Ne pas désespérer

Présentée par PR-28991

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La chronique des Salésiens

mercredi 14 avril à 6h55

Durée émission : 3 min

Ne pas désespérer

© Jacques Rey

Face à la tentation, parfois, de baisser les bras, Jean-Marie Petitclerc nous invite à croire au recommencement comme en la résurrection et de ne pas décourager.

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"Il n’y a plus rien à faire…" Combien de fois ai-je pour ma part entendu cette parole dans des parloirs de prison, où des jeunes, sachant qu’à leur sortie ils n’arriveraient pas à retrouver du travail, me confiaient qu’ils ne voyaient guère comment ils ne céderaient pas à l’attrait d’un nouveau délit ? Combien de fois ai-je entendu cette parole dans des cages d’escalier d’HLM où des jeunes pris dans l’engrenage de la drogue ne voyaient d’autre issue qu’augmenter la dose à chaque fois ?

"Il n’y a plus rien à faire…" Combien de fois ai-je entendu ce constat dans la bouche des parents de ces jeunes, totalement découragés après avoir tant fait pour eux ?

Ne sommes-nous pas souvent animés par les sentiments qui habitent ces trois femmes qui le matin de Pâques se rendent au tombeau ? Elles ont assisté impuissantes à la crucifixion et à la mort de leur ami en qui elles avaient mis toute leur espérance. Tout parait fini maintenant. Il n’y a plus rien à faire, si ce n’est peut être que d’aller se recueillir sur la tombe, pour ressasser, avec nostalgie, les bons souvenirs du passé.

"Il n’y a plus rien à faire…" Nous contentons-nous de dire quand nous nous sentons pris dans l’engrenage des évènements, des démissions et du laisser-aller, de l’injustice et de l’argent, des habitudes et des slogans faciles ? Il nous arrive si facilement de baisser les bras !

Voici qu’en ce matin de Pâques, le soleil s’est levé, la pierre du tombeau a roulé, et pourtant Dieu sait si elle était lourde ! Et, bientôt, grâce à ces trois femmes, la nouvelle sera sur toutes les lèvres : ll est ressuscité !

Comme elles, nous nous apercevons alors  que le tombeau est ouvert, et non pas clos, qu’il y a toujours dans notre vie des ouvertures possibles, des projets envisageables. Christ est là qui nous force à nous dire et à croire que rien n’est jamais perdu.

Il nous précède en Galilée, celle des débuts de l’évangile, celle des recommencements. C’est lui qui nous pousse à nous mettre debout, plutôt qu’à ramper, à nous ouvrir à l’autre plutôt qu’à nous murer dans nos solitudes, à nous mettre en marche plutôt qu’à renoncer !

Christ est ressuscité ! Nous ne disons pas qu’il a été ressuscité, comme nous disons qu’il a été enseveli. La résurrection se parle au présent. Proclamer Christ ressuscité, ce n’est pas faire un constat sur le passé, c’est prendre un engagement pour le présent, pour l’avenir.

Pour moi, croire en la résurrection, c’est, à la manière de Don Bosco, accepter de toujours recommencer, et de façon toujours nouvelle, sans jamais céder à la tentation du découragement. C’est croire que l’avenir est devant, en refusant, surtout quand les temps sont difficiles comme aujourd’hui, de devenir nostalgiques du passé ; c’est s’engager sur les chemins nouveaux qui s’ouvrent devant nous, en étant créateurs de nouveaux rapports humains, dans le domaine familial, social, politique, économique. Il serait illusoire de croire que nous pourrons sortir de cette crise sans rien changer à nos modes de vie. Ayons en mémoire les paroles fortes de notre pape François dans ses deux dernières encycliques Laudato si et Fratelli tutti.

Il ne s’agit pas de discuter de la résurrection, mais d’en vivre. Car on ne prouve pas la résurrection, on ne peut qu’en témoigner

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Le présentateur

Jean-Marie Petitclerc

Jean-Marie Petitclerc est prêtre, membre de la congrégation des Salésiens de Don Bosco, et éducateur. Photo : (c) Jacques Rey