Jésus et les femmes de l'évangile

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Halte spirituelle, l'intégrale

samedi 25 janvier à 4h00

Durée émission : 55 min

Jésus et les femmes de l'évangile

© Géraldine Aresteanu / éditions Albin Michel - Christine Pedotti

Les quatre évangélistes sont des hommes et pourtant les femmes occupent une très belle place dans les textes de Luc, Marc, Matthieu et Jean. Explications de Christine Pedotti.

Il est commun d'entendre dire que les religions sont misogynes et que les hommes s'assurent les meilleurs places que se soit à l'église, à la synagogue ou à la mosquée. Les chrétiens ne sont pas épargnés par les critiques même si l’on a vu ces 50 dernières années des femmes devenir pasteur dans le protestantisme et même quelques unes d’entre elles accéder au sacerdoce ou à l’épiscopat dans l'Église anglicane. Pourtant, quand on revient aux sources scripturaires du christianisme, les femmes ont la part belle. Elles suivent Jésus depuis le début de sa vie publique jusqu'à sa Résurrection et l'homme de Nazareth leur donne une vraie place, ce qui constituait à l’époque une petite révolution. Dans son livre "Jésus, l'homme qui préférait les femmes" (éd. Albin Michel), Christine Pedotti ouvre les Évangiles canoniques pour les lire avec ses lunettes de femme.
 

"La plus grande conversation théologique que Jésus a dans l'Évangile c'est avec une femme, la Samaritaine"

 

Les évangiles ne sont pas misogynes, au contraire

"Les évangélistes sont totalement indemnes de l'accusation de masculinisme." Les quatre évangélistes sont des hommes et pourtant les femmes occupent une très belle place dans les textes de Luc, Marc, Matthieu et Jean. Il n'y avait donc pas chez eux la volonté de marginaliser les femmes.

Pour Christine Pedotti cela a constitué "une première bonne surprise" lorsqu'elle a entamé ses travaux de recherche. Elle qui pensait "sans doute trouver" dans ces textes une "part sinon de misogynie, du moins de masculinisme ordinaire que portait la société qui produit ces écrits-là".

 

 

Les femmes au temps de Jésus

Dans le monde juif du temps de Jésus, on n'enseigne pas la Torah aux femmes, frappées des règles d'impureté, elles n'accèdent pas non plus au sanctuaire... "Finalement les femmes sont là comme appartenant au douaire des hommes." Ainsi dans l'épisode de la multiplication des pains, peut-on lire : "Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants." (Mt 14, 21) 

Dans la Bible, les femmes sont présentes mais très peu ont un nom ou un prénom - seules cinq ou six en portent. Autrement les femmes sont désignées par leurs origine ou une caractéristique physique comme la femme courbée (Lc 13), la femme de Samarie (Jn 4), la femme hémorroïsse (Lc, 8), la Cananéenne (Mt, 15)... "Ce qui est sans doute la trace d'un monde dans lequel les femmes appartiennent à la domesticité, ne sont pas très présentes dans l'espace public et n'ont pas d'existence propre en tant que personnes."

 

 

Quand les évangiles étaient lus... par des hommes

Depuis des siècles, la lecture des Évangiles a "principalement sinon exclusivement" été faite "par des hommes". Ce qui explique, selon Christine Pedotti, que, "assez naturellement, les hommes n'ont pas vu les femmes, elles ont été assez transparentes à leur lecture". Ainsi a-t-on souvent proposé une lecture "allégorique" de l'épisode de Marthe et Marie, dans l'Évangile de Luc. Un épisode où Marthe, qui s'affaire à la cuisine, reproche à sa sœur Marie de ne pas l'aider aux tâches domestiques. Jésus lui répond cette phrase restée célèbre : "Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée." (Lc 10, 42) Bien souvent on a fait de Marthe l'allégorie de la part active, apostolique, et Marie l'allégorie de la contemplation.

Et si on comprenait ceci : que Jésus nous dit que la place des femmes n'est pas nécessairement à la cuisine ? Une lecture qui serait "révolutionnaire" à une époque où les femmes n'étudiaient pas la Torah et n'étaient donc pas des disciples. "Mais cette lecture-là nous ne la faisons pas..." non pas par malveillance mais par aveuglement, selon Christine Pedotti. Les femmes font trop souvent partie du "décor" dans les interprétations des Évangiles. "Or il se passe des choses décisives entre Jésus et les femmes. La plus grande conversation théologique que Jésus a dans l'Évangile c'est avec une femme, la Samaritaine."

 

Émission diffusée en novembre 2018

 

Invités

  • Christine Pedotti, écrivain, journaliste, directrice de la rédaction de Témoignage chrétien, cofondatrice du Comité de la Jupe et de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones (CCBF)

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Le samedi à 21h

Halte Spirituelle est une émission de radio animée par Béatrice Soltner et Véronique Alzieu et diffusée quotidiennement sur RCF. Des entretiens où l'on puise dans l'expérience chrétienne pour engager une réflexion spirituelle aussi profonde qu'accessible. L'émission de référence de RCF !

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.