La Parole du Dimanche | 7ème dimanche de Pâques - Année A

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La Parole du dimanche

dimanche 24 mai à 9h15

Durée émission : 14 min

La Parole du dimanche

Les textes de la liturgie de ce dimanche :
- Lecture du livre des Actes des Apôtres (1, 12-24)
- Psaume 26(27) : J'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.
- Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre (4, 13-16)
- Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 1b-11a)
La prédication est assurée par Roland Poupin, Pasteur de l'Église Protestante Unie de France à Poitiers et Châtellerault.

Première lecture

« Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière »

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 1, 12-14)

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. – Parole du Seigneur.

 

Psaume

(Ps 26 (27), 1, 4, 7-8)

R/ J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.

Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?

J’ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m’attacher à son temple.

Écoute, Seigneur, je t’appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m’a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »
 

Deuxième lecture

« Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous »

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre  (1 P 4, 13-16)

Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. – Parole du Seigneur.
 

Évangile

« Père, glorifie ton Fils »

Alléluia. Alléluia. Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ; je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 17, 1b-11a)

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. » – Acclamons la Parole de Dieu.
 

Méditation de Roland Poupin

Pasteur de l'Église Protestante Unie de France - Poitiers/Châtellerault

« Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie » : dans cette glorification du Christ annoncée par l’Évangile de Jean, le départ du Christ qui est sa mort, coïncide à son Ascension. Apparaissent deux plans : au premier plan la croix et la mort, à l’arrière plan, comme par transparence, l’Ascension.
Dans l’Ascension comme dans la crucifixion, le Christ est « enlevé » (Ac 1, 2). « Vous ne me verrez plus », disait Jésus de sa mort, puis « encore un peu de temps et vous me verrez », disait-il de sa résurrection (Jn 16, 16). « Vous ne me verrez plus » : « une nuée le déroba à leurs yeux » (Ac 1, 9) ; « puis vous me verrez encore » : bientôt la venue en gloire.

L'Ascension, comme la mort, est tout d'abord la marque d'une absence — il ne faut pas imaginer cette élévation comme un déplacement physique vers le haut qui conduirait le Christ à une droite de Dieu « géographique » : Dieu est dans un au-delà infini : une élévation comme déplacement physique durerait indéfiniment ! Et d'autre part, Dieu est universellement présent : la droite de Dieu est partout ! Et de plus le Christ ressuscité emplit lui-même corporellement toutes choses. L'Ascension est un départ, déjà signifié par la Croix.

Dans le départ du Christ, c'est une réalité essentielle de la vie de Dieu avec le monde qui est exprimée : son retrait, son absence ; après ce premier retour qu'est sa résurrection, retrait signifié à nouveau dans l'Ascension. Le Christ entre dans son règne et, voilé dans une nuée, se retire dans cette gloire qu'il avait auprès du Père avant que le monde fût (Jn 17, 5). Car si Dieu est présent partout, et si le Christ ressuscité est lui-même corporellement présent, il est aussi à présent, comme le Père, absent, caché.

Cela nous enseigne en parallèle ce qu'il nous appartient de faire en ces temps d'absence : devenir ce que nous sommes en Dieu qui s'est retiré pour que nous puissions être. Cela suppose que nous nous retirions à notre tour de tout ce que nous avons pris l'habitude de croire de nous-mêmes, cela suppose que nous nous retirions de l'image qu'a forgée de nous notre histoire, à travers nos parents, nos maîtres, nos amis ou ennemis ; que nous nous retirions de la volonté de leur plaire, de les séduire ; que nous nous retirions aussi de notre volonté de nous différencier d'eux. L’Esprit de Dieu est celui qui insuffle en nous la liberté qui rend possible de ne plus rechercher ce que nos habitudes nous ont rendu désirable, de ne plus aimer ni haïr en réaction.
Le Christ lui-même s'est retiré pour nous laisser notre place, pour que l'Esprit vienne nous animer, cela à l'image de Dieu se retirant dans son repos pour laisser le monde être. À combien plus forte raison, devons-nous voir se retirer tous nos modèles et nos anti-modèles, tous nos désirs de plaire, ou nos volontés de nous démarquer.

C'est là seulement que se complète notre création à l'image de Dieu. Pour nous, entrée dans une prière de retrait en Dieu — de sorte que l'Esprit de Dieu lui-même soit le souffle qui nous fasse accéder à la liberté de devenir enfants de Dieu

RP

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Le dimanche à 9h15

Les textes de la liturgie du dimanche avec l'évangile du jour et son commentaire. Une émission produite et réalisée par RCF Poitou.

Le présentateur

Eric Godaillier

Technicien et animateur et producteur bénévole, il est arrivé à RCF Poitou en 2006. Il aime l'histoire du 20ème siècle et incite les auditeurs à la redécouvrir simplement par l'évocation de faits graves ou anecdotiques. Eric chante et joue la comédie. Sa passion : la radio pour le mystère de ses voix et des sons qu'il aime dénicher, restaurer, mélanger, recréer.