Synode des jeunes, RCF se mobilise

© Alessia GIULIANI/CPP/CIRIC - 30 juillet 2016 : JMJ à Cracovie. Le pape François, accompagné de jeunes du monde entier, passe la reproduction de la Porte de la Miséricorde au Campus Misericordiae avant le début de la veillée de prière. Brzegi, Wieliczka, Pologne.

Du 3 au 28 octobre, la radio bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.

Après le synode sur la famille, l’Église exprime sa volonté de mieux accompagner les jeunes du XXIè siècle et de les rejoindre dans ce qu'ils vivent. Du 3 au 28 octobre 2018, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". Et avant la réunion des évêques, en guise de préparation le pape François a réuni 300 jeunes pour un pré-synode à Rome, du 19 au 24 mars 2018.
 

"Le malaise économique et social des familles, la façon dont les jeunes assument certains traits de la culture contemporaine et l’impact des nouvelles technologies requièrent une plus grande capacité de répondre au défi éducatif dans son acception la plus large."
Pape François

 

PROGRAMMATION SPÉCIALE SYNODE SUR RCFTous les jours à 19h10, vous retrouvez Le Magazine du Synodeen partenariat avec Vatican News et plusieurs rendez-vous dans La Matinale RCF :
- Chaque jour à 7h25, Le Point du Synode ;
- Tous les mercredis à 8h10 Stéphanie Gallet reçoit dans Le Grand Invité un participant au synode ;
- Tous les vendredis à 7h12, Le Dossier du jour est réalisé en direct de Rome pour vous faire revivre les temps forts de la semaine.

 

 

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À lire, la Lettre du pape aux jeunes

Le pape François a adressé une lettre aux jeunes dans la perspective du synode. Un beau texte où le pape reprend les paroles de Dieu à Abraham, dans la Bible: «Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai.» (Gn, 12, 1). Quitter son foyer, ses parents pour bâtir sa propre vie: mais pour aller? Comment faire des choix? C'est là tout l'enjeu au cœur du discernement vocationnel. Le souverain pontife montre par cette lettre que l'Église souhaite être proche des jeunes en ce moment important de leur vie.
 

À Cracovie, lors de l’ouverture de la dernière Journée Mondiale de la Jeunesse, à plusieurs reprises je vous ai demandé: «Peut-on changer les choses?».
Et vous avez crié ensemble un retentissant «oui!». Ce cri naît de votre cœur juvénile qui ne supporte pas l’injustice et ne peut se plier à la culture du déchet, ni céder à la globalisation de l’indifférence.
Écoutez ce cri qui monte du plus profond de vous! Même quand vous ressentez, comme le prophète Jérémie, l’inexpérience due à votre jeunesse, Dieu vous encourage à aller là où Il vous envoie: «N'aie aucune crainte […] car je suis avec toi pour te délivrer» (Jr 1, 8).

 

Le synode des jeunes, mode d'emploi

Le Point du Synode

​Aujourd’hui s’ouvre à Rome le Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Etienne Pépin dresse le programme de cet événement unique pour l'Eglise.

Le pape François a réuni autour de lui pendant un mois 267 pères synodaux (dont 4 évêques français), 23 experts, 49 auditeurs et, c’est une nouveauté, des jeunes… En tout, 36 jeunes du monde entier. Les pères synodaux veulent en effet se laisser interpeller par les jeunes…

Chaque jour c’est donc un jeune qui introduira le travail de l’Assemblée. Les 36 jeunes qui siégeront aux cotés des évêques pourront d’ailleurs parler librement et proposer des amendements. Une rencontre est aussi organisée pour les jeunes, samedi prochain au Vatican, par le pape et les pères synodaux.
 

Comment vont se dérouler les travaux pendant ce synode ?

Pendant un mois, les travaux du synode se dérouleront suivant le contenu de l’instrumentum laboris. Un document de synthèse de toutes les consultations depuis la convocation du pape le 6 octobre 2016. Une convocation qui s'est déroulée en trois parties :  un questionnaire en ligne, un séminaire international en septembre 2017 et la réunion pré-synodale avec des jeunes du monde entier en mars dernier. Il y a trois parties dans cet instumentum laboris : "l’Eglise à l’écoute de la réalité", "la foi et le discernement vocationnel", "les chemins de conversion pastorale et missionnaire".
 

Comment ça se passe un synode exactement ?

Le synode est un exercice de collégialité par excellence… Il est convoqué par le pape lorsqu’il souhaite être conseillé sur un thème particulier. Cette fois, il s’agit de la place des jeunes dans l’Eglise… Le Pape préside le synode, et il nomme des présidents délégués.

L’assemblée est dirigée par un secrétaire général. Ici c’est le cardinal Lorenzo Baldisseri. Il travaille avec un rapporteur général, le cardinal Sérgio da Rocha qui lui-même rédigera les conclusions des travaux. À la fin du synode, le 24 octobre prochain, un document final du synode sera présenté aux évêques. Il sera voté le 27 octobre avant d’être remis au pape. Habituellement, l’évêque de Rome rédige ensuite une exhortation apostolique post-synodale.
 
 

Mgr Emmanuel Gobilliard: "De très belles choses vont jaillir de ce synode"

Mgr Emmanuel Gobilliard: "De très belles choses vont jaillir de ce synode"

Le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel débute mercredi 3 octobre à Rome.

Un des hauts moments de l'Eglise universelle

Parmi les 267 pères synodaux qui y participent, figurent quatre évêques français. Parmi eux, Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon. En direct depuis Rome, il revient tout d’abord sur sa nomination pour ce grand rassemblement. "Le processus de nomination est une élection au sein de la Conférence des Evêques de France. Elle a eu lieu en novembre dernier. Deux évêques font partie de la commission pour l’enfance et la jeunesse, Mgr Perceroux et Mgr Lacombe. Et les deux autres, David Macaire et moi, nous sommes les deux plus jeunes" explique Mgr Gobilliard.

L’évêque auxiliaire de Lyon ajoute que participer à ce synode, "c’est d’abord une grande joie et une grande action de grâce, une grande reconnaissance à l’égard de mes frères évêques pour m’avoir élu. Dans la vie d’un évêque, il arrive de participer à un synode, mais c’est plutôt rare. Je suis évêque depuis deux ans et j’ai déjà cette grande chance de découvrir l’un des hauts moments de l’Eglise universelle".
 

"Le synode des jeunes, c'est un processus"

Pour beaucoup, un synode est quelque chose d’inconnu. Mgr Gobilliard en fait une explication claire. "Cela a été voulu par le concile Vatican II. Avant il y avait surtout des conciles, régionaux et provinciaux. Le synode a une dimension universelle sur une thématique donnée, et il rassemble quelques évêques élus ou choisi par le pape en fonction de leur compétence. Le synode des jeunes, cela a surtout été un processus. Cela fait deux ans qu’il est lancé. Le pape l’a annoncé en octobre 2016, et en janvier 2017, il a donné le premier texte. Et à partir de là, il y a eu des questionnaires envoyés aux jeunes, un pré-synode, des rencontres avec des évêques et finalement cette phase synodale des évêques à Rome, c’est la fin d’un processus" précise l’évêque auxiliaire de Lyon.

Ce synode va durer quatre semaines, près d’un mois de réunion pour les pères synodaux et les 36 jeunes qui y participent. "Cela va être passionnant. Quand on est 267 évêques, plus des jeunes, réunis en assemblée synodale, on a de quoi vivre, de quoi raconter. On va rencontrer des gens différents, des Églises qui vivent des choses complètement différentes de nous. Cela va être même un peu court" lance Mgr Gobilliard qui rappelle le programme des différentes journées, une alternance d’assemblées, de rencontres avec des experts, sur la base d’un texte commun.
 

"Le pouvoir au sein de l'Eglise est collégial"

Pour l’évêque auxiliaire de Lyon, l’exercice du synode est l’illustration que "le pouvoir au sein de l’Église est collégial. Le synode veut dire marcher avec, cheminer avec. Le pape s’adresse au peuple de Dieu, au nom du peuple de Dieu. Avant qu’une décision ex cathedra soit prise, il faut qu’il y ait une consultation. C’est vraiment un lieu de rencontres et de débats où sont convoqués les jeunes du monde entier d’une manière ou d’une autre, soit part le questionnaire qu’ils ont rempli, soit par leur vie de jeunes dans l’Église, soit par leur présence directe au synode ou au pré-synode".

Mgr Gobilliard explique également le discernement personnel qu’il a entrepris, pour ce synode. "Un de mes frères évêques m’a dit, demandes-toi pourquoi l’Esprit Saint veut que ce soit toi. J’ai prié, et je me suis posé la question. Et je me suis dit qu’il fallait que je parle de la sexualité. J’ai écrit un livre avec Thérèse Hargot et Arthur Herlin sur ce sujet. Peut-être même que derrière l’intention des évêques de me choisir, il y avait cette question de la sexualité. Il y a eu une peur que ce sujet prenne toute la place. Il y a une mesure. Les jeunes ne se réduisent pas à cette dimension, mais cela fait partie de la vie des jeunes" lance-t-il.

[Synode] Les jeunes au pape: "Dites-nous comment devenir saints!"

[Synode] Les jeunes au pape: "Dites-nous comment devenir saints!"

Qu'attendent les jeunes de l'Église? Quelles sont leurs préoccupations? Alors que les évêques sont réunis en synode à Rome, RCF donne la parole à deux étudiants, Gaëtan et Guilhem.

Le pape François a célébré ce matin la messe d'ouverture du synode sur "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". Il rassemble à Rome 267 pères synodaux, mais aussi 23 experts et des jeunes de 16 à 29, qui les invités exceptionnels de ce synode. Depuis qu'il l'a annoncé en octobre 2016, le pape n'a cessé d'encourager les jeunes à prendre la parole. Etienne Pépin et Olivier Bonnel reçoivent deux jeunes français arrivés à pied de Bretagne jusqu'à Rome pour participer à la soirée organisée par le pape ce samedi. Gaëtan et Guilhem nous confient leurs espérances pour l'Église.

 "Le pape et les évêques doivent nous montrer comment suivre vraiment le Christ dans notre société actuelle"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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qu'est-ce qu'un synode ?

Dans la tradition de l'Église catholique, il s'agit d'un excercice de collégialité convoqué par le pape quand celui-ci désire être conseillé sur un thème particulier. En octobre 2014, le pape François avait convoqué une assemblée générale extraordinaire du synode des évêques, sur le thème : "Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation".

Pour ce synode des jeunes, le cardinal brésilien Sérgio da Rocha, nommé rapporteur général, en rédigera les conclusions. Un document final sera voté le 27 octobre, avant d'être remis au chef de l'Église. Habituellement, celui-ci rédige une exhortation apostolique post synodale.
 

qu'est-ce que les jeunes attendent de l'Église  ?

"Un nouvel élan", confie Gaëtan. "L'institution doit être ferme et savoir où elle veut aller", poursuit Guilhem. Pour les deux étudiants, futurs médecin et ingénieur, "l'Église a toujours été un appui sur lequel baser notre foi et construire notre vie". Ils attendent des évêques "des bases solides" pour "devenir missionnaires et vouloir devenir des saints".

Là où les jeunes sont prêts à "apporter une viatlité dans l'Église" ils attendent que le pape et les pères synodaux les "enracine dans la vérité qu'est l'Évangile". Guilhem et Gaëtan ont envie de dire au pape et aux évêques qu'ils "aiment l'Église", que "leur travail et beau" et qu'ils leur "font confiance". "Mais ils doivent nous montrer comment suivre vraiment le Christ dans notre société actuelle."
 

Qu'est-ce qui les inquiète dans la société ?

Transmission de la foi, travail, sexualité... De nombreux thèmes seront abordés lors du synode. Pour Gaëtan, il y a aussi "la question de la vocation" qui est "très importante" à une époque où il y a une "crise de la vocation en France". Lui qui se destine à être médecin se dit particulièrement préoccupé par les questions de bioéthique. PMA, GPA, avortement, euthanasie... "On a l'impression qu'il n'y a plus de limites entre le bien et le mal." 

Les 16-29 ans vont devoir relever d'importants défis anthropologiques, liés à l'environnement, l'économie, le numérique... C'est du "concret" que les deux jeunes gens attendent de la part des pères synodaux. Ils veulent des outils pour ne pas avoir peur d'être des "témoins du Christ" et aller au-devant d'un monde sinon indifférent, du moins qui n'attend pas les chrétiens.

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

Eglise: les jeunes attendent "un nouvel élan"

Le Point du Synode

Repenser la place des jeunes dans l'Eglise, c'est le but du synode qui a débuté mercredi 3 octobre dernier à Rome.

Après des mois de préparation, des consultations des jeunes du monde entier depuis deux ans, le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel a enfin commencé. Il a pour objectif de repenser la place des jeunes dans l’Eglise en écoutant leurs préoccupations à travers le monde.

Lors de la messe d’ouverture célébrée mercredi matin place Saint Pierre le pape François a eu des mots très forts à destination des pères synodaux. Pour lui, il faut "transformer ces structures qui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes". Le synode s'est ensuite réuni une première fois dans l’après-midi. Le Pape y a délivré la feuille de route du mois de travail qui démarre pour dit-il,  "faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions… qui redonne des forces et inspire les jeunes".

Dans le magazine du synode, mercredi soir, Olivier Bonnel et Etienne Pépin recevaient justement deux jeunes bretons qui ont des choses à dire à l’Eglise et au Pape, Gaétan et Guilhem. Ces deux amis sont venus à pied jusqu'à Rome depuis la Bretagne pour vivre le synode des jeunes. 

Ils font donc partie du petit groupe de jeunes qui a la chance de pouvoir travailler avec les pères synodaux. Pour eux, c'est clair, l'Eglise a besoin de transmettre aux jeunes un nouvel élan. Guilhem et Gaëtan ont envie de dire au pape et aux évêques qu'ils "aiment l'Église", que "leur travail et beau" et qu'ils leur "font confiance". "Mais ils doivent nous montrer comment suivre vraiment le Christ dans notre société actuelle" expliquent-ils notamment.

Après la journée d’ouverture d’hier, c’est jeudi 4 octobre que commencent concrètement les travaux des pères synodaux.

Synode des jeunes: "on a besoin de cette vitalité de la jeunesse" explique Mgr Macaire

Mgr David Macaire est l'un des quatre évêques français à participer au synode des jeunes à Rome. Et il compte bien témoigner de la vitalité de la jeunesse devant les pères synodaux.

Après des mois de préparation, des consultations des jeunes du monde entier depuis deux ans, le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel a débuté mercredi. Il a pour objectif de repenser la place des jeunes dans l’Eglise en écoutant leurs préoccupations à travers le monde.

Lors de la messe d’ouverture célébrée place Saint Pierre le pape François a eu des mots très forts à destination des pères synodaux. Pour le souverain pontife, il faut "transformer ces structures qui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes". Après cette célébration, le synode s’est ensuite réuni une première fois dans l’après-midi.

Le Pape y a délivré la feuille de route du mois de travail qui démarre. Il faut, dit-il "faire germer des rêves, susciter des prophéties et des visions qui redonne des forces et inspire les jeunes". Pas facile, dans un climat de méfiance envers l'Eglise, et alors que l'institution est profondément ébranlée par les différents scandales de pédophilie.

Mgr David Macaire, l’archevêque de Fort de France  en Martinique, fait partie des quatre évêques français qui participent au synode. Il veut notamment témoigner devant les pères synodaux de la vitalité des jeunes.
 

Mgr David Macaire, archevêque de Fort de France, au micro d'Etienne Pépin:

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"On a besoin de cette vitalité de la jeunesse, de cette puissance de changement, mais aussi cette puissance d’espérance. Le diable, lorsqu’il veut tuer le monde et tuer les jeunes, il fait la jeunesse désespérée. Dieu au contraire a toujours envoyé les hommes, les femmes et les jeunes pour changer le monde" explique Mgr Macaire au micro d'Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à Rome.

"J’interviendrai certainement sur la première partie de l’instrumentum laboris : ce que les jeunes disent, ce qu’ils nous enseignent. Je vais essayer de redire ce que j’ai entendu et vu" conclut l'archevêque de Fort de France.

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Mgr Sako: la jeunesse chrétienne d'Orient "est un modèle pour tous les jeunes"

Mgr Sako: la jeunesse chrétienne d'Orient "est un modèle pour tous les jeunes"

Mgr Louis-Raphael Sako, patriarche de Babylone, répond aux questions d'Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à Rome, en marge du synode pour les jeunes

Mgr Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone, est actuellement présent à Rome pour le synode des jeunes. Il revient sur la situation des jeunes en Orient, les défis auxquels cette jeunesse est confrontée, et sur l'exemple qu'elle peut être pour le reste de la jeunesse du monde.

"Le monde est devenu un petit village grâce aux réseaux sociaux. Il faut être très proche de ces jeunes, pour les écouter, les accompagner, pour les former. Il faut travailler sur deux lignes : la formation religieuse sérieuse mais aussi la formation sociale, politique et humaine pour qu’ils prennent leur rôle dans la société et dans l’Église. Je suggèrerai au Saint Père de créer un conseil pontifical pour les jeunes" explique ainsi Mgr Sako, au micro d'Etienne Pépin.

Les jeunes chrétiens d’Orient font aujourd’hui face à de nombreux défis. Et Mgr Sako s’est rendu à Rome avec plusieurs préoccupations les concernant. "L’égalité, la justice, la sécurité. Dans ces pays-là, tout est sectaire. Les chrétiens sont une minorité, marginalisés. Les migrations, les familles sont divisées. C’est une grande blessure. Comment témoigner l’Evangile à ces jeunes qui cherchent un idéal, un avenir ? Il faut leur donner de l’espoir, mais il ne doit pas être faux" ajoute-t-il.

Malgré ces difficultés, les jeunes de son diocèse gardent la foi. "Il ne leur reste que ça. Ils sont un modèle pour tous les jeunes devant beaucoup de difficultés et de défis. L’exemple de ces chrétiens, il faut y penser pour ne pas se perdre. Dans la vie, il faut quelque chose d’idéal. Il ne faut pas se perdre et ne pas se baser sur la dimension matérielle de la vie. Il faut aller un peu plus loin. Tout le monde ici est appelé à approfondir sa vocation" précise le patriarche de Babylone.

Mgr Sako compte dire au pape "de faire des réformes soit sur le plan de la catéchèse, pour trouver un langage pour ces jeunes, et sur le plan de la liturgie. Il faut une liturgie qui attire les gens et les aide à vivre le sens de la liturgie, afin que leur vie soit une liturgie. Ce qui nous a aidés sur place à garder notre foi, face à l’invasion des musulmans, c’est cette liturgie".

Mgr Louis Raphael Sako, patriarche de Babylone, interrogé par Etienne Pépin:

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​Mgr Kockerols: "les jeunes ne viendront à l’Église que si l’Église vient à eux"

Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire du diocèse de Malines-Bruxelles est présent à Rome pour le synode des jeunes.

"La méthode de travail n’a pas changé depuis hier. On assiste à une succession d’interventions de quatre minutes chronométrées d’évêques du monde entier qui partent souvent de leur situation particulière. C’est intéressant et parfois un peu fastidieux. Il y a des sujets qui ressortent et qu’il faudra creuser en petits groupes : l’écoute des jeunes, la liturgie, la théologie" explique Mgr Kockerols au micro d'Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à Rome.

Concernant le climat de tension au sein de l'Eglise, l'évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles précise que l'"on ne peut pas faire comme si de rien n’était et je suis content que certains évêques aient été assez explicites sur la crise que nous traversons, avec des prises de parole fortes. Plus largement, il y a eu des interventions sur le thème de la sexualité. C’est bien d’en parler. On aurait eu tort de vouloir camoufler le sujet, mais en même temps, cela sera un fameux défi d’y travailler et de trouver des réponses adéquates"

Durant cette première semaine de synode, l'idée de la création d'un dicastère pour la jeunesse a pris petit à petit de l'importance. "J’entends cela mais je ne suis pas sûr que ce soit la bonne solution. La question des jeunes doit être une question transversale qui doit nous impliquer dans tout ce que nous faisons. Il ne faut pas commencer à faire des petits casiers, à séparer les questions. Parlons plutôt des jeunes dans tout les défis de l’Église : l’annonce, le service, les migrants, la famille, le mariage. Tout cela concerne de près ou de loin les jeunes" rétorque Mgr Kockerols.

Au sujet de l’attrait des jeunes pour l’Église, Mgr Kockerols explique que "l’idée n’est pas de faire du chiffre. Jésus n’a jamais voulu faire du chiffre. Cela s’est plutôt mal terminé, ils étaient finalement assez peu nombreux au pied de la croix. Pour moi, l’important est de permettre à des jeunes qui sont disponibles d’entendre la voix du Seigneur portée par l’Eglise".

Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles: 

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Mgr Bertrand Lacombe: "les jeunes sont le meilleur investissement pour l'avenir"

Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux, est l'un des quatre évêques français présents au synode des jeunes à Rome.

Interrogé par Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à Rome, Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux, est l'un des quatre évêques français présents au Vatican pour le synode des jeunes. Il revient sur ses premières impressions, quelques jours à peine après le début de ce grand rassemblement épiscopal.

"Ce qui marque, c’est que tous les jours, c’est le pape qui nous accueille. Il est là devant la porte, c’est dire son investissement dans ce synode. On se retrouve dans cette salle. Le premier témoignage que l’on a entendu c’est celui de cette femme de 27 ans, américaine, qui a donné son témoignage de vie chrétienne" explique-t-il tout d'abord.

Toutes les séances de travail vont commencer par un témoignage de jeune. Une manière d’ancrer profondément ce synode dans le réel, dans ce que vivent les jeunes. "On se met vraiment dans la démarche du synode. Elle a commencé par les questionnaires, mais aussi par le pré-synode, et c’est ça qui a beaucoup marqué. La perspective, maintenant, ce sont les JMJ de Panama" ajoute Mgr Lacombe

Le pape François est conscient que pour attirer les jeunes vers l’Église, il faut faire sauter les barrières. Il souhaite que les structures s’adaptent aux jeunes. "Il faut voir là où ils sont et comment ils s’activent dans l’Église. Cette jeune Église est active. Elle a de nombreuses propositions, et la préparation du synode fut une grâce de voir comment ces propositions, celles qui se renouvellent, celles qui sont plus nouvelles, montrent combien ils sont présents" explique l'évêque auxiliaire de Bordeaux.

"Je ne sais pas si on peut réformer l’Eglise. Mais on est là pour rêver, pour voir ce qui va être bien, pour voir ce qui nous attire. Les jeunes sont le meilleur investissement pour l’avenir. Ce sont vraiment eux qui nous montrent ce qu’il y a lieu de faire, quelles sont les bonnes choses pour demain. L’idée c’est de dire ce qu’on a envie de faire, ce qu’ils peuvent nous apporter. Il y a beaucoup d’idées et il faut que l’on soit avec eux pour les mettre en place" conclut Mgr Lacombe.
 

Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux:

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[Synode] En quoi l'Évangile est une bonne nouvelle pour les jeunes?

Halte spirituelle, l'intégrale

À l'occasion du synode des jeunes qui s'ouvre à Rome, Nathalie Becquart, religieuse xavière, dresse un état des lieux sur la place de la jeune génération dans l'Eglise catholique.

Les 16-29 ans représentent 1,8 milliard d'individus, soit 25% de la population mondiale. À une époque de bouleversements sociétaux, il semble que l'écart culturel se creuse entre "les jeunes" et les générations qui les précèdent. Le pape François l'a bien compris, lui qui depuis le début de son pontificat ne cesse de les interpeller. Il souhaite voir les jeunes s’engager dans la société et au sein de l'Église. Le synode qu'il a convoqué sur le thème "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel" a pour objectif de permettre à l'Église de discerner comment rejoindre les jeunes, comment leur proposer l'Évangile comme un repère pour leur vie. "Peut-être ce synode il vient aussi parce qu'il y a un constat que c'est pas si simple pour l'Église dans beaucoup d'endroits de rester proche des jeunes", explique Sr. Nathalie Becquart.

"Entre les générations on n'est pas dans un affrontement mais dans une difficulté à se comprendre, les jeunes passent beaucoup de temps avec leurs pairs, il y a un vrai enjeu à se comprendre mutuellement. Le synode peut aider à cela."

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Pourquoi un synode sur la jeunesse ?

C'est lors du synode sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation, aussi appelé Synode sur la famille, en octobre 2014, que l'éducation est apparue comme l'un des défis majeurs pour la société et pour l'Église. Dans son exhortation apostolique post-synodale Amoris lætitia, le pape consacre tout un chapitre à l'éducation, ainsi que le remarque Sr. Nathalie Becquart.

"​Chers jeunes, le cœur de l’Église est jeune, précisément parce que l’Évangile est comme la sève vitale qui la régénère continuellement", a dit le pape François le 19 mars 2018, dans son discours d’ouverture pour la réunion pré-synodale des jeunes. En disant "le cœur de l'Église est jeune", le pape donne un message aux jeunes générations : oui, elles ont leur place dans l'Église. Et l'Église peut être pour elles un guide, une aide, une présence. Le défi, c'est de savoir comment le leur dire ? Le synode sur la jeunesse qui se tient ce mois-ci à Rome a nécessité deux ans de préparation.

 



 

Un écart entre les générations

"Entre les générations on n'est pas dans un affrontement mais dans une difficulté à se comprendre, les jeunes passent beaucoup de temps avec leurs pairs, il y a un vrai enjeu à se comprendre mutuellement. Le synode peut aider à cela." La rencontre intergénérationnelle est l'un des enjeux du synode. "Les personnes âgées ont ce charisme de porter les racines. Parlez avec les personnes âgées", encourageait le pape.

Sr Nathalie Becquart a été durant 10 ans la directrice du Service national pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations (SNEJV) à la Conférence des évêques de France. Elle a beaucoup étudié et observé cette génération des 16-29 ans. "Une génération qui a envie de s'impliquer" et de changer le monde, "mais qui a besoin être bien accompagnée". "Le maître-mot du synode c'est l'écoute", souligne la religieuse. 

 



 

LES JEUNES FRÉQUENTENT-ILS ENCORE L'ÉGLISE ?

16-29 ans, c'est l'âge de la transition, du passage de l'enfance à l'âge adulte, "l'âge des grands choix" et des questionnements, notamment d'ordre spirituel. Aujourd'hui, leur rapport à la religion n'est plus sociologique : leur choix d'appartenance religieuse ne se fait plus forcément en fonction de ce qu'on leur a transmis ou pas, mais résulte d'un choix personnel. Nathalie Becquart remarque des "trajectoires de construction d'identité religieuse différenciées et de plus en plus subjectives". Et en 2018, un jeune qui se pose des questions sur la religion ou d'ordre spirituel va d'abord sur internet.

Ce que les jeunes attendent des membres de l'Église c'est une attitude cohérente et authentique. À ce titre, le pape François, par ses paroles et ses engagements, "il fait ce qu'il dit et il dit ce qu'il fait", représente selon Nathalie Becquart un bon interlocuteur pour les jeunes qui veulent une Église "relationnelle".

 

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Synode des jeunes: pour soeur Nathalie Becquart, "une Eglise synodale est une Eglise de l'écoute"

Soeur Nathalie Becquart, ancienne directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations, revient sur la première semaine de synode des jeunes.

Soeur Nathalie Becquart n'est plus directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations à la Conférence des Evêques de France. Mais son expérience de dix ans à la tête de ce service l'a conduit à participer en tant qu'auditrice au synode des jeunes qui se tient actuellement à Rome. Au micro d'Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF au Vatican, elle revient sur cette première semaine.

"Les auditeurs participent comme les évêques à toutes les séances en plénière. Chaque auditeur a quatre minutes d’intervention en plénière sur un numéro de son choix du texte instrument de travail. Et on va aussi être dans les petits groupes de travail, les groupes linguistiques. On participe vraiment à l’ensemble comme les évêques, mais on n’a pas le droit de vote" explique-t-elle notamment.

"On est tous là pour partager nos expériences, nos regards. Mais ce avec quoi j’arrive, et que j’ai déjà expérimenté, c’est vraiment un désir d’écoute. Une Église synodale est une Église de l’écoute. L’exercice du processus synodal est un exercice de discernement qui passe par une écoute profonde de l’Esprit Saint à travers l’écoute de tous ceux qui sont là et avec une attention très particulière qui est l’écoute des jeunes. C’est ça le maître mot" ajoute Soeur Nathalie Becquart.

Dans son message d’introduction, le pape François parlait des relations intergénérationnelles. "C’est fondamental. L’Eglise est déjà faite de toutes ses générations. Chacun y a sa place quel que soit son âge, et chacun y apporte son charisme particulier. Le pape François a d’emblée mis cela dans son homélie de la messe d’ouverture, qui était aussi un temps très fort. C’est l’enjeu du synode d’approfondir ces relations, de mieux se comprendre. On est là pour ça" précise l'auditrice du synode des jeunes.

Le synode des jeunes va brasser de nombreux sujets. Certains auditeurs ont déjà leurs sujets de prédilection. À l’image de Sœur Nathalie Becquart. "Ce qui m’habite après ces dix années de mission à la Conférence des Evêques, c’est vraiment l’enjeu de travailler dans la collaboration en équipes plurielles, de donner des responsabilités aux jeunes en les associant dans nos équipes missionnaires, dans une diversité de vocation. C’est la communion qui est missionnaire. C’est aussi fondamental que l’Eglise déploie cette collaboration homme-femme dans la Mission" conclut-elle.

Soeur Nathalie Becquart, ex-directrice du SNEJV à la Conférence des Evêques de France: 

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Synode des jeunes: "l'Evangile est une carte qui m'indique comment aller au paradis" explique Azeez

Synode des jeunes: "l'Evangile est une carte qui m'indique comment aller au paradis" explique Azeez

Ils sont 36 jeunes à participer au synode des évêques sur les jeunes. Parmi eux, Azeez, qui a fui l'Irak il y a quatre ans à cause de Daech.

Azeez a 22 ans. Il parle français parfaitement bien. Il est irakien, et cela fait quatre ans qu’il vit en France. Il est étudiant en commerce, et il vit à Lyon. Il fait partie des 36 jeunes qui participent au synode des jeunes. Il répond aux questions d'Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF à Rome.

"C’est une joie énorme que j’ai de pouvoir participer à cet événement. Je ne réalise pas que c’est réel. Je vais dire au pape de ne jamais baisser les bras. J’ai tout perdu dans ma vie, mais je n’ai pas perdu ma foi. Je suis là pour dire que Jésus est toujours présent. Daech a changé ma vie. Souvent, je dis merci Daech car cela m’a permis d’aller au synode. Je veux parler de comment j’ai rencontré Jésus, et comment j’ai pardonné à Daech" explique Azeez.

"J’aimerai bien que le synode, et que le monde entier s’intéresse à ce qui se passe en Orient. On est en 2018, et il y a toujours des morts, toujours des violences, toujours des guerres. On est là comme des chrétiens du dimanche, et on ne fait rien du tout. On a l’opportunité de changer les choses. C’est notre moment. Si on ne le fait pas maintenant, quand est-ce qu’on le fera ?" ajoute ce jeune Irakien.

"Nous sommes l’énergie, et ils sont le cerveau" précise Azeez en parlant des jeunes, et des évêques. "Sans eux on ne peut rien faire. On a besoin de leur réseau. Ensemble on peut faire de grandes choses, un grand changement, et on verra les résultats assez rapidement. L’Eglise doit changer certaines manières de dire les choses. L’image du christianisme dans le monde doit changer. Tout est marqué dans l’Évangile, mais parfois on laisse l’Évangile de côté. L’Evangile, c’est comme une carte qui m’indique comment j’irai au paradis" conclut-il.
 

Azeez, participant du synode des jeunes à Rome, au micro d'Etienne Pépin:

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Au synode, des jeunes viennent demander de l'aide à l'Eglise

Au synode, des jeunes viennent demander de l'aide à l'Eglise

​Au synode, les jeunes viennent avec leurs questions, leurs préoccupations, mais aussi avec leur espérance. C’est le cas de Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy.

Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy a 23 ans. Elle vient de Madagascar et fait partie des 36 jeunes auditeurs présents pour le synode des évêques sur les jeunes, à Rome. Elle est présidente nationale des jeunes étudiants catholiques de Madagascar, et elle répond aux questions d'Etienne Pépin.

"On a rencontré le pape à trois reprises. Il est toujours là avec nous. On peut discuter avec lui. Mais ce que je veux faire, c’est aider les jeunes. En tant qu’étudiants, nous avons un gros problème d’éducation à Madagascar, surtout en ce qui concerne l’instabilité politique. L’éducation est en crise. Il faut que les jeunes se tournent vers l’Église pour avoir de meilleures idées, pour avoir plus d’attention. Nous sommes là pour être écoutés, et pour avoir une solution pour l’éducation" explique-t-elle.

Outre le problème éducatif, à Madagascar, les jeunes ont tendance à se tourner vers les sectes. "Concernant la liturgie et les homélies, l’Église n’est pas tout à fait ouverte. Il y a deux sortes d’églises, les églises évoluées, et celles qui gardent la traduction ancestrale, surtout dans les zones rurales. Certains jeunes se sentent délaissés et ils se tournent vers les sectes" ajoute Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy.

Cette dernière est persuadée que les pères synodaux pourront répondre à ses interrogations. "Lorsqu’ils nous écoutent, ils peuvent nous proposer des solutions. Nous nous sentons en sécurité. Nous avons la confiance envers l’Eglise. Elle peut nous aider. Les prêtres qui travaillent dans les églises sont disponibles pour nous. Nous avons ce que nous ne pouvons pas avoir sur place. Si les prêtres sont prêts à écouter, alors les jeunes se tourneront vers l’Eglise, et ça c’est une bénédiction pour nous les jeunes" conclut la présidente nationale des jeunes étudiants catholiques de Madagascar.

Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy, présidente nationale des jeunes étudiants catholiques de Madagascar:

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Synode des jeunes: "on va transmettre le feu au monde entier" témoigne Pierre-Hugues

Synode des jeunes: "on va transmettre le feu au monde entier" témoigne Pierre-Hugues

En marge du synode des évêques ce sont près de 7.000 jeunes qui se sont rassemblés samedi soir dernier salle Paul VI, près de la basilique St Pierre, autour du pape François.

Cette soirée festive et joyeuse était ponctuée de danses, de séquences musicales, mais aussi de différents témoignages reflétant la variété des aspirations des jeunes et la réalité des difficultés qu’ils vivent au quotidien. Pierre Hugues, un jeune étudiant parisien de 23 ans, a assisté à cette soirée. Il témoigne de son enthousiasme.

"C’est totalement providentiel. Il était prévu que je sois à Rome cette semaine-là. Et pile à ce moment-là, le pape François convoque une assemblée avec les jeunes du monde entier à l’occasion de ce synode. C’est l’occasion de prendre ma part au synode et de prendre ma part à cette démarche qu’a l’Église pour écouter les jeunes, et pour les accompagner dans cette noble institution" explique Pierre-Hugues.

"Il y a quelques mois, on avait rempli un questionnaire en ligne. C’était un peu notre contribution au synode, et on pensait qu’après, cela allait se passer à Rome et que tout se déroulerait bien. C’est super intéressant de prendre part à cette démarche à Rome, de voir le travail des pères synodaux, de tous ces jeunes qui en ce moment sont en train de développer toute une pensée sur ce que propose l’Église aux jeunes. Ça fait plaisir à voir et à entendre. On a vraiment l’impression que l’Église nous écoute et nous propose une place de choix" ajoute cet étudiant parisien.

"Je pense qu’il y a une grande problématique que notre génération va avoir, c’est celle de l’écologie. L’écologie, le pape François l’a déjà développé dans Laudato Si’, et c’est important que nous on prenne conscience que l’on peut éclairer avec notre foi catholique. Et l’autre point, c’est tout ce qui concerne les scandales que vit en ce moment l’Église. C’est compliqué, mais nous les jeunes, nous avons confiance dans cette institution. On veut montrer qu’on a confiance. Et ce travail de reconstruction qui doit être fait doit être fait avec les jeunes" conclut Pierre-Hugues.
 

Pierre-Hugues, étudiant parisien à Rome, interrogé par Etienne Pépin:

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[Synode] Devenir prêtre ? Oui mais pas isolé !

[Synode] Devenir prêtre ? Oui mais pas isolé !

Le synode sur la jeunesse se poursuit, alors que les crises qui secouent l'Église rendent plus cruciales les questions du discernement de la vocation et des conditions de vie du prêtre.

Les participants au synode sur "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel", qui se déroule en ce moment à Rome, présenteront demain leurs rapports sur les principales attentes de jeunes vis-à-vis de l'Église. Un synode qui se déroule alors que le scandale des abus sexuels reste fortement présent dans l'esprit de tous. Comment parler aux jeunes dans ce contexte ? L'Église a-t-elle encore la possibilité de susciter des vocations sacerdotales ? Pour en parler, Antoine Bellier et Cyprien Viet reçoivent Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, dominicain, et Charles-Thierry Ndjandjo, séminariste en cinquième année au séminaire pontifical français de Rome, qui sera ordonné prêtre pour le diocèse de Pontoise (Val d'Oise).

"Être seul dans un village avec 10 personnes à la messe : le prêtre a-t-il une communauté ? A-t-il de vrais frères ?"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Les jeunes, la foi et... l'indifférence religieuse ?

Si la jeunesse actuelle semble manifester une certaine indifférence vis-à-vis de l'institution religieuse, elle reste attachée aux valeurs telles que "la solidarité ou le désir d'amour", ainsi que le notre Mgr Macaire. "Il faut être un héros pour être chrétien !" dit-il avec humour : les crises qui ternissent l'image de l'Église risquent d'en éloigner les jeunes, ou du moins les "fragiliser dans leur cheminement". 

Les jeunes chrétiens, déjà proches de l'institution religieuse, ont, quant à eux, "l'envie de montrer leur fierté d'être chrétiens", observe Charles-Thierry Ndjandjo. "Ça peut aussi avoir des aspects négatifs lorsque l'on parle de repli identitaire, mais il ne s'agit pas de ça, il s'agit de la volonté du chrétien de réaffirmer sa foi en Jésus Christ." Des jeunes "que l'Église n'aide pas assez", pour Mgr Macaire. "Les jeunes ne se sentent pas forcément bien dans les paroisses, ils n'y trouvent pas l'accompagnement, quelque chose de spécifique..."
 

Abus sexuels : La crise et LE DISCERNEMENT

Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, a aujourd'hui pris la parole en salle de presse pour parler des abus sexuels : "Nous devons réaliser que ce n'est pas un problème lié à certaines cultures, a-t-il dit, mais nous réalisons qu''il y a différentes façons d'aborder ce problème à travers le monde... Nous avons besoin de nous réunir ensemble... De donner des réponses à quelque chose qui concerne tout le monde, partout." Ce à quoi Mgr Macaire ajoute sur l'antenne de RCF : "On n'est pas des amoureux d'une institution, mais nous luttons pour quelqu'un, le Christ. Le combat est plus évident encore."

Cette crise liée aux abus sexuels dans l'Église rend plus crucial encore le discernement au cours des années de formation au séminaire. "La question de l'équilibre affectif des futurs prêtres est primordiale", témoigne Charles-Thierry Ndjandjo. "Dès la première année nous avons des sessions pour nous aider à discerner la manière dont nous avons à nous positionner vis-à-vis des autres : comprendre ce qu'est la chasteté, c'est-à-dire la juste distance à l'autre." Le séminariste confie combien la question se pose ces temps-ci de manière "plus blessante" et "inconfortable". Mais selon lui, elle "invite chacun des séminaristes à approfondir avec sainteté et pragmatisme la vie à laquelle il est appelé".
 

Vocation : Être prêtre ? oui, mais pas isolé

La question qui se pose aujourd'hui aux prêtres, mais aussi aux jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse, c'est sa place au sein de la communauté. "Être seul dans un village avec 10 personnes à la messe : le prêtre a-t-il une communauté ? A-t-il de vrais frères ?" Le pape a dit lui-même qu'il fallait "autour de chaque prêtre une communauté de disciples missionnaires". 

Dans le diocèse de Pontoise, Charles-Thierry Ndjandjo a fait l'expérience des Fraternités missionnaires des prêtres pour la ville (FMPV), ces communautés sacerdotales de prêtres diocésains dont la mission est l’annonce de l’Evangile en milieu urbain. "La particularité de ces structures paroissiales, c'est de vivre en fraternité, de vivre de la fraternité." Expérience qui fait dire au séminariste combien est nécessaire pour un prêtre le fait d'être "entouré d'une communauté et aussi de frères prêtres".
 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

Pédophilie dans l'Eglise: au synode, les jeunes interpellent le clergé

Pédophilie dans l'Eglise: au synode, les jeunes interpellent le clergé

Le synode des jeunes, de la foi et du discernement vocationnel qui réunit plus de 260 évêques et une quarantaine d’auditeurs et d’expert parmi lesquels une trentaine de jeunes, se poursuit.

Jusqu’à présent, c’est la première partie du document de travail du synode qui a été abordée. Dans cette partie intitulée: "reconnaitre. A l’écoute de la réalité", il s’agissait  d’évoquer un bon nombre de sujets qui préoccupent les jeunes dans leur rapport à la foi et à l’Eglise. Ainsi, il a été notamment question des enjeux de la transmission de la foi, des familles éclatée, de la mondialisation mais aussi des défis des migrations avec des points de vue assez différents selon les situations concrètes vécues par les uns et les autres.
 
Autre thème abordé, celui des abus sexuels commis par des religieux et des membres du clergé. Comme le synode n’est ni une citadelle, ni une île, ce sujet sensible a été évoqué dans un certain nombre de groupes linguistiques, qu’on appelle les circoli minori, en français : les cercles mineurs.

Lors d’une conférence de presse organisée lundi après midi, l’archevêque de Malte Mgr Charles Scicluna, très bon connaisseur du sujet car c’est lui qui a mené l’enquête sur les abus sexuels au Chili, a rappelé que les victimes dont la plupart sont des jeunes attendaient de l'Eglise une attitude de vérité.

L’évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Emmanuel Gobilliard a indiqué, lui aussi, que cettte question des abus a été abordée dans son groupe. Il a invité à écouter l'interpellation des jeunes qui veulent faire de l'Eglise une "maison sûre". 
 
La première phase du synode est donc aujourd'hui terminée. La seconde phase du synode va débuter, en se basant sur la deuxième partie du document de travail: "interpréter. Foi et discernement vocationnel". Cette large thématique qui recouvre des réalités bien différentes suivant les continents: certaines pays sont en effet en situation de pénurie de vocations religieuses et sacerdotales tandis que d’autres, notamment dans les pays émergents sont en pleine efflorescence dans ce domaine.

Mais quelles que soient les vocations spécifiques, l’enjeu de cette phase sera de montrer que la vocation est avant tout baptismale et qu'elle concerne tous les jeunes. L’essentiel, a souligné Mgr Gobilliard, c’est la relation interpersonnelle que chacun peut faire avec Dieu. Et dans cette dynamique de la rencontre, les jeunes en particulier sont appelés à passer d’une place de spectateur à celle d’acteur ! Acteurs de la Rencontre, voila une belle perspective vocationnelle !

[Synode] Pour Marguerite-Marie Le Hodey, "la jeunesse belge a une vision assez négative de l'Eglise"

[Synode] Pour Marguerite-Marie Le Hodey, "la jeunesse belge a une vision assez négative de l'Eglise"

Parmi la quarantaine d'auditeurs invités au synode des jeunes, on compte une jeune belge, Marguerite-Marie Le Hodey. Une agnostique membre d'un réseau favorisant les entreprises familiales.

Marguerite-Marie Le Hodey est membre de l'association mondiale des entreprises familiales, un réseau invité au synode à l'initiative du dicastère pour le développement humain intégral. Elle livre ses impressions quelques jours après le début de ce rendez-vous ecclésial. 

"C’est un processus qui est très long et qui a toujours été mené par tous les évêques. Il y a une première ouverture sur des jeunes, sur des femmes. Cela change les dynamiques. Il y a un peu un élément de surprise pour le moment" explique-t-elle tout d'abord au micro d'Antoine Bellier.

Chaque auditeur, chaque expert, chaque évêque a un temps de prise de parole de quatre minutes. Marguerite-Marie n’a pas encore pu intervenir, et elle ne sait pas encore sur quoi portera son intervention. "Je n’étais pas au courant de ces quatre minutes en arrivant ici. Je pensais que c’était juste des cercles dans lesquels tout le monde participait. Donc pour l’instant je n’ai pas encore préparé d’intervention" explique-t-elle. Cela dit, elle voit cette possibilité de prise de parole comme une opportunité. "Je pense qu’il faut venir avec une idée précise. C’est une bonne chose que l’on puisse participer. C’est important de pouvoir s’exprimer dans l’assemblée générale" ajoute cette auditrice du synode.

Marguerite-Marie Le Hodey est belge. Elle se dit agnostique. Elle revient également sur la vision qu'ont les jeunes Belges ont de l'Eglise. "Je pense que la jeunesse belge a une vision assez négative de l’Église. Elle la trouve trop fermée, trop vieille et qui n’accepte pas assez la diversité dans la société" lance-t-elle.

Elle fait partie d’un réseau "où toutes les entreprises familiales peuvent s’inscrire. Elles sont caractérisées par le fait qu’elles ont des objectifs à long terme. Elles se soucient plus de leur réputation et de ce qu’elles apportent au monde. C’est un réseau qui essaie d’entraîner les nouvelles générations à avoir plus de responsabilités sociétales et un meilleur impact sur le monde. C’est tout ce qui touche au développement et au traitement de l’être humain de façon plus positive. Ils ont engagé une conversation avec le Vatican depuis le synode sur la famille, et ils travaillent avec le dicastère du développement. C’est plus cet aspect de l’impact social de l’Église et des entreprises qu’ils essaient de développer".

Pour elle, l’Église a pu avoir dans le passé une vision un peu négative du monde de l’entreprise. Cela dit, elle est présente partout dans le monde. D’où ce travail de concert avec les autorités religieuses. "C’est important d’adopter une attitude plus positive sur l’engagement des jeunes dans les sociétés" lance-t-elle. "Grâce à toutes ces conversations avec les évêques et les jeunes, on a une meilleure représentation de ce qui se passe dans le monde. Chacun vient témoigner de la situation de son pays, de l’Église sur place. C’est assez intéressant" conclut Marguerite-Marie.

Marguerite-Marie Le Hodey, auditrice du synode des jeunes, interrogée par Antoine Bellier:

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[Synode] "Les jeunes ne veulent pas d'une Eglise bisounours" explique Mgr Percerou

[Synode] "Les jeunes ne veulent pas d'une Eglise bisounours" explique Mgr Percerou

Mgr Laurent Percerou, l'évêque de Moulins est l'un des quatre évêques français délégués pour ce synode des jeunes, de la foi et du discernement vocationnel.

Au micro d'Antoine Bellier, l'évêque du diocèse de Moulins fait le bilan de la première phase du synode qui a consisté à évoquer les préoccupations de la jeunesse sur de nombreux sujets : des migrants, au défis du numérique en passant par la sexualité. Mgr Laurent Percerou parle aussi du discernement, thème de la deuxième phase de ce synode et confie ses attentes sur le rapport final.

"Il y a des réalités très variées et en même temps on voit émerger des préoccupations qui sont communes à tous les continents. Préoccupations autour du rapport au numérique, autour de la relation à l’affectivité, à la sexualité. Des préoccupations quant à ces jeunes migrants qui arrivent chez nous en Europe. On voit également des préoccupations communes sur la manière dont on pourrait mieux intégrer cette jeune génération dans les communautés chrétiennes. J’ai découvert ce matin que cette préoccupation n’était pas que française" explique Mgr Laurent Percerou.

Que les jeunes interpellent l’Eglise, et que l’Eglise interpelle à son tour les jeunes, c’est une vraie nouveauté. "On est dans une phase de réception du Concile. Et en même temps, nous sommes à l’écoute des jeunes, mais rappelons-nous que l’Eglise est mère et maîtresse. Elle est mère accueillante, chargée d’être à l’écoute, et en même temps elle est maîtresse. Et nous sommes là pour leur enseigner le Christ. Il s’agit d’écouter pour leur annoncer l’Evangile dans la langue des jeunes. Il convient que l’Eglise accompagne ces jeunes sur le chemin du Christ. Nous nous rendons bien compte aujourd’hui qu’il y a parfois rupture" ajoute l'évêque du diocèse de Moulins.

"Il faut maintenir l’altérité. Les jeunes n’attendent pas une Eglise bisounours. Ils attendent une Eglise qui les accueille, qui les écoute, qui leur donne la place. Ils aspirent à pouvoir être formé, à découvrir la foi de l’Eglise, pour mieux la comprendre et pour mieux l’annoncer dans cette société liquide. Ils nous demandent qu’on leur donne des repères qui sont parfois exigeants mais qui vont leur permettre de rester à flot" conclut l'évêque du diocèse de Moulins.
 

Mgr Laurent Percerou, évêque du diocèse de Moulins:

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[Synode] Pour Emilie Callan, "les jeunes catholiques ont besoin de cohérence"

[Synode] Pour Emilie Callan, "les jeunes catholiques ont besoin de cohérence"

Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome pour le synode sur les jeunes, interroge l'un des 36 jeunes présents comme auditeur, au Vatican.

Emilie Callan est canadienne et auditrice au synode des jeunes. Elle est membre de la Fondation catholique "Salt and Light Catholic Television Network". Il s'agit d'un média télévisé catholique qui émet sur l'ensemble du Canada par câble. Elle livre à Antoine Bellier ses impressions sur le synode et parle aussi des enjeux de l'évangélisation pour la jeunesse au Canada. 

"Je savais un peu à quoi m’attendre car j’avais suivi le synode sur la famille. C’est une belle expérience d’Eglise. Il y a un peu de tension, un peu de stress au début. On voit vraiment l’Église universelle vivante. C’est une première d’avoir autant d’auditeurs jeunes au synode. On sent vraiment que l’on fait partie d’un moment historique" explique Emilie Callan.

"Je travaille la télévision catholique au Canada. Avant cette expérience, j’étais missionnaire laïque sur les campus universitaires au Canada. Je me base beaucoup sur cette expérience, car je travaillais beaucoup sur le terrain. J’étais en contact direct chaque jour avec les jeunes, pendant trois ans, sur la province du Québec. Je me fixe beaucoup sur l’évangélisation, sur la proclamation de l’Évangile" ajoute cette auditrice du synode.

Au Canada, Emilie Callan observe encore de la résistance parmi les jeunes concernant le catholicisme. "Elle pourrait s’expliquer par l’histoire. Il y a encore des séquelles de la révolution tranquille dans le sens où les jeunes ne voient pas l’Église comme très crédible. Mais c’est une réalité dans plusieurs parties du Canada, on ne fait pas trop confiance en l’institution. C’est sûr que quand on voit les scandales, cela repousse un peu les gens" précise-t-elle.

La crédibilité de l’Eglise est aujourd’hui fortement entamée à cause des scandales d’abus sexuels. Un problème qui concerne aussi le Canada. "Le scandale des abus sexuels a déjà secoué l’Eglise canadienne. Il y a eu certaines provinces qui ont fait face à ces scandales il y a une dizaine d’années. Il y a dix ans, les évêques avaient déjà mis en place des mesures pour protéger les personnes les plus vulnérables. Mais nous sommes solidaires avec nos voisins américains. Les jeunes catholiques ont besoin de cohérence" lance Emilie Callan.
 

Emilie Callan, auditrice au synode des jeunes:

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Au synode des jeunes, les chrétiens d'Orient font entendre leur voix

Au synode des jeunes, les chrétiens d'Orient font entendre leur voix

Après Mgr Sako, RCF a interrogé Mgr Ibrahim Sidrak, patriarche d'Alexandrie des coptes catholiques.

Sa Béatitude, Mgr Ibrahim Sidrak, patriarche d'Alexandrie des coptes catholiques évoque le sens de sa présence au synode des jeunes. Il explique à Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome ce que la jeunesse chrétienne en Egypte peut apporter à nos églises d'Occident.  

"Ma présence représente l’Eglise catholique en Egypte. Cela a un sens, car nous faisons partie de l’Eglise catholique universelle. Je fais tout mon possible pour dire tout ce que les jeunes en Egypte disent, et pour dire tout ce dont ils ont besoin. Comme partout dans le monde, les jeunes sont différents sur certains points, mais ils se ressemblent sur beaucoup d’autres. La jeunesse, c’est la générosité, l’enthousiasme, le changement" explique Mgr Ibrahim Sidrak.

"Chaque Eglise a quelque chose à donner aux autres. On fait attention à cela dans la diaspora. Quand ils quittent l’Egypte ou leur pays d’Orient, ils ont des traditions, des caractères spéciaux. En échangeant cela, on apprend. Il faut s’intégrer pour donner sa particularité de vie, et être fier de sa foi chrétienne" ajoute le patriarche d'Alexandrie.

Mgr Sidrak espère que la voix des chrétiens d’Orient apparaîtra dans le document final du synode. "Notre participation au travail de groupes influence beaucoup les discussions et ce sera vu et senti, j’espère" conclut-il.

 

Mgr Ibrahim Sidrak, patriarche d'Alexandre des coptes catholiques:

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[Synode] À Rome, l'Église et les jeunes constatent leur commune fragilité

[Synode] À Rome, l'Église et les jeunes constatent leur commune fragilité

L'Église assemblée en synode vit des moment importants. Désireuse d'écouter la jeunesse et de se laisser interpeller, l'institution ecclésiale fait du même coup l'expérience de sa fragilité.

Le synode sur la jeunesse se poursuit. Les pères synodaux, les experts, les auditeurs, les jeunes et le pape débattent à partir du document de travail, ou instrumentum laboris. Ils ont aujourd'hui élaboré une synthèse de la première partie sur les préoccupations de la jeunesse. Place désormais à la deuxième partie sur le discernement et les vocations. Antoine Bellier et Cyprien Viet reçoivent Mgr Pierre Jubinville, évêque de San Pedro (Paraguay) et le Père Frédéric Fornos, directeur international du Réseau mondial de prière du pape et directeur du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ). L'occasion d'évoquer plus particulièrement la jeunesse d'Amérique latine, confrontées en grande partie à de réelles difficultés.

"On a dit ce matin que la fragilité est une condition commune à l'Église et aux jeunes"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Avoir 20 ans au Paraguay

Il y a beaucoup de jeunes dans ce pays d'Amérique latine. Pour l'évêque de San Pedro il est frappant de constater qu'une grand partie sont issues de familles fragmentées. Ils sont nombreux à travailler en plus de leurs études pour les financer et aussi pour prendre soin de leurs grands-parents. Dans un pays où les parents partent travailler à la ville ou dans d'autres pays, la place des grands-parents est essentielle dans la transmission de la foi. Pour le P. Fornos, la foi précisément est ce qui les aide à faire face à ces difficultés.

Lors de son voyage au Paraguay en 2015, le pape François avait longuement écouté des témoignages de jeunes, certains réellement poignants. Celui-là qui évoquait une parente malade d'Alzheimer, cet autre blessé par la vie, ou un autre encore qui avait fait de la prison... "Le pape avait réussi à aller chercher dans chacun des témoignages un fait, se souvient le Père Fornos, cela avait été une relecture de foi splendide !" Particulièrement populaire au Paraguay, le pape suscite un enthousiasme particulier auprès de la jeunesse.
 

L'Église et les jeunes, Une expérience commune de fragilité

Le pape François manifeste d'ailleurs depuis le début du synode une joie et une disponibilité qui en étonne plus d'un. L'universitaire Chiara Giaccardi, qui participe au Synode en tant qu’experte, confie : "Je crois que pour l'Église, le pape a été destabilisant, mais c'est un mouvement qui est salutaire, il oblige l'Église à se repenser. Il y a beaucoup de problèmes dans l'Église, on a beaucoup parlé des scandales, on a fait un mea cupla... Mais il faut partir de sa fragilité, de la fragilité de l'Église. On a dit ce matin que la fragilité est une condition commune à l'Église et aux jeunes."

Partir de cette expérience de fragilité et s'ouvrir à l'autre : écouter les jeunes, les inciter à aller à la rencontre du pauvre et à prendre des responsabilités dans l'Église. Comme le note le Père Fornos, "à partir du moment où un jeune fait une expérience personnelle de rencontre avec le Christ, il y a une générosité qui se déploie dans son cœur". Et certains n'attendent pas d'être plus âgés pour s'engager. Ainsi, au Paraguay, le directeur du MEJ a vu des jeunes de 14 ans prendre des responsabilités dans l'Église.
 

Le synode, et après ?

Il se murmure dans les couloirs du Vatican, qu'à l'issue du synode certains aimeraient qu'en plus de la traditionnelle exhortation apostolique post-synodale, un message soit adressé directement aux jeunes. Pourquoi pas sous la forme de message vidéo."Le langage visuel touche les cœurs", admet le Père Fornos. Le Réseau mondial de prière du pape qu'il dirige est à l'origine des Vidéos du pape, publiées chaque mois.

Ce débat qui n'en est pas tout à fait un a le mérite de poser la question de l'après-synode. Pour Mgr Pierre Jubinville, "il devrait y avoir des processus qui continuent, quelque chose de plus qu'un texte, des pédagogies..." Plus de formations notamment pour les prêtres et les responsables. "Être avec les jeunes ne se délègue pas, il faut y être. Tous les pasteurs de l'Eglise soivent être présents, se former pour accompagner, être là." Tous conviennent que le synode ne doit pas rester un texte ou un rapport.

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Le cardinal Tsarahazana appelle les pasteurs à avoir un message crédible envers les jeunes

[Synode] Le cardinal Tsarahazana appelle les pasteurs à avoir un message crédible envers les jeunes

Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome pour le synode des jeunes, est allé à la rencontre d'un de ses acteurs principaux : Mgr Désiré Tsarahazana.

Il est l'un des quatre président délégués du synode. Le cardinal Tsarahazana est un homme au regard doux, au ton posé mais ferme et déterminé à faire entendre la voix de l’Eglise dans cette île de l’Océan Indien où la jeunesse est confrontée à de nombreux défis.

Le cardinal a récemment pu apprendre que le pape François se rendrait à Madagascar en 2019. "Il va venir chez nous" a déclaré simplement Mgr Tsarahazana, ne donnant pas plus d’indications sur cette possible visite apostolique. Ce serait la première fois depuis 30 ans, c'est-à-dire depuis Jean-Paul II, qu’un pape se rendrait sur la Grand Ile. Mais, le porte parole de la salle du presse du St Siège, Greg Burke n’a pas confirmé cette information, évoquant simplement que le projet était dans un état d’étude avancée.

Présent au synode des jeunes, le cardinal malgache a rappelé que l’Eglise dans son pays était une institution stable, malgré ses imperfections et que les jeunes étaient nombreux à participer à sa vie. Une jeunesse enthousiaste mais marquée par des défis énormes comme ceux de l’extrême pauvreté, conséquence d’un taux de chômage élevé et d’une corruption qui gangrène la société dans son ensemble.

Selon Mgr Tsarahazana, l’Eglise et en particulier ses pasteurs, tels des pères aimants ne doivent pas se dérober devant les questions et les besoins de cette jeunesse. Même s’il est parfois difficiles de trouver des solutions immédiates, il ne faut pas que les prêtres aient peur de parler aux jeunes a martelé le cardinal, sinon ceux-ci vont trouver leurs réponses ailleurs et notamment parmi les sectes qui pullulent sur l’ile.

Le cardinal malgache a donc lancé un appel sans équivoque à la conversion lancé en priorité aux pasteurs de l’Eglise pour que ce qu’ils disent aux jeunes ne soient pas des paroles en l’air mais un message crédible, résultat d’une expérience vécue. Car seul le vrai témoignage attire, a dit de son ton posé le cardinal malgache. Une belle exhortation au cœur de ce synode des jeunes qui poursuit en ce moment ses travaux autour de la question de la dynamique vocationnelle et du discernement. 

[Synode] "Compte-tenu du contexte de l'Eglise, il y a une attitude de très grande humilité" explique Nathalie Becquart

[Synode] "Compte-tenu du contexte de l'Eglise, il y a une attitude de très grande humilité" explique Nathalie Becquart

​Le synode des jeunes est entré dans sa deuxième phase. À cette occasion, Stéphanie Gallet reçoit l’une des actrices principales de la pastorale des jeunes, Sœur Nathalie Becquart.

Nathalie Becquart était jusqu’à quelques semaines la directrice du Service National pour l’Evangélisation des Jeunes et les Vocations au sein de la Conférence des Evêques de France. Elle est actuellement à Rome, au synode des jeunes, en tant qu’auditrice. "J’ai reçu un mail du secrétariat du synode m’annonçant que le pape François m’avait nommé comme auditrice. C’est un immense cadeau" explique-t-elle au micro de Stéphanie Gallet.
 

Le synode, "c'est l'expérience de l'Eglise"

Nathalie Becquart est par ailleurs l’une des rares femmes à participer au synode. La proportion est d’une femme pour dix hommes. "Je retrouve ce que j’ai vécu ces dix dernières années, quand je participais à l’Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes. Cela se vit de manière très simple, que l’on soit jeune, évêque ou cardinal, femme, religieuse. Il y a de la fraternité. J’avais la chance de connaître en arrivant un certain nombre d’évêques avec qui j’ai travaillé. Je connais pas mal de jeunes. Il y a également des collègues de la pastorale des jeunes. Très vite, et à la fin de la première semaine, il y a une confiance qui s’est instaurée. C’est l’expérience de l’Eglise" précise la religieuse.

"Ce qui me touche, et je ne suis pas la seule, c’est le climat très paisible, très fraternel, très simple. Tout le monde a le désir d’avancer ensemble pour la mission auprès des jeunes. Ce qui nous réunit tous ici, c’est le Christ. Il marche avec nous avec ce synode. La célébration d’ouverture avec le pape François a donné le ton" lance encore Nathalie Becquart.
 

"La parole des jeunes se retrouve dans les mots des évêques"

L’Eglise traverse actuellement une grave crise. Ce qui n’empêche pas le synode de se tenir de façon sereine, pour Nathalie Becquart. "C’est vrai que c’est bien présent. On ne vit pas le synode de manière déconnectée. On le vit à l’instant présent, en octobre 2018, avec tout ce qui traverse l’Eglise. Les évêques en ont très conscience. L’Eglise est dans une forme de tempête mais on est enraciné dans la foi. Compte tenu de ce contexte, il y a une attitude de très grande humilité" précise l’auditrice.

Cette dernière s’est énormément investie dans la préparation de ce synode. C’est aussi pour cette raison que le Vatican lui a demandé d’y participer. "Je suis arrivé en étant vraiment ouverte. Je me suis préparé spirituellement et je peux dire que pour l’instant, oui, je suis vraiment très heureuse et très touchée de ce qui se passe, du chemin qui est en train de se faire. Ce qui me touche beaucoup, c’est que l’esprit du pré-synode, la parole des jeunes, se retrouve ici, dans la parole des évêques" conclut-elle.

[Synode] Mgr Kockerols se prononce en faveur de l'ordination d'hommes mariés

[Synode] Mgr Kockerols se prononce en faveur de l'ordination d'hommes mariés

Intervenant mercredi 10 octobre durant le synode des jeunes, Mgr Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, s'est déclaré favorable à l'ordination d'hommes mariés.

"La vocation fondamentale: l'appel à la vie"

Alors que le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel a entamé sa deuxième semaine, en se penchant plus particulièrement sur la question des vocations, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, s'est déclaré favorable à l'ordination d'hommes mariés.

Intervenant durant les quatre minutes règlementaires auxquelles ont droit les participants au synode, l'évêque belge a tout d'abord rappelé que "la vocation fondamentale qui résonne dans la conscience de tout être humain est l'appel à la vie". Un "chemin d'humanisation" pour l'évêque auxiliaire du diocèse de Malines-Bruxelles.
 

"La vocation baptismale ouvre le coeur"

Ce dernier a ensuite dénoncé le fait que l'Eglise devait aujourd'hui mieux accompagner les jeunes sur le chemin du discernement vocationnel, l'un des sujets-phares de ce synode. "L'Eglise se doit d'accompagner avec tact et pédagogie, le discernement des jeunes". Pour le prélat, l'Eglise doit ainsi mieux accompagner "sans forcer, les questions liées à l’état de vie : le mariage chrétien et le célibat pour le Royaume". Il a ajouté toutefois que "ces deux vocations méritent d’être, à part égale, mises en valeur par l’Eglise".

Dans cette perspective, Mgr Jean Kockerols a déclaré que "la vocation baptismale ouvre le cœur de certaines personnes - mariées ou célibataires - à l’appel de l’Eglise, au nom du Seigneur, à la servir, à être ministre de la communauté chrétienne". L'évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles a conclu son intervention en déclarant être "convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers « me voici » si l’Eglise devait les appeler au ministère presbytéral".
 

Une intervention "légèrement polémique" pour Mgr Kockerols

"J’ai voulu inscrire cette question dans la question plus vaste de la vocation. L’appel du Seigneur est d’abord l’appel enraciné dans le baptême. Cette vocation baptismale se déploie ensuite dans différentes vocations, dans le service de l’Eglise lorsque l’Eglise appelle au nom du Christ. Mais j’ai l’intime conviction que des jeunes qui ont  perçu dans la vocation baptismale l’appel à se marier et qui vivent le mariage de façon profondément chrétienne peuvent être appelés par l’Eglise au ministère presbytéral" a-t-il ensuite déclaré au micro d’Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome, reconnaissant le caractère "légèrement polémique de son intervention".

Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles:

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[Synode] Mgr Georges Wadih Bakouni: "les jeunes veulent des pasteurs"

[Synode] Mgr Georges Wadih Bakouni: "les jeunes veulent des pasteurs"

Il vient du pays où a vécu Jésus. Mgr Georges Wadih Bakouni livre ses impressions sur le synode des jeunes, et partage les attentes des jeunes de son diocèse.

Présent au synode des jeunes à Rome, Mgr Georges Wadih Bakouni, évêque greco-catholique melkite d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée livre au micro d'Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome ses impressions sur le synode. Il relaie également les attentes de jeunes de son diocèse situé sur le pays où a vécu Jésus. 

Dans un contexte de tension et de méfiance, pour Mgr Georges Wadih Bakouni, il ne faut désespérer ni des jeunes, ni de l'Eglise en général. "L’Eglise n’est pas faible. La situation n’est pas désastreuse. On parle de la crise des familles, de la crise des jeunes, de la mondialisation, de la relativité mais il y a encore beaucoup de jeunes et de chrétiens qui sont fidèles et qui sont attachés au Christ. J’attends que ce synode donne un nouvel encouragement, un nouvel élan à la mission de l’Eglise. Il faut aussi confier cette mission aux jeunes" explique-t-il notamment.

Pour le prélat oriental, il est important de saisir le fait que les jeunes ont besoin de guides, et de confiance à la foi. "Les jeunes veulent des pasteurs en premier lieu. Ils veulent que nous soyons proches d’eux, et que nous ayons confiance en eux. Les jeunes ne sont pas le futur de l’Eglise, ils sont aussi le présent de l’Eglise. Il faut leur donner de l’espace pour la mission. Il ne faut pas les juger comme si notre génération était la meilleure" ajoute l'évêque d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée.

"Les Eglises orientales doivent donner de plus en plus d’espace aux jeunes et leur confier la mission. Le rôle des laïcs est différent dans les pays orientaux, mais ce n’est pas toujours quelque chose d’acquis. Parfois, c’est trop clérical. Les défis viennent des gens. Certains ne veulent que des prêtres. Ils ne sont pas habitués à voir des laïcs en tant qu’accompagnateurs, qui font des études bibliques ou qui vont visiter les malades. C’est un problème commun entre les laïcs et le clergé. Mais si le clergé donne plus de confiance aux laïcs, plus de responsabilités, les fidèles vont s’habituer" précise Mgr Georges Wadih Bakouni.

Revenant sur sa situation personnelle, l'évêque d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée conclut en expliquant que "quand je dis aux pères synodaux d’où je viens, tout le monde réagit avec joie. C’est vrai que c’est une chance de vivre en Terre Sainte, mais Jésus est partout" conclut.
 

Mgr Georges Wadih Bakouni, évêque greco-catholique melkite d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée :

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[Synode] Maguelonne: "L'Eglise est parfois intimidante pour les jeunes"

[Synode] Maguelonne: "L'Eglise est parfois intimidante pour les jeunes"

Maguelonne est une étudiante française, actuellement en stage à Rome. Catholique convaincue, elle attend beaucoup de ce synode.

Maguelonne est une jeune étudiante de 23 ans, actuellement en études de relations internationales et en stage à Rome. Elle nous livre ses attentes de jeune chrétienne engagée à l'occasion de ce synode. 

"Les jeunes ont besoin d'une parole"

"Il y a l’âge de l’enfance où j’ai été bercé dans une famille de tradition catholique. Je ne me suis jamais trop posé de questions. Et puis il y a l’adolescence, la confirmation, on se rebelle. On remet plein de choses en cause et on revient souvent. Et puis il y a le début de l’âge adulte qui n’est parfois pas évident. On perd une certaine innocence par rapport à notre foi, à notre manière de la vivre, à l’Eglise. Mais c’est toujours beau de pouvoir espérer. Parfois la souffrance que l’on vit dans notre foi laisse place à un bonheur gigantesque" explique cette jeune étudiante.

"L’Eglise m’apporte une parole dont on est très demandeur. Nous les jeunes, on a besoin d’une parole. Et si l’Eglise ne nous la donne pas, on va aller la chercher ailleurs. On a besoin d’une parole et d’une unité dans cette parole. On a besoin d’un seul son de cloche. C’est toujours frustrant quand on entend plein de sons de cloches, qu’on ne sait plus très bien ce que l’Eglise nous demande. On a besoin d’une boussole" ajoute Maguelonne.
 

"J'attends beaucoup de simplicité"

"L’Eglise doit nous donner un chemin. Elle ne peut pas dans le concret de notre vie nous dire quelles décisions nous devons prendre. Mais on a besoin d’un chemin, d’idéaux de vie. On a besoin que l’Eglise soit une lumière et qu’elle nous donne une parole vers laquelle on tend. Et dans notre quotidien, sans la remettre en cause, cette petite parole nous aidera à avancer" lance-t-elle.

"Pour une jeune de mon âge, spirituellement, affectivement, professionnellement, il y a tout à faire. J’ai tout à construire. On a des aspirations énormes, et des désillusions qui sont parfois éprouvantes. De l’Eglise, j’attends vraiment des réponses concrètes sur ces questions. Sur l’affectif, on en parle beaucoup au synode. Il ne faut plus que la sexualité soit un tabou. Dans le domaine professionnel, on a aussi besoin de savoir que l’Eglise ne nous lâche pas dans un monde pas forcément évident" précise Maguelonne.

"J’attends beaucoup du synode, beaucoup de courage. Beaucoup de jeunes ont besoin de recevoir des messages qui nous donnent du courage. J’attends beaucoup de simplicité. J’attends que le texte qui ressortira nous parlera avec simplicité, qu’il nous parle du concret. On devrait avoir un discours plus simple, plus approprié. Quand il y a un discours simple, on le garde. J’attends aussi de la fin de ce synode qu’on nous parle comment retrouver la vie du Christ" conclut-elle.
 

Maguelonne, étudiante françaisede 23 ans :

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[Synode] "L'Église devrait utiliser internet avec enthousiasme"

[Synode] "L'Église devrait utiliser internet avec enthousiasme"

Internet et des nouvelles technologies tiennent une place ô combien importante dans la vie des jeunes. Les évêques réunis à Rome en synode se penchent sur le sujet.

"Vous n'êtes pas un peu jeune pour être évêque ?" En 2011, Mgr Thomas Dowd est devenu à 41 ans le deuxième plus jeune évêque au monde. À celui qui lui a posé cette étonnante question, il a rétorqué que le Christ avait dit-on... 33 ans ! Alors que le synode des jeunes se poursuit à Rome, Cyprien Viet et Antoine Bellier reçoivent l'évêque auxiliaire du diocèse de Montréal pour parler d'internet et des nouvelles technologies, qui tiennent une place ô combien importante dans la vie des jeunes.

"L'Église devrait utiliser cet outil soigneusement et avec enthousiasme"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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La nécessaire présence de l'Église sur le web

Les pères synodaux ont entamé la deuxième partie du document de travail, où il est question de discernement et de vocation. Et en ce qui concerne le numérique, justement, il est fortement question de discernement. Mgr Thomas Dowd était le webmestre quand son diocèse du Canada a été le premier à lancer son site web. "Il y a différentes manières d'être présent sur Internet, explique-t-il, mais c'est essentiel, pas parce que la technologie est importante, mais si ça nous donne des moyens d'entrer en dialogue avec des jeunes, il faut être présent, c'est certain !"

Interrogé également à ce sujet, Mgr Robert Barron, évêque auxiliaire de Los Angeles, considère comme "très important" que l'Église utilise les réseaux sociaux. "C'est essentiel parce que beaucoup de gens sont des nons, ils n'ont pas de connexion dans l'Église, l'Église devrait utiliser cet outil soigneusement et avec enthousiasme."
 

Le contact humain que rien ne remplace

Comment accompagner les jeunes dans leur croissance spirituelle à l'ère du numérique ? Rien qui remplace la rencontre en face-à-face, le contact humain lors de la messe ou de la confession. Pour Mgr Dowd, c'est là quelque chose d'essentiel "que l'Eglise va toujours garder". Il ajoute : "On va découvrir que c'est vraiment une force de l'Église." Lors des réunions du synode, on a d'ailleurs évoqué l'attachement des jeunes à l'adoration eucharistique. "L'Esprit saint est le premier WIFI !"

Grâce aux nouvelles technologies, rejoindre des jeunes qui n'ont aucun contact avec l'Église, puis les enseigner. Selon Mgr Dowd cela passe par "leur faire découvrir le silence", qui est "un point de départ important, mais pour d'autres c'est le jeûne, une forme de silence corporel". Leur "apprendre des disciplines qui libèrent, pleur permettre d'être à l'écoute de cette voix intérieure de l'Esprit saint".
 

Internet, discernement et vigilance 

Parmi les thèmes abordés lors du synode, la menace du totalitarisme post-moderne, qui, a-t-on dit, "tue les âmes". "Une expression très forte", admet Mgr Dowd. Avec internet et les réseaux sociaux, "il y a toujours le danger de la pression sociale, les fake news, et cette mentalité où on juge sans avoir toutes les informations, une sorte de justice instantanée : ça peut créer des réflexes totalitaires dans le sens que il y a un peuple qui accepte ça".

Comment apprendre aux jeunes à trouver un point d'équilibre ? Il faut sans doute enseigner, mais pas seuiement aux jeunes, que parfois le désir d'entrer en contact avec quelqu'un via les réseaux sociaux cache un désir de se voir valorisé. "Parfois je propose de faire un jeûne de l'internet."
 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Mieux former les accompagnateurs spirituels

[Synode] Mieux former les accompagnateurs spirituels

Les pères synodaux, les experts et les auditeurs parmi lesquels une trentaine des jeunes ont réfléchi ces dernières heures à la question essentielle de l’accompagnement spirituel.

L’accompagnement spirituel, c'est-à-dire cette attitude d’ouverture du cœur dans la vie de l’Eglise proposée non seulement aux prêtres, religieux et religieuses mais aussi à tous les baptisés appelés à associer leur vie de contemplation et le souci des pauvres. Bref, tous ceux qui veulent maintenir vivante leur foi et discerner quels sont les appels de l’Esprit dans leur vie.

Mais cet accompagnement spirituel ne s’improvise pas. C’est la raison pour laquelle des participants à l’assemblée synodale ont plaidé pour que la formation des accompagnateurs soit une claire priorité pastorale. Cette formation concerne les séminaristes qui se préparent à devenir prêtre. Dans ce domaine, elle est jugée encore insuffisante.

Mais elle concerne aussi tous les laïcs qui dans les états de vie qui sont les leurs veulent avoir des clés pour discerner pour eux-mêmes et pour les autres comment être fidèles à l’Evangile, car comme l’a affirmé un des jeunes auditeurs américains : "le manque de vrai guide spirituel est une des causes de la crise de la foi aujourd’hui".

La formation à l’accompagnement spirituel est donc ressortie des réflexions mais aussi la formation à la vie de prière, ces deux demandes allant de pair. Il a été question de l’importance de l’adoration eucharistique redécouverte par beaucoup de jeunes mais aussi plus largement de l’expérience de l’intériorité telle qu’elle peut se vivre notamment dans les rassemblements de Taizé. "Il faut nous apprendre à prier" disent les jeunes en écho au passage bien connu de l’Evangile.

Pour autant, ces demandes de formations ne doivent pas être une façon pour l’Eglise de faire taire toutes les inquiétudes des jeunes. Surtout dans un des contextes de plus en plus complexe où beaucoup n’hésitent pas à s’engager dans les champs politiques et sociaux Ces inquiétudes sont une richesse que l’Eglise doit accueillir sans forcément apporter de réponses immédiates. Les jeunes veulent d’abord être écoutés et ne veulent surtout pas être domptés. Une sagesse de vie spirituelle à laquelle les pères synodaux ont, semble-t-il, été attentifs ! 
 

[Synode] Pour Mgr Sako, "il faut aider les jeunes à découvrir le sens de leur vie"

[Synode] Pour Mgr Sako, "il faut aider les jeunes à découvrir le sens de leur vie"

Le cardinal Louis Raphaël I Sako, patriarche de Babylone des chaldéens, l'un des quatre présidents délégués du Synode, résume les enjeux des débats de ces derniers jours.

Le synode est entré dans l’examen de la seconde partie de l’instrumentum laboris. "Il y a une réflexion très profonde sur une pastorale adaptée aux jeunes d’aujourd’hui. On se concentre sur quatre points importants : l’écoute, la vocation, le discernement, et l’accompagnement" explique Mgr Sako.

"Aujourd’hui, l’enseignement a une autre sens. Ce n’est pas une dictée, mais une recherche ensemble. Qu’est ce que la foi, la place de Dieu dans notre vie ? Aider ces jeunes à découvrir le sens de leur vie, c’est très important. Je crois que c’est cela qui compte. Il faut leur présenter un exemple qui a vécu comme eux" ajoute le patriarche de Babylone des chaldéens.

Durant ses interventions, Mgr Sako a tenu à rassurer les chrétiens, et à mettre un peu de joie dans cette assemblée. "Je leur ai dit que ce n’est pas la fin du monde. Nous avons eu beaucoup de problèmes en Irak mais nous avons l’espérance. Et c’est ça notre joie. L’atmosphère est un peu pesante, alors j’ai voulu créer une atmosphère de joie. C’est pour cela que j’ai raconté quelques anecdotes pour ne pas les laisser dormir. On dort et on ronfle aussi au synode" conclut le prélat.

Mgr Louis Raphaël I Sako, patriarche de Babylone des chaldéens:

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[Synode] Comment rajeunir l'Eglise

[Synode] Comment rajeunir l'Eglise

Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome, dresse le bilan de la deuxième semaine du Synode des jeunes.

Une soirée pour lancer la seconde semaine du synode

Cette seconde semaine du synode a début samedi dernier par une grande fête au Vatican. Une soirée qui a réuni autour du pape François 7.000 jeunes de différentes nationalités. Il y avait beaucoup d’ambiance : on a pu y voir des danses, entendre du hip hop mais aussi des témoignages parfois poignants de jeunes qui, ayant fait l’expérience de différentes addictions ou ayant été confrontés à des situations difficiles, ont su trouver dans la foi et le soutien de chrétiens, les moyens de s’en sortir.
 
Le pape François s’est adressé au jeunes durant cette soirée avec, comme toujours des mots percutants. "Vous n'êtes pas des marchandises, vous n'avez pas de prix, vous n'êtes pas à vendre. Ne vous laissez pas séduire, ni acheter, ni asservir" a martelé le pape François qui a appelé aussi les jeunes à mettre en œuvre leur liberté de façon cohérente et concrète.
 

Plus de 300 amendements

 Après cette fête, le synode a repris ses travaux en différents groupes de travail. Les 14 groupes de travail linguistiques ont continué à réfléchir tous azimuts aux préoccupations de la jeunesse à partir de la première partie du document de travail préparatoire au synode : l’instrumentum laboris.

Les débats qui ont abouti à plus de 300 amendements se sont portés sur les migrations, les divisions au sein des familles, les ravages de la mondialisation mais aussi sur la délicate question des abus sexuels commis par des membres du clergé. Un sujet abordé notamment dans un des groupes francophones dont fait partie Mgr Gobillard, l’évêque auxiliaire de Lyon.
 

Seul les jeunes peuvent évangéliser les jeunes

 Même si ce sujet pousse évêques, auditeurs et experts à l’humilité, l’ambiance, au dire de beaucoup, est plutôt fraternelle. Tous les participants tentent de se mettre à l’écoute des uns des autres et de l’Esprit Saint. Une attitude qui s’inscrit dans la logique de la deuxième partie du document de travail sur le discernement dont l’examen a commencé cette semaine.

La formation à l’accompagnement et à la vie spirituelle est revenue souvent dans les prises de parole. Les jeunes ont exprimé leur besoin d’être écoutés pour qu’ils puissent eux-mêmes écouter ceux qui ont besoin d’entendre le message de l’évangile. Car seuls les jeunes peuvent évangéliser les jeunes. C’est ce que souligne une des jeunes auditrices du Synode, de nationalité canadienne, Emilie Callan.
 

Une Eglise engagée dans le numérique

 Plutôt que faire une Eglise pour les jeunes, il s’agit de rajeunir l’Eglise ont dit certains des participants. S’il faut éviter de tomber dans la tentation du jeunisme, les membres de cette assemblée synodale ne veulent pas pour autant décevoir les jeunes. Le rapport final du synode ne doit pas être simplement une pâle copie du document de travail préparatoire : il faut qu’il soit accompagné d’un message adapté et direct qui puissent toucher et parler aux nouvelles générations. Il pourrait, dit-on, être dans une forme numérique car comme l’ont souligné beaucoup le monde digital et la nouvelle terre de mission du XXIe. C’est l’avis d’un autre canadien, l’évêque auxiliaire de Montréal, Mgr Dowd, très actif sur les réseaux sociaux.
 
Au-delà de ce défi numérique, le synode, et à travers lui, l’Eglise cherche à comprendre cette jeunesse dont elle ne maitrise pas complètement tous les codes. Ce qui est sûr, c’est que les deux semaines de travaux qui arrivent ne seront pas de trop pour répond à cet appel.

[Synode] Un évêque de Corée du Sud confiant sur la visite du pape au Nord

[Synode] Un évêque de Corée du Sud confiant sur la visite du pape au Nord

Focus sur une belle figure d’évêque venu de Corée du Sud pour participer au synode des jeunes, Mgr Lazare You Heung Sik.

C’est un petit homme aux cheveux poivre et sel dont émane douceur et bonté. Il s’agit de Mgr Lazare You Heung Sik, l’évêque du diocèse de Daejeon situé au centre du pays. Si le président de la commission Justice et paix de la Conférence des évêques de Corée du Sud affiche un sourire radieux c’est qu’il se réjouit d’une nouvelle peu banale.

A l’initiative du président Sud Coréen Moon Jae-in, un fervent catholique et connu pour être un homme dialogue, le pape François pourrait se rendre prochainement à Pyongyang, en Corée du Nord. Le président Moon en a parlé lui-même à Kim Jong Un et il semble que ce dernier soit ouvert à cette proposition. Pour l’instant, pas d’invitation officielle, mais elle devrait être remise jeudi par le président sud coréen qui sera reçu en audience par le pape François.
 
Il s’en réjouit même s’il souligne que d’importantes étapes reste encore à franchir et que tout reste à construire en Corée du Nord sur le plan de la liberté religieuse. Officiellement, il n’y a ni prêtre, ni évêque et les quelques chrétiens qui s’y trouvent sont automatiquement persécutés. Plus positivement, Mgr Lazare reconnait que la Corée du Nord a amorcé un vrai processus de changements depuis plusieurs mois acceptant d’entrer dans une phase de rapprochement avec son voisin du sud et a fait des concessions importantes sur la question sensible de la dé-nucléarisation.

Selon Mgr Lazare, cette idée suscite parfois chez une petite minorité de coréens du sud une certaine peur. Ils craignent que la réunification de la péninsule abaisse leur niveau de vie. Mais pour d’autres, cette idée est plutôt un signe encourageant car "il y a beaucoup de choses à faire ensemble", a souligné l’évêque sud coréen qui s’est lui-même rendu quatre fois au nord dans le cadre de missions humanitaires. Même s’il entend les peurs de certains jeunes, Mgr Lazare appelle à la confiance et l’espérance à la suite du pape François qui, lors de sa venue à Séoul en 2014 avait présidée une messe dédiée à la réunification coréenne.

[Synode] "Les jeunes ont besoin de voir des prêtres heureux"

[Synode] "Les jeunes ont besoin de voir des prêtres heureux"

​Sébastien Moine, 34 ans a été ordonné diacre en vue du presbytérat en juillet dernier pour le diocèse de Besançon. Il est actuellement à Rome pour une formation.

Actuellement en formation au séminaire pontifical français de Rome, Sébastien Moine, un diacre de 34 ans, a confié à Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF pour le synode des jeunes, ses attentes sur la manière dont l'Eglise peut annoncer avec, toujours plus de pertinence et d'entrain, l'évangile aux jeunes d'aujourd'hui.

"Ce qui m’a marqué, dans l’instrument de travail, c’est cette demande des jeunes d’avoir des communautés plus accueillantes, plus joyeuses. C’est important de se demander ce qu’on veut de nos communautés pour annoncer l’Évangile. Je crois que dans l’Église de France, il faut réfléchir sur comment veut-on vivre le ministère de prêtre. Soit on a un ministère très chargé avec des prêtres overbookés, soit on a des prêtres disponibles pour les gens. C’est ce que demandent les jeunes présents au synode" explique ce séminariste.

Concernant le discernement vocationnel, Sébastien Moine rappelle que "l’on se pose beaucoup la question de la pastorale des vocations. Que faut-il faire dans une pastorale des vocations ? C’est important de la relier à la pastorale des jeunes. Je crois que le meilleur moyen pour qu’un jeune se pose la question du ministère, c’est de voir des prêtres heureux. C’est la plus belle chose pour qu’un jeune se dise qu’annoncer le Christ aujourd’hui peut le rendre heureux".

"Puisque les jeunes ont besoin d’être écoutés et accompagnés, peut-être que l’Eglise peut avancer sur une nouvelle forme de ministère confié à des laïcs qui seraient là pour écouter et aider les jeunes dans leur discernement de chrétiens" ajoute Sébastien Moine. Concernant les défis qui se posent à la jeunesse, le diacre précise que "très jeune on m’a confié des responsabilités dans l’Eglise. Les jeunes font différemment. Il faut que les générations plus anciennes acceptent cette différence. Il y a un défi sur l’intergénérationnel pour l’Eglise".

Sébastien Moine, diacre et séminariste:

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[Synode] "Donner aux jeunes le cadre de l'Évangile"

[Synode] "Donner aux jeunes le cadre de l'Évangile"

Les évêques réunis à Rome en synode sont particulièrement attentifs aux mouvements de jeunesse, susceptibles de donner aux jeunes "un cadre" et "la saveur de l'Évangile".

Le synode sur la jeunesse se déroule dans un climat fraternel, comme en témoignent un grand nombre de participants. Jusqu'à lundi le principal thème abordé est celui du discernement, et la nécessité être bien formé pour accompagner les jeunes est le sujet qui revient le plus souvent au cours des échanges. 

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Faire confiance aux jeunes et leur offrir un cadre

"La jeune génération d'aujourd'hui a besoin qu'on lui fasse confiance, mais en même temps que l'Église lui rappelle un cadre." Sébastien Moine, 34 ans, a été ordonné diacre en vue du presbytérat en juillet dernier pour le diocèse de Besançon. Actuellement au séminaire français pontifical de Rome, il réagit dans Le Magazine du Synode. Selon lui, le role de l'Église vis-à-vis des jeunes est de leur donner "le cadre de l'Évangile". "Leur dire on t'aime comme tu es mais on va t'aider à grandir, c'est tout le défi de l'éducation, un beau défi pour l'Église aujourd'hui !"
 

Face aux Abus, rappeler le Respect de la liberté de L'autre

Parmi thèmes douloureux abordés lors du synode, la question des abus. Abus sexuels mais aussi abus spirituels, ces relations d'emprise qui peuvent décourager les jeunes sinon les éloigner de l'Église. Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, a été envoyé au Chili par le pape François pour enquêter sur les abus sexuels. "Le Saint Père parle de cléricalisme, dit-il, les abus sexuel sont des phénomènes qui indiquent l'abus de pouvoir." L'archevêque de Malte rappelle avec fermeté : "On doit respecter dans la charité la dignité de tous les gens, et leur liberté de choisir leur vocation, sans faire de pression sur les gens, on doit respecter leur vocation dans toute la liberté."
 

Aider les jeunes à trouver leur vocation

Les vocations sacerdotales, religieuses ou consacrées : ce que l'Église appelle "vocations spécifiques". À la conférence des évêques de France, Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux, est membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes. Il porte une attention particulière à la question de l'accompagnement spirituel mais aussi "aux groupes d'Église", comme le scoutisme, susceptibles de "permettre à des jeunes de vivre la saveur de l'Évangile".
 

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

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Le synode sur la jeunesse, une expérience de communion en vue de la mission

Le synode sur la jeunesse, une expérience de communion en vue de la mission

Le Synode des évêques sur "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel" se déroule à Rome. Un événement unique pour davantage associer les jeunes à la mission de l'Église.

"Luttez contre tout égoïsme. Refusez de laisser libre cours aux instincts de violence et de haine, qui engendrent les guerres et leur cortège de misères. Soyez généreux, purs, respectueux, sincères. Et construisez dans l’enthousiasme un monde meilleur que celui de vos aînés !"
Pape Paul VI

 

Un synode sur "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel" se tient depuis le 3 octobre à Rome en présence de plus de 250 évêques et d’une quarantaine d’auditeurs dont une trentaine de jeunes. Si les temps ont changé depuis le concile et que les jeunes d’aujourd’hui ont des défis qui leurs sont propres, c’est le même appel qui leur est lancé : celui de prendre part activement et avec toute leur générosité au service de la mission de l'Église.

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Un synode pour mieux répondre à la quête spirituelle des jeunes

Il ne s’agit pas de faire une Église pour les jeunes, de verser dans un jeunisme démagogique mais de faire briller le visage de la jeunesse de l'Église qui est d’abord et avant tout le reflet de la lumière qui émane du Christ. Le Christ, lumière des nations, qu’évêques et jeunes en ce moment, à l’occasion de synode, tentent de contempler afin de trouver des nouveaux chemins pour le faire davantage connaître à ceux qui sont en quête de sens et de vérité.

 

 

Les défis qui attendent la jeunesse du XXIe siècle

Écologie, travail, sexualité, dialogue interreligieux, migrants, mais aussi vocation, prière et discernement sont parmi les principaux thèmes qui émergent de cette assemblée synodale. L'occasion d'aborder les défis qui se posent à la jeunesse aujourd’hui dans son rapport à la foi et à l'Église.

 

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[Synode] Mgr Alain de Raemy: "L’avenir de l’Église doit passer par une bonne catéchèse"

[Synode] Mgr Alain de Raemy: "L’avenir de l’Église doit passer par une bonne catéchèse"

​On dresse le bilan à mi-parcours du synode des jeunes avec Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne et chargé de la jeunesse pour la conférence épiscopale.

Interrogé par Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome, Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne et chargé de la jeunesse pour la conférence épiscopale, livre ses premières impressions sur ce synode à mi-parcours, ainsi que ses espérances pour accompagner les jeunes dans l'Eglise.

"C’est toujours intéressant d’entendre des évêques du monde entier et des jeunes avec toute la diversité que cela comprend et la difficulté d’avoir un chemin pastoral commun. On part de situations différentes et on ne peut pas arriver avec des méthodes pastorales qui s’appliqueront à un endroit et pas à un autre. Il y a autant de jeunesse que de jeunes. Chacun fait son parcours" explique Mgr de Raemy.

"L’avenir de l’Église doit passer par une bonne catéchèse. Une catéchèse qui fasse faire l’expérience de Jésus. Ce n’est pas gagné d’avance. On a eu des catéchèses bien faites au niveau de l’information, mais il faut une catéchèse qui soit vivante, qui permette un contact de foi, de prière, qui bouscule, qui touche les tripes. On a à s’améliorer pour que les jeunes arrivent à l’adolescence avec un bagage de catéchèse qui soit plus existentiel" ajoute l'évêque auxiliaire de Lausanne.

Un dossier tient particulièrement à cœur Mgr de Raemy, celui de la transmission de la foi. "Comme disait le pape à l’homélie de la canonisation dimanche dernier, on n’est pas un chrétien si on ne prend qu’à 50%, 20%. Cette transmission ne pourra se faire qu’avec des chrétiens à 100%. Ceux qui reconnaissent qu’ils ne sont jamais à 100% et qui s’inspirent de tout Jésus, et pas seulement une partie. C’est ce qu’on appelle les valeurs" lance Mgr de Raemy qui conclut en se disant scandalisé de la faible part des femmes à ce synode.
 

Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne et chargé de la jeunesse pour la conférence épiscopale suisse:

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[Synode] Frère Bruno Cadoré:" il faut renforcer les communautés d'appartenance"

[Synode] Frère Bruno Cadoré:" il faut renforcer les communautés d'appartenance"

Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome, interroge le frère Bruno Cadoré, supérieur général de l'ordre des dominicains.

"Le travail se déroule bien, l’ambiance est excellente. Il y a beaucoup de jeunes évêques. C’est une Église qui se découvre, qui se constitue, qui se construit. C’est assez beau. J’appartiens à une tradition médiévale capitulaire. Je suis toujours un peu décalé, car j’ai l’habitude des chapitres et le synode n’est pas un chapitre. Donc il faut que je m’adapte mais je trouve que le synode correspond à ce qu’on pouvait en penser. La question maintenant est de savoir ce qu’un synode ouvre" explique frère Bruno Cadoré.

"L’Église est comme toutes les institutions. On a toujours tendance à penser aux jeunes, comme s’ils n’étaient pas là, alors qu’ils sont le présent et l’avenir. Pour ce synode, la prise de parole des jeunes permet de découvrir qu’il faut donner la place à tout le monde. Découvrir que si on donne la parole aux gens, les gens la prennent. Et si les gens prennent la parole, c’est pour converser. Et si vous conversez, ce que vous pensez va bouger, et ce qu’ils pensent va bouger. Le discours commun va bouger. Le corps de l’Église va bouger, et c’est cela que j’attends" ajoute le supérieur général de l'ordre des dominicains.

Au synode des évêques, seuls les évêques votent. "Cela ne me choque pas tellement. Mais dans un synode des évêques, pour que l’Église soit synodale, il faut développer la vie synodale des Églises particulières. La vie synodale, c’est ça. Dans cette vie, la plupart du temps, tous ont la parole et tous sont partie prenante des orientations prises par le synode" lance encore le frère Bruno Cadoré.

"Une dynamique comme celle-ci peut changer si on découvre que pour qu’il y ait discernement, il faut qu’il y ait communauté. Le discernement de la vie chrétienne sans communauté n’existe pas. Si le synode aboutit à dire qu’il faut renforcer les communautés d’appartenance, à ce moment-là, cela aura changé quelque chose" conclut-il.

Frère Bruno Cadoré, supérieur général de l'ordre des dominicains:

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[SYNODE] Repenser le dialogue entre l'Eglise et les jeunes

[SYNODE] Repenser le dialogue entre l'Eglise et les jeunes

Le synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel se poursuit encore cette semaine à Rome. Un synode où le mot "conversation" est revenu à plusieurs reprises.

Le synode cherche donc une nouvelle manière d'entrer en dialogue avec les jeunes. Parmi les nombreux sujets abordés dans cette assemblée d'évêques, d'experts et de jeunes, le dialogue est devenu rapidement l'un des thèmes majeurs. C'est en tout cas ce que préconise le frère Bruno Cadoré, maître de l’Ordre dominicain, qui estime que "l’Église doit passer de l’écoute à la conversation, car c’est la conversation qui fait l’échange", explique-t-il notamment.

Frère Bruno Cadoré a également insisté fortement sur la notion d'affiliation. Pour lui, "l’Église doit être une communauté d’appartenance" car il estime que les jeunes ne fonctionnent pas en terme de structure, mais de communauté. Pour lui, c'est ça la vraie synodalité : et elle doit se vivre partout dans l'Eglise et pas seulement à Rome. Reste désormais à imaginer à quelle Eglise on veut appartenir et la vouloir pour demain. 

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[Synode] Focus sur la jeunesse canadienne avec Mgr Gerald-Cyprien Lacroix

[Synode] Focus sur la jeunesse canadienne avec Mgr Gerald-Cyprien Lacroix

Depuis mercredi dernier le pape, les pères synodaux, des experts, des auditeurs dont 36 jeunes sont réunis au Vatican.

Les thèmes de travail sont très variés : le sport comme instrument d’évangélisation des jeunes, la famille comme lieu de transmission de la foi, la beauté de la liturgie, l’accueil des réfugiés et des migrants, la sexualité… Les jeunes présents dans l’assemblée s’expriment beaucoup…

Ils applaudissent, ils font un peu de bruit pour montrer leur approbation (ou pas) pendant les prises de parole… C'est ce qu'explique le cardinal Gerald-Cyprien Lacroix, archevêque de Quebec, Primat du Canada, représentant du continent américain à la commission pour l’information du synode.
 

[Synode] Mgr Nzeyimana: "au Burundi, beaucoup de jeunes veulent se consacrer à Dieu"

[Synode] Mgr Nzeyimana: "au Burundi, beaucoup de jeunes veulent se consacrer à Dieu"

Certaines voix durant le synode se sont élevées sur le fait que l’Église était parfois trop occidentale. Pourtant, des évêques du monde entier sont actuellement à Rome.

C’est le cas de Mgr Blaise Nzeyimana, évêque du diocèse de Ruyigi, au Burundi. Il revient sur ses impressions sur le synode, à mi-parcours de ce rendez-vous de l’Église universelle, au micro d’Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome.

"Le travail est bien avancé. Maintenant nous allons penser à quelque chose de pratique pour faire avancer les choses. La plupart des jeunes ont répondu aux questionnaires que l’on a envoyés en préparation à toutes les conférences épiscopales. Ils ont exprimé ce qu’ils ressentent. D’abord un sentiment de joie car l’Église pense à s’asseoir et à traiter la question des jeunes. Ils ont ensuite manifesté des inquiétudes. Mais ce n’est pas que négatif car à voir ce que vivent les jeunes au Burundi, il y a chaque année un forum qui rassemble tous les jeunes pendant une semaine. Cela donne des espérances qui encouragent les jeunes à aller au-delà des difficultés qui sont manifestes" explique ​Mgr Blaise Nzeyimana, évêque du diocèse de Ruyigi, au Burundi.

Vu d’ici, on a parfois l’impression que la vitalité de la jeunesse catholique en Afrique n’est pas la même qu’en Europe. "Il est difficile de le dire, car pour le dire aisément il faudrait vivre la situation en Afrique, et en Europe. Mais quand un européen parle, on sent bien les problèmes qu’il se pose. Même chose pour un africain. Et on voit bien que cela ne se rencontre pas nécessairement. Ce qui m’enchante plus, c’est le dynamisme et la volonté d’engagement que je vois chez les jeunes. On voit bien des gens qui se donnent aisément avec bon cœur malgré les difficultés" ajoute Mgr Nzeyimana.

"Au Burundi, nous avons la joie de connaître un essor vocationnel. Beaucoup de jeunes veulent se consacrer à Dieu. Nous avons beaucoup de séminaristes qui sont dans les séminaires et les noviciats. Ils répondent aisément. Nous avons la joie. Nous avons connu des périodes très maigres à ce niveau, mais maintenant nous rendons grâce à Dieu" conclut l'évêque du diocèse de Ruyigi.

Mgr Blaise Nzeyimana, évêque du diocèse de Ruyigi, au Burundi:

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[Synode] Les jeunes d'Afrique particulièrement bien représentés au synode

[Synode] Les jeunes d'Afrique particulièrement bien représentés au synode

Les jeunes d'Afrique sont bien représentés au synode. Dans ce continent aux situations variées, l'Église doit s'adapter pour accompagner au mieux la jeunesse.

L'Afrique est un continent particulièrement bien représenté au synode sur la jeunesse, avec des évêques d'Angola, d'Afrique du Sud, du Burkina Faso, du Mali, du Cameroun, de Madagascar ou encore du Bénin. Le pays dont est originaire le Père Cyrille Miyigbena, du diocèse de Cotonou, fondateur de l'école d'évangélisation Jeunesse bonheur et invité d'Elise Le Mer et Manuella Affejee. L'occasion d'évoquer la jeunesse du continent africain, dans sa diversité.

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Une Pastorale des jeunes post conflit

Dans des pays qui sortent de la guerre civile, comme la Côte d'Ivoire, le défi est de "construire l'unité et la fraternité", pour Mgr Gaspard Beby Gneba. Élaborer toute une une pastorale post conflit et aussi proposer aux jeunes des engagement associatifs pour leur permettre d'être "des acteurs de paix". 

"Il faut les ramener au Christ, ajoute le Père Cyrille Miyigbena, il n'y a pas de paix possible sans le Christ." Au sein de Jeunesse bonheur, il a fait l'expérience de proposer aux jeunes de s'approcher tous ensemble de la croix : "en venant toucher la croix ils se sont rendus compte qu'ils étaient serrés les uns contre les autres".
 

Le défi du modernisme

La jeunesse de Côte d'Ivoire n'est pas la jeunesse d'Afrique du Sud. Là, ce sont des "réalités européennes qui se vivent déjà là-bas". Et pour le cardinal Wilfrid Fox Napier, le défi c'est "le matérialisme" et "les influences contre la morale chrétienne" concernant "la contraception, l'avortement, la vie des familles détruites par toutes les influences". L'archevêque de Durban évoque aussi "la pression des gouvernements qui donnent de l'aide à l'Afrique mais sous certaines conditions, comme le contrôle de la population".
 

Faire face à la pauvreté

Dans d'autres pays comme le Bénin, le défi c'est "le quotidien à assurer : où on vit aujourd'hui et on ne sait pas si demain on sera là et si on aura de quoi assurer la vie", rappelle le Père Cyrille Miyigbena. "Les défis s'énoncent en termes de pauvreté, je ne dirais pas la misère mais quand même la pauvreté, qui est matérielle et aussi mentale". Au Bénin on raconte que "les jeunes ne veulent pas s'enrichir rapidement mais soudainement" : dans un pays où "le modèle c'est l'enrichissement rapide", le défi c'est aussi celui "de la paresse, de l'oisiveté, du minimalisme".

À Cotonou il n'est pas rare de voir des messes du dimanche soir rassembler 700 jeunes. ​"Une jeunesse qui a de grandes forces, de grands atouts, prête à se donner." Mais comme le constate le prêtre, "tout s'apprend". "On exhorte la jeunesse mais ça ne suffit pas pour mettre en pratique ce qu'on leur enseigne." Selon lui, il va falloir que les "pasteurs changent de méthode".

 

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

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[Synode] Mgr Nzapalainga: "la jeunesse centrafricaine va mal"

[Synode] Mgr Nzapalainga: "la jeunesse centrafricaine va mal"

Stéphanie Gallet reçoit Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui en Centrafrique, en direct de Rome, à l'occasion du synode des jeunes.

"Je me sens proche de la jeunesse et tout cardinal devrait se sentir proche de la jeunesse comme le fait le pape. Si on tourne le dos à la jeunesse, on tourne le dos au présent et à l’avenir. Nous devons nous préoccuper de la jeunesse en voyant où se situe ses préoccupations, et l’accompagner pour chercher des moyens, afin de trouver des solutions avec le Christ" explique ​Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui en Centrafrique, le plus jeune des cardinaux partitipant au synode.
 

"Beaucoup de jeunes n'ont plus d'issue à leur vie"

Le cardinal Nzapalainga garde un bon souvenir de sa jeunesse. "Je garde un bon souvenir de mes parents, de mes collègues. La communauté est très importante. Quand vous êtes accompagné, soutenu, vous avez des repères et vous pouvez avancer. Mais quand vous êtes seul, c’est difficile. Je souhaite aux jeunes de par le monde de se retrouver en communauté. L’Eglise est une communauté. Le Christ envoyait les apôtres deux par deux, ils étaient ensemble. Et c’est ensemble qu’ils reçoivent l’Esprit Saint" ajoute-t-il.

En Centrafrique, les moins de 18 ans représentent la moitié de la population du pays. "La jeunesse centrafricaine va mal. Les ¾ de mon pays sont occupés par des rebelles. Beaucoup de jeunes ne vont plus à l’école depuis 2013. C’est une préoccupation pour moi et les autres pasteurs également. Quand on va à l’intérieur du pays, on voit que beaucoup de jeunes ont pris les armes, beaucoup de jeunes se droguent, beaucoup de jeunes n’ont plus d’issue à leur vie et je pense que je dois lancer des cris pour que l’on puisse ensemble chercher à aider cette jeunesse-là" précise-t-il.

Cette jeunesse centrafricaine "rêve un jour de devenir adulte et responsable. Les jeunes veulent occuper un poste, apporter leur  contribution. Il faut encourager, encadrer cette énergie que l’on appelle amour pour qu’un jour il puisse aider son pays, son groupe. Si on ne fait rien, on enfouit un talent. Beaucoup de jeunes ont des rêves, et si on ne fait rien pour les aider, ils sombrent dans le pessimisme" lance également Mgr Nzapalainga.
 

Au synode, "chacun apporte sa contribution"

Les problèmes de cette jeunesse centrafricaine, le cardinal Nzapalainga a pu les exposer devant le pape François à l’occasion de ce synode des jeunes. "Il est venu en Centrafrique, il est au courant, et il continue à soutenir la jeunesse centrafricaine. Un hôpital romain est en train de construire un complexe de pédiatrie. C’est un geste fort. Le pape agit. Il intervient. Nous en avons parlé" précise l’archevêque de Bangui.

Plus largement, ce dernier est venu au synode pour porter la voix de la jeunesse africaine dans son ensemble. "Il y a un problème fondamental de mal gouvernance. Il faut avoir le courage d’en parler. Si on créait des structures normales pour aider les jeunes à réaliser leurs rêves, ils pourraient bien rester dans leur pays et travailler. Nous voulons que cela change. Quand on est président, on est responsable pour tous les groupes sans exception" explique-t-il.

De ce synode, Mgr Nzapalainga retient "ces beaux visages des hommes, des jeunes, qui sont ici avec nous et qui vivent l’appel de l’Eglise. Nous avançons ensemble, l’Esprit nous conduit vers la destination que Dieu lui-même est en train de préparer. Et petit à petit chacun apporte sa contribution. Les débats sont houleux, riches. Et petit à petit, les esprits s’apaisent aussi. On espère que le texte qui sortira sera le reflet des discussions que nous avons eues".

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[Synode] Renforcer l'accompagnement spirituel des jeunes

[Synode] Renforcer l'accompagnement spirituel des jeunes

Les discussions se poursuivent sur la question des jeunes, de la foi et des vocations autour du Pape à Rome...

 Un synode auquel participe le cardinal Sako, le patriarche de l'Église catholique chaldéenne. Pour lui, ce synode est différent. Tout d'abord parce qu'il trouve qu'il y a du raisonnement, de l'analyse autour des différentes interventions des jeunes et des experts.

Il l'a dit mardi dernier en conférence de presse : il apprécie la qualité des discussions. Mais ce qu'il attend surtout de ce synode, c'est la nécessité de trouver un langage compréhensible de l'Eglise par les jeunes. Pour lui, l'Eglise sort enfin de ses palais épiscopaux, dit-il, Reste désormais à se faire comprendre par les jeunes.
 
Autre continent, autre réalité. C'est le sujet de la drogue qui préoccupe Jaime Spengler, l'archevêque de Porto Allegre au Brésil. Il regrette que le sujet n'ait pas encore été abordé dans ce synode, car il le dit : c'est le fléau de son pays, et particulièrement de la jeunesse.

Pour lui, ces jeunes sont les crucifiés d'aujourd'hui. Il a même ajouté une comparaison qui a fait tiquer l'assemblée en affirmant que la drogue tuait plus au Brésil que la guerre en Syrie... Une comparaison dont ne s'est pas offusqué le cardinal Sako qui a bien distingué les deux phénomènes.
 
Le synode des évêques se poursuit, mais les discussions sur le discernement des vocations, elles, sont terminées. Et lors de la présentation de ce document, un consensus a été trouvé quasi immédiatement - ce qui est suffisamment rare pour le souligner- sur l'accompagnement dont il a beaucoup été question ces derniers jours.

Tous les groupes de discussion ont mis en garde contre les possibles dérives de l'accompagnement personnel. Tous ont insisté sur la dimension nécessairement communautaire de l'Eglise et ont émis des craintes face à un possible individualisme. Un accompagnement spirituel, oui, mais en groupe, en paroisse, ou dans les différents mouvements d'Eglise.

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[Synode] Frère Aloïs: "les jeunes demandent un langage qui parle au coeur"

[Synode] Frère Aloïs: "les jeunes demandent un langage qui parle au coeur"

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, est l'invité spécial du pape François à l'occasion du synode des jeunes.

Frère Aloïs, prieur de la communauté œcuménique de Taizé, est l’invité spécial du pape François à l’occasion du synode des évêques sur les jeunes, la foi, et le discernement vocationnel. "C’est extraordinaire et fascinant d’écouter des évêques venant de situations si différentes" remarque-t-il notamment, quinze jours après le début de ce synode.

Pour Frère Aloïs, l’Église doit se faire mieux comprendre aujourd’hui, et donc changer son langage. "Je ne veux pas dramatiser cela. Il est sûr que l’Église doit apprendre le langage des jeunes, mais cela ne suffit pas. Les jeunes demandent beaucoup plus. Ils demandent un langage qui parle au cœur des gens, qui parle de l’acceptation, de la valeur de chaque vie humaine, de beauté de la création, qui partage leurs inquiétudes. Ce n’est pas un simple problème technique, il s’agit beaucoup plus de parler avec le cœur" ajoute-t-il.

Taizé est un exemple souvent cité à Rome durant le synode. "Nous sommes nous-mêmes étonnés que depuis bientôt cinquante ans des jeunes viennent à Taizé. Vont venir beaucoup de jeunes Français pour les vacances de la Toussaint. Il y a de tout. Il y a ceux qui croient profondément, ceux qui sont très loin. La foi aujourd’hui s’exprime justement avec un langage très différent" lance Frère Aloïs.

"Je suis touché de voir dans les églises, des endroits où est inscrit le mot écoute. Ce sont souvent des femmes, des gens à la retraite, qui accueillent, qui sont disponibles. Ils reçoivent  toute sorte de question. Comment donner de la visibilité à ces initiatives ?" s’interroge Frère Aloïs qui conclut en assurant qu’il y aura beaucoup d’imagination pour mieux accueillir, "si nous en sentons la nécessité intérieurement".
 

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé:

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