Lc 11, 42-46 Françoise Brian et Alexandre Picot

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Prière

mercredi 17 octobre à 8h45

Durée émission : 7 min

Prière

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Mais malheur à vous, Pharisiens ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de la rue, et de toutes les plantes potagères, et que vous négligez la justice et l’amour de Dieu : c’est là ce qu’il fallait pratiquer sans omettre le reste.
Malheur à vous Pharisiens ! parce que vous aimez le premier siège dans les synagogues et les salutations sur les places publiques.
Malheur à vous ! parce que vous êtes comme les tombeaux que rien ne signale, et sur lesquels on marche sans le savoir.
Un des docteurs de la loi prit la parole et lui dit : Maître, en disant cela, tu nous outrages, nous aussi.
Et Jésus répondit : Malheur à vous aussi, docteurs de la loi ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et que vous n’y touchez pas vous–mêmes du bout du doigt..

Source : TOB
 

Méditation Françoise Brian 

Gardons-nous à la lecture de ce texte d’opposer les Béatitudes à la mise en garde adressée ici par Jésus aux pharisiens. Il n’y a pas d’un côté des bénédictions et de l’autre des malédictions : les deux témoignent du même amour de jésus pour les hommes. S’il apostrophe vigoureusement les pharisiens, c’est parce que Jésus veut leur bonheur et leur salut. La traduction liturgique exprime bien  cette attitude : non pas malheureux êtes-vous, mais quel malheur pour vous ! Dans le texte grec, il s’agit affectivement d’une exclamation qui exprime la compassion. Jésus plaint sincèrement ces hommes égarés par leur suffisance : appliquant avec scrupule les prescriptions de la Loi, ils se croient quitte vis-à-vis de Dieu. En prenant les premières places à la synagogue ils croient que ce rang leur est dû parce qu’ils sont des gens respectables. En imposant à leurs concitoyens des normes morales strictes, les docteurs de la loi pensent remplir leur rôle de guides du peuple, tout en se dispensant de s’appliquer à eux-mêmes les mêmes exigences. Mais ce faisant pharisiens et légistes sont des tombeaux sur lesquels on marche sans le savoir : ils sont déjà morts ! leur foi est morte ! Car ce qui fait vivre c’est une juste relation à Dieu, et la juste relation à Dieu passe par la juste relation aux autres hommes. La foi exige de nous la cohérence entre ce que nous croyons et ce que nous faisons, entre nos paroles et nos actes. Mais il se peut que nous soyons aveuglés par nos habitudes de vie et de pensée, que nous croyions être cohérents alors que nous ne le sommes pas. Le Christ nous appelle à la vigilance ! il est si facile de somnoler dans la bonne conscience ! Laissons-nous interpeler par la Parole de Dieu, mais aussi acceptons humblement les mises en garde de notre entourage, au lieu de regimber contre toute critique. La correction fraternelle peut faire œuvre de charité, si elle est pratiquée dans la bienveillance et l’humilité. Pratiquons-la à l’égard de nos frères, mais surtout acceptons qu’ils la pratiquent à notre égard !