La Parole du Dimanche-6ème dimanche de Pâques-Année A

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La Parole du dimanche

dimanche 17 mai à 9h15

Durée émission : 14 min

La Parole du dimanche

Les textes de la liturgie de ce jour :
- Lecture du livre des Actes des Apôtres (8, 5-8.14-17)
- Psaume 65(66) - Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !
- Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (3, 15-18)
- Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 15-21)
La prédication est assurée par Roland Poupin, Pasteur de l'Église Protestante Unie de France à Poitiers et Châtellerault.

Première lecture

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint »

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 8, 5-8.14-17)

En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie. Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint.
– Parole du Seigneur.
 

Psaume

(Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)

R/ Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

Deuxième lecture

« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie »

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (1 P 3, 15-18)

Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair ; mais vivifié dans l’Esprit.
– Parole du Seigneur.
 

Évangile

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur »

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 15-21)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.  Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.  D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
 

Méditation de Roland Poupin

Pasteur de l'Église Prostestante Unie de France - Poitiers/Châtellerault
Relation étrange que celle de l'Esprit et des disciples. Jésus le leur annonce : vous connaîtrez l'Esprit… parce que vous le connaissez déjà. Vous vivrez de l'Esprit parce que vous en vivez déjà ! C'est là rien d'autre que ce que ce que disent les v. 16-17 : « le Père vous donnera… l'Esprit de vérité… [cela parce que contrairement au monde,]…  vous le connaissez, parce qu'il demeure près de vous et qu'il sera [ou : parce qu'il est] en vous »

L'Esprit vous est donné, à vous en qui il demeure. Étrange ? Donné à ceux avec qui il demeure déjà, contrairement au « monde », c’est à dire à « l’apparence » — que connote le mot employé, « cosmos », qui a donné « cosmétique » —, le monde apparent donc, qui lui ne peut pas le recevoir, parce qu'il ne le connaît pas.

Est au bénéfice de l'Esprit — celui, celle, qui garde la parole de Jésus et qui, donc, est aimé du Père. Le Père et le Fils habitent en lui, elle — c'est cela le don de l'Esprit. Qui ne l’aime pas, c'est là ce qu'il appelle « le monde », ne garde pas ses paroles, étranger donc à l'Esprit. Le rapport donc est étroit entre l'Esprit de Jésus, qui est le lien au Père et au Fils, — et concrètement l'obéissance à sa parole, à ses commandements (v. 21).

C'est là la racine, en quelque sorte, de la vie de l'Esprit, un souffle humble et discret. Ce souffle de l'Esprit est répandu abondamment, comme la semence de la parabole du semeur, image de l'effusion de la Parole et de l'Esprit. Et comme le large ensemencement du semeur ne préjuge en rien de la récolte, la semence de la Parole et de l'Esprit ne préjuge pas de la germination et de l'éclosion de son fruit.

C'est de celui que nous prions, Dieu, que dépend la suite des choses, comme les Samaritains recevant l’Esprit saint, dans le texte des Actes des Apôtres, ch. 8, que nous venons d’entendre. Que vienne le jour de la promesse de Jésus : « vous recevrez l'Esprit de vérité parce que vous le connaissez, qu'il demeure en vous ». Et voici comment nous savons que nous l'avons connu, que par cet Esprit nous avons connu le Christ : c'est en gardant ses commandements — certes dans l’humilité de notre cheminement. Car dans l'Esprit qui ouvre aux nations l'accès à l'alliance, la Torah demeure le vis-à-vis par lequel la responsabilité qui ressort de notre liberté d'enfants de Dieu s'exerce dans l'humilité, à l’imitation de Jésus, comme l’enseigne la 2e épître de Pierre au ch. 3 que nous avons entendu.

Il est l'Esprit de vérité ; « celui qui dit : je l'ai connu et qui ne garde pas ses commandements est un menteur », dit la 1ère Épître de Jean (1 Jn 2, 4). Voilà qui nous contraint tous à l'humilité : qui de nous prétendra le connaître ? Notre connaissance, à la mesure de notre amour, n'est jamais que partielle, embryonnaire. Notre participation à l'Esprit de Dieu, n'est jamais que prémisse, que participation à une promesse.

C'est ainsi que, comme à des enfants, à chacun de nous s'adresse la promesse du Christ : « vous recevrez l'Esprit ». Comme les enfants, nous ne connaissons que partiel­lement, et c'est, seule, cette connaissance partielle, qui fonde notre espérance d'une plénitude toujours à venir, notre espérance de voir jaillir de nos cœurs les fleuves d'eau vive du Royaume éternel : « qui croit en moi, annonce Jésus, des fleuves d'eau vive jailliront de son sein » (Jn 7, 38). « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive » (Jn 7, 37).

RP
 

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L'émission

Le dimanche à 9h15

Les textes de la liturgie du dimanche avec l'évangile du jour et son commentaire. Une émission produite et réalisée par RCF Poitou.

Le présentateur

Eric Godaillier

Technicien et animateur et producteur bénévole, il est arrivé à RCF Poitou en 2006. Il aime l'histoire du 20ème siècle et incite les auditeurs à la redécouvrir simplement par l'évocation de faits graves ou anecdotiques. Eric chante et joue la comédie. Sa passion : la radio pour le mystère de ses voix et des sons qu'il aime dénicher, restaurer, mélanger, recréer.