Les sept paroles du Christ en croix

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Le b.a.-ba du christianisme

mardi 21 août 2018 à 6h00

Durée émission : 25 min

Le b.a.-ba du christianisme

© Image CIRIC - "Ce serait un contresens monstrueux de penser que Dieu a envoyé son fils pour qu'il meure"

Ce sont sept courtes phrases, tirées des quatre évangiles, que la tradition chrétienne donne à méditer le Vendredi Saint. Les sept paroles du Christ en croix sont d'une grande richesse pour les chrétiens. Dans le BABA du christianisme, découvrons ces sept paroles de vie, véritables pépites spirituelles. Avec Sébastien Antoni, prêtre assomptionniste et journaliste

Parce qu'elles sont dites dans un moment tragique, les sept dernières phrases du Christ prennent une certaine valeur. Ces paroles, on les trouve surtout dans les évangiles de Luc, Marc et Jean, mais c'est au Moyen Âge qu'on a pris l'habitude de collecter ces phrases pour en faire une histoire cohérente. "C'est relativement tardif dans l'histoire de l'Église puisque ça date du XIIè siècle", observe le P. Antoni. Et on doit la dévotion liée à ces sept paroles au franciscain saint Bonaventure, qui y voyait un antidote aux sept péchés capitaux. Et s'il y en a sept, ce n'est évidemment pas un hasard. Comme le rappelle le P. Antoni, sept c'est le chiffre de "la plénitude", il donne l'idée d'un tout, de quelque chose de complet. Après cela, tout a été dit.

"Allons-nous enfin comprendre que Dieu ne menace personne ?"

 

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"Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font" (Lc 23,34)

Jésus, en train de mourrir de manière atroce, est en train de demander pour ses bourreaux le pardon de Dieu : c'est là tout "le scandale de l'Évangile", admet le P. Antoni. "Comme pour nous dire qu'avant que le mal soit commis, il y a le pardon : le pardon est toujours premier." Parce que "Dieu ne sait rien faire d'autre que pardonner, mais pardonner pour Dieu c'est créer à partir de quelque de mauvais, quelque chose de meilleur".

 



 

"En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis"  (Lc 23,43)

Jésus, crucifié à côté de deux bandits, répond à l'un d'entre eux qui lui disait "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume" (Lc 23, 42). "C'est bouleversant car décidément Dieu ne regarde pas le temps comme nous, explique le P. Antoni, il y a comme une manière de nous dire que Dieu ne peut parler qu'au présent à partir des élans d'amour aussi petits soient-ils." Plus question ici de "gagner son paradis" à la force du poignet, "le paradis c'est un don qui se reçoit à celui qui veut bien l'accueillir même un malfaiteur".

 



 

"Femme, voici ton fils" [à Jean:] "Voici ta mère." (Jn 19, 26-27)

Jésus s'adresse à Marie sa mère, qui est au pied de la croix, puis à l'apôtre Jean. Et "plus profondément, Jean nous parle d'une nouvelle communauté que Jésus est en train de fonder." Avec Marie, dont on dit aussi qu'elle est la mère des croyants, celle qui croit malgré tout, "l'Église naît à cet endroit-là, nous dit le P. Antoni. en quelque sorte, nous sommes tous confiés les uns aux autres. "Nous n'avons plus le droit si nous nous disons chrétiens d'exclure qui que ce soit, qu'il soit blanc, noir, homosexuel, etc. S'il y a le moindre rejet, nous trahissons la demande de Jésus lui-même dans le moment le plus crucial de sa vie."

 



 

"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?" (Mc 15,34)

Jusqu'à présent, les paroles du Christ évoquaient le pardon, le bonheur, la naissance d'une communauté. Ici, avec cette phrase particulièrement poignante qui dit la perte de sens et la désolation, Jésus reprend les mots du psaume 22. "Quand on touche dans nos vies la tristesse absolue, l'effondrement du sens, il faut laisser monter en soi ce cri." Chacun, dans la souffrance, est incité à s'emparer de ce cri et à l'adresser à Dieu.

 



 

"J’ai soif" (Jn 19,28) 

Une phrase qui peut surprendre : pour la comprendre, on peut lire au début de l'Évangile de Jean, la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, à qui le Christ adresse les mêmes paroles : "Donne-moi à boire." (Jn 4, 7). Pour le Père Sébastien Antoni, "c'est exactement la même demande", même si prononcée dans des contextes radicalement différent. "C'est ainsi que Dieu se présente à nous : quelqu'un qui a soif, qui demande quelque chose qu'on peut lui donner." Cette soif, on comprend bien que ce n'est pas que d'eau, mais une soif de relation. "Dieu a besoin de quelque chose de nous, qu'on lui donne et qu'il ne peut pas nous prendre."

 



 

"Tout est accompli" (Jn 19,30)

La mission, c'est-à-dire "la volonté de Dieu de se révéler dans son identité la plus profonde" a été remplie jusqu'au bout. À chacun désormais de répondre à l'amour de Dieu. Mais "ce serait un contresens monstrueux de penser que Dieu a envoyé son fils pour qu'il meure", précise le P. Antoni. "En revanche, dire cet amour, même si ça doit coûter la vie : il ne dérogera pas à cette promesse."

 



 

"Père, entre tes mains je remets mon esprit" (Lc 23,46)

La toute dernière parole du Christ est comme une conclusion. Alors on est tenté de se demander : au fond pourquoi tout ça ? Pourquoi donc Jésus a-t-il été crucifié ? "Allons-nous enfin comprendre que Dieu ne menace personne ?" Comme le dit le P. Antoni, "vouloir se mettre à sa suite c'est accepter de se convertir de nos schémas, de nos images, de nos idoles, de nos projections que l'on peut avoir sur Dieu" : "Dieu nous échappe encore et encore car il n'est pas nous justement."

 

Invités

  • Père Sébastien Antoni, prêtre de la congrégation des Assomptionnistes, journaliste au magazine Pèlerin et pour le site Croire.com

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L'émission

Le mardi à 22h et le jeudi à 16h

"Le b.a-ba du christianisme" ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le christianisme sans jamais oser le (re)demander… Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Elise Chardonnet sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste.

Le présentateur

Mathilde Hauvy

Mathilde Hauvy est journaliste.