Face à la violence, la force de l'amour

Présentée par Béatrice Soltner

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Halte spirituelle, l'intégrale

dimanche 31 juillet 2016 à 4h00

Durée émission : 55 min

Face à la violence, la force de l'amour

© Anne Soupa

On a tous en soi une violence, un fantasme de tout-puissance. Or, cela n'a rien à voir avec la force de la foi, qui se déploie dans la faiblesse. Anne Soupa répond à Béatrice Soltner.

On entend parfois dire que les religions sont sources de violence et de guerre, qu’il faudrait les éradiquer pour vivre en paix. Ces propos excessifs cachent une vraie question: quel rapport les croyants entretiennent-t-ils avec la force? Anne Soupa publie un dialogue exceptionnel avec André Gouzes sur la vie spirituelle et l'amour de Dieu. "Certains d'entre nous peuvent avoir une expérience presque traumatisante de la force." Or, selon la théologienne, si l'on a de la force une belle expérience, on on est plus en mesure de savoir ce qu'est la force chrétienne. Une force d'abandon et de contact avec l'autre, dont saint Paul dit qu'elle se déploie dans la faiblesse.

La force de la foi n'a rien à voir avec ce fantasme de toute-puissance qu'il y a chez l'enfant, et que l'on retrouve facilement chez l'adulte. En fait, on a tous à s'interroger sur le maintien en soi de cette illsusion que nous pouvons tout faire. Le fanatisme qui tient à ce sentiment-là de toute-puissance "est une grande part de cette illusion qui n'a pas été chassée par la réalité, par le contact avec l'autre, par l'expérience de recevoir quelque chose de l'autre". Anne Soupa précise que si nous recevons tout de Dieu, cela se fait "par la médiation de nos parents, de nos frères et soeurs, des relations que nous nouons les uns avec les autres". Notre force nous vient des autres: en faire l'expérience c'est vivre ce que la vie offre de plus beau.

Goût de l'exploit, esprit de compétition... Notre société n'encourage pas toujours la prise de conscience de nos limites, il y a une sorte de rêve idéal de pouvoir tout faire, de dépasser les limites Ce qui peut être préjudiciable à une vie heureuse. Anne Soupa, qui a coécrit son ouvrage avec André Gouzes, lui rend d'ailleurs hommage. Le dominicain et musicien affronte en effet un début de maladie d'Alzheimer. La théologienne témoigne de la "très grande sérénité" avec laquelle "il entre dans cet autre âge de la vie où il va devenir dépendant". Elle se dit "admirative de sa sagesse et de ce qu'il arrive à parler de la force dans ces conditions-là." La maladie qui, si elle affaiblit le corps, n'enlève rien à la force de la foi, à la force de l'engagement ou à la conscience de ce que la force nous vient des autres.

Au-delà de la force et de la faiblesse, l'expérience la pire est celle du néant, soutient la théologienne. Derrière ce mot, Anne Soupa entend le sentiment de ne pas exister, d'être dans l'exclusion, elle cite par exemple "les homosexuels en Afrique, les femmes en Inde, les personnes qui vivent dans la précarité, les migrants..." Or, elle rappelle que Jésus a lutté toute sa vie contre ce type d'exclusion. Dans ce néant, on n'a plus conscience de cette belle force qui nous traverse. Personne ne devrait laisser quiconque entrer dans ce néant.

Invités

  • Anne Soupa , journaliste, écrivain, bibliste, théologienne, cofondatrice de la Conférence des baptisé(e)s de France

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L'émission de référence de RCF! Un format court et quotidien, complété par une version intégrale le samedi, pour engager une réflexion spirituelle profonde et accessible, autour d'une thématique d'actualité.

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.