Baptême ou confirmation à l'âge adulte... et après ?

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Vitamine C, la suite

samedi 15 juin à 9h15

Durée émission : 45 min

Baptême ou confirmation à l'âge adulte... et après ?

Que se passe-t-il pour les adultes qui ont reçu un sacrement de l'initiation chrétienne ? Comment poursuivent-ils leur vie spirituelle ? Quelles propositions en Haute-Savoie ?

Quatre mille adultes sont baptisés dans l'Eglise Catholique chaque année en France. Huit mille reçoivent le sacrement de la confirmation. "Dans le Diocèse d'Annecy, c'est une trentaine de baptisés et une soixantaine de confirmés chaque année, un chiffre assez constant" explique Juliette Bay, responsable du catéchuménat pour le Diocèse d'Annecy. 
En chemin vers le sacrement, ces adultes (que l'on appelle catéchumènes), sont accompagnés personnellement et/ou en groupe, pendant un ou deux ans, de manière très rapprochée. Ils prennent aussi contact avec leur paroisse.  

"Les Pères de l'Eglise ont toujours insisté sur le soin que l'on doit apporter aux jeunes pousses"

Après les sacrements, on dit que ve sont des "néophytes". "Cela veut dire nouvelle plante. Et les Pères de l'Eglise ont toujours insisté sur le soin que l'on doit apporter aux jeunes pousses, après la greffe : arrosage et binage !" rappelle Roland Lacroix, théologien, spécialiste du catéchuménat. 
Certains, pendant leur parcours, trouvent déjà un engagement chrétien qui leur correspond. Fernando, baptisé la nuit de Pâques 2019, a commencé à visiter les personnes âgées en maison de retraite. Laura animait l'éveil à la foi avant même sa confirmation, en 2017 : "J'avais déjà un pied dans la paroisse avant le sacrement".
Pour d'autres, c'est moins évident. "On n'a pas forcément l'idée précise ou concrète de ce que l'on pourrait faire ou apporter. On m'a demandé de témoigner. Je me suis senti accueilli et cela m'a aidé" raconte François, habitant de Saint-Jorioz, baptisé et confirmé l'an dernier. Géraldine, néophyte de Poisy, a créé un groupe de prière après sa confirmation : "Je n'en trouvais pas. Et je ressentais vraiment le besoin de vivre quelque chose qui me porte, en plus de la messe".

une communaute fraternelle ? 

Marina Brière et son époux animent des groupes de prière ou de partage de la Parole chez eux à Annecy, pour de jeunes adultes : "Catéchumènes, néophytes et d'autres jeunes étaient demandeurs. Cela crée des liens entre eux. C'est leur seul espace pour partager leur foi".
"En démarrant mon parcours, j'ai eu du mal à savoir à qui m'adresser. Aujourd'hui, j'ai fait passer le message à ma paroisse : cela doit être plus facile de connaître les personnes référentes et les groupes qui existent sur le secteur" raconte Hélène, confirmée en 2015 sur le secteur de Thorens-Glières. Aujourd'hui, elle participe à un groupe de lecture et partage de la Parole, avec d'autres paroissiens. 
"Beaucoup de néophytes vivent un isolement au niveau chrétien : leurs familles ou amis ne sont pas forcément croyants. Pour persévérer, il faut qu'ils arrivent à nourrir leur foi personnellement. Idéalement à rencontrer une petite communauté où ils se sentent soutenus. Et à prendre conscience de l'Eglise Universelle. Trois enjeux !" analyse Juliette Bay. 

"TROUVER sa VOCATION"

"Les communautés chrétiennes doivent retrouver la notion de parrainage. Que la communauté confie le néophyte à un parrain, chargé de se soucier de lui, de prendre des nouvelles. Il faut réapprendre le BA-BA de la vie fraternelle chrétienne" souligne le théologien. 
En parallèle, une tentation pour les paroisses : proposer aux nouveaux arrivants de rendre un service, "boucher un trou", plutôt que chercher ce qu'ils peuvent amener de nouveau. 
"Je pense à une néophyte qui ne trouvait pas sa place. Je lui ai proposé d'accompagner des jeunes. Et elle s'est révélée ! Elle a un don, c'est en elle. Au final, c'est notre rôle d'accompagnateurs et de communautés : aider chacun à trouver sa vocation" insiste Marie Barbieri.
"Passer de la conversion à la vocation, c'est savoir pour quoi ou pour qui Dieu m'appelle. Cela nécessite un accompagnement et cela peut prendre du temps" conclut Roland Lacroix.  
 

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Chaque samedi, Vanessa Sansone ouvre le débat dans Vitamine C, la suite en donnant la parole aux chrétiens qui se bougent près de chez vous. Un temps pour s’informer, réfléchir, approfondir et échanger.

Le présentateur

Vanessa Sansone

Annécienne d'adoption depuis 2012. J'aime utiliser mes chaussures de randonnée et mon appareil à raclette. Je tente aussi de tenir sur des skis. Je couvre l'actualité du département. Et en particulier l'actualité des chrétiens qui se bougent !