Eglises et objets sacrés : comment le patrimoine religieux est-il protégé ?

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samedi 1 juin à 9h15

Durée émission : 45 min

Eglises et objets sacrés : comment le patrimoine religieux est-il protégé ?

© 2019 RCF Haute-Savoie - Le double retable d'Entremont, bientôt protégé par des détecteurs de fumée

L'incendie de Notre-Dame de Paris (avril 2019) a violemment rappelé aux français la vulnérabilité de leur patrimoine religieux. Alors quelles protections chez nous ? La réponse en 5 points.

QUI EST REPONSABLE DE L'ENTRETIEN ET DE LA SÉCURISATION DES ÉDIFICES ET OBJETS RELIGIEUX ? 

"C'est le propriétaire qui a la charge de l'entretien, la conservation, la sécurisation, l'accessibilité de ces édifices et de leurs trésors sacrés" répond Raymond Boccard, économe du Diocèse d'Annecy. 
Pour les églises construites avant 1905, date de séparation des Eglises et de l'Etat, c'est la commune qui est propriétaire (ou l'Etat, pour la plupart des cathédrales). On dit que ces édifices pré-1905 sont affectés au culte. L'affectataire (la paroisse) a bien sûr des responsabilités. Notamment l'entretien courant et la gestion de l'aménagement liturgique. 
Les églises ou chapelles construites après 1905 appartiennent aux diocèses. Le Diocèse d'Annecy est propriétaire de seize églises et plusieurs chapelles.  

TOUS LES ÉDIFICES RELIGIEUX SONT-ILS PROTÉGÉS CONTRE LES INCENDIES ? 

Non ! C'est parfois compliqué et dans tous les cas, cela représente un coût. Un choix financier à assumer. 
Dans les Aravis, la commune d'Entremont a fait un devis pour installer des détecteurs de fumée dans l'église. "Nous avons la responsabilité de cet héritage. Nous avons restauré notre double-retable, valorisé notre trésor. Mais nous ne sommes pas Notre-Dame de Paris ! Si tout brûle, nous ne récolterons pas des millions d'Euros de dons !" souligne Christiane Perrillat, l'adjointe au maire en charge de la culture et du patrimoine. 
Dans le cas de cette petite église, le devis annonce trois cent euros de pose de détecteurs de fumée. Plus cinq euros d'abonnement mensuel. 

EN CAS DE SINISTRE, QUI PAYE ? 

"Les communes sont leur propre assureur. Le Diocèse souscrit une assurance au titre de sa responsabilité civile. Mais c'est comme pour un particulier : jamais la totalité des travaux de restauration ne sera couvert" explique Jérôme Bouchet, Conservateur du patrimoine pour le Diocèse d'Annecy.
Pour financer une restauration ou une reconstruction, propriétaire et affectataire sont les premiers payeurs. Ils peuvent solliciter des aides publiques, si l'édifice représente un intérêt patrimonial ou touristique. L'Etat peut aussi subventionner, si le monument est classé. 
Pour compléter et impliquer les habitants et paroissiens, il est possible de lancer une souscription, via, par exemple, la Fondation du Patrimoine. 
"Mais, quels que soient les coûts de restauration ou de reconstruction, le patrimoine aura disparu ! La charpente de Notre-Dame de Paris, même reconstruite à l'identique, ne sera plus jamais du 13ème siècle !" souligne Jérôme Bouchet. 

QUELS AUTRES RISQUES ? 

"Le vandalisme est un autre risque. Et même une réalité" explique Raymond Boccard. Pour éveiller les paroissiens à leurs petits trésors à protéger, la Commission Diocésaine d'Art Sacré a un rôle clé. "Nous arrivons avec un oeil neuf. Nous aidons les paroissiens et les communes à prendre conscience de leurs trésors" se réjouit Jacques Herrgott, architecte membre de la commission. 
Au plateau d'Assy, les paroissiens ont bien conscience de célébrer dans un joyau de l'art sacré du XXème siècle. Une douzaine de bénévoles se sont formés auprès de guides du patrimoine. En saison, ils se relayent pour assurer un accueil dans l'église Notre Dame de Toute Grâce. "Nous faisons de formidables rencontres, des gens du monde entier viennent en touriste ou en pèlerins. Et j'ai aussi la conviction que la meilleure des protections, c'est notre présence dans l'église !" témoigne Françoise Ebeirlé. 
Des paroissiens et habitants qui sont souvent moteurs pour alerter sur un mauvais état, financer des restaurations ou des entretiens et valoriser leur patrimoine religieux. 

QUELLES SONT LES PRIORITÉS POUR L'ENTRETIEN ET LA RESTAURATION, HORS SINISTRE ? 

Les paroisses et communes doivent parfois faire des choix. Il n'est pas toujours financièrement possible d'entretenir et sécuriser tous les bâtiments. 
"L'impératif, c'est d'abord la sécurité du bâtiment pour l'accueil du public. Ensuite, un autre critère peut être l'utilisation de l'édifice : est-ce qu'on y célèbre encore?" explique Raymond Boccard. 
Autre donnée non négligeable : le classement au titre des Monuments Historiques. Si un édifice ou un objet sont classés, le propriétaire est en obligation de l'entretenir, au titre de sa charge morale. 

 

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Le présentateur

Vanessa Sansone

Annécienne d'adoption depuis 2012. J'aime utiliser mes chaussures de randonnée et mon appareil à raclette. Je tente aussi de tenir sur des skis. Je couvre l'actualité du département. Et en particulier l'actualité des chrétiens qui se bougent !