Prière du matin | Samedi 28 mars | Jn-7, 40-53

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Espace spirituel du matin

samedi 28 mars à 8h45

Durée émission : 7 min

Espace spirituel du matin

Est-ce de Galilée que vient le Christ ? (Jn 7, 40-53)
La prédication est assurée par Roland Poupin, Pasteur de l'Église protestante unie de France (Poitiers-Châtellerault).

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem.
Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! »
D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! »
Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ?
L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ?
Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ?
Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »

Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? ». Ils lui répondirent : « Serais- tu, toi aussi, de Galilée ?
Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.
– Acclamons la Parole de Dieu.
 

Méditation R. Poupin - 28.03.2020 - Jean 7, 40-53

Où peut conduire le réalisme... Le texte que nous venons d’entendre fait apparaître les tensions, qui commencent à monter, tensions qui déboucheront sur la décision de laisser condamner Jésus par les Romains. Ce texte nous donne les premières indications sur ce qui est une réelle crainte de plusieurs : dans un pays sous domination romaine, Jésus commence à être perçu comme une menace potentielle, que résumera Caïphe, le grand prêtre, au ch. 11, v. 48 de ce même Évangile de Jean en ces termes :
si ça continue, « les Romains interviendront et ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation. » Prévision réaliste, l’histoire le montrera !
Que vient-il de se passer en effet ? Plusieurs se disent que Jésus est le Prophète, à savoir le nouveau prophète Élie annonçant le Messie (figure d’Élie que les évangiles reconnaissent en Jean le Baptiste) ; d’autres carrément disent qu’il est lui-même le Messie — rien que ça ! Voilà qui est fort subversif : le Messie est une figure royale, politique donc pour Rome, ce qui ne peut qu’être redoutable pour l’ordre romain.
Bref, entre d’un côté les responsables judéens réalistes et leurs partisans, et de l’autre ceux qui s’enthousiasment pour Jésus, on se divise, division dont on sait qu’elle atteint
jusqu’au cœur des autorités : est mentionné ici Nicodème, qui — à l’instar de Joseph d’Arimathée, ou plus tard, selon le livre des Actes des Apôtres, de Gamaliel —, Nicodème est de ceux qui ne se rangent pas trop vite à l’avis de ceux qui choisissent, par réalisme, de jouer la carte du pouvoir romain. Et les réalistes de faire valoir qu’on ne sache pas de ce Jésus ce qu’on attend du Messie, à savoir qu’il vienne de Bethléem ou descende de David — une allusion qui témoigne de la connaissance chez Jean de la tradition recueillie notamment par Matthieu et Luc, disant que ce Galiléen (sort-il des prophètes de Galilée ?), ce Galiléen est bien pourtant de la lignée davidique, et est né à Bethléem.
En tout cela, ces quelques versets de l’Évangile de Jean nous donnent en une première esquisse le début d’un processus qui conduira inéluctablement à la croix, châtiment
romain contre les rebelles. Des autorités qui en toutes leurs instances, du sacerdoce du Temple jusqu’à la royauté des Hérode doivent leur statut au pouvoir réel, de fait, celui de Rome, celui de César — « nous n’avons de roi que César » diront les mêmes, plus tard (en Jean ch. 19, v. 16), quand tout sera dévoilé. Tous ligués avec Rome contre celui qui
affirmera devant le représentant du pouvoir terrestre effectif, Pilate, que son règne n’est pas de ce monde (Jean 18, 36).
RP
 

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