Dossier - "Rendez-nous la messe"

Nantes, Bordeaux, Rennes, Strasbourg ou Paris… Alors que la France est à nouveau en période de confinement, des catholiques se sont rassemblés dans plusieurs villes de France pour réclamer le droit d'aller à la messe. Pourquoi semble-t-elle si importante pour ces fidèles? La suspension des messes publiques met en lumière différentes manière de percevoir la célébration eucharistique.

Suspension des messes: pourquoi les catholiques sont-ils affectés?

L'actu chrétienne

La célébration publique du culte dans les édifices religieux est interdite. Pourquoi les catholiques sont-ils affectés par cette décision? Comment nourrir sa foi pendant cette période ?

Si les évêques, religieux, associations catholiques ont demandé au Conseil d’État d’annuler cette interdiction au nom de la liberté de culte c’est que l’expression de la foi dans la sphère privée a ses limites pour la religion de l’incarnation. "À travers notre corps, on voit à quel point on a besoin de prier ensemble, épaule contre épaule. Par conséquent, il y a une extériorité dans notre vie de foi qui me semble très importante. Cette partie-là de notre équilibre est entravée", rappelle Arnaud Bouthéon.

FAIRE PREUVE D’INGÉNIOSITÉ POUR VIVRE SA FOI

Arnaud Bouthéon est l’auteur du livre "Comme un athlète de Dieu, manifeste sportif et chrétien" (éd. Salvator). C’est aussi le cofondateur du Congrès Mission. Pour lui si la suspension des messes et donc de la communion sacramentelle affecte les fidèles, c’est aussi l’occasion de faire preuve d’ingéniosité pour vivre sa foi. "Le premier point c’est de réfléchir et de méditer sur l’eucharistie. La pratique de la confession est possible. Il y a beaucoup de choses qu’on peut réaliser : des petits gestes de charité qui consiste à appeler des paroissiens dans le besoin, avoir des moments d’attention auprès des voisins", assure-t-il.

DEMANDER LE RETOUR DES MESSES SANS ÊTRE VICTIMAIRE

Pour Arnaud Bouthéon, faire preuve d’ingéniosité pour vivre sa foi ce n’est pas incompatible avec le fait de demander le retour des messes. À condition toutefois de ne pas entrer dans une démarche pleunicharde ou victimaire. "Il faut être lucide et être dans ce rapport de force assumé, de dire qu’on est blessés de voir les gens s’agglutiner dans le métro et de constater qu’on ne peut pas prier ensemble. Mais toutes les démarches qui peuvent faire monter dans notre coeur un ressentiment me gêne", regrette Arnaud Bouthéon.

Dans son arrêt confirmant la suspension des messes, le Conseil d'État spécifiait qu’une concertation entre le gouvernement et les cultes devait être engagée dans les plus brefs délais pour réévaluer les mesures.

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Messe, ni instrumentalisation ni banalisation

Messe, ni instrumentalisation ni banalisation

Le président de la Conférence des évêques de France a déposé un référé-liberté devant le Conseil d'État pour réautoriser les offices religieux en public.

Le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, a donc décidé d’introduire une action en référé, devant le Conseil d'État, pour annuler la décision d'interdiction des cultes durant le confinement. Six autres évêques se sont associés au nom de leur diocèse à cette action. Un mouvement de laïcs comme les AFC a fait de même, et des intellectuels catholiques comme Pierre Manent, Rémi Brague, Fabrice Hadjadj ou Chantal Delsol ont publié une tribune en ce sens. Je souhaite dire d'emblée que je m'associe totalement à leurs actions.

Comme toujours, une telle initiative ne peut rassembler l'intégralité des catholiques. Je suis tout prêt à admettre que certains préfèrent respecter un confinement strict, ne plus voir leur famille, et même se dispenser de messe, si cette requête aboutissait. Je le dis sans ironie : je ne les juge pas, je ne sais pas ce qui se passe dans les cœurs et je suis conscient de la gravité de la situation qui fait craindre à certains d'être contaminés ou de contaminer autrui.

Je pense quant à moi que le fait de réclamer la liberté de culte, alors que nous pouvons sans encombre aller dans les grandes surfaces pour acheter des produits qui ne sont pas tous de première nécessité, est plus que justifié. Mais je ne souhaite pas donner des leçons à ceux qui auraient une autre manière de voir que moi.

En revanche, je suis perplexe à la lecture de certains arguments sur les réseaux sociaux. Je ne vois pas en quoi le fait que les évêques qui ont appelé à cette action soient catalogués comme conservateurs puisse, en quoi que ce soit, discréditer leur parole. Nous n'avons rien à gagner en agitant ce genre d'étiquettes bien souvent caricaturales.
Quant à l'argument qui consiste à dire qu'une telle action va diviser les catholiques, je pense qu’il n'est pas sérieux. Nos divergences existent et ne datent pas d’hier. Elles sont somme toute normales et ne doivent pas nous effrayer outre mesure.

Mais en l'occurrence, il y a suffisamment d'accord sur une telle action, qui respecte parfaitement les règles de droit, pour ne pas faire de faux procès.

En attendant le résultat de cette requête, je forme le vœu, quelle qu'en soit l'issue, que ce qui nous réunit soit plus fort que ce qui nous divise. C’est ainsi que nous répondrons aux défis du temps.

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A quoi ça sert d'aller à la messe?

Le b.a.-ba du christianisme

Quel est le sens de la messe ? La messe dominicale est-elle obligatoire ? Le Père Matthieu Thouvenot, recteur du sanctuaire Notre-Dame de Fourvière, nous éclaire sur ces questions.

"Ita missa est". A la fin de la messe, le prêtre envoyait ainsi les fidèles en mission. C’est de ce mot latin missa que vient celui de messe. Une célébration à laquelle les chrétiens sont invités chaque dimanche, en référence aux commandements de l’Ancien Testament.  
 

"Le dimanche, c’est  le jour du Seigneur et l’un des commandements d’honorer le jour du Seigneur, explique le Père Matthieu Thouvenot, au micro de Pauline de Torsiac. Le premier commandement est d’adorer Dieu et Dieu seul. Le problème, c’est que Dieu on ne le voit pas. Pour y penser, pour se souvenir que nous avons un Créateur qui prend soin de nous, on change de rythme un jour sur sept, on arrête de travailler et on se rend disponible pour prier davantage et pour se rassembler avec d’autres chrétiens".

Un besoin pour vivre

Source et sommet de la vie chrétienne  - une expression qui a émergé pendant le concile Vatican II - la messe est l’origine de tout et en même temps l’aboutissement de tout.

"Nous en avons absolument besoin pour vivre. C’est la source de notre vie chrétienne donc si on veut avoir une vie chrétienne, il faut qu’elle soit alimentée par une source : l’Eucharistie.  On peut par ailleurs envisager que notre vie est une randonnée dans la montagne où nous visons un sommet. Avec l’Eucharistie, je touche déjà le sommet puisque je touche quelque-chose d’éternel… La messe est la mise en présence de ce qu’il s’est passé à la croix et à la résurrection il y a 2000 ans et en même temps cela me projette déjà dans l’éternité avec la présence de Jésus et la résurrection qui n’est pas seulement pour Jésus mais pour nous tous". 

Une communion au corps ressuscité

" Quand on participe à la messe, on participe à la résurrection, en recevant le corps de Jésus ressuscité".  Jésus nous y a invités par ces paroles : "Si vous ne buvez pas mon sang, si vous ne mangez pas mon corps, vous n’aurez pas la Vie en vous".  Une nourriture spirituelle qui nous permet d’avoir une vie complète, pas simplement matérielle et physique.
 

" Quand on participe à la messe, on participe à la résurrection, en recevant le corps de Jésus ressuscité"

La logique de l’incarnation

Une messe ne se vit pas seul, mais entouré d’une communauté de chrétiens. "Quand l’assemblée se rassemble pour célébrer la messe, elle constitue le corps du Christ. On s’en rend compte quand on encense pendant la messe parce qu’il y a un moment où l’assemblée elle-même est encensée car elle est elle-même le corps du Christ et qui célèbre", précise le Père Thouvenot, qui rappelle que la religion chrétienne est celle de l’incarnation, Dieu décidant d’arriver dans la vie matérielle. "Une logique qui est déclinée jusque dans l’Eucharistie où Dieu va jusqu’à se faire morceau de pain qui est son corps".

Une première nourriture : la Parole

Lors de la première partie de la messe, en écoutant les lectures du jour, le fidèle est nourri spirituellement, intellectuellement. "La parole de Dieu a une efficacité par elle-même. Quiand on l’entend, quand on l’écoute vraiment, elle transforme", assure le Père Matthieu Thouvenot, qui évoque aussi le perpétuel appel à la conversion. 

Si la Parole de Dieu n’a pas changé, chacun d’entre nous change dans sa vie, et tous les trois ans, on peut donc écouter des textes d’une façon différente. "Dans les textes qui sont dits, Dieu va pouvoir donner à la personne qui écoute ce dont elle a vraiment besoin à ce moment-là. C’est à nous de faire attention. Et je constate souvent que l’Esprit Saint fait son travail !", observe le prêtre.

"Participer à la messe chaque dimanche est une nécessité vitale pour la vie chrétienne"

Une obligation dominicale ?

Faut-il alors aller à la messe tous les dimanches ? "Je pense que participer à la messe chaque dimanche est une nécessité vitale pour la vie chrétienne, affirme le Père Matthieu Thouvenot. C'est comme la nourriture. On peut ne pas voir l'importance de la messe, ne pas en éprouver physiquement et spirituellement la nécessité, il n'empêche qu'on en a besoin. Avant-tout, c'est une invitation de Jésus, c'est même un impératif : "Faites-cela en mémoire de moi". Parfois on n'éprouve pas le besoin, cela ne veut pas dire que l'on n'en a pas besoin. Chacun est responsable de sa vie chrétienne, de penser à ses différents besoins et de les honorer. Si je dis que je crois en Dieu et en Jésus, logiquement j'écoute ce que dit Jésus. Je sais alors que j'ai besoin de Le recevoir et je prends mes dispositions pour."

Et pour les enfants ou les ados qui y rechignent ? "Je pense qu'il ne faut pas leur montrer que l'Eglise est désagréable. Je vois des exemples de personnes qui ont été dégoûtées de l'Eglise parce qu'on les a forcées à faire des choses. Cela dit, puisque c'est important quand même et qu'il est important de prendre des habitudes, il faut trouver des idées pour aider les enfants à aller à la messe, par exemple en allant voir un nouvel endroit, en s'assurant qu'ils y retrouveront des amis. On peut aussi lire avec eux avant les textes de la messe pour les préparer avant, et pourquoi pas leur faire jouer un rôle pendant la messe". 

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Pourquoi aller à la messe?

Halte spirituelle, l'intégrale

Aller à la messe c’est répondre à un appel et apporter devant Dieu les préoccupations de tous les hommes. C’est aussi se laisser transformer profondément pour se donner aux autres.

Une messe dans un coin reculé de campagne, un prêtre âgé, personne pour faire chanter, et juste deux ou trois fidèles. Qu'est-ce donc qui fait qu'on y assiste à ces messes si "ordinaires", comme les appelle Sr. Anne Lécu ? Le type de célébrations à mille lieux de ce que l'on peut voir lors de grandes fêtes religieuses...
Pourtant, un 26 juillet 2016, c'est lors de l'une de ces célébrations "d'une grande pauvreté" que le Père Jacques Hamel a été assassiné. Et c'est cela qui a interpellé Anne Lécu : "Ce qui m'a ébranlée c'est de se rendre compte que cet homme donnait sa vie à l'occasion d'une messe ordinaire." Que se passe-t-il donc lors de la messe ? Pourquoi y va-t-on ? Pourquoi est-ce un devoir pour les croyants ? La religieuse publie "Ceci est mon corps" (éd. Cerf), non pas pour expliquer ce qu'est la messe mais bien pour proposer une lecture méditative de la célébration. Et de la façon dont elle nous entraîne.

 

La messe, y aller avec ses questions

"Si les gens sortent de chez eux pour aller à la messe, considère Anne Lécu, c'est qu'il y a en eux une grande attente, et le rôle des ministres du culte c'est de ne pas décevoir cette grande attente." Aussi, fût-ce par habitude, et même si le comportement des uns et des autres peut sembler "pas toujours adéquat", pour la religieuse, "on ne peut pas mépriser cette attente".

La religieuse invite chacun à se questionner : si l'on parle de "présence réelle" à propos de l'hostie consacrée, est-ce que l'on croit que Dieu est vraiment présent ? Qu'il nous accompagne dans notre vie ? Est-ce que l'on se rend présent à lui ? "Et si l'on parle du salut : de quoi ai-je besoin d'être sauvé ? Avec quoi est-ce que je me bats ? Est-ce le sens de la vie ? Le sens de la fraternité ? Pour des parents comment faire avec les enfants ?" Les questions qui nous habitent peuvent sembler très simples et très concrètes, trop pour certains, il s'agit précisément de "les honorer", de "les prendre au sérieux".

 

Rejoindre à la messe la communauté des croyants

Est-ce le Christ qui appelle ou la communauté ? "Rien ne nous arrive dans la vie chrétienne qui ne soit médiatisé par des hommes : si le Christ est bien Dieu qui se fait homme, c'est par l'intermédiaire des hommes que l'on reçoit l'appel de Dieu." Et s'il existe bien sûr des expérience directes du divin, bien souvent ce qui nous guide ce sont des rencontres avec nos semblables.

"C'est ensemble qu'on va tenter de porter ces questions vers Dieu." L'assemblée des fidèles est tout sauf uniformisée, chacun vient à la messe avec ses questions, son vécu, son histoire. Mais cet ensemble disparate est comme "un peuple qui converge". Et "la célébration de l'eucharistie fait de ces individus un corps vivant".

 

La messe, Y aller "pour ceux qui ne croient pas"

"Je crois fondamentalement qu'on y va pour les autres - moi je vais à la messe pour ceux qui n'y vont pas." En cela, il y a comme "une sorte de devoir" pour les croyants d'aller à a messe. Car on n'y va pas pour soi : c'est la conviction de la religieuse. "Je crois que nous les croyants sommes invités à y aller pour ceux qui n'y croient pas, pour porter la prière des hommes, de tous les hommes, ceux qui pratiquent et ceux qui ne pratiquent pas, les chrétiens et les non chrétiens : notre pauvreté c'est d'être là pour les autres."

En fait, si on regarde bien, la tradition biblique "c'est toujours de prier pour les autres". C'est Abraham qui intercède auprès de Dieu pour les habitants de Ninive, ou la tradition hébraïque (dont on hérite) lors de la fête de de Kippour de présenter à Dieu les fautes de tous les hommes. "C'est le côté universel de l'Église", rappelle Anne Lécu. Avec cette part de mystère qui est que "quelques hommes et quelques femmes ressentent en eux la nécessité de supplier Dieu pour les autres".

 

Émission d'archive diffusée en mars 2018

 

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Qui célèbre vraiment la messe?

Qui célèbre vraiment la messe?

La question du jour a de quoi dérouter, après tout c'est le prêtre qui célèbre la messe, non ? Elise Chardonnet a sûrement une idée en tête... Peut-être rappeler que les fidèles ne sont pas des spectateurs qui assistent à la messe, mais bien des acteurs du mystère de l'eucharistie ?

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Faut-il aller à la messe, ou au culte, tous les dimanches?

Le b.a.-ba du christianisme

Le dimanche, un jour consacré à Dieu pour les chrétiens: quels en sont les fondements bibliques? Pourquoi aller à la messe ou au culte ce jour-là, quand on est catholique ou protestant?

Les débats sur le travail dominical ont fait couler beaucoup d'encre. Et continuent de nous interroger sur le sens spirituel du dimanche. Pour les chrétiens c'est un jour consacré à Dieu, qui fait plonger dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ. Quels en sont les fondements bibliques ? Pourquoi faut-il aller à la messe ou au culte le dimanche quand on est catholique ou protestant ? Tout l'enjeu pour un croyant c'est d'en faire autre chose qu'une obligation, une pratique culturelle ou une habitude qui nous ferait passer à côté du caractère extraordinaire de l'eucharistie.

 

Le dimanche, un jour pour Sanctifier le jour du Seigneur

"Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville." (Ex 20, 8-10)

 

Consacrer un jour entier à Dieu, c'est un héritage biblique. Dans l'Ancien Testament, le dimanche, c'est le 7e jour, celui où Dieu a créé le monde et "veut sanctifier la création", explique le Père de Cagny, c'est-à-dire "la remplir de sa présence".

 



 

Le dimanche, jour de la résurrection du Christ

Accomplissement du sabbat de l'Ancien Testament, le dimanche est aussi le jour de la résurrection du Christ. "C'est plus qu'un souvenir, un souvenir qui s'actualise, qui rend l'événement présent, de sorte que  lorsqu'on va à la messe le dimanche, on ne fait pas qu'obéir à une demande de Dieu ou de l'Église, on a le désir que ce jour soit rempli de la présence du Seigneur."

Les juifs célèbrent le sabbat du vendredi soir au samedi. Pour les chrétiens, c'est important que ce soit le dimanche, perçu comme le "huitième et premier jour d'une création nouvelle". "C'est pour nous un signe très fort que la résurrection du Chrtist inaugure une nouvelle création, où l'humanité entière est sauvée, invitée à entrer dans cette nouvelle alliance." 

 

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La messe 2.0, une parenthèse ou une évolution de la place de l'Église?

Un prêtre vous répond (04 72 38 20 23)

Pendant le confinement, le recours aux supports numériques pour nous permettre de suivre la messe a-t-il changé l'attitude des paroissiens de façon durable? Participez à l'émission!

VOUS AVEZ LA PAROLE - Participez à l'émission en direct, à partir de 21 heures ou envoyez dès à présent votre témoignage écrit.
► Appelez le 04 72 38 20 23
► Écrivez à : unpretrevousrepond@rcf.fr

 

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Faut-il multiplier les messes sur internet?

Faut-il multiplier les messes sur internet?

Des voix se sont élevées et l'on a retrouvé le clivage conservateur/progressiste: vouloir assister à une eucharistie à tout prix, est-ce là ce qui est préconisé par l'Église catholique?

Depuis le début du confinement fleurissent des initiatives de prêtres qui célèbrent en étant filmés et retransmettent la messe sur les réseaux sociaux. Ces initiatives ont le grand intérêt de ne pas faire perdre le contact des fidèles avec leurs pasteurs et de compenser l’isolement des personnes les plus seules.

Plusieurs évêques se sont pourtant inquiétés de la généralisation de ce mouvement. Mgr Heiner Wilmer, évêque de Hildesheim en Allemagne, a déclaré à la radio "ne pas apprécier la multiplication de ces messes en streaming" et regretté une excessive fixation sur l’eucharistie, en rappelant que le Christ est, d’une autre manière, présent dans la Parole de Dieu. Mgr Santiago Gómez Cantero, évêque de Teruel y Albarracín, en Espagne, a quant à lui pointé un risque de cléricalisme comme si l’on considérait que les laïcs ne pouvaient prier seuls.

On voit revenir en pointillé le vieux clivage conservateur / progressiste, avec les mêmes écueils de discussions stériles et idéologisées. Je n’y rentrerai pas, me bornant à rappeler que l’eucharistie est bien la source et le sommet de la vie ecclésiale, comme le proclame le "Catéchisme de l’Église catholique", mais que le sommet n’est pas le tout et qu’il y a d’autres manières de prier la liturgie.

Si ces interrogations ne visent absolument pas les messes télévisées ou radiodiffusées qui - merci à KTO et au Jour du Seigneur, ou ces derniers temps à RCF - rendent un service pastoral inappréciable aux plus âgés ou aux malades, on peut noter qu’un certain nombre d’initiatives ont fleuri à l’approche de Pâques, permettant de prier ensemble sans écran.

Les dominicains de Toulouse ont concocté un guide aidant les laïcs à célébrer la Semaine sainte. Beaucoup de catholiques ont également organisé le soir du Jeudi saint un repas du Seder à l’image de celui que Jésus a partagé avec ses amis lors de la Cène. D’autres ont lu en famille le récit de la Passion le Vendredi ou ont veillé dans la nuit de samedi. Et beaucoup de laïcs sont en lien avec les prêtres et les religieux par la liturgie des heures, prières de l’Église offerte à tous.

Il ne s’agit pas d’opposer les initiatives. Mais on peut se souvenir que les familles sont des petites églises domestiques, comme le disait saint Jean Chrysostome et le rappelait le concile Vatican II. Et que, selon la parole de Jésus, quand nous sommes réunis deux ou trois en son nom, il est là. Sans écran et sans wifi.

 

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