Le gospel : des champs d'esclaves aux chorales de nos quartiers

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 9 juin à 14h00

Durée émission : 55 min

Le gospel : des champs d'esclaves aux chorales de nos quartiers

© Corinne SIMON/CIRIC - 7 octobre 2015 : Total praise mass choir, lors des Angels Music Awards 2015, salle Wagram à Paris

Les spirituals sont nés de la souffrance des esclaves d’Amérique du Nord. De cette histoire tragique est né un genre musical pourtant plein d’espoir et de désir de réconciliation.

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"Oh Happy Day !" Qui n'a jamais éprouvé de la joie en écoutant ce chant mondialement connu qui célèbre un jour de fête ? Comme tous les gospel, "Cette musique est en réalité une réponse à une souffrance presque indicible." L'historien est l'auteur de "Gospel et francophonie - Une alliance sans frontières" (éd. Éditions Empreinte temps présent).
 

"Les Afro-Américains vont se reconnaître dans cette odyssée : les premiers chants qu'on appelle spirituals vont mettre en avant cette thématique de libération qu'on trouve dans le Livre de l'Exode"

 

l'expérience tragique de l'esclavage

Cette musique, on ne peut pas la comprendre, ni "son déploiement, sa popularité encore aujourd'hui indépendemment de la souffrance" de l'esclavage. ​La traite transatlantique c'est 12 millions d'êtres humains vendus en quelques siècles comme des marchandises, entre l'Afrique, l'Europe et les Amériques.

"Lorsque les esclaves arrivent dans les Caraïbes ou en Amérique du Nord, ils sont totalement désocialisés : on les sépare de leur famille, de leur groupe ethnique, de leur groupe linguistique." Cela s'appelle le seasoning, pour "acclimatation" et c'est un processus qui vise à "couper l'être humain de ses racines". Dès lors il ne reste à ces hommes et à ces femmes que des "biens immatériels" : la prière, la spiritualité, la musique, le rythme.

 



 

AUX ORIGINES DU GOSPEL, L'ANCIEN TESTAMENT

Les premières working songs sont chantées pour se donner du courage. Des chants a cappella, très rythmés, dont les paroles sont peu à peu en anglais. Au moment de l'indépendance des États-Unis, déclarée en 1776 et reconnue officiellement par le traité de Paris de 1783, l'anglicanisme officiel laisse place à un nouveau type de spiritualité chrétienne : le protestantisme évangélique, porté par les Églises baptistes et méthodistes. "Une des particularité de ce protestantisme c'est qu'il est très populaire."

C'est dans les black churches réservées aux esclaves que la rencontre se fait entre les working songs et le référentiel chrétien. En particulier l'Ancien Testament, l'émancipation du peuple hébreux et la sortie d'Égypte vers la terre promise. "Les Afro-Américains vont se reconnaître dans cette odyssée : les premiers chants qu'on appelle spirituals vont mettre en avant cette thématique de libération qu'on trouve dans le Livre de l'Exode." Pour les esclaves, il s'agit de se projeter dans vers futur qui n'est pas encore là : "On est dans cette tension prophétique", explique Sébastien Fath. "Laisse partir mon peuple" (Ex 9, 1) a donné l'un des plus célèbres negro-spirituals, "Go Down Moses".
 

 

 

Invités

  • Sébastien Fath , historien, spécialiste du protestantisme évangélique, chercheur au CNRS

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L'émission

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!