Mère Teresa, ombres et lumières

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Le Temps de le dire

mercredi 31 août 2016 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© Marcel CROZET/CIRIC - Septembre 1991: Mère Teresa, fondatrice des Missionnaires de la Charité, Calcutta, Inde, Asie du Sud

Icône médiatique de la charité, Mère Teresa est vénérée au-delà de l’Église catholique. Jugée souvent autoritaire, elle faisait preuve d'une ouverture de cœur extrême. Par Stéphanie Gallet.

"Mère Teresa a consacré sa vie entière à servir les plus pauvres et les plus démunis en Inde. Quand une telle personne se voit attribuer le titre de sainte, il est tout naturel que les Indiens se sentent fiers." Ces propos du premier ministre indien Narendra Modi, relayés par l'agence Eglises d'Asie (le 30/08/2016), disent bien l'engouement du pays pour la canonisation de la "mère de Calcutta". L'événement dépasse en effet la seule communauté des fidèles catholiques. Pour les Indiens de toutes confessions cela faisait bien longtemps que Mère Teresa était considérée comme une sainte.
 

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Mère Teresa, icône médiatique de la charité

De la figure de Mère Teresa on retient l'image d'une petite femme aux pieds nus et en sari blanc, avec ses fameux lisérés bleus. Une image médiatique que le Nobel a mis en lumière en 1979. Les dons qui ont afflué par la suite ont permis aux Missionnaires de la Charité de s'étendre dans le monde. Des "consécrations internationales", selon Xavier Zunigo, pour cette femme qui "n'est pourtant pas une grande intellectuelle du catholicisme mondial". Certes l'Eglise, et surtout les jésuites locaux, avait tout intérêt à ce que soit valorisée avec la "mère de Calcutta" une certaine vision du christianisme. Mais Mère Teresa était aussi un rayonnement, une présence à l'autre.
 

"The poorest of the poor: la grande phrase que les Missionnaires de la Charité répètent tout le temps."
Claire Lesegretain

 

Une radicalité dans la foi

Elle avait la réputation d'être autoritaire, voire peu sympathique. Mère Teresa a grandi dans un milieu familial exigeant d'ouverture à l'autre. Ceux qui l'ont connu ont témoigné d'une radicalité et d'une détermination dans toutes ses actions, certainement renforcées par le contexte de pauvreté extrême dans lequel elle évoluait. Carine Rabier-Poutous parle d'une "volonté d'absolutment tout donner à Jésus".

Lorsqu'en 1946, elle a dans le train qui l'emmène à Darjeeling des visions et des voix, c'est "un appel dans l'appel" qu'elle reçoit, comme elle le dira plus tard - celui d'être avec les plus pauvres d'entre les pauvres: "The poorest of the poor: la grande phrase que les Missionnaires de la Charité répètent tout le temps", observe Claire Lesegretain.
 

Sa capacité extrême d'ouverture de coeur

Cette femme qui à 36 ans entend le cri du Christ sur la croix, "J'ai soif!", a inspiré une image de la sainteté à ses contemporains par la très attention à l'autre dont elle était capable. "Elle était d'une patience qui prouvait sa sainteté", confie Claire Lesegretain. Grand reporter à La Croix, elle a vécu l'expérience des volontaires à Calcutta. Selon elle, si Mère Teresa n'avait pas été portée par cette foi incroyable elle n'aurait pas pu tenir d'être autant "présente à tous à tout moment".
 

calcutta, capitale du tourisme humanitaire

Le pouvoir d'attraction de Mère Teresa, certains tour operators indiens l'on bien compris, qui envoient des cars entiers de touristes japonais visiter le fameux mouroir de Calcutta. D'Amérique latine, d'Europe, d'Asie... un tourisme humanitaire s'est mis en place autour de la ville indienne. Là où de nombreuses ONG demandent aux bénévoles d'être formés, les Missionnaires de la Charité accueillent chacun sans condition. Pour beaucoup le voyage s'avère brutal, l'univers "étonnant", comme le dit Xavier Zunigo.
 

Dans les mouroirs de Mère Teresa, la "joie au milieu de l'enfer"

Une confrontation directe à la pauvreté extrême, doublée souvent d'une incompréhension. Les mouroirs de Mère Teresa ne sont pas des hôpitaux où l'on tente à tout prix de sauver la vie d'un agonisant. On lui donne simplement la possibilité de mourir ailleurs que sur le trottoir. Il y a certes une violence dans ces mouroirs, convient Carine Rabier-Poutous. Elle qui a été novice chez les Missionnaires de la Charité en Pologne notamment, parle de "joie au milieu de l'enfer". Une atmosphère "un peu surréaliste" où la violence côtoie l'amour inouï de ces religieuses qui ont donné leur vie aux pauvres par amour pour le Christ.
 

"La cité de la joie" (1992), film de Roland Joffé, inspiré par la vie de Mère Teresa

Invités

  • Claire Lesegretain , grand reporter à La Croix

  • Xavier Zunigo , sociologue, directeur de l'agence Aristat

  • Carine Rabier-Poutous , écrivain, ancienne novice des Missionnaires de la Charité

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.