Les dominicaines de Taulignan, quand l'écologie s'invite au monastère

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lundi 10 juillet 2017 à 13h30

Durée émission : 25 min

Les dominicaines de Taulignan, quand l'écologie s'invite au monastère

© Dominicaines de Taulignan

Le monastère de la Clarté Notre-Dame à Taulignan abrite 14 moniales dominicaines. Ces dernières cultivent des aromatiques et distillent des huiles essentielles.

A côté de Grignan, célèbre pour le superbe château de Madame de Sévigné, se trouve un autre joyau de la Drôme provençale: le monastère La Clarté Notre-Dame, tenu par des moniales dominicaines. Elles sont 14 à vivre selon la règle de saint Augustin, que suivent tous les frères et soeurs de l'ordre des prêcheurs. Mais à Taulignan, les religieuses ont aussi fait le choix d'un mode de vie respectueux de l'environnement. Une démarche écologique entamée en 2009, notamment grâce à la visite de Pierre Rabhi, pionnier de l'agroécologie.
 

laisser la vie revenir dans la terre

"On cherchait une activité communautaire où toutes les sœurs puissent travailler", explique sœur Marie-Madeleine. Après la fermeture de leur atelier de reliure, les religieuses étaient en quête d'une activité rémunératrice. Au même moment la communauté retrouvait l'usage de ses terres cultivables. Le choix fut donc fait de devenir agricultrices. Un véritable pari, puisqu'"aucune sœur de la communauté n'avait la moindre compétence ni formation agricole". Mais la démarche devait aussi correspondre à leur règle de vie, elle devait être respectueuse de la nature.
 


©Dominicaines de Taulignan - Vue sur le monastère de La Clarté Notre-Dame

 

Parmi ceux qui les ont aidées, Pierre Rabhi, qui leur a enseigné les bases de l'agroécologie. "Il nous a ouvert les yeux sur ce qui poussait déjà en sauvage sur le terrain et auquel nous n'avions jamais fait attention." Pour faire du bio sur leurs parcelles abimées par des intrants chimiques il a fallu revenir à zéro pour "laisser la vie revenir dans la terre". Les plantes aromatiques qui y poussent aujourd'hui leur permettent de produire des huiles essentielles bio.

La crise écologique est une crise spirituelle. Nous sommes convaincues que ne pas respecter la terre mène à ne pas respecter l’homme et donc à ne pas respecter Dieu. Cela peut se lire en sens inverse : ne pas respecter Dieu, mène à ne pas respecter l’homme et ne pas respecter la terre.

 

la Théologie de la création

"On s'est lancées dans une démarche globale d'écologie." En même temps qu'elle travaillaient la terre, les religieuses ont toutes suivi une formation en théologie de la création. Il s'agissait de "recevoir la nature comme un don de Dieu avec tout ce que ça implique".

Une dynamique était lancée, qui a rapidement entraîné à sa suite de nombreuses personnes soucieuses d'articuler engagement écologique et foi chrétienne. Un groupe s'est formé pour devenir l'association Oeko-logia, destinée à former des agriculteurs chrétiens. Quant aux soeurs, cette aventure a fait grandir chez elles une admiration et un amour de la nature, encore plus fort et plus concret.
 

 

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Des reportages hebdomadaires qui ouvrent une fenêtre sur le monde en partant à la rencontre d'hommes et de femmes d'ici et d'ailleurs.

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Jean-Marie Portero