[Dossier] Qui est Jésus pour les chrétiens?

Les Évangiles nous disent qui est le Christ. Toute la foi chrétienne repose sur ce grand mystère, qui est celui de l'incarnation: en Jésus, Dieu s'est fait homme. On dit qu'il s'est incarné, qu'il a pris chair en la personne de Jésus.

"Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle." (Jn 3, 16)

Noël, Dieu se fait homme

Noël, Dieu se fait homme

Dans cet enfant qui va naître, il y a Dieu: dans l'épaisseur de nos existences, il y a Dieu. Bénédicte Draillard reçoit Anne Faisandier.

"Et verbum caro factum est", lit-on dans l'Evangile de Jean (chap. 1, v. 14). Généralement, on partage une représentation très ancienne et très profonde d'un Dieu au ciel séparé par les humains situés au sol. Une séparation géographique qui dit quelque chose de nos difficultés à entrer en relation avec Dieu.

Que Dieu se soit fait homme change toute représentation que l'on a de lui. En prenant de lui même l'initiative de naître petit enfant, Dieu nous montre qu'il n'est pas où nous le cherchions. Là où les humains cherchaient une échelle pour l'atteindre, il nous dit qu'il est en réalité au plus bas.

"En lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité." (Col. 1,9)

Dieu, c'est le très bas et le très haut. Cette facette humaine de Dieu qu'est le Christ n'empêche en rien la puissance d'un Dieu qui aime. Dans cet enfant qui va naître, il y a Dieu. Ce qui signifie que dans l'épaisseur de nos existences, il y a Dieu. La parole de Dieu est tout sauf une parole en l'air: elle est une parole dense, profonde, qui nous rejoint.

L'Incarnation - Pourquoi Dieu s'est fait petit enfant

L'Incarnation - Pourquoi Dieu s'est fait petit enfant

Pour les chrétiens, quelque chose de fondamental se passe à Noël. Dieu naît dans une famille simple, pour habiter parmi les hommes. Le Père Geoffroy de la Tousche répond à Mathilde Hauvy.

Elle avait été annoncée par les prophètes, la naissance du Christ est au cœur de la joie de Noël. Et pourtant, le Sauveur n'est pas apparu sous la forme d'un puissant conquérant mais celle d'un petit enfant. On a tous une idée majestueuse, puissante de Dieu. "En fait on est invité sans cesse à comprendre que le Dieu des chrétiens c'est une toute-puissance à se faire petit.", explique le P. Geoffroy de la Tousche. Quand on dit avec saint Jean que le Verbe se fait chair, on dit que la parole se fait l'un de nous. Une parole que l'on peut accueillir, que l'on peut refuser. "Noël c'est Dieu qui accepte, qui décide de se faire tout petit, qui se met à notre portée aussi."
 

"Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous." (Jn, 1, 14)

 

La toute puissance de Dieu

Un Dieu qui se fait tout petit est difficile à concevoir de manière uniquement intellectuelle. Mais si l'on découvre qu'il est un Dieu qui nous aime alors on approche de qui il est. "Dieu ne dépend pas de l'homme mais il accepte de dépendre de la manière dont l'homme va le recevoir."

 



 

La dépendance

Jésus est né dans une structure familiale. Quel sens cela peut-il avoir? Pour le P. Geoffroy de la Tousche, Jésus, en naissant dans une famille, donne un sens à la dépendance.
 

Émission enregistrée en décembre 2016

 

1er dimanche de l'Avent : pourquoi installer une crèche de Noël chez soi ?

Le b.a.-ba du christianisme

Du premier dimanche de l'Avent à la fête de la présentation de Jésus au Temple (le 2 février) les chrétiens ont installe une crèche chez soi. Et se recueillent devant les personnages.

"Dieu est venu dans notre monde pour que l'on n'ait plus peur de lui." La crèche que l'on installe chez soi au moment de Noël joue ce rôle-là, de rendre le Christ proche de nous. Du premier dimanche de l'Avent à la fête de la présentation de Jésus au Temple, le 2 février, on peut se recueillir devant les personnages. Tous sont porteurs d'un message, celui de la Bonne Nouvelle du christianisme.
 

On ne se représente pas assez l'abaissement vertigineux d'un Dieu qui se retrouve "sur la paille d'une étape qui sent la bouse"

 

Jésus, L'humilité d'un Dieu qui se fait homme

"Tout d'un coup Dieu décide de devenir un homme, il décide de venir habiter chez les hommes." Ce que dit la crèche va bien au-delà de l'image gentille et bucolique consacrée par les santons. Dans les Évangiles, on lit que Marie et Joseph sont rejetés des hotelleries et c'est dans une étable que Marie accouche. Pour le dominicain, c'est déjà un signe, "qu'il n'y ait pas de place pour Dieu dans ce monde." Jésus est emmailloté et placé dans une mangeoire: là aussi c'est symbolique.

 



 

Marie, servante de Dieu

La Vierge est toujours représentée dans une attitude très humble devant le mystère qui est devant elle. Difficile pour nous d'imaginer ce qu'elle a ressenti, ce qui est sûr, pour le dominicain, c'est qu'elle était libre. "Marie aurait pu dire non." Pétrie de la tradition juive, "elle aide Dieu dans son plan pour sauver l'humanité".
 

Joseph, infiniment discret

Joseph est le père adoptif de Jésus. "Un homme infiniment discret alors qu'il a un rôle très important." Tantôt représenté debout, "comme un gardien qui veille sur l'enfant", tantôt assis, "en train de réfléchir avec tous ces événements".
 

L'âne et le bœuf

... Et l'odeur. On ne se représente pas assez l'abaissement vertigineux d'un Dieu qui se retrouve "sur la paille d'une étape qui sent la bouse". Fr. Jean-Pierre Brice Olivier observe que "tout au long de sa vie, Jésus ne sera ni écœuré, ni gêné, ni dérangé par aucune mauvaise odeur humaine." Lui qui a touché des lépreux et guérit tant de malades, jusqu'à s'être approché de Lazare, mort depuis plusieurs jours.

 

Émission enregistrée en décembre 2016

 

Jésus : vrai Dieu et vrai homme

Jésus : vrai Dieu et vrai homme

Pour les chrétiens, Jésus n'est pas qu'un sage ou un prophète. Il est Dieu lui-même. Explications de Michel Vandeleene au micro de Mathilde Hauvy.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles :
Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu
Engendré non pas créé, de même nature que le Père ; et par lui tout a été fait.

Symbole de Nicée

 

"Il est Dieu, né de Dieu"

"C'est tout à fait incroyable, ce que les premiers chrétiens ont dit!" Certes le credo de Nicée-Constantinople a été écrit en 325, mais il est conforme à l'Evangile de Jean. "Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité." (Jn, 1, 14)

Comment Dieu aurait-il pu s'abaisser au point de devenir homme? Dire que Dieu s'est fait homme, c'est dire que: celui qui est infini est entré dans le temps des hommes ; celui qui est le tout-puissant est devenu un petit enfant ; celui qui est omniscient a adopté l'esprit humain et ses limites.
 

L'audace des premiers chrétiens

Pour le théologien, il est tout à fait remarquable que les premiers chrétiens "qui étaient des juifs et donc qui avaient une conscience extraordinaire de l'altérité, de la transcendance de Dieu, ont eu l'audace de dire que ce Galiléen, ce fils de charpentier était l'Emmanuel."

- émission diffusée le 2 juin 2017 - 

 

Pourquoi Jésus est-il mort pour nos péchés?

Le b.a.-ba du christianisme

Certes la mort du Christ sur la croix est un scandale mais elle est surtout l'expression d'un véritable amour, qui va jusqu'au don de soi. Bénédicte Draillard reçoit le p. Bruno Houpert.

La mort du Christ du Christ est avant tout un scandale. Ce supplice épouvantable était réservé à l'époque aux moins que rien. Comment peut-on croire qu'un homme ayant fait toute sa vie le bien soit cloué sur une croix? La mort de Jésus est scandaleuse, elle est étonnante aussi. Et les chrétiens sont des milliers à suivre aujourd'hui un homme mort comme le pire des hommes.

Dieu n'a pas voulu la mort de Jésus. Même ses amis ne l'ont pas comprise: Jésus a choisi librement de s'engager sur ce chemin. Certains ont cru que d'envoyer son fils comme en pâture a été pour Dieu une ultime tentative de gagner le coeur des hommes. Mais un père ne peut vouloir la mort de son fils! En réalité la mort de Jésus a quelque chose d'émouvant. Lui qui a passé sa vie à rencontrer les exclus a été lui-même exclu. Jésus, c'est un homme qui ne veut qu'aimer et cela dérange. "On a le sentiment qu'il casse un ordre établi", explique le p. Bruno Houpert. La mort de Jésus, c'est une réponse à la haine, une réponse d'amour.

Dans les Evangiles, la Passion du Christ est abondamment décrite, alors que ses premières années sont presque passées sous silence. Comme si les quatre évangélistes avaient eu à raconter un épisode si peu compréhensible par la seule raison humaine qu'il leur a fallu tout dire, même les menus détails. Et ce qui reste impressionnant, comme le dit le p. Bruno Houpert, tout aulong des trois jours qui séparent son arrestation de la résurrection, ce qui impressionne, c'est le silence de Jésus.

"Ce n'est pas le fait de mourir sur la croix qui compte mais de donner sa vie par amour."

Dans son reniement, Pierre fait l'expérience admirable que Jésus l'aime. De même, Judas n'est à aucun moment condamné par le Christ. Le fils de Dieu est un serviteur: il ne fait pas la morale, il aime et laisse l'autre libre de le suivre. L'homme est toujours maladroit à aimer, Jésus prend sur lui nos incapacités à aimer. "Ce n'est pas le fait de mourir sur la croix qui compte mais de donner sa vie par amour: le véritable amour ne se fait que dans le don de soi", explique le p. Burno Houpert.

Que penser d'un Dieu qui meurt sur la croix ?

Le b.a.-ba du christianisme

Cela peut paraître choquant, voire scandaleux: le Dieu des chrétiens est mort sur une croix. Que penser de ce Jésus? Pourquoi s'est il laissé faire s'il était Dieu?

Dans la mentalité juive de l'époque, dire qu'on est le fils de Dieu, cela choque. Tout au long du voyage de Jésus vers Jérusalem, dans la deuxième partie de l'Évangile de Luc, on sent monter un mouvement de contestation autour de lui. Une opposition qui aboutit à son arrestation puis à sa condamnation à mort.
 

"Jésus est mort comme il a vécu: pour les autres"

 

Les pharisiens, principaux opposants à Jésus

"Il ne faut pas trop leur en vouloir aux Pharisiens, nous dit le Père Sèbe, ce sont des gens qui pour la plupart souhaitent profondément vivre ce qu'ils ont reçu de leur judaïsme." Pour nous chrétiens au XXIè siècle, on a certainement du mal à le comprendre, mais ce que fait Jésus à l'époque "les choque profondément". Le message du Christ les bouscule dans l'image qu'ils ont de Dieu et leur compréhension de la loi de Moïse. Leur conjuration, en quelque sorte, aboutit à l'arrestation de Jésus.
 

Jésus nous a donné lui-même le sens de sa mort, et de sa vie

"Jésus est mort comme il a vécu: pour les autres." Dans toutes les rencontres de l'Évangile, à travers sa façon de guérir, de pardonner, Jésus manifeste la présence de Dieu. L'évangéliste Jean, qui est le seul à raconter la scène du lavement des pieds, nous montre un Christ qui se fait serviteur. "Il manifeste par ce geste qu'il est LE serviteur."

- émission diffusée le 13 avril 2017 - 

 

Croire en la Résurrection du Christ

Croire en la Résurrection du Christ

La résurrection célébrée à Pâques est le sommet de la vie chrétienne. Mais comment croire en ce qui dépasse l'entendement? Anne Lécu nous invite à entrer dans ce mystère.

Il est risqué de parler de la Résurrection. Car aucun mot, aucune parole ne peut exprimer cet événement extraordinaire sur lequel les chrétiens fondent leur foi. Il y a cependant les Évangiles et ce qu'ils nous disent de ce mystère. Pour Sr. Anne Lécu, parler de la Résurrection du Christ c'est avant tout partager une joie
 

le tombeau vide

Dans l'Évangile de Matthieu, on parle d'un tombeau vide. Au lendemain de Pâques, le texte qui est lu lors de la messe fait état d'un paradoxe. À tel point que l'on dit parfois de la foi chrétienne, la foi en la Résurrection, qu'elle repose sur un tombeau vide. "Un tombeau vide, c'est une non-preuve par excellence", admet Sr. Anne Lécu.
 

On passe du fait à quelque chose de l'ordre de la foi

 

de l'histoire à la foi

Dans ce texte de Matthieu, on constate les tentatives de certains pour expliquer ce vide de façon rationnelle. On voit aussi des croyants, qui, eux, s'appuient non pas sur des preuves mais "sur une non-preuve par excellence qui est la parole de quelqu'un, qui croit que si le Christ n'est plus là c'est qu'il est vivant et qu'il ne peut plus être dans un tombeau". On est là dans le registre de la confiance. On bascule de l'histoire rationnelle, des faits tangibles, à quelque chose de l'ordre de la foi.

 


Évangile de Matthieu 28, 1-10*

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.02 Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.

L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

 

*Source: AELF

 

Qui était Jésus? Portrait du Christ par une historienne

Le b.a.-ba du christianisme

L'existence de Jésus est désormais avérée. Les historiens pensent que ce prédicateur, mort en l'an 30, était proche des exclus de la société. Bénédicte Draillard reçoit Françoise Ladouès.

Pour les historiens l'existence de Jésus est désormais avérée. Cela n'a pas toujours été le cas, ainsi au XIXè siècle se posait-on encore la question. Aujourd'hui, on n'ignore pas le nom de Jésus. Le programme de l'Education nationale prévoit que le thème des origines du christianisme soit abordé avec les élèves de niveau CM2, puis en classe de Sixième. Au lycée, avec la lecture obligatoire de la Bible, mais aussi des textes de Pascal, le nom de Jésus doit nécessairement revenir en cours. Selon Françoise Ladouès qui a enseigné le fait religieux à des enseignants mais aussi à des lycéens ou collégiens, la plupart du temps on manifeste de la curiosité sur cet homme. "Beaucoup se rendent compte qu'ils n'ont pas beaucoup de connaissances sur la question."

Jésus n'est pas né en zéro! Ce serait le fait d'un moine qui se serait trompé de six ans dans ses calculs (avant, le temps était compté à partir de la naissance de l'Empire romain). Par contre, il est bien né d'un père charpentier juif, en Judée, probablement à Nazareth. Il parlait d'araméen. A l'époque, l'hébreu était la langue cultuelle des juifs.

Avant de devenir lui-même un prédicateur, Jésus a commencé par suivre d'autres prédicateurs, comme par exemple Jean-Baptiste. On pense qu'il a mené une vie d'itinérance durant deux ou trois ans. Les historiens ont pu constater que cet homme était sensible aux idées apocalyptiques. Et surtout il se sentait proche des gens pauvres ou malheureux. De ceux qui n'étaient pas très bien vus dans la société. Il serait mort en 30.

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