Lc 12, 1-7 Françoise Brian et Alexandre Picot

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Prière

vendredi 19 octobre à 8h45

Durée émission : 7 min

Prière

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Sur ces entrefaites, les gens s’étant rassemblés par milliers, au point de s’écraser les uns les autres, Jésus se mit à dire en premier lieu à ses disciples : Gardez–vous du levain des Pharisiens, qui est l’hypocrisie.
Il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé, ni de secret qui ne doive être connu.
C’est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en plein jour et ce que vous aurez dit à l’oreille dans les chambres sera prêché sur les toits.
Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus.
Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne, oui, vous dis–je, c’est lui que vous devez craindre.
Ne vend–on pas cinq moineaux pour deux sous ? Cependant, pas un d’eux n’est oublié devant Dieu.
Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte ; vous valez plus que beaucoup de moineaux.

Source : TOB
 

Méditation Françoise Brian

La foule est nombreuse et avide des paroles de Jésus : autour de lui, on s’écrasait ! autant dire que souvent nous ne pouvons en dire autant dans nos églises ! mais c’est d’abord à ses disciples qu’il s’adresse. Nous pouvons nous étonner de ce choix délibéré : pourquoi ne pas répondre d’abord à l’attente de cette foule ? Peut-être Jésus se rend-il compte qu’il peut y avoir là un piège, le mirage d’un succès facile. Il veut d’abord mettre en garde ses disciples contre un « levain » pernicieux incarné par les pharisiens, peut-être justement un nlevain qui fait croire que la pâte est prête pour la cuisson d’un bon pain, alors qu’il ne s’agit que d’une dangereuse enflure… Ce levain trompeur c’est l’hypocrisie, le masque qu’on porte pour se faire bien voir, en cachant ce qui pourrait déplaire, une volonté donc de séduire, au lieu d’être dans la vérité de soi-même et du rapport à autrui. Cela conduit à la mort, non pas la mort du corps qui n’est pas le plus grave, mais la mort de la relation vraie à Dieu et aux autres. Voilà ce que Jésus d’une expression devenue pour nous à peu près incompréhensive : envoyer dans la géhenne. La géhenne, c’est la vallée à l’ouest de Jérusalem où on jetait les ordures. Elle symbolise le lieu où Dieu n’est pas et où le feu seul peut anéantir la vermine. Etre jeté dans la géhenne c’est être définitivement privé du pardon et du salut. Or ce qui y mène c’est de préférer le mensonge à la vérité, la dissimulation à la transparence, le faux-semblant à la sincérité, c’est se mentir à soi-même et mentir aux autres. A l’opposé de cela, il y a l’aveu de notre fragilité et la confiance en Dieu qui prend soin des humbles, des petits moineaux que nous sommes. Seigneur donne-nous un cœur pauvre, humble, doux, pur, miséricordieux,  ce cœur à qui les Béatitudes promettent le royaume des cieux !