Mc 10, 35-45 Françoise Brian et Alexandre Picot

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Prière

dimanche 21 octobre à 8h45

Durée émission : 7 min

Prière

Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc

Les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus et lui dirent : Maître, nous désirons que tu fasses pour nous ce que nous te demanderons.
Il leur dit : Que désirez–vous que je fasse pour vous ?
Donne–nous, lui dirent–ils, d’être assis l’un à ta droite et l’autre à ta gauche dans ta gloire.
 Jésus leur dit : Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez–vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? Ils lui dirent : Nous le pouvons.
Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je vais boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je vais être baptisé ;
mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de le donner, sinon à ceux pour qui cela est préparé.
Les dix, qui avaient entendu, commencèrent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands abusent de leur pouvoir sur elles.
Il n’en est pas de même parmi vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, sera votre serviteur ;
et quiconque veut être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous.
Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup.

Source : TOB
 

Méditation Françoise Brian

Jésus par moments devait être découragé devant l’incompréhension de ses disciples, et même des plus proches d’entre eux ! Il vient de leur annoncer pour la troisième fois qu’il monte vers Jérusalem, et qu’il y sera condamné à mort et livré aux romains par les prêtres juifs pour être crucifié, et qu’ensuite il ressuscitera, mais on ne peut ressusciter que si d’abord on est passé par la mort. Or face une telle annonce, aussi dramatique et aussi difficile à comprendre, que demandent Jacques et Jean ?  D’occuper les premières places au paradis ! Jésus ne se met pas en colère, comme il l’avait fait pour Pierre quand celui-ci refuse une telle éventualité. Patiemment il tente de leur faire comprendre l’inanité, l’absurdité d’une telle demande. Pour cela il faudrait d’abord accepter de suivre ce chemin de souffrance et de mort, être baptisé dans ce baptême de sang que sera le martyre de la croix. Mais même cela ne suffira pas car seul le Père da   ns sa souveraine liberté, dans la gratuité de son amour décidera de l’ordonnance du Royaume des cieux. Y aura-t-il d’ailleurs des premières et dernières places, et s’il y en a seront-elles réparties selon ce que nous imaginons ? Il y a fort à parier sur un renversement de toutes les valeurs terrestres. C’est bien ce que Jésus donne à comprendre quand il s’adresse ensuite à l’ensemble des disciples, qui se scandalisent un peu facilement de la demande des fils de Zébédée, car secrètement qu’espèrent-ils eux-mêmes ? Avec patience là encore Jésus leur explique que le plus grand sera celui qui se sera fait, comme lui-même, le serviteur et l’esclave de tous. Telle est la nouveauté radicale de l’Evangile : le plus petit, le plus méprisé devient le centre. Comme l’enfant placé au centre du cercle des disciples comme exemple, comme le repris de justice, compagnon de la crucifixion de Jésus qui sera le premier à la rejoindre auprès du Père, comme les laissés pour compte de toute société et ceux qui se dévouent à leur service pour les sortir de la misère ou du mépris. Que faisons-nous nous-mêmes de ce renversement des valeurs ? comment s’inscrit-il concrètement dans notre vie ?