Jour des morts, se souvenir de ceux qui nous ont quittés

© Frédéric SOREAU/CIRIC - En France, nous sommes plus de 35 millions à nous rendre au cimetière chaque année pour le jour des morts

Le 2 novembre, jour des défunts. Plus de 35 millions de Français se rendent chaque année au cimetière. Au lendemain de la Toussaint, fête qui célèbre l'espérance chrétienne au-delà de la mort, ils font mémoire des défunts. Une journée pour se souvenir de ceux qui nous ont quittés.

 

 

Vivre la consolation

Vivre la consolation

Quand l’épreuve survient, nous voudrions être consolés. Comment ce mouvement de réconfort peut-il s’accorder avec la réalité d’un deuil, d’une douleur, d’une blessure ?

Jour des morts, se souvenir de ceux qui nous ont quittés - Le 2 novembre, jour des défunts. Plus de 35 millions de Français se rendent chaque année au cimetière. Au lendemain de la Toussaint, fête qui célèbre l'espérance chrétienne au-delà de la mort, ils font mémoire des défunts. Une journée pour se souvenir de ceux qui nous ont quittés.
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Émission en partenariat avec le magazine Pèlerin

 

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Faire de sa tristesse quelque chose de spirituel

Faire de sa tristesse quelque chose de spirituel

La vie spirituelle implique de ne pas négliger ce qui se vit en nous. Pour Emmanuel Godo, la tristesse est le signe que nous attendons quelque chose d'autre, au plus profond de nous-mêmes.

Et si la tristesse méritait qu'on en parle ? Il se trouve que c'est quelqu'un de plutôt souriant qui nous y invite, Emmanuel Godo est l'auteur du livre "Ne fuis pas ta tristesse" (éd. Salvator). Un ouvrage tout en poésie qui réhabilite un sentiment jugé trop fade ; on préfère souvent à la tristesse le romanesque du désespoir ou la poésie de la mélancolie. Mais la vie spirituelle implique de ne pas négliger ce qui se vit en nous.
 

 Au fond, la tristesse attend d'être chassée

 

De quelle tristesse parle-t-on?

Il y a la tristesse qui n'accepte pas le temps qui passe. Et celle qui "garde précieusement en nous ce que nous avons de vécu de plus beau". Le poète la compare à "une chandelle", qui aurait marqué aussi bien notre corps que notre âme et notre esprit. Elle "nous dit que tout ne passe pas". "Les choses les plus belles que nous avons vécues se sont déposées en nous, elles ne sont pas perdues."
 

La tristesse, une façon de dire sa foi pour le poète

Parce que sonder un sentiment peut déboucher sur une dimension spirituelle, "la tristesse c'est comme le b.-a. ba de la spiritualité", explique Emmanuel Godo. Selon lui, l'expérience de la tristesse est même "fondamentalement spirituelle".
 

L'humble tristesse

Un triste sentiment n'a pas nécessairement pour objet de ses lamentations le passé. "Elle est là pour nous dire aussi que nous sommes en mouvement." Pour nous dire que nous avons en nous une attente de quelque chose d'autre qu'elle. Au fond, la tristesse attend d'être chassée. "Elle est là pour disparaître, pour qu'on lui oppose des joies dignes d'elle."

 

Agrégé de lettres, professeur de littérature en classes préparatoires au lycée Henri-IV à Paris, Emmanuel Godo, chrétien, poète, est l'auteur de plusieurs essais comme "Pourquoi nous battons-nous? 1914-1918: les écrivains face à leur guerre" (Éditions du Cerf), et "La conversation, une utopie de l’éphémère" (éd. PUF).

 

Entretien réalisé en août 2017

 

La mort dans la perspective chrétienne

Le b.a.-ba du christianisme

La mort est une épreuve terriblement douloureuse. On reste souvent sans voix face à ce mystère. Comment les chrétiens l'appréhendent-ils? Mathilde Hauvy reçoit le Père Philippe Marsset.

Chaque année, le 2 novembre, chacun est invité à faire mémoire des défunts. Beaucoup se rendent sur la tombe des êtres chers qui nous ont quittés. Pour les chrétiens, cependant, la mort n'est pas la fin de la vie, elle laisse place à la vie éternelle. Car Jésus nous a enseigné qu'il y a un lien entre la terre et le ciel, entre Dieu et les hommes.
 

La foi n'empêche pas de souffrir de la mort d'un ami

 

Jour des morts, se souvenir de ceux qui nous ont quittés - Le 2 novembre, jour des défunts. Plus de 35 millions de Français se rendent chaque année au cimetière. Au lendemain de la Toussaint, fête qui célèbre l'espérance chrétienne au-delà de la mort, ils font mémoire des défunts. Une journée pour se souvenir de ceux qui nous ont quittés.
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pourquoi la mort ?

Si Dieu nous aime, pourquoi nous fait-il mourir? "C'est là toute la question au seuil de la Bible", explique le Père Philippe Marsset. Si l'on observe chaque être vivant, on voit que la mort est quelque chose de naturel. Mais existe-t-il quelque chose de surnaturel ? Avec Jésus, l'être humain fait le lien entre sa condition d'être fini, mortel, et la vie éternelle.
 



 

L'amour plus fort que la mort

La foi n'empêche pas de souffrir de la mort d'un ami. Plus le lien d'attachement était fort plus la peine est grande d'avoir perdu un ami, un conjoint, un frère. Pour le Père Philippe Marsset, ce sentiment d'amour ou d'amitié continue au-delà de la mort. Ce lien que l'on entretenaut dans la dimension horizontale de la vie, on l'entretient dans la dimension verticale: en priant pour le défunt.

 



 

Où va-t-on quand on meurt ?

Pour les chrétiens, la mort "c'est comme une naissance". "Elle est à notre vie terrestre ce que la vie terrestre est à la vie intra-utérine." Tant que l'enfant n'est pas sorti du ventre de sa mère il ne peut pas savoir ce que c'est, sauf à écouter quelqu'un venu de cette vie, capable de nous en parler. Pour la mort, c'est un peu la même chose: il n'y a que Jésus qui soit capable de venir nous parler de la vie éternelle.

 

Émission diffusée en octobre 2016

 

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Éloge des rites et de la célébration, par Gabriel Ringlet

Éloge des rites et de la célébration, par Gabriel Ringlet

De la naissance à la mort nous avons besoin de célébrer. Au-delà des grands passages, c'est dans le quotidien que nous pouvons inventer des rites qui donneront goût et saveur à nos jours.

"L'heure est venue, et plus que jamais, de réenchanter les rites, de les remettre en musique, de les remettre en voix, je crois que nous nous sommes éloignés de toute la richesse, de toute la créativité que peut proposer le rite et qu'il y a là je trouve un très très grand chantier qu'il faut absolument empoigner aujourd'hui."
Gabriel Ringlet

 

Les rites ont toujours fait partie de la vie humaine, ils viennent marquer d’une pierre blanche le cours de nos existences, depuis le berceau de la naissance jusqu'à l'extrémité de nos parcours. S’appuyant sur cette donnée anthropologique, les grandes traditions religieuses ont créé leurs propres rites, qui prennent la forme de multitude de gestes, de paroles et de symboles. La tradition chrétienne a les siens qu’elle propose depuis plus de 2.000 ans. En quoi ces rites peuvent-ils rejoindre nos contemporains ? Comment leur donner sens et chair ? Gabriel Ringlet, théologien et écrivain, vient de publier "La Grâce des jours uniques" (éd. Albin Michel).

 

Jour des morts, se souvenir de ceux qui nous ont quittés - Le 2 novembre, jour des défunts. Plus de 35 millions de Français se rendent chaque année au cimetière. Au lendemain de la Toussaint, fête qui célèbre l'espérance chrétienne au-delà de la mort, ils font mémoire des défunts. Une journée pour se souvenir de ceux qui nous ont quittés.
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au prieuré de Malèves-Sainte-Marie, une autre expérience du rite

En Belgique, au prieuré de Malèves-Sainte-Marie, non loin de Bruxelles, le père Ringlet inclut au cœur des célébrations, des témoignages d'artistes, d'écrivains, d'anciens détenus... Autant de "témoins de l'actualité", comme il les appelle. Ainsi au soir du Vendredi saint une jeune femme "qui avait traversé l'enfer de l'anorexie a relu la Passion à la lumière de son anorexie, c'était absolument bouleversant", se souvient-il.

L'an dernier lors de la Semaine sainte, c'est François Troukens qui est venu témoigner, un "ancien bandit de grand chemin", "qui a fait des hold up, des braquages incroyables", qui a été "condamné à 15 ans de prison", et qui "a basculé, a changé de vie". "Lui demander de raconter en pleine liturgie pascale ce que signifie sortir du tombeau, se relever, se redresser, c'est absolument prodigieux, dit le prêtre, on revit par l'intérieur toute la force de la traversée pascale."

 



 

Pourquoi l'homme a-t-il tant besoin de rites ?

À travers un rite, une célébration, c'est notre manière d'être au monde qui est en jeu. Et cela "dépasse la spiritualité, qui dépasse la religion". Pour le Père Ringlet, célébrer est quelque chose de "fondamentalement anthropologique". "C'est pourquoi j'appelle tous nos concitoyens à célébrer, qu'on soit laïque, qu'on soit chrétien, qu'on soit d'une autre confession, la célébration elle est fondamentale, elle est structurante, il y va non seulement d'un lieux être mais c'est l'avenir même de l'humanisme qui est engagé dans la célébration."

 



 

Rites et célébrations, Ce qui se joue

"Je pense que fondamentalement, célébrer c'est une manière d'être au monde." Le Père Ringlet aime citer Rainer Maria Rilke "quand il dit qu'avec de l'ici nous devons faire de l'au-delà". "Notre ici peut-être joyeux, douloureux, tragique... On est heureux d'une naissance, désespéré d'un suicide, il ne suffit pas de le vivre, de traverser, de lutter, de ne pas désespérer : il faut le célébrer, l'empoigner, lui donner un peu de légèreté."

Et quand la messe est pour certains ennuyeuse ? "Ça c'est le ritualisme : c'est quand le rite s'use parce qu'il est sans âme, parce que la répétition est beaucoup trop standardisée, explique le Père Ringlet, mais ce n'est même plus un rite pour moi, c'est vraiment s'éloigner du rite que de le répéter de cette manière-là. Un rite doit rester vivant, il doit rester imaginatif." 

 

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