Anniversaire de la vie monastique au Mont-Saint-Michel

En 2016, le Mont-Saint-Michel célèbre le 1050è anniversaire de l'arrivée des premiers moines bénédictins. Et 50 ans de présence monastique depuis leur retour en 1966. Un double anniversaire que RCF célèbre avec une émission spéciale.

A l'occasion des 1050 ans de l'arrivée des premiers moines au Mont-Saint-Michel, RCF vous propose une émission spéciale en partenariat avec le magazine Panorama.

 

RCF en direct du prieuré du Mont-Saint-Michel
9h – 11h : Programme national "Le Temps de le Dire" présenté par Stéphanie Gallet et Etienne Pépin.
Les auditeurs sont invités à participer à l'émission en appelant au 04 72 38 20 23
11h – 12h : Programme inter-régional (Bretagne – Normandie) présenté par Sonia Dumesnil et Etienne Pépin.
L'émission sera consacrée à la découverte de l'histoire et du patrimoine millénaire du Mont-Saint-Michel...
Rejoignez-nous au prieuré du Mont-Saint-Michel à Ardevon
pour cette émission exceptionnelle
en direct et en public
le mardi 11 octobre de 9h à 12h

 

Au Moyen Age, le Mont-Saint-Michel rivalisait avec Rome et Saint-Jacques de Compostelle. C'était l'un des lieux de pèlerinage les plus fréquentés de l'Occident chrétien. Son histoire débute en 709 quand Aubert, évêque d'Avranches, y consacre une toute première église. En 966, une communauté de moines bénédictins s'y installe. Sous la Révolution et l'Empire les lieux deviennent une prison. Ce n'est qu'en 1966 que les religieux bénédictins reviennent à l'abbaye, aujourd'hui remplacés par les Fraternités monastiques de Jérusalem. On fête donc aussi en 2016, 50 ans de présence monastique continue à l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
 


©CIRIC - Cinq moines et sept moniales des Fraternités monastiques de Jérusalem vivent au Mont-Saint-Michel

 

Emblématique de l'histoire de France et de notre patrimoine architectural, le Mont-Saint-Michel figure sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979. Chaque année plus de 2,5 millions de personnes viennent admirer un emplacement unique au coeur d'une immense baie. D'importants travaux entamés en 2005 pour désensabler le mont obligent les visiteurs à se rendre à pied sur ce qui est devenu une île. De nombreux pèlerins effectuent la traversée de la baie à pied. Une expérience spirituelle forte en symboles.
 


©CIRIC - Le Mont-Saint-Michel attire chaque année 2,5 millions de visiteurs

 

ÉMISSION SPÉCIALE | La renaissance spirituelle du Mont-Saint-Michel

Le Temps de le dire

Une émission spéciale pour célébrer la renaissance spirituelle du Mont-Saint-Michel, présentée par Stéphanie Gallet et Étienne Pépin.

Il y a 1050 ans les premiers bénédictins débarquaient sur le Mont-Saint-Michel. Pendant près de 800 ans, ils ont fait de ce rocher la merveille que l'on connaît, îlot sacré entre terre et mer. La Révolution française a chassé les moines, mais en 1966 ils sont revenus sur le Mont, pour lui rendre sa vocation spirituelle. Aujourd'hui ce sont les Fraternités monastiques de Jérusalem qui sont présentes sur le rocher.
 

Les toutes premières pierres du Mont-Saint-Michel viendraient du Monte Gargano, en Italie.

 

L'histoire se confond avec la légende

Tout a commencé en 708. Aubert, évêque d'Avranches, reçoit en songe un message de l'archange saint Michel: construire une chapelle sur le rocher. D'après Marie-Paul Labéy, l'ange Michel a dû s'y reprendre à trois fois pour convaincre l'évêque d'Avranches. "La troisième fois, l'ange Michel lui a posé le doigt sur le crâne et on peut voir toujours dans l'église d'Avranches le crâne de saint aubert avec la trace du doigt de l'ange."

Les toutes premières pierres du Mont-Saint-Michel, qui constituent aujourd'hui la chapelle Notre-Dame-sous-Terre, viendraient des Pouilles, en Italie. Plus exactement du Monte Gargano, lieu d'apparition de l'ange Michel. C'est de là que deux clercs envoyés par l'évêque auraient rapporté un morceau de la tunique de l'ange et la pierre sur laquelle elle était posée. S'il abrite des reliques, le Mont-Saint-Michel n'est pas un lieu d'apparition. Et "il n'en a pas besoin, considère François-Xavier Maigre, la nature y est tellement prenante et bilique qu'il n'y a pas besoin d'apparition."
 

Un lieu où il y a énormément de symboles de la spiritualité.

 

Un lieu adapté à la solitude de la vie monastique

Peu après le songe de l'évêque Aubert, une communauté de chanoine ou de moines, s'installe donc sur le rocher - on ne sait pas quelle règle monastique ils suivaient. Au milieu du Xè siècle, le duc de Normandie favorise l'essor des bénédictins. A ceux de l'abbaye de Saint-Wandrille il demande de s'installer sur le Mont pour y vivre de la règle de saint Benoît, vers 965-966. C'est cet anniversaire que l'on fête en 2016.

Ce rocher entre terre et mer est un lieu idéal pour vivre la solitude inhérente à la vie monastique. Mais ce rocher entre terre et mer est aussi l'endroit idéal pour la vie en communauté hors du monde, selon la règle de saint Benoît. En fait, aujourd'hui encore et pas seulement pour les religieux, tout ce qui entoure le Mont-Saint-Michel porte à élever son esprit vers le ciel. François-Xavier de Beaulaincourt décrit un lieu "où il y a énormément de symboles de la spiritualité". "Il suffit de traverser la baie à pied pour voir que le céleste côtoie le terrestre au sens réel du terme."
 

Le site du Mont-Saint-Michel est un lieu "choisit par l'archange"

 

L'archange Michel, figure du combat spirituel

"Il faut se rendre compte de ce que représentait la figure de l'archange Michel à cette époque", précise le Père André Fournier, qui espère "que cela reviendra aujourd'hui!" Le site du Mont-Saint-Michel est un lieu "choisit par l'archange". Les bénédictins y trouvent le lieu idéal pour développer le culte de saint Michel. L'archange, figure emblématique du combat spirituel, porte un message intemporel.

 

INTERVIEW | 3 questions à François-Xavier Maigre

INTERVIEW | 3 questions à François-Xavier Maigre

Rédacteur en chef du mensuel Panorama, François-Xavier Maigre a fait le pèlerinage à pied de Paris jusqu'au Mont-Saint-Michel. Une expérience spirituelle sur laquelle il revient pour RCF.fr.

Ce 1050è anniversaire est celui de l'arrivée des moines et non de la construction du bâtiment: qu'est-ce que cela a de plus important? De plus significatif?

François-Xavier Maigre: Cela nous rappelle que la Merveille de l’Occident exerce depuis des siècles une force d'attraction qui met en œuvre ce que l’homme a de plus précieux: son âme. Le Mont possède cette capacité de nous relier au ciel et d’élargir notre horizon. C’est ce que nous dit la présence monastique dans la baie et sur le rocher.

Le Mont-Saint-Michel est un phare qui draine des foules aux motivations très diverses. Et l’Eglise, depuis des siècles, avec des hauts et des bas liés aux vicissitudes de l’Histoire, y offre sa présence pour nous aider à décrypter ce lieu unique, à en faire un terreau pour féconder notre vie humaine.
 

"Là-haut, entre ciel et mer, dans la lumière de l’abbatiale, on se sent en paix, on se sent aimé."

 

S'il devait y en avoir une, quelle serait la spiritualité du Mont-Saint-Michel ?

François-Xavier Maigre: C’est une spiritualité totale, qui engage aussi bien le corps que l’esprit. L’amplitude des marées offre au pèlerin un paysage de Genèse qui laisse toute sa place au silence, à l’infini, au risque. La traversée de la baie convoque des résonances bibliques évidentes, permettant de nous défaire de nos sécurités pour nous ouvrir au "tout autre", accueillir sa promesse. Elle nous rappelle que notre vie terrestre est un exil.

L’ascension du roc marque l’apothéose du pèlerinage. Là-haut, entre ciel et mer, dans la lumière de l’abbatiale, on se sent en paix, on se sent aimé. C’est un fin murmure qui vous cueille, et dont l’écho subsistera longtemps. Le Mont est aussi un lieu de combat, marqué par la rudesse du granit, du climat. Les ruelles abruptes vous coupent le souffle. Certains soirs de tempête, la lutte entre l’archange et le démon semble n’en plus finir. Le pèlerinage au Mont nous apprend la persévérance et l’espérance, même dans le vent contraire.   
 

Vous qui avez marché jusqu'au Mont vous devez avoir une multitude d'images liées au monument. Quelle est celle que vous garderiez?

François-Xavier Maigre: Deux souvenirs surnagent. Je n’oublierai jamais l’odeur de Cakao, l’âne avec lequel nous avions cheminé pendant 33 jours depuis Paris, lorsqu’il fallut nous séparer sous l’orage, aux portes du Mont.

Je me souviens aussi des lumignons de l’église paroissiale, le soir de notre arrivée, quand je vins déposer silencieusement ma crasse, ma fatigue et mes rêves aux pieds de l’archange. J’ai compris ce soir-là combien la Merveille méritait ce nom. Cinq ans après, la douceur de ces moments affleure encore en ma mémoire, comme une trace indélébile.   

 

François-Xavier Maigre, pèlerin vers le Mont-Saint-Michel

François-Xavier Maigre, pèlerin vers le Mont-Saint-Michel

450 km avec deux enfants et un âne. En 2011, François-Xavier Maigre et sa famille ont marché de Paris au Mont-Saint-Michel. Retour sur une expérience spirituelle forte avec Béatrice Soltner.

Au Moyen Age, il n'y avait pas que les rois de France pour faire la route de Paris jusqu'au Mont-Saint-Michel. Demander la protection de l'archange Michel était même très populaire. C'est avec cette tradition médiévale que François-Xavier Maigre a voulu renouer. En mai 2011, ce journaliste a pris la route avec sa femme Pauline, leurs deux enfants, Fautine (2 ans et demi) et Martin (7 sept mois)... et Cacao, leur âne. 450 kilomètres en un mois: un périple qu'il raconte dans un livre "Sur la trace de l'archange" (éd. Bayard, 2012).
 

"On voulait sortir du quotidien, des habitudes, vivre une expérience forte sur un chemin en famille."

 

Vivre une expérience commune, regarder l'un l'autre dans la même direction... voilà comment François-Xavier Maigre et sa femme vivent leur mariage. Leur pèlerinage n'était pas seulement une échappée champêtre, loin de l'ambiance urbaine, il fallait aller lentement par les chemins de campagne pour répondre à un besoin viscéral de renouer avec la terre, la nature, le monde. Ce besoin de quiétude faisait écho à une soif plus grande encore, de faire le vide en soi, de revenir à quelque chose d'essentiel, de spirituel.

En 2011, la route de pèlerinage vers le Mont-Saint-Michel était encore peu empruntée. Elle est pourtant plus ancienne que celle de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il faut remonter à la Révolution française, l'interdiction du culte des saints et la transformation du Mont en prison, pour comprendre pourquoi ces routes ont été délaissées des pèlerins. C'est à Marie-Paul Labéy que la famille Maigre doit d'avoir redécouvert les chemins du Mont-Saint-Michel. La fondatrice de l’association des Chemins de saint Michel oeuvre depuis des années à la réhabilitation des routes de pèlerinage qui mènent au célèbre monument.

Emission enregistrée en décembre 2012.

Traverser à pied la baie du Mont-Saint-Michel

Traverser à pied la baie du Mont-Saint-Michel

Aux confins de la Normandie et de la Bretagne, le Mont-Saint-Michel. Comme les pèlerins d'autrefois, Étienne Pépin enlève ses chaussures pour traverser cette immense baie. Reportage.

Point de départ: le Pont de Genêts, au sud-est de la baie, non loin d'Avranches. De là, l'itinéraire que choisi François Lamotte d'Argy, guide professionnel, traverse les prés salés, les vasières et la slikke, un ensemble sablo-vaseux qui représente le milieu le plus répandu dans la baie. Trois habitats différents sur lesquels on marche en tong ou pieds nus.
 


©RCF/Etienne Pépin - Traversée du pré salé (à gauche) et de la slikke

 

Traverser la baie du Mont-Saint-Michel a quelque chose de mythique. Pas seulement pour la renommée du monument. Cela fait 13 siècles que l'on y vient en pèlerinage. Dans ce décor captivant qui hésite entre terre et mer, le marcheur mesure sa petitesse alors que grandit à l'horizon la silhouette du Mont.
 


©RCF/Etienne Pépin - Mont-Saint-Michel en vue

 

S'élancer vers le Mont-Saint-Michel depuis l'opposé de sa baie c'est un peu partir à l'aventure. Heureusement des guides sont là pour nous guider, soumis à un équipement obligatoire, ils emportent avec eux GPS et matériel de premier secours. Avant de partir, ils s'assurent que les randonneurs n'ont pas le ventre creux ni de contre indications médicales. Et surtout ils connaissent sur le bout des doigts les horaires des marées.
 


©RCF/Etienne Pépin - De l'eau jusqu'aux genoux

 

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