Pour Bouki, du Kosovo, la peur demeure

© RCF - Ingrid Lebrasseur

Bouki est mère de famille. A 34 ans elle vit à Mulhouse avec son mari et ses deux enfants. Il y a 6 ans ils ont fui des règlements de compte au Kosovo. Mais ils vivent toujours dans la peur.

Depuis plusieurs années, Mulhouse est un point d’arrivée pour les Kosovars et les Albanais. Ce sont des filières de passeurs qui y aboutissent. Pour Bouki et sa famille, la Serbie a servi d'étape avant la France. Il leur a fallu débourser 9.000 euros pour arriver à Mulhouse. Fuir le Kosovo c'était échapper à des règlements de compte. C'est d'ailleurs le cas de la plupart des Kosovars qui s'exilent: fuir des vengeances familiale ou professionnelle. Le mari de Bouki était menacé de mort, il a été agressé, ce qui l’a rendu épileptique et a développé chez lui des phobies ; leur fils aussi a été agressé, poussé dans un escalier, blessé. Ils ont dû tout quitter, alors qu’ils avaient une bonne situation économique au Kosovo.

Bouki, 34 ans, ses 2 enfants de 14 et 5 ans, son mari: tous vivent dans la peur. A la télévision ils voient que chaque jour des violences se produisent au Kosovo. Ici en France, ils n'ont qu'une obsession: protéger leurs enfants, les garder en sécurité. Quand il rentre de l'école, si ça mère n’ouvre pas tout de suite, son fils aîné a peur qu’elle ne soit plus là, qu’elle ait été tuée. Il se sent encore menacé par les gens du Kosovo. La peur demeure, pour elle aussi. "On n’oubliera jamais", dit Bouki. Cette histoire l’empêche de dormir...

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