[Dossier] Qu'est-ce que la Toussaint?

© Wikimédia Commons - Fra Angelico, Les précurseurs du Christ avec les saints et les martyrs, 1423-1424.

Le 1er novembre, c'est la Toussaint. Une fête catholique qui est la fête des saints, c'est-à-dire de tous ceux qui ont vécu fidèles à l’Évangile et au service des autres. L'occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté. Ceux que l'Église a proclamés saints sont des figures inspirantes qui peuvent nous guider dans notre foi.

Peut-on vraiment devenir saint ?

Le b.a.-ba du christianisme

À l'occasion de la fête de la Toussaint le P. Antoni nous montre que la sainteté est à portée de main. "On est tous en capacité d'avoir une parole qui relève, qui redonne confiance."

Pour être saint, pas nécessaire d'être prêtre, évêque ou religieux. Il n'est pas non plus nécessaire de s'appeler Ignace de Loyola ou Vincent de Paul. La sainteté n'est pas réservée à un petit nombre, une sorte d'élite qui pourrait consacrer sa vie à Dieu. "Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve", écrit le pape François dans son exhortation apostolique "Gaudete et exsultate" (2018). Mais peut-on vraiment devenir saint malgré nos faiblesses et nos petitesses ? 
 

"On est tous en capacité d'être consolant, d'avoir une parole qui relève, qui redonne confiance"

 

Qu'est-ce que la Toussaint ? - Le 1er novembre, c'est la Toussaint. Une fête catholique qui est la fête des saints, c'est-à-dire de tous ceux qui ont vécu fidèles à l’Évangile et au service des autres. L'occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté. Ceux que l'Église a proclamés saints sont des figures inspirantes qui peuvent nous guider dans notre foi.
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La sainteté, vouloir être heureux

Être saint, c'est "l'objectif de toute une vie", explique le Père Sébastien Antoni. "Je veux être saint : disons-le autrement : je veux être heureux." Comment être heureux selon la voie chrétienne ? En empruntant la voie de l'humilité. Qui n'est autre que "la reconnaissance de l'action de Dieu dans ma vie". Se dire que ce n'est pas à soi que l'on doit les bonnes choses qui nous arrivent, mais à quelqu'un de plus grand que soi. 

Le meilleur exemple d'humilité qu'un chrétien puisse trouver c'est celui de la Vierge Marie : elle celle qui a dit oui, qui a accepté le don de Dieu. "Pour recevoir un cadeau il faut l'accepter, souligne le prêtre, c'est là le point de bascule de la foi, cette proposition qui paraît immense, énorme, démesurée, est-ce qu'elle est pour moi ? Oui elle est pour moi et là tout change, tout devient possible, un avenir devient possible."
 

Les béatitudes, "la voie royale pour devenir saint"

"Heureux les artisans de paix", "heureux les doux"... Le texte que l'on appelle communément les Béatitudes, que l'on trouve dans l'Évangile de Matthieu (chapitre 5) et de Luc (chapitre 6), c'est "la voie royale pour devenir saint". Or, "il n'est pas aussi extraordinaire que ça ce texte, consoler ceux qui pleurent, être artisan de paix, c'est très concret finalement, ce n'est pas éthéré, la sainteté pas déconnecté du quotidien ni de la vie des personnes."

"On est tous en capacité d'être consolant, d'avoir une parole qui relève, qui redonne confiance. On peut tous le faire, ça nous coûte pas, sauf peut-être une pudeur ou quelque chose qui nous freinerait, mais à quoi bon perdre son temps dans de la fausse pudeur ? Notre vie est courte à quoi bon ne pas s'engager pleinement dans la relation à l'autre selon cette ligne qui nous est proposée d'aimer ?"
 

Faut-il changer de caractère pour devenir saint ?

Sans tomber sans la fausse bonne résolution ni vouloir changer de caractère, la sainteté suppose "une démarche de conversion". Au sens propre, cela signifie "se retourner". Ainsi, quand on s'éloigne de quelqu'un parce qu'on est fâché avec cette personne, la conversion c'est de tourner la tête pour revenir à lui. "Le changement est là, accepter de tourner la tête, le regard, pour retrouver l'amour, les choses perdues qui nous peinent et qui nous font mal."  

Certes, parfois on s'obstine, persuadé d'avoir raison, "on part en déshérance une tristesse au coeur". Mais le Père Antoni nous explique "Avoir raison ne suffit pas nécessairement, c'est être dans la vérité qui est le plus important : parfois il faut lâcher, se retourner.

 

Les saints sont-ils des gens parfaits ?

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Leur vie semble incroyable, leur témoignage a marqué l'Église. Les saints sont-ils des gens parfaits, sans aspérités, sans troubles? Un regard plus attentif montre vite le contraire.

Qu'est-ce que la Toussaint ? - Le 1er novembre, c'est la Toussaint. Une fête catholique qui est la fête des saints, c'est-à-dire de tous ceux qui ont vécu fidèles à l’Évangile et au service des autres. L'occasion de rappeler que tous les hommes sont appelés à la sainteté. Ceux que l'Église a proclamés saints sont des figures inspirantes qui peuvent nous guider dans notre foi.
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La Toussaint, "c'est la fête de l'Eglise du ciel"

L'Eglise célèbre la fête de la Toussaint. Les saints connus, mais aussi l'immense majorité de saints que Dieu seul connait.

Le pape François a publié l’an dernier une exhortation apostolique sur la sainteté. Un texte qui trouve un écho tout particulier le jour de la Toussaint. "C’est vraiment un des textes les plus importants du pape François. Ce texte présente la sainteté comme l’horizon normal de la vie du chrétien. Le pape nous apprend à voir la sainteté comme la porte d’à côté. La fête de la Toussaint nous dit que les saints canonisés et béatifiés sont une toute petite minorité. Il y a donc une immense foule que Dieu seul connaît, de véritables saints. Le pape insiste beaucoup sur le combat spirituel, et sur le fait que la sainteté est à la fois personnelle, et communautaire" explique ​le Père François-Marie Lethel, consulteur pour la cause des saints.

Beaucoup de chrétiens se posent la question suivante : comment devenir un saint alors que nous sommes tous pécheurs ? Pour le consulteur pour la cause des saints, "il y a une sainte que le pape François aime particulièrement, c’est Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Cette petite voix de conscience et d’amour le dit : même les plus grands pécheurs, au dernier moment, peuvent devenir de grands saints. Jésus est venu appeler les justes et les pécheurs, et il n’y a que la Sainte Vierge qui est devenue immaculée".

Quand on célèbre la Toussaint, "on célèbre les autres, les saints inconnus" précise-t-il. "Au fond, c’est la fête de l’Église du ciel, qui est immédiatement suivie de la commémoration des fidèles défunts, tous ceux qui ne sont pas encore avec Dieu, mais qui seront tous à un moment dans la pleine communion avec Dieu. Nous prions pour eux et ils prient pour nous. Ces deux journées se touchent. Ce sont deux journées inséparables" lance le père François-Martie Lethel.

"L’Église est une grande famille. Tous les saints sont nos amis. C’est absolument normal dans une famille de s’adresser aux uns et aux autres, en nous rappelant toujours que les saints nous conduisent à Jésus, nous apprennent à mieux l’aimer, ils nous donnent l’exemple et ils intercèdent pour nous" rappelle également le consulteur pour la cause des saints.

Les consulteurs pour la cause des saints, à l’image du père François-Marie Lethel, sont "comme des juges. C’est une mission. Nous sommes nommés par le pape. Nous sommes chargés d’examiner ces causes et de donner un jugement sur la sainteté. Car il y a toujours des zones d’ombre, du péché. On doit examiner tout cela. Dans un premier temps chacun travaille à constituer un gros dossier. Et ensuite il y a un moment communautaire, où l’on prie l’Esprit Saint. On peut encore changer d’avis dans cette réunion. Ensuite notre travail est terminé. Nous sommes neuf pour chaque cause et il faut qu’il y ait les deux-tiers positifs, sinon la cause s’arrête".
 

Père François-Marie Lethel, consulteur pour la cause des saints: 

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