fête de de Kippour de présenter à Dieu les fautes de tous les hommes. "C'est le côté universel de l'Église", rappelle Anne Lécu. Avec cette part de mystère qui est que "quelques hommes et quelques femmes ressentent en eux la nécessité de supplier Dieu pour les autres".

 

Invités

  • Sœur Anne Lécu , religieuse, membre des Sœurs de Charité dominicaines de la Présentation de la sainte Vierge, médecin en milieu carcéral

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Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!