L'annonce du diagnostic au malade, une parole parfois violente

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Dialogue

mardi 3 décembre à 13h30

Durée émission : 25 min

L'annonce du diagnostic au malade, une parole parfois violente

© LinkedIn Sales Navigator / Unsplash

Le philosophe Martin Dumont décrypte l’expérience humaine fondamentale de l’annonce de la maladie. Quand la parole peut à la fois blesser et soigner.

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Il y a un avant et un après le diagnostic. Avant, c'est le temps de l’innocence, de l’évidence. Et au détour d’une consultation médicale, la vie bascule : quand le médecin annonce au patient qu’il est atteint d’une maladie grave. Une annonce vécue la plupart du temps de manière violente, quelle que soit la façon dont le médecin procède.  C’est de cette annonce dont parle le philosophe Martin Dumont, dans un ouvrage intitulé "L’annonce au malade", (éd. Presses Universitaires de France PUF).  "Ce sont des situations existentielles extrêmement fortes, qui sont instructives pour nous tous" , dit-il.

Une blessure

Ce qui fait la charge extrêmement forte de cette situation de l’annonce d’une maladie, c’est que la parole, au lieu de réparer et guérir, va porter une blessure. Une annonce qui peut être brutale, escamotée, parfois ratée, alors que " la véritable compassion est un miracle", écrit Simone Weil  ("L’enracinement").  Les questions affluent … Pourquoi moi ?  Apparaissent le sentiment d’injustice, le sentiment d’une "coupure dans son existence", d’être " jeté dans un autre pôle de ma vie et d’être retranché du monde".

" La souffrance est d’emblée relationnelle, elle ne concerne pas que son propre corps. Dans l’expérience de la maladie, il se joue autre chose qui ne peut pas être entièrement ressaisi par les données de la science, même si tout cela est extrêmement important ", explique Martin Dumont, interrogé par Monserrata Vidal et Pascal David, historien de la philosophie.

Le langage comme action

" La parole peut à la fois blesser et soigner. Elle doit parfois passer par le fait de blesser pour ensuite soigner ". C’est l’hypothèse que développe Martin Dumont dans cet essai accessible à tous, en soulignant que l’origine de la parole est éthique. Une dimension éthique que l’auteur retrouve chez deux philosophes français du XXème siècle, Bergson et Levinas. " Ce qui m’intéresse dans cette situation de l’annonce, c’est la question de la vérité. L’objectif d’une annonce serait de ne pas renoncer à cette vieille idée de la vérité d’un dire, d’une action, d’un accompagnement " , précise Martin Dumont.
 
 

Invités

  • Martin Dumont, philosophe, enseignant au lycée Anatole-France (Pas-de-Calais)

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Le mardi à 13h30 et le samedi à 15h

Mieux comprendre le monde, dans lequel nous sommes invités à vivre en chrétiens, grâce aux travaux des historiens, des sociologues et des artistes ainsi qu’à travers la réflexion philosophique. C'est ce que vous proposent Monserrata Vidal et Sarah Brunel.  

Le présentateur

Monserrata Vidal

Professeure agrégée de Lettres, Monserrata a longtemps œuvré auprès de lycéens qui  croyaient parfois la culture ennuyeuse. Aujourd’hui sur RCF, elle partage avec les auditeurs histoire, sciences humaines, spiritualité, littérature, dans un questionnement avec les auteurs et les œuvres, de manière sérieuse, mais aussi joyeuse.