Lc 11, 37-41 Françoise Brian et Alexandre Picot

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Prière

mardi 16 octobre à 8h45

Durée émission : 7 min

Prière

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Pendant que Jésus parlait, un Pharisien le pria de dîner chez lui. Il entra et se mit à table.
Le Pharisien vit avec étonnement qu’il n’avait pas fait les ablutions avant le repas.
Mais le Seigneur lui dit : Vous, Pharisiens, vous purifiez le dehors de la coupe et du plat, et à l’intérieur vous êtes pleins de rapine et de méchanceté.
Insensés ! celui qui a fait le dehors n’a–t–il pas fait aussi le dedans ?
Donnez plutôt l’aumône du fond du cœur, et tout sera pur pour vous.
 
Source : TOB
 

Méditation Françoise Brian

Nous connaissons les pharisiens comme faisant partie des grands adversaires de Jésus, avec les prêtres et les docteurs de la Loi. Or pour la deuxième fois dans l’évangile de Luc nous le voyons accepter l’invitation de l’un d’eux : Jésus ne refuse aucune rencontre, aucun dialogue, mais il reste souverainement libre de son attitude et de sa parole ; libre face aux observances scrupuleuse des rites de purification auxquels les juifs d’alors, et particulièrement les pharisiens attachaient une grande importance. Il s’agit là pour Jésus de pratiques rituelles purement extérieures qui n’engagent pas le cœur : il est facile de laver les mains et la vaisselle ; il est plus difficile de renoncer à la cupidité et à la médisance. Jésus s’inscrit ici dans la lignée des prophètes, et particulièrement d’Isaïe qui reproche aux juifs un culte qui va de pair avec l’écrasement des pauvres. A quoi servent les sacrifices d’animaux, les rites d’encensement, les jours de jeûne si le cœur est plein de suffisance et de méchanceté vis-à-vis d’autrui ? Il n’est pas difficile de transposer ces mises en garde à notre vie d’aujourd’hui : le culte rendu à Dieu ne peut être séparé du service rendu aux hommes ; celui qui aime Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur, nous dit St Jean ; que valent nos prières, notre fidélité à la pratique dominicale si nous ne faisons rien pour les plus démunis, si nous laissons à d’autres de soin de se salir les mains au contact de la misère, si nous refusons l’accueil des réfugiés, si nous méprisons ceux que la vie a abîmés et qui ne font pas partie des gens dits respectables ? Examinons-nous notre compte en banque ou notre bulletin de vote à la lumière de l’Evangile ? Agissons-nous très concrètement pour que la dignité de tout homme soit respectée, que les biens soient plus équitablement partagés et que la terre notre maison commune soit protégée ?  C’est à notre réponse à ces questions que nous pourrons juger de l’authenticité de notre foi.