Du 18 au 25 janvier, Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

© Unité chrétienne

Temps fort de l’œcuménisme, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens se tient du 18 au 25 janvier 2018. Cette année elle a pour thème: "Le Seigneur est ma force et ma louange, il est mon libérateur."

"C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples" (Jn 13,25). Catholiques, protestants, orthodoxes... au cours de l'histoire, des schismes se sont succédés à l'intérieur du christianisme. Aujourd'hui, les églises chrétiennes sont multiples. Que faire de cet héritage qui nous sépare?

Parce que l'œcuménisme a toute sa place sur RCF, découvrez dans ce dossier des reportages, des portraits et des témoignages de ceux qui vivent cette recherche d'unité chrétienne au quotidien. Pour que ce qui sépare et unit les croyants des Eglises chrétiennes aide chacun à grandir dans sa foi.

 


PROGRAMMATION SPÉCIALE SUR RCF

• Chrétiens de l’esclavage à la liberté, de la division à l’unité
Jeudi 18 janvier à 9h - Émission Le Temps de le dire, présentée par Antoine Bellier
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• L'unité des chrétiens n'est pas une utopie
Jeudi 18 janvier - Édito du P. Matthieu Rougé
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La semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Chaque année une semaine spéciale est organisée pour inviter tous les chrétiens à prier pour notre unité. En France, l'association Unité chrétienne se mobilise pour choisir un thème et guider la prière de chacun. Le thème de cette semaine est : "Le Seigneur est ma force et ma louange, il est mon libérateur". Avec pour texte biblique de référence:
 

Alors Moïse et les fils d’Israël chantèrent ce cantique au Seigneur : « Je chanterai pour le Seigneur ! Éclatante est sa gloire : il a jeté dans la mer cheval et cavalier !02 Ma force et mon chant, c’est le Seigneur : il est pour moi le salut. Il est mon Dieu, je le célèbre ; j’exalte le Dieu de mon père. Le Seigneur est le guerrier des combats ; son nom est « Le Seigneur ». Les chars du Pharaon et ses armées, il les lance dans la mer. [L’élite de leurs chefs a sombré dans la mer Rouge. L’abîme les recouvre : ils descendent, comme la pierre, au fond des eaux. Ta droite, Seigneur, magnifique en sa force, ta droite, Seigneur, écrase l’ennemi. La grandeur de ta majesté brise tes adversaires : tu envoies ta colère qui les brûle comme un chaume.] Au souffle de tes narines, les eaux s’amoncellent : comme une digue, se dressent les flots ; les abîmes se figent au cœur de la mer.
L’ennemi disait : “Je poursuis, je domine, je partage le butin, je m’en repais ; je tire mon épée : je prends les dépouilles !” Tu souffles ton haleine : la mer les recouvre ; comme du plomb, ils s’abîment dans les eaux redoutables. Qui est comme toi parmi les dieux, Seigneur ? Qui est comme toi, magnifique en sainteté, terrible en ses exploits, auteur de prodiges ? Tu étends ta main droite : la terre les avale. Par ta fidélité tu conduis ce peuple que tu as racheté ; tu les guides par ta force vers ta sainte demeure. [Les peuples ont entendu : ils tremblent ; les douleurs ont saisi les habitants de Philistie. Les princes d’Édom sont pris d’effroi. Un tremblement a saisi les puissants de Moab ; tous les habitants de Canaan sont terrifiés, la peur et la terreur tombent sur eux. Sous la vigueur de ton bras, ils se taisent, pétrifiés, pendant que ton peuple passe, Seigneur, que passe le peuple acquis par toi.] Tu les amènes, tu les plantes sur la montagne, ton héritage, le lieu que tu as fait, Seigneur, pour l’habiter, le sanctuaire, Seigneur, fondé par tes mains. Le Seigneur régnera pour les siècles des siècles. » Le cheval de Pharaon, ses chars et ses guerriers étaient entrés dans la mer, et le Seigneur avait fait revenir sur eux les eaux de la mer. Mais les fils d’Israël, eux, avaient marché à pied sec au milieu de la mer. La prophétesse Miryam, sœur d’Aaron, saisit un tambourin, et toutes les femmes la suivirent, dansant et jouant du tambourin. Et Miryam leur entonna : « Chantez pour le Seigneur ! Éclatante est sa gloire : il a jeté dans la mer cheval et cavalier ! »

(Ex 15, 1-21 - source: AELF)

 

Qu’est-ce que l’œcuménisme?

La Conférence des évêques de France donne cette définition: "Le mot œcuménisme désigne l’effort des chrétiens pour parvenir à une unité institutionnelle entre les différentes Eglises et communautés qui le composent aujourd’hui."

Du grec "oikoumenè" (maison, habitation et, par extension, terre habitée, univers), le mot œcuménisme désigne le mouvement favorable à l'unité de tous les chrétiens du monde, en vertu même de la prière instante de Jésus: "Je ne prie pas seulement pour eux (les apôtres), je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole croient en moi : que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que moi je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé..." (Jn 17,20-21).
(source: Interbible.org)
 

Ce que n’est pas l’œcuménisme. Le mot œcuménisme est de plus en plus employé pour désigner le dialogue des chrétiens avec les juifs, avec les membres d’autres religions (musulmans, hindouistes, bouddhistes etc.) ou même les non-croyants. Cet emploi extensif, qui peut se justifier par l’origine du mot, contribue malheureusement à mettre sur le même plan des dialogues d’un autre ordre: le dialogue entre chrétiens, unis par une même foi en Jésus-Christ et un même baptême, est fondamentalement différent de tous les autres dialogues.
(source: Conférence des évêques de France)

 

La prière pour l'unité de l'abbé Paul Couturier (1881-1953)

Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous, as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi,
Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.
Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle.
Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi, afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux.
En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité.

(source: Association Unité chrétienne)

 

Qu'est-ce que l'œcuménisme ? Questions à Béatrice Soltner

Qu'est-ce que l'œcuménisme ? Questions à Béatrice Soltner

Béatrice Soltner, journaliste, est spécialiste de l’œcuménisme sur RCF. A l'occasion de la Semaine de prière de pour l'unité des chrétiens, elle répond à Odile Riffaud.

L’œcuménisme, est-ce un concept? Un vœu pieu? Une idée?

Béatrice Soltner: L’œcuménisme est écrit dans la Bible! Le Christ a demandé à ce que l’on prie les uns pour les autres: l’œcuménisme a des fondements évangéliques. C’est une demande du Christ de prier pour l’unité.
 

Tous les chrétiens sont-ils appelés à le vivre?

B.S.: Ce n’est pas une option puisque nous chrétiens croyons tous au Christ, au même Seigneur, et que nous avons été baptisés en Christ. Tendre vers l’unité peut devenir un véritable engagement.
 

Une Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, ça sert à quoi?

B.S.: La Semaine de prière a lieu une fois par an c’est bien, même si c’est aussi toute l’année qu’il faut prier. Pour vivre cette semaine, un catholique peut par exemple se rendre dans un temple ou participer à une divine liturgie. Visiter l’église de l’autre, participer à une liturgie qui n’est pas la sienne, cela va peut-être nous interpeller, voire nous déranger...
 

... Et si on se sent dérangé, interpellé, que faut-il faire?

B.S.: Il faut en parler, c'est une démarche qu'il faut vivre avec d’autres, ne pas la vivre seul dans son coin. Par exemple, pourquoi ne pas faire partie de groupes œcuméniques bibliques? C’est encore la meilleure manière de connaître l’autre. On peut aussi prier pour l’unité, parce que la prière c’est important - je vous renvoie à ce passage de la Bible, dans l'Evangile de Jean, chapitre 17.
Le père Couturier, qui est le fondateur de la Semaine, dit qu’il existe un oecuménisme spirituel. Même si on ne rencontre pas l’autre, physiquement, il est important de prier pour lui.
Je dirais qu’il y a trois niveaux: la prière toute l’année, oser franchir le seul d’un temple ou d’une église orthodoxe, et enfin rencontrer l’autre. Car pour aimer l’autre il faut le rencontrer physiquement, vivre la rencontre.
 

Si l'on veut faire cette démarche et entrer dans une autre église chrétienne, comment savoir où aller? Il y a une multitude de lieux de culte, on pourrait craindre de tomber sur un mouvement sectaire…

B.S.: Il faut en parler à son curé de paroisse, si on est catholique. Il peut conseiller tel ou tel endroit. En France, l’Eglise protestante Unie a des paroisses dans toute la France, et le site de la Fédération protestante française fédère les églises entre elles, par exemple.
 

Parmi les freins à la rencontre oecuménique, la méconnaissance de sa propre confession peut faire peur, sentir au fond de soi qu'on peut perdre pied si des questions trop précises surgissent...

B.S.: C'est un élément essentiel et fondamental de la rencontre: qui veut vivre l'oecuménisme doit se former. Pour découvrir sa propre histoire d'abord, comprendre pourquoi il y a eu des schismes et savoir d'où l'on vient. Se former ensuite à la connaissance de sa propre religion. Suivre des cours de théologie, d'ecclésiologie ou d'études bibliques.
Pour entamer un vrai dialogue, il faut savoir écouter ce que l'autre a à dire sur sa propre manière de vivre l'église.
 

Dans le contexte actuel de repli identitaire, quel sens prend pour vous cette Semaine de prière pour l'unité des chrétiens?

B.S.: D’abord il faut faire attention, l’œcuménisme n’est pas le dialogue interreligieux. Mais cette Semaine de prière et, plus largement, l'oecuménisme, nous enseignent qu’on fantasme beaucoup sur l’autre quand on ne le connaît pas. Quand on entre en contact avec lui, les fausses idées tombent, l’appréhension aussi. On se rend compte qu’on a imaginé l’autre.
Les chrétiens héritent de traditions liturgiques différentes, qui sont aussi des richesses. En cela l'autre va nous apporter quelque chose. Pour moi, c'est comme un vitrail: nos Eglises sont autant de couleurs et c'est ce qui donne sa beauté à l'ensemble. Cette beauté-là n'efface pas la tristesse de nos déchirures. Mais mon regard peut aussi voir la mosaïque comme quelque chose de beau et je peux désirer tendre toujours plus vers l’unité.
Et aussi il faut bien avoir en tête qu’on ne détient pas la vérité. La vérité c'est le Christ, il a dit "Je suis la vérité". C’est lui qui la détient, ce n'est pas nous croyants. Et Jésus n’a pas dit "j’ai la vérité" mais "je suis la vérité".

Béatrice Soltner a publié une série d'entretiens avec René Beaupère, prêtre dominicain, directeur du Centre Saint-Irénée de Lyon et acteur du Conseil oecuménique des Églises
"Nous avons cheminé ensemble: un itinéraire oecuménique", Maurice René Beaupère, entretiens avec Béatrice Soltner (éd. Olivetan, 2012)

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