Pourquoi prier pour l'unité des chretiens?

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Le b.a.-ba du christianisme

vendredi 4 août 2017 à 16h00

Durée émission : 25 min

Le b.a.-ba du christianisme

© Corinne SIMON/CIRIC - Août 2015, festival "Welcome to Paradise", organisé par la communauté du Chemin Neuf, communauté catholique à vocation œcuménique

Il n'y a qu'une religion chrétienne, plusieurs confessions chrétiennes. Pour le P. Emmanuel Gougaud les chrétiens doivent montrer qu'il est possible de vivre ensemble. Par Mathilde Hauvy.

Les chrétiens vivent chaque année une semaine de prière pour leur unité. Cette unité, ils doivent la désirer s'ils veulent suivre le Christ, elle ne signifie pas oubli des différences mais volonté de vivre ensemble. A l'image des trois personnes de la Trinité - le Père, le Fils et l'Esprit saint - qui vivent l'unité dans la diversité et la réciprocité. "Nous chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes, sommes envoyés par Dieu pour rétablir l'unité", nous dit le Père Emmanuel Gougaud et à donner le signe qu'il est possible pour les humains de vivre ensemble.
 

C'est en 1910, lors d'un congrès sur l'évangélisation à Edimbourg qu'est né le mouvement pour l'unité des chrétiens

 

L'unité des chrétiens voulue par le Christ

Dans la Bible, on remarque que les douze apôtres choisis pas Jésus sont extrêmement différents. Rien qu'entre Simon le Zélote ou Matthieu le publicain, il y a "deux idéologies hostiles et opposées". "Ils auraient pu s'entretuer, dit le P. Gougaud, mais Jésus a choisit des gens extrêmement différents pour montrer qu'il est possible de vivre ensemble et que sa mission est de rassembler les enfants de Dieu dispersés."
 

"Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes." (Jn, 17, 11)

 

Malgré nos divisions...

Les divisions des chrétiens, on ne peut que les déplorer. Car elles sont le plus souvent des conséquences de choix politiques. "On voulait vaincre l'autre, avoir raison contre l'autre." Pour le prêtre spécialiste d'œcuménisme, le Grand Schisme de 1054 a enclenché la seconde division de 1517. Et 500 ans après, les chrétiens "ne fêtent pas" la Réforme mais la commémorent car il n'y a pas lieu de se réjouir de nos divisions. Selon les historiens, rappelle le P. Gougaud, les guerres qui ont ensanglanté l'Europe, la guerre de Cent Ans comme les deux Guerres mondiales, sont le fruit indirect des divisions des chrétiens d'Occident.

 
"Nous chrétiens nous sommes l'âme du monde, selon le grand désir de Jésus de nous faire partager le projet de Dieu. Lorsque nous perdons notre vocation de montrer l'amour de Dieu, tôt ou tard, les humains se divisent. Voilà pourquoi l'œcuménisme n'est pas un vœu pieu ou un projet de doux rêveur. Mais une nécessité absolue, pour répondre au désir de Dieu, pour contribuer à l'unité du genre humain. Parce que nous ne serons crédibles que si justement nous sommes unis."
P. Emmanuel GOUGAUD

 

... Un désir d'unité

C'est en 1910, lors d'un congrès sur l'évangélisation à Edimbourg qu'est né le mouvement pour l'unité des chrétiens. C'est donc un apport du XXè siècle, relativement récent. Comme dit le P. Gougaud, "l'œcuménisme a besoin de temps." Les Églises chrétiennes sont aujourd'hui pleinement engagées dans un travail profond "de dialogue de recherche".

 

"ŒCUMÉNISME" Le mot vient du grec, il désignait l'ensemble du monde habité. Aux premiers temps du christianisme, il a été choisi pour désigner l'ensemble du monde chrétien. Souvent confondu avec le dialogue interreligieux, il rappelle qu'il n'y a qu'une seule religion chrétienne et que les chrétiens appartiennent à différentes Églises ou confessions. "Le Christ n'est pas divisé."

 

 

Émission enregistrée en décembre 2016

 

Invités

  • Père Emmanuel Gougaud , prêtre du diocèse de Versailles, directeur du Service national pour l'unité des chrétiens à la Conférence des évêques de France

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Tous les mercredis à 06h00

"Le b.a-ba du christianisme" ou tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le christianisme sans jamais oser le (re)demander… Dans le souci de s’adresser au plus grand nombre et avec curiosité, Mathilde Hauvy sollicite théologiens et biblistes pour un échange enthousiaste.