Qu'est-ce-que le martyr, pour les chrétiens ?

Présentée par

S'abonner à l'émission

Le b.a.-ba du christianisme

vendredi 19 juillet à 6h00

Durée émission : 25 min

Le b.a.-ba du christianisme

© Charles LENARS CIRIC

Donner sa vie pour Dieu, vivre sa foi quoi qu'il en coûte, la notion de "martyr", liée à celle de témoignage, interroge dans notre société.

"Martyr" : un mot qu'on entend régulièrement dans les médias, associé à ceux de terrorisme, attentat, explosion... Laissant supposer que le martyr est celui qui se sacrifie au nom de sa religion pour assassiner ses ennemis. Ou bien est-ce un croyant victime d'oppression et qui refuse d'abandonner sa foi ? Qu'est-ce que le martyre ?

Le Père Christian Salenson s'est penché avec beaucoup d'intérêt sur la question, "parce que Christian de Chergé s'y intéresse beaucoup" et qu'il est l'auteur d'un ouvrage sur la spiritualité du prieur de Tibhirine assassiné en 1996. D'emblée, il explique que Christian de Chergé "n'aimait pas beaucoup" ce mot de martyr...
 

Qu'est-ce que le martyre ?

"Un mot frappé de beaucoup d'ambiguïté." La définition la plus large que l'on puisse donner est : mort violente au nom d'une cause déterminée. Le terme n'est pas nécessairement appliqué au domaine du religieux. Étymologiquement, il vient du grec et signifie "témoin" : c'est là "une définition insuffisante pour définir le martyre chrétien".
 

Qu'est-ce que le martyre chrétien ?

Selon la définition traditionnelle : le martyr est quelqu'un qui est mort en haine de la foi ou pour un acte de vertu - c'est-à-dire que d'autres ont tellement haï sa foi qu'il en est mort.

Pour comprendre l'expression "acte de vertu" on peut se référer au prophète Jean-Baptiste : si on célèbre son martyre, il "n'est pas mort à cause de la foi : c'est juste parce qu'il a critiqué un adultère d'Hérode", ainsi que le précise Christian Salenson.
 

de martyr à Témoin de l'amour

En ce qui concerne la définition du martyr, un "basculement" s'est fait avec Maximilien Kolbe. Né Rajmund Kolbe (1894-1941), ce religieux franciscain avait été déporté à Auschwitz lorsqu'il s'est proposé pour remplacer un père de famille condamné à mort. "Il n'est pas mort en haine de la foi, il est mort parce qu'il a donné sa vie à la place de ce père de famille." Ce que l'Église au moment d'instruire le procès en canonisation ne savait pas : c'est Jean Paul II qui l'a désigné comme martyr. "Il est un martyr de l'amour."

Dans le cas des moines de Tibhirine, la question du martyre n'est pas claire : "on ne sait pas qui les a assassinés, c'est peut-être même pas des gens du GIA." On ne sait pas non plus officiellement qui était le commanditaire de l'attentat de Mgr Pierre Claverie. "Ils sont morts parce que, alors qu'ils pouvaient partir, ils pouvaient quitter l'Algérie, ils sont restés de propos délibéré parce qu'ils ont voulu rester fidèles à leur vocation et fidèles à à la population ; les moines de Tibhirine fidèles à leurs voisins, fidèles aux musulmans et fidèles à l'islam, à la relation qu'ils avaient avec l'islam." Comme le dit le P. Salenson, "ils ne sont pas morts en haine de la foi mais parce qu'ils ont aimé jusqu'au bout".

 

Invités

  • Père Christian Salenson, prêtre du diocèse de Nîmes, théologien, directeur de l'Institut de sciences et théologie des religions (ISTR), de l'ICM (Institut catholique de la Méditerranée)

Sur le même thème :

Les dernières émissions

L'émission

Le mardi à 22h et le jeudi à 16h

"Le b.a-ba du christianisme" ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le christianisme sans jamais oser le (re)demander… Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Elise Chardonnet sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste.

Le présentateur

Élise Chardonnet