Que faire des objets religieux ?

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Vitamine C, la suite

samedi 9 novembre à 9h15

Durée émission : 45 min

Que faire des objets religieux ?

Icône, statuette, croix, missel, reliquaire… Qu'en faire si l’on ne veut (ou peut) pas les garder ? Réponses et regards croisés de spécialistes en Haute-Savoie.

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Le conservateur diocésain : "donner une seconde vie aux objets religieux"

Jérôme Bouchet est conservateur du patrimoine du Diocèse d'Annecy. Il veille sur des objets ordinnaires affectés au culte. Et aussi sur des petits trésors : une pantoufle de Pape offerte à un Evêque d'Annecy, un anneau épiscopal du Concile Vatican II, ou encore les fabuleuses oeuvres de l'Eglise Notre-Dame de Toute Grâce, au plateau d'Assy.  
Si vous ne savez que faire d'un objet religieux, sa porte est ouverte. "Je suis spécialiste des crucifix récupérés dans les maisons dont on a hérité !" plaisante l'historien d'art. "Certains objets peuvent être réutilisés dans les presbytères, les salles paroissiales ou les églises. Je peux aussi envoyer des objets dans des missions à l'étranger."
Il est aussi possible de donner des objets au Diocèse. "Certains objets nous racontent l'histoire religieuse locale. Comme des vêtements liturgiques fabriqués en Haute-Savoie". 
Attention, si vous êtes chargé de vider ou de trier le contenu d'un presbytère : vous avez l'obligation de vous adresser au Diocèse. Les objets sont en général affectés au culte. 
 

Les musées d'art sacré : "la mémoire locale PASSE aussi PAR LES OBJETS religieux"

Une lanterne de procession, un calice, une sculpture envoyée par un habitant du pays, parti s'installer à l'étranger... Autant d'éléments que vous trouverez au musée d'Art Sacré de Saint Nicolas de Véroce. "Tous ces objets nous racontent l'histoire du village, du colportage, de l'art dans cette région" explique Emma Legrand, directrice du Service Culturel de Saint-Gervais. 
Un trésor collecté au fil des ans par des curés passionnés ou des paroissiens. "Encore aujourd'hui, à l'occasion d'un héritage ou en fouillant dans le grenier, des objets nous reviennent. Nous pouvons orienter pour la conservation des objets. Nous les acceptons avec plaisir, s'il y a un don. En respectant la procédure : mise en quarantaine, inscription à l'inventaire puis étude de l'objet". 
"La création d'une collection muséale permet de valoriser le patrimoine sur place et de le conserver" souligne Nathalie Dezusinges, responsable du Pôle Culturel d'Abondance. Un Pôle qui gère une collection de plus de mille six cent objets à l'abbaye

L'antiquaire : "Il existe un marché de l'art religieux"

Sophie Sesmat est antiquaire, spécialisée en arts et traditions populaires. Les missels, médailles, chapelets et bénitiers n'ont pas de secrets pour elle. Elle chine, achète et revend. "Sur le marché de l'art, il y a des règles. Pour se prévenir du recel. Et aussi parce qu'on ne vend pas tout ! Il y a par exemple une réglementation sur les reliquaires" explique la spécialiste. 
"Beaucoup d'objets ont une valeur sentimentale et racontent l'histoire d'une famille. En revanche, ils n'ont pas une grande valeur vénale. Pour ces objets, je déconseille la vente aux propriétaires".
A l'inverse, il existe aussi un marché de l'art religieux. Avec des ventes aux enchères spécialisées. "Certains collectionnent par passion pour l'histoire religieuse. D'autres pour le côté artistique de ces oeuvres. Un calice, cela peut être une pièce exceptionnelle pour un passionné d'orfevrerie. Et puis il y a des familles dont les propriétés comportent une chapelle. Et qui ont tout simplement besoin d'objets pour pouvoir célébrer une messe". 
"En tant qu'antiquaire catholique, je fais très attention à vendre les objets religieux à des personnes qui vont les respecter. Je confie un objet, avec sa valeur spirituelle et son histoire. Documenter ces objets me passionne !"
 

Les objets religieux sont ils "sacrés" ? 
"Quand on parle d'art sacré, c'est en fait un raccourci :
c'est de l'art au service du culte"
explique Jérôme Bouchet, conservateur du patrimoine du Diocèse d'Annecy. Il n'y a donc pas d'objets sacrés, à proprement parler. 
On accorde traditionnellement attention et respect pour certains objets liturgiques. Par exemple le ciboire et le calice, qui continennent le Corps et le Sang du Christ. De la même manière, des objets de particuliers peuvent avoir été béni, ce qui leur confère une valeur particulière pour les croyants. 
Lorsqu'un objet religieux est abîmé et irréparrable, il est d'usage de le brûler ou de l'enterrer. 

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L'émission

Chaque samedi à 9h15, le dimanche à 17h15

Chaque week-end, juste après Vitamine C, Vanessa Sansone ouvre le débat dans Vitamine C, la suite en donnant la parole aux chrétiens qui se bougent près de chez vous. Un temps pour s’informer, réfléchir, approfondir et échanger.

Le présentateur

Vanessa Sansone

Annécienne d'adoption depuis 2012. J'aime utiliser mes chaussures de randonnée et mon appareil à raclette. Je tente aussi de tenir sur des skis. Je couvre l'actualité du département. Et en particulier l'actualité des chrétiens qui se bougent !