Synode sur la jeunesse, dossier spécial

Du 3 au 28 octobre, la radio bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.

Après le synode sur la famille, l’Église exprime sa volonté de mieux accompagner les jeunes du XXIè siècle et de les rejoindre dans ce qu'ils vivent. Du 3 au 28 octobre 2018, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". Et avant la réunion des évêques, en guise de préparation le pape François a réuni 300 jeunes pour un pré-synode à Rome, du 19 au 24 mars 2018.
 

"Le malaise économique et social des familles, la façon dont les jeunes assument certains traits de la culture contemporaine et l’impact des nouvelles technologies requièrent une plus grande capacité de répondre au défi éducatif dans son acception la plus large."
Pape François

 

 

PROGRAMMATION SPÉCIALE SYNODE SUR RCFTous les jours à 19h10, vous retrouvez Le Magazine du Synodeen partenariat avec Vatican News et plusieurs rendez-vous dans La Matinale RCF :
- Chaque jour à 7h25, Le Point du Synode ;
- Tous les mercredis à 8h10 Stéphanie Gallet reçoit dans Le Grand Invité un participant au synode ;
- Tous les vendredis à 7h12, Le Dossier du jour est réalisé en direct de Rome pour vous faire revivre les temps forts de la semaine.

 

 

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À lire, la Lettre du pape aux jeunes

Le pape François a adressé une lettre aux jeunes dans la perspective du synode. Un beau texte où le pape reprend les paroles de Dieu à Abraham, dans la Bible: «Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai.» (Gn, 12, 1). Quitter son foyer, ses parents pour bâtir sa propre vie: mais pour aller? Comment faire des choix? C'est là tout l'enjeu au cœur du discernement vocationnel. Le souverain pontife montre par cette lettre que l'Église souhaite être proche des jeunes en ce moment important de leur vie.
 

À Cracovie, lors de l’ouverture de la dernière Journée Mondiale de la Jeunesse, à plusieurs reprises je vous ai demandé: «Peut-on changer les choses?».
Et vous avez crié ensemble un retentissant «oui!». Ce cri naît de votre cœur juvénile qui ne supporte pas l’injustice et ne peut se plier à la culture du déchet, ni céder à la globalisation de l’indifférence.
Écoutez ce cri qui monte du plus profond de vous! Même quand vous ressentez, comme le prophète Jérémie, l’inexpérience due à votre jeunesse, Dieu vous encourage à aller là où Il vous envoie: «N'aie aucune crainte […] car je suis avec toi pour te délivrer» (Jr 1, 8).

 

Le synode des jeunes, mode d'emploi

Le Point du Synode

​Aujourd’hui s’ouvre à Rome le Synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Etienne Pépin dresse le programme de cet événement unique pour l'Eglise.

Le pape François a réuni autour de lui pendant un mois 267 pères synodaux (dont 4 évêques français), 23 experts, 49 auditeurs et, c’est une nouveauté, des jeunes… En tout, 36 jeunes du monde entier. Les pères synodaux veulent en effet se laisser interpeller par les jeunes…

Chaque jour c’est donc un jeune qui introduira le travail de l’Assemblée. Les 36 jeunes qui siégeront aux cotés des évêques pourront d’ailleurs parler librement et proposer des amendements. Une rencontre est aussi organisée pour les jeunes, samedi prochain au Vatican, par le pape et les pères synodaux.
 

Comment vont se dérouler les travaux pendant ce synode ?

Pendant un mois, les travaux du synode se dérouleront suivant le contenu de l’instrumentum laboris. Un document de synthèse de toutes les consultations depuis la convocation du pape le 6 octobre 2016. Une convocation qui s'est déroulée en trois parties :  un questionnaire en ligne, un séminaire international en septembre 2017 et la réunion pré-synodale avec des jeunes du monde entier en mars dernier. Il y a trois parties dans cet instumentum laboris : "l’Eglise à l’écoute de la réalité", "la foi et le discernement vocationnel", "les chemins de conversion pastorale et missionnaire".
 

Comment ça se passe un synode exactement ?

Le synode est un exercice de collégialité par excellence… Il est convoqué par le pape lorsqu’il souhaite être conseillé sur un thème particulier. Cette fois, il s’agit de la place des jeunes dans l’Eglise… Le Pape préside le synode, et il nomme des présidents délégués.

L’assemblée est dirigée par un secrétaire général. Ici c’est le cardinal Lorenzo Baldisseri. Il travaille avec un rapporteur général, le cardinal Sérgio da Rocha qui lui-même rédigera les conclusions des travaux. À la fin du synode, le 24 octobre prochain, un document final du synode sera présenté aux évêques. Il sera voté le 27 octobre avant d’être remis au pape. Habituellement, l’évêque de Rome rédige ensuite une exhortation apostolique post-synodale.
 
 

[Synode] Les jeunes au pape: "Dites-nous comment devenir saints!"

[Synode] Les jeunes au pape: "Dites-nous comment devenir saints!"

Qu'attendent les jeunes de l'Église? Quelles sont leurs préoccupations? Alors que les évêques sont réunis en synode à Rome, RCF donne la parole à deux étudiants, Gaëtan et Guilhem.

Le pape François a célébré ce matin la messe d'ouverture du synode sur "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". Il rassemble à Rome 267 pères synodaux, mais aussi 23 experts et des jeunes de 16 à 29, qui les invités exceptionnels de ce synode. Depuis qu'il l'a annoncé en octobre 2016, le pape n'a cessé d'encourager les jeunes à prendre la parole. Etienne Pépin et Olivier Bonnel reçoivent deux jeunes français arrivés à pied de Bretagne jusqu'à Rome pour participer à la soirée organisée par le pape ce samedi. Gaëtan et Guilhem nous confient leurs espérances pour l'Église.

 "Le pape et les évêques doivent nous montrer comment suivre vraiment le Christ dans notre société actuelle"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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qu'est-ce qu'un synode ?

Dans la tradition de l'Église catholique, il s'agit d'un excercice de collégialité convoqué par le pape quand celui-ci désire être conseillé sur un thème particulier. En octobre 2014, le pape François avait convoqué une assemblée générale extraordinaire du synode des évêques, sur le thème : "Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation".

Pour ce synode des jeunes, le cardinal brésilien Sérgio da Rocha, nommé rapporteur général, en rédigera les conclusions. Un document final sera voté le 27 octobre, avant d'être remis au chef de l'Église. Habituellement, celui-ci rédige une exhortation apostolique post synodale.
 

qu'est-ce que les jeunes attendent de l'Église  ?

"Un nouvel élan", confie Gaëtan. "L'institution doit être ferme et savoir où elle veut aller", poursuit Guilhem. Pour les deux étudiants, futurs médecin et ingénieur, "l'Église a toujours été un appui sur lequel baser notre foi et construire notre vie". Ils attendent des évêques "des bases solides" pour "devenir missionnaires et vouloir devenir des saints".

Là où les jeunes sont prêts à "apporter une viatlité dans l'Église" ils attendent que le pape et les pères synodaux les "enracine dans la vérité qu'est l'Évangile". Guilhem et Gaëtan ont envie de dire au pape et aux évêques qu'ils "aiment l'Église", que "leur travail et beau" et qu'ils leur "font confiance". "Mais ils doivent nous montrer comment suivre vraiment le Christ dans notre société actuelle."
 

Qu'est-ce qui les inquiète dans la société ?

Transmission de la foi, travail, sexualité... De nombreux thèmes seront abordés lors du synode. Pour Gaëtan, il y a aussi "la question de la vocation" qui est "très importante" à une époque où il y a une "crise de la vocation en France". Lui qui se destine à être médecin se dit particulièrement préoccupé par les questions de bioéthique. PMA, GPA, avortement, euthanasie... "On a l'impression qu'il n'y a plus de limites entre le bien et le mal." 

Les 16-29 ans vont devoir relever d'importants défis anthropologiques, liés à l'environnement, l'économie, le numérique... C'est du "concret" que les deux jeunes gens attendent de la part des pères synodaux. Ils veulent des outils pour ne pas avoir peur d'être des "témoins du Christ" et aller au-devant d'un monde sinon indifférent, du moins qui n'attend pas les chrétiens.

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] En quoi l'Évangile est une bonne nouvelle pour les jeunes?

Halte spirituelle, l'intégrale

À l'occasion du synode des jeunes qui s'ouvre à Rome, Nathalie Becquart, religieuse xavière, dresse un état des lieux sur la place de la jeune génération dans l'Eglise catholique.

Les 16-29 ans représentent 1,8 milliard d'individus, soit 25% de la population mondiale. À une époque de bouleversements sociétaux, il semble que l'écart culturel se creuse entre "les jeunes" et les générations qui les précèdent. Le pape François l'a bien compris, lui qui depuis le début de son pontificat ne cesse de les interpeller. Il souhaite voir les jeunes s’engager dans la société et au sein de l'Église. Le synode qu'il a convoqué sur le thème "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel" a pour objectif de permettre à l'Église de discerner comment rejoindre les jeunes, comment leur proposer l'Évangile comme un repère pour leur vie. "Peut-être ce synode il vient aussi parce qu'il y a un constat que c'est pas si simple pour l'Église dans beaucoup d'endroits de rester proche des jeunes", explique Sr. Nathalie Becquart.

"Entre les générations on n'est pas dans un affrontement mais dans une difficulté à se comprendre, les jeunes passent beaucoup de temps avec leurs pairs, il y a un vrai enjeu à se comprendre mutuellement. Le synode peut aider à cela."

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Pourquoi un synode sur la jeunesse ?

C'est lors du synode sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation, aussi appelé Synode sur la famille, en octobre 2014, que l'éducation est apparue comme l'un des défis majeurs pour la société et pour l'Église. Dans son exhortation apostolique post-synodale Amoris lætitia, le pape consacre tout un chapitre à l'éducation, ainsi que le remarque Sr. Nathalie Becquart.

"​Chers jeunes, le cœur de l’Église est jeune, précisément parce que l’Évangile est comme la sève vitale qui la régénère continuellement", a dit le pape François le 19 mars 2018, dans son discours d’ouverture pour la réunion pré-synodale des jeunes. En disant "le cœur de l'Église est jeune", le pape donne un message aux jeunes générations : oui, elles ont leur place dans l'Église. Et l'Église peut être pour elles un guide, une aide, une présence. Le défi, c'est de savoir comment le leur dire ? Le synode sur la jeunesse qui se tient ce mois-ci à Rome a nécessité deux ans de préparation.

 



 

Un écart entre les générations

"Entre les générations on n'est pas dans un affrontement mais dans une difficulté à se comprendre, les jeunes passent beaucoup de temps avec leurs pairs, il y a un vrai enjeu à se comprendre mutuellement. Le synode peut aider à cela." La rencontre intergénérationnelle est l'un des enjeux du synode. "Les personnes âgées ont ce charisme de porter les racines. Parlez avec les personnes âgées", encourageait le pape.

Sr Nathalie Becquart a été durant 10 ans la directrice du Service national pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations (SNEJV) à la Conférence des évêques de France. Elle a beaucoup étudié et observé cette génération des 16-29 ans. "Une génération qui a envie de s'impliquer" et de changer le monde, "mais qui a besoin être bien accompagnée". "Le maître-mot du synode c'est l'écoute", souligne la religieuse. 

 



 

LES JEUNES FRÉQUENTENT-ILS ENCORE L'ÉGLISE ?

16-29 ans, c'est l'âge de la transition, du passage de l'enfance à l'âge adulte, "l'âge des grands choix" et des questionnements, notamment d'ordre spirituel. Aujourd'hui, leur rapport à la religion n'est plus sociologique : leur choix d'appartenance religieuse ne se fait plus forcément en fonction de ce qu'on leur a transmis ou pas, mais résulte d'un choix personnel. Nathalie Becquart remarque des "trajectoires de construction d'identité religieuse différenciées et de plus en plus subjectives". Et en 2018, un jeune qui se pose des questions sur la religion ou d'ordre spirituel va d'abord sur internet.

Ce que les jeunes attendent des membres de l'Église c'est une attitude cohérente et authentique. À ce titre, le pape François, par ses paroles et ses engagements, "il fait ce qu'il dit et il dit ce qu'il fait", représente selon Nathalie Becquart un bon interlocuteur pour les jeunes qui veulent une Église "relationnelle".

 

Synode des jeunes: pour soeur Nathalie Becquart, "une Eglise synodale est une Eglise de l'écoute"

Soeur Nathalie Becquart, ancienne directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations, revient sur la première semaine de synode des jeunes.

Soeur Nathalie Becquart n'est plus directrice du Service National pour l'Evangélisation des Jeunes et pour les Vocations à la Conférence des Evêques de France. Mais son expérience de dix ans à la tête de ce service l'a conduit à participer en tant qu'auditrice au synode des jeunes qui se tient actuellement à Rome. Au micro d'Etienne Pépin, envoyé spécial de RCF au Vatican, elle revient sur cette première semaine.

"Les auditeurs participent comme les évêques à toutes les séances en plénière. Chaque auditeur a quatre minutes d’intervention en plénière sur un numéro de son choix du texte instrument de travail. Et on va aussi être dans les petits groupes de travail, les groupes linguistiques. On participe vraiment à l’ensemble comme les évêques, mais on n’a pas le droit de vote" explique-t-elle notamment.

"On est tous là pour partager nos expériences, nos regards. Mais ce avec quoi j’arrive, et que j’ai déjà expérimenté, c’est vraiment un désir d’écoute. Une Église synodale est une Église de l’écoute. L’exercice du processus synodal est un exercice de discernement qui passe par une écoute profonde de l’Esprit Saint à travers l’écoute de tous ceux qui sont là et avec une attention très particulière qui est l’écoute des jeunes. C’est ça le maître mot" ajoute Soeur Nathalie Becquart.

Dans son message d’introduction, le pape François parlait des relations intergénérationnelles. "C’est fondamental. L’Eglise est déjà faite de toutes ses générations. Chacun y a sa place quel que soit son âge, et chacun y apporte son charisme particulier. Le pape François a d’emblée mis cela dans son homélie de la messe d’ouverture, qui était aussi un temps très fort. C’est l’enjeu du synode d’approfondir ces relations, de mieux se comprendre. On est là pour ça" précise l'auditrice du synode des jeunes.

Le synode des jeunes va brasser de nombreux sujets. Certains auditeurs ont déjà leurs sujets de prédilection. À l’image de Sœur Nathalie Becquart. "Ce qui m’habite après ces dix années de mission à la Conférence des Evêques, c’est vraiment l’enjeu de travailler dans la collaboration en équipes plurielles, de donner des responsabilités aux jeunes en les associant dans nos équipes missionnaires, dans une diversité de vocation. C’est la communion qui est missionnaire. C’est aussi fondamental que l’Eglise déploie cette collaboration homme-femme dans la Mission" conclut-elle.

Soeur Nathalie Becquart, ex-directrice du SNEJV à la Conférence des Evêques de France: 

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Au synode, des jeunes viennent demander de l'aide à l'Eglise

​Au synode, les jeunes viennent avec leurs questions, leurs préoccupations, mais aussi avec leur espérance. C’est le cas de Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy.

Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy a 23 ans. Elle vient de Madagascar et fait partie des 36 jeunes auditeurs présents pour le synode des évêques sur les jeunes, à Rome. Elle est présidente nationale des jeunes étudiants catholiques de Madagascar, et elle répond aux questions d'Etienne Pépin.

"On a rencontré le pape à trois reprises. Il est toujours là avec nous. On peut discuter avec lui. Mais ce que je veux faire, c’est aider les jeunes. En tant qu’étudiants, nous avons un gros problème d’éducation à Madagascar, surtout en ce qui concerne l’instabilité politique. L’éducation est en crise. Il faut que les jeunes se tournent vers l’Église pour avoir de meilleures idées, pour avoir plus d’attention. Nous sommes là pour être écoutés, et pour avoir une solution pour l’éducation" explique-t-elle.

Outre le problème éducatif, à Madagascar, les jeunes ont tendance à se tourner vers les sectes. "Concernant la liturgie et les homélies, l’Église n’est pas tout à fait ouverte. Il y a deux sortes d’églises, les églises évoluées, et celles qui gardent la traduction ancestrale, surtout dans les zones rurales. Certains jeunes se sentent délaissés et ils se tournent vers les sectes" ajoute Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy.

Cette dernière est persuadée que les pères synodaux pourront répondre à ses interrogations. "Lorsqu’ils nous écoutent, ils peuvent nous proposer des solutions. Nous nous sentons en sécurité. Nous avons la confiance envers l’Eglise. Elle peut nous aider. Les prêtres qui travaillent dans les églises sont disponibles pour nous. Nous avons ce que nous ne pouvons pas avoir sur place. Si les prêtres sont prêts à écouter, alors les jeunes se tourneront vers l’Eglise, et ça c’est une bénédiction pour nous les jeunes" conclut la présidente nationale des jeunes étudiants catholiques de Madagascar.

Tahiry Malala Marion Sophie Rakotoralahy, présidente nationale des jeunes étudiants catholiques de Madagascar:

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[Synode] Devenir prêtre ? Oui mais pas isolé !

Le magazine du Synode

Le synode sur la jeunesse se poursuit, alors que les crises qui secouent l'Église rendent plus cruciales les questions du discernement de la vocation et des conditions de vie du prêtre.

Les participants au synode sur "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel", qui se déroule en ce moment à Rome, présenteront demain leurs rapports sur les principales attentes de jeunes vis-à-vis de l'Église. Un synode qui se déroule alors que le scandale des abus sexuels reste fortement présent dans l'esprit de tous. Comment parler aux jeunes dans ce contexte ? L'Église a-t-elle encore la possibilité de susciter des vocations sacerdotales ? Pour en parler, Antoine Bellier et Cyprien Viet reçoivent Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, dominicain, et Charles-Thierry Ndjandjo, séminariste en cinquième année au séminaire pontifical français de Rome, qui sera ordonné prêtre pour le diocèse de Pontoise (Val d'Oise).

"Être seul dans un village avec 10 personnes à la messe : le prêtre a-t-il une communauté ? A-t-il de vrais frères ?"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Les jeunes, la foi et... l'indifférence religieuse ?

Si la jeunesse actuelle semble manifester une certaine indifférence vis-à-vis de l'institution religieuse, elle reste attachée aux valeurs telles que "la solidarité ou le désir d'amour", ainsi que le notre Mgr Macaire. "Il faut être un héros pour être chrétien !" dit-il avec humour : les crises qui ternissent l'image de l'Église risquent d'en éloigner les jeunes, ou du moins les "fragiliser dans leur cheminement". 

Les jeunes chrétiens, déjà proches de l'institution religieuse, ont, quant à eux, "l'envie de montrer leur fierté d'être chrétiens", observe Charles-Thierry Ndjandjo. "Ça peut aussi avoir des aspects négatifs lorsque l'on parle de repli identitaire, mais il ne s'agit pas de ça, il s'agit de la volonté du chrétien de réaffirmer sa foi en Jésus Christ." Des jeunes "que l'Église n'aide pas assez", pour Mgr Macaire. "Les jeunes ne se sentent pas forcément bien dans les paroisses, ils n'y trouvent pas l'accompagnement, quelque chose de spécifique..."
 

Abus sexuels : La crise et LE DISCERNEMENT

Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, a aujourd'hui pris la parole en salle de presse pour parler des abus sexuels : "Nous devons réaliser que ce n'est pas un problème lié à certaines cultures, a-t-il dit, mais nous réalisons qu''il y a différentes façons d'aborder ce problème à travers le monde... Nous avons besoin de nous réunir ensemble... De donner des réponses à quelque chose qui concerne tout le monde, partout." Ce à quoi Mgr Macaire ajoute sur l'antenne de RCF : "On n'est pas des amoureux d'une institution, mais nous luttons pour quelqu'un, le Christ. Le combat est plus évident encore."

Cette crise liée aux abus sexuels dans l'Église rend plus crucial encore le discernement au cours des années de formation au séminaire. "La question de l'équilibre affectif des futurs prêtres est primordiale", témoigne Charles-Thierry Ndjandjo. "Dès la première année nous avons des sessions pour nous aider à discerner la manière dont nous avons à nous positionner vis-à-vis des autres : comprendre ce qu'est la chasteté, c'est-à-dire la juste distance à l'autre." Le séminariste confie combien la question se pose ces temps-ci de manière "plus blessante" et "inconfortable". Mais selon lui, elle "invite chacun des séminaristes à approfondir avec sainteté et pragmatisme la vie à laquelle il est appelé".
 

Vocation : Être prêtre ? oui, mais pas isolé

La question qui se pose aujourd'hui aux prêtres, mais aussi aux jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse, c'est sa place au sein de la communauté. "Être seul dans un village avec 10 personnes à la messe : le prêtre a-t-il une communauté ? A-t-il de vrais frères ?" Le pape a dit lui-même qu'il fallait "autour de chaque prêtre une communauté de disciples missionnaires". 

Dans le diocèse de Pontoise, Charles-Thierry Ndjandjo a fait l'expérience des Fraternités missionnaires des prêtres pour la ville (FMPV), ces communautés sacerdotales de prêtres diocésains dont la mission est l’annonce de l’Evangile en milieu urbain. "La particularité de ces structures paroissiales, c'est de vivre en fraternité, de vivre de la fraternité." Expérience qui fait dire au séminariste combien est nécessaire pour un prêtre le fait d'être "entouré d'une communauté et aussi de frères prêtres".
 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Pour Marguerite-Marie Le Hodey, "la jeunesse belge a une vision assez négative de l'Eglise"

Parmi la quarantaine d'auditeurs invités au synode des jeunes, on compte une jeune belge, Marguerite-Marie Le Hodey. Une agnostique membre d'un réseau favorisant les entreprises familiales.

Marguerite-Marie Le Hodey est membre de l'association mondiale des entreprises familiales, un réseau invité au synode à l'initiative du dicastère pour le développement humain intégral. Elle livre ses impressions quelques jours après le début de ce rendez-vous ecclésial. 

"C’est un processus qui est très long et qui a toujours été mené par tous les évêques. Il y a une première ouverture sur des jeunes, sur des femmes. Cela change les dynamiques. Il y a un peu un élément de surprise pour le moment" explique-t-elle tout d'abord au micro d'Antoine Bellier.

Chaque auditeur, chaque expert, chaque évêque a un temps de prise de parole de quatre minutes. Marguerite-Marie n’a pas encore pu intervenir, et elle ne sait pas encore sur quoi portera son intervention. "Je n’étais pas au courant de ces quatre minutes en arrivant ici. Je pensais que c’était juste des cercles dans lesquels tout le monde participait. Donc pour l’instant je n’ai pas encore préparé d’intervention" explique-t-elle. Cela dit, elle voit cette possibilité de prise de parole comme une opportunité. "Je pense qu’il faut venir avec une idée précise. C’est une bonne chose que l’on puisse participer. C’est important de pouvoir s’exprimer dans l’assemblée générale" ajoute cette auditrice du synode.

Marguerite-Marie Le Hodey est belge. Elle se dit agnostique. Elle revient également sur la vision qu'ont les jeunes Belges ont de l'Eglise. "Je pense que la jeunesse belge a une vision assez négative de l’Église. Elle la trouve trop fermée, trop vieille et qui n’accepte pas assez la diversité dans la société" lance-t-elle.

Elle fait partie d’un réseau "où toutes les entreprises familiales peuvent s’inscrire. Elles sont caractérisées par le fait qu’elles ont des objectifs à long terme. Elles se soucient plus de leur réputation et de ce qu’elles apportent au monde. C’est un réseau qui essaie d’entraîner les nouvelles générations à avoir plus de responsabilités sociétales et un meilleur impact sur le monde. C’est tout ce qui touche au développement et au traitement de l’être humain de façon plus positive. Ils ont engagé une conversation avec le Vatican depuis le synode sur la famille, et ils travaillent avec le dicastère du développement. C’est plus cet aspect de l’impact social de l’Église et des entreprises qu’ils essaient de développer".

Pour elle, l’Église a pu avoir dans le passé une vision un peu négative du monde de l’entreprise. Cela dit, elle est présente partout dans le monde. D’où ce travail de concert avec les autorités religieuses. "C’est important d’adopter une attitude plus positive sur l’engagement des jeunes dans les sociétés" lance-t-elle. "Grâce à toutes ces conversations avec les évêques et les jeunes, on a une meilleure représentation de ce qui se passe dans le monde. Chacun vient témoigner de la situation de son pays, de l’Église sur place. C’est assez intéressant" conclut Marguerite-Marie.

Marguerite-Marie Le Hodey, auditrice du synode des jeunes, interrogée par Antoine Bellier:

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[Synode] "Les jeunes ne veulent pas d'une Eglise bisounours" explique Mgr Percerou

[Synode] "Les jeunes ne veulent pas d'une Eglise bisounours" explique Mgr Percerou

Mgr Laurent Percerou, l'évêque de Moulins est l'un des quatre évêques français délégués pour ce synode des jeunes, de la foi et du discernement vocationnel.

Au micro d'Antoine Bellier, l'évêque du diocèse de Moulins fait le bilan de la première phase du synode qui a consisté à évoquer les préoccupations de la jeunesse sur de nombreux sujets : des migrants, au défis du numérique en passant par la sexualité. Mgr Laurent Percerou parle aussi du discernement, thème de la deuxième phase de ce synode et confie ses attentes sur le rapport final.

"Il y a des réalités très variées et en même temps on voit émerger des préoccupations qui sont communes à tous les continents. Préoccupations autour du rapport au numérique, autour de la relation à l’affectivité, à la sexualité. Des préoccupations quant à ces jeunes migrants qui arrivent chez nous en Europe. On voit également des préoccupations communes sur la manière dont on pourrait mieux intégrer cette jeune génération dans les communautés chrétiennes. J’ai découvert ce matin que cette préoccupation n’était pas que française" explique Mgr Laurent Percerou.

Que les jeunes interpellent l’Eglise, et que l’Eglise interpelle à son tour les jeunes, c’est une vraie nouveauté. "On est dans une phase de réception du Concile. Et en même temps, nous sommes à l’écoute des jeunes, mais rappelons-nous que l’Eglise est mère et maîtresse. Elle est mère accueillante, chargée d’être à l’écoute, et en même temps elle est maîtresse. Et nous sommes là pour leur enseigner le Christ. Il s’agit d’écouter pour leur annoncer l’Evangile dans la langue des jeunes. Il convient que l’Eglise accompagne ces jeunes sur le chemin du Christ. Nous nous rendons bien compte aujourd’hui qu’il y a parfois rupture" ajoute l'évêque du diocèse de Moulins.

"Il faut maintenir l’altérité. Les jeunes n’attendent pas une Eglise bisounours. Ils attendent une Eglise qui les accueille, qui les écoute, qui leur donne la place. Ils aspirent à pouvoir être formé, à découvrir la foi de l’Eglise, pour mieux la comprendre et pour mieux l’annoncer dans cette société liquide. Ils nous demandent qu’on leur donne des repères qui sont parfois exigeants mais qui vont leur permettre de rester à flot" conclut l'évêque du diocèse de Moulins.
 

Mgr Laurent Percerou, évêque du diocèse de Moulins:

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[Synode] Pour Emilie Callan, "les jeunes catholiques ont besoin de cohérence"

[Synode] Pour Emilie Callan, "les jeunes catholiques ont besoin de cohérence"

Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome pour le synode sur les jeunes, interroge l'un des 36 jeunes présents comme auditeur, au Vatican.

Emilie Callan est canadienne et auditrice au synode des jeunes. Elle est membre de la Fondation catholique "Salt and Light Catholic Television Network". Il s'agit d'un média télévisé catholique qui émet sur l'ensemble du Canada par câble. Elle livre à Antoine Bellier ses impressions sur le synode et parle aussi des enjeux de l'évangélisation pour la jeunesse au Canada. 

"Je savais un peu à quoi m’attendre car j’avais suivi le synode sur la famille. C’est une belle expérience d’Eglise. Il y a un peu de tension, un peu de stress au début. On voit vraiment l’Église universelle vivante. C’est une première d’avoir autant d’auditeurs jeunes au synode. On sent vraiment que l’on fait partie d’un moment historique" explique Emilie Callan.

"Je travaille la télévision catholique au Canada. Avant cette expérience, j’étais missionnaire laïque sur les campus universitaires au Canada. Je me base beaucoup sur cette expérience, car je travaillais beaucoup sur le terrain. J’étais en contact direct chaque jour avec les jeunes, pendant trois ans, sur la province du Québec. Je me fixe beaucoup sur l’évangélisation, sur la proclamation de l’Évangile" ajoute cette auditrice du synode.

Au Canada, Emilie Callan observe encore de la résistance parmi les jeunes concernant le catholicisme. "Elle pourrait s’expliquer par l’histoire. Il y a encore des séquelles de la révolution tranquille dans le sens où les jeunes ne voient pas l’Église comme très crédible. Mais c’est une réalité dans plusieurs parties du Canada, on ne fait pas trop confiance en l’institution. C’est sûr que quand on voit les scandales, cela repousse un peu les gens" précise-t-elle.

La crédibilité de l’Eglise est aujourd’hui fortement entamée à cause des scandales d’abus sexuels. Un problème qui concerne aussi le Canada. "Le scandale des abus sexuels a déjà secoué l’Eglise canadienne. Il y a eu certaines provinces qui ont fait face à ces scandales il y a une dizaine d’années. Il y a dix ans, les évêques avaient déjà mis en place des mesures pour protéger les personnes les plus vulnérables. Mais nous sommes solidaires avec nos voisins américains. Les jeunes catholiques ont besoin de cohérence" lance Emilie Callan.
 

Emilie Callan, auditrice au synode des jeunes:

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[Synode] À Rome, l'Église et les jeunes constatent leur commune fragilité

Le magazine du Synode

L'Église assemblée en synode vit des moment importants. Désireuse d'écouter la jeunesse et de se laisser interpeller, l'institution ecclésiale fait du même coup l'expérience de sa fragilité.

Le synode sur la jeunesse se poursuit. Les pères synodaux, les experts, les auditeurs, les jeunes et le pape débattent à partir du document de travail, ou instrumentum laboris. Ils ont aujourd'hui élaboré une synthèse de la première partie sur les préoccupations de la jeunesse. Place désormais à la deuxième partie sur le discernement et les vocations. Antoine Bellier et Cyprien Viet reçoivent Mgr Pierre Jubinville, évêque de San Pedro (Paraguay) et le Père Frédéric Fornos, directeur international du Réseau mondial de prière du pape et directeur du Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ). L'occasion d'évoquer plus particulièrement la jeunesse d'Amérique latine, confrontées en grande partie à de réelles difficultés.

"On a dit ce matin que la fragilité est une condition commune à l'Église et aux jeunes"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Avoir 20 ans au Paraguay

Il y a beaucoup de jeunes dans ce pays d'Amérique latine. Pour l'évêque de San Pedro il est frappant de constater qu'une grand partie sont issues de familles fragmentées. Ils sont nombreux à travailler en plus de leurs études pour les financer et aussi pour prendre soin de leurs grands-parents. Dans un pays où les parents partent travailler à la ville ou dans d'autres pays, la place des grands-parents est essentielle dans la transmission de la foi. Pour le P. Fornos, la foi précisément est ce qui les aide à faire face à ces difficultés.

Lors de son voyage au Paraguay en 2015, le pape François avait longuement écouté des témoignages de jeunes, certains réellement poignants. Celui-là qui évoquait une parente malade d'Alzheimer, cet autre blessé par la vie, ou un autre encore qui avait fait de la prison... "Le pape avait réussi à aller chercher dans chacun des témoignages un fait, se souvient le Père Fornos, cela avait été une relecture de foi splendide !" Particulièrement populaire au Paraguay, le pape suscite un enthousiasme particulier auprès de la jeunesse.
 

L'Église et les jeunes, Une expérience commune de fragilité

Le pape François manifeste d'ailleurs depuis le début du synode une joie et une disponibilité qui en étonne plus d'un. L'universitaire Chiara Giaccardi, qui participe au Synode en tant qu’experte, confie : "Je crois que pour l'Église, le pape a été destabilisant, mais c'est un mouvement qui est salutaire, il oblige l'Église à se repenser. Il y a beaucoup de problèmes dans l'Église, on a beaucoup parlé des scandales, on a fait un mea cupla... Mais il faut partir de sa fragilité, de la fragilité de l'Église. On a dit ce matin que la fragilité est une condition commune à l'Église et aux jeunes."

Partir de cette expérience de fragilité et s'ouvrir à l'autre : écouter les jeunes, les inciter à aller à la rencontre du pauvre et à prendre des responsabilités dans l'Église. Comme le note le Père Fornos, "à partir du moment où un jeune fait une expérience personnelle de rencontre avec le Christ, il y a une générosité qui se déploie dans son cœur". Et certains n'attendent pas d'être plus âgés pour s'engager. Ainsi, au Paraguay, le directeur du MEJ a vu des jeunes de 14 ans prendre des responsabilités dans l'Église.
 

Le synode, et après ?

Il se murmure dans les couloirs du Vatican, qu'à l'issue du synode certains aimeraient qu'en plus de la traditionnelle exhortation apostolique post-synodale, un message soit adressé directement aux jeunes. Pourquoi pas sous la forme de message vidéo."Le langage visuel touche les cœurs", admet le Père Fornos. Le Réseau mondial de prière du pape qu'il dirige est à l'origine des Vidéos du pape, publiées chaque mois.

Ce débat qui n'en est pas tout à fait un a le mérite de poser la question de l'après-synode. Pour Mgr Pierre Jubinville, "il devrait y avoir des processus qui continuent, quelque chose de plus qu'un texte, des pédagogies..." Plus de formations notamment pour les prêtres et les responsables. "Être avec les jeunes ne se délègue pas, il faut y être. Tous les pasteurs de l'Eglise soivent être présents, se former pour accompagner, être là." Tous conviennent que le synode ne doit pas rester un texte ou un rapport.

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Le cardinal Tsarahazana appelle les pasteurs à avoir un message crédible envers les jeunes

Le Point du Synode

Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome pour le synode des jeunes, est allé à la rencontre d'un de ses acteurs principaux : Mgr Désiré Tsarahazana.

Il est l'un des quatre président délégués du synode. Le cardinal Tsarahazana est un homme au regard doux, au ton posé mais ferme et déterminé à faire entendre la voix de l’Eglise dans cette île de l’Océan Indien où la jeunesse est confrontée à de nombreux défis.

Le cardinal a récemment pu apprendre que le pape François se rendrait à Madagascar en 2019. "Il va venir chez nous" a déclaré simplement Mgr Tsarahazana, ne donnant pas plus d’indications sur cette possible visite apostolique. Ce serait la première fois depuis 30 ans, c'est-à-dire depuis Jean-Paul II, qu’un pape se rendrait sur la Grand Ile. Mais, le porte parole de la salle du presse du St Siège, Greg Burke n’a pas confirmé cette information, évoquant simplement que le projet était dans un état d’étude avancée.

Présent au synode des jeunes, le cardinal malgache a rappelé que l’Eglise dans son pays était une institution stable, malgré ses imperfections et que les jeunes étaient nombreux à participer à sa vie. Une jeunesse enthousiaste mais marquée par des défis énormes comme ceux de l’extrême pauvreté, conséquence d’un taux de chômage élevé et d’une corruption qui gangrène la société dans son ensemble.

Selon Mgr Tsarahazana, l’Eglise et en particulier ses pasteurs, tels des pères aimants ne doivent pas se dérober devant les questions et les besoins de cette jeunesse. Même s’il est parfois difficiles de trouver des solutions immédiates, il ne faut pas que les prêtres aient peur de parler aux jeunes a martelé le cardinal, sinon ceux-ci vont trouver leurs réponses ailleurs et notamment parmi les sectes qui pullulent sur l’ile.

Le cardinal malgache a donc lancé un appel sans équivoque à la conversion lancé en priorité aux pasteurs de l’Eglise pour que ce qu’ils disent aux jeunes ne soient pas des paroles en l’air mais un message crédible, résultat d’une expérience vécue. Car seul le vrai témoignage attire, a dit de son ton posé le cardinal malgache. Une belle exhortation au cœur de ce synode des jeunes qui poursuit en ce moment ses travaux autour de la question de la dynamique vocationnelle et du discernement. 

[Synode] "Compte-tenu du contexte de l'Eglise, il y a une attitude de très grande humilité" explique Nathalie Becquart

Le Grand Invité

​Le synode des jeunes est entré dans sa deuxième phase. À cette occasion, Stéphanie Gallet reçoit l’une des actrices principales de la pastorale des jeunes, Sœur Nathalie Becquart.

Nathalie Becquart était jusqu’à quelques semaines la directrice du Service National pour l’Evangélisation des Jeunes et les Vocations au sein de la Conférence des Evêques de France. Elle est actuellement à Rome, au synode des jeunes, en tant qu’auditrice. "J’ai reçu un mail du secrétariat du synode m’annonçant que le pape François m’avait nommé comme auditrice. C’est un immense cadeau" explique-t-elle au micro de Stéphanie Gallet.
 

Le synode, "c'est l'expérience de l'Eglise"

Nathalie Becquart est par ailleurs l’une des rares femmes à participer au synode. La proportion est d’une femme pour dix hommes. "Je retrouve ce que j’ai vécu ces dix dernières années, quand je participais à l’Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes. Cela se vit de manière très simple, que l’on soit jeune, évêque ou cardinal, femme, religieuse. Il y a de la fraternité. J’avais la chance de connaître en arrivant un certain nombre d’évêques avec qui j’ai travaillé. Je connais pas mal de jeunes. Il y a également des collègues de la pastorale des jeunes. Très vite, et à la fin de la première semaine, il y a une confiance qui s’est instaurée. C’est l’expérience de l’Eglise" précise la religieuse.

"Ce qui me touche, et je ne suis pas la seule, c’est le climat très paisible, très fraternel, très simple. Tout le monde a le désir d’avancer ensemble pour la mission auprès des jeunes. Ce qui nous réunit tous ici, c’est le Christ. Il marche avec nous avec ce synode. La célébration d’ouverture avec le pape François a donné le ton" lance encore Nathalie Becquart.
 

"La parole des jeunes se retrouve dans les mots des évêques"

L’Eglise traverse actuellement une grave crise. Ce qui n’empêche pas le synode de se tenir de façon sereine, pour Nathalie Becquart. "C’est vrai que c’est bien présent. On ne vit pas le synode de manière déconnectée. On le vit à l’instant présent, en octobre 2018, avec tout ce qui traverse l’Eglise. Les évêques en ont très conscience. L’Eglise est dans une forme de tempête mais on est enraciné dans la foi. Compte tenu de ce contexte, il y a une attitude de très grande humilité" précise l’auditrice.

Cette dernière s’est énormément investie dans la préparation de ce synode. C’est aussi pour cette raison que le Vatican lui a demandé d’y participer. "Je suis arrivé en étant vraiment ouverte. Je me suis préparé spirituellement et je peux dire que pour l’instant, oui, je suis vraiment très heureuse et très touchée de ce qui se passe, du chemin qui est en train de se faire. Ce qui me touche beaucoup, c’est que l’esprit du pré-synode, la parole des jeunes, se retrouve ici, dans la parole des évêques" conclut-elle.

[Synode] Mgr Kockerols se prononce en faveur de l'ordination d'hommes mariés

[Synode] Mgr Kockerols se prononce en faveur de l'ordination d'hommes mariés

Intervenant mercredi 10 octobre durant le synode des jeunes, Mgr Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, s'est déclaré favorable à l'ordination d'hommes mariés.

"La vocation fondamentale: l'appel à la vie"

Alors que le synode des évêques sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel a entamé sa deuxième semaine, en se penchant plus particulièrement sur la question des vocations, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, s'est déclaré favorable à l'ordination d'hommes mariés.

Intervenant durant les quatre minutes règlementaires auxquelles ont droit les participants au synode, l'évêque belge a tout d'abord rappelé que "la vocation fondamentale qui résonne dans la conscience de tout être humain est l'appel à la vie". Un "chemin d'humanisation" pour l'évêque auxiliaire du diocèse de Malines-Bruxelles.
 

"La vocation baptismale ouvre le coeur"

Ce dernier a ensuite dénoncé le fait que l'Eglise devait aujourd'hui mieux accompagner les jeunes sur le chemin du discernement vocationnel, l'un des sujets-phares de ce synode. "L'Eglise se doit d'accompagner avec tact et pédagogie, le discernement des jeunes". Pour le prélat, l'Eglise doit ainsi mieux accompagner "sans forcer, les questions liées à l’état de vie : le mariage chrétien et le célibat pour le Royaume". Il a ajouté toutefois que "ces deux vocations méritent d’être, à part égale, mises en valeur par l’Eglise".

Dans cette perspective, Mgr Jean Kockerols a déclaré que "la vocation baptismale ouvre le cœur de certaines personnes - mariées ou célibataires - à l’appel de l’Eglise, au nom du Seigneur, à la servir, à être ministre de la communauté chrétienne". L'évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles a conclu son intervention en déclarant être "convaincu que certains jeunes, qui ont puisé dans la vocation baptismale leur appel à s’engager par les liens du mariage, répondraient volontiers « me voici » si l’Eglise devait les appeler au ministère presbytéral".
 

Une intervention "légèrement polémique" pour Mgr Kockerols

"J’ai voulu inscrire cette question dans la question plus vaste de la vocation. L’appel du Seigneur est d’abord l’appel enraciné dans le baptême. Cette vocation baptismale se déploie ensuite dans différentes vocations, dans le service de l’Eglise lorsque l’Eglise appelle au nom du Christ. Mais j’ai l’intime conviction que des jeunes qui ont  perçu dans la vocation baptismale l’appel à se marier et qui vivent le mariage de façon profondément chrétienne peuvent être appelés par l’Eglise au ministère presbytéral" a-t-il ensuite déclaré au micro d’Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome, reconnaissant le caractère "légèrement polémique de son intervention".

Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles:

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[Synode] Mgr Georges Wadih Bakouni: "les jeunes veulent des pasteurs"

[Synode] Mgr Georges Wadih Bakouni: "les jeunes veulent des pasteurs"

Il vient du pays où a vécu Jésus. Mgr Georges Wadih Bakouni livre ses impressions sur le synode des jeunes, et partage les attentes des jeunes de son diocèse.

Présent au synode des jeunes à Rome, Mgr Georges Wadih Bakouni, évêque greco-catholique melkite d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée livre au micro d'Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome ses impressions sur le synode. Il relaie également les attentes de jeunes de son diocèse situé sur le pays où a vécu Jésus. 

Dans un contexte de tension et de méfiance, pour Mgr Georges Wadih Bakouni, il ne faut désespérer ni des jeunes, ni de l'Eglise en général. "L’Eglise n’est pas faible. La situation n’est pas désastreuse. On parle de la crise des familles, de la crise des jeunes, de la mondialisation, de la relativité mais il y a encore beaucoup de jeunes et de chrétiens qui sont fidèles et qui sont attachés au Christ. J’attends que ce synode donne un nouvel encouragement, un nouvel élan à la mission de l’Eglise. Il faut aussi confier cette mission aux jeunes" explique-t-il notamment.

Pour le prélat oriental, il est important de saisir le fait que les jeunes ont besoin de guides, et de confiance à la foi. "Les jeunes veulent des pasteurs en premier lieu. Ils veulent que nous soyons proches d’eux, et que nous ayons confiance en eux. Les jeunes ne sont pas le futur de l’Eglise, ils sont aussi le présent de l’Eglise. Il faut leur donner de l’espace pour la mission. Il ne faut pas les juger comme si notre génération était la meilleure" ajoute l'évêque d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée.

"Les Eglises orientales doivent donner de plus en plus d’espace aux jeunes et leur confier la mission. Le rôle des laïcs est différent dans les pays orientaux, mais ce n’est pas toujours quelque chose d’acquis. Parfois, c’est trop clérical. Les défis viennent des gens. Certains ne veulent que des prêtres. Ils ne sont pas habitués à voir des laïcs en tant qu’accompagnateurs, qui font des études bibliques ou qui vont visiter les malades. C’est un problème commun entre les laïcs et le clergé. Mais si le clergé donne plus de confiance aux laïcs, plus de responsabilités, les fidèles vont s’habituer" précise Mgr Georges Wadih Bakouni.

Revenant sur sa situation personnelle, l'évêque d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée conclut en expliquant que "quand je dis aux pères synodaux d’où je viens, tout le monde réagit avec joie. C’est vrai que c’est une chance de vivre en Terre Sainte, mais Jésus est partout" conclut.
 

Mgr Georges Wadih Bakouni, évêque greco-catholique melkite d'Acre, Haïfa, Nazareth et toute la Galilée :

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[Synode] Maguelonne: "L'Eglise est parfois intimidante pour les jeunes"

[Synode] Maguelonne: "L'Eglise est parfois intimidante pour les jeunes"

Maguelonne est une étudiante française, actuellement en stage à Rome. Catholique convaincue, elle attend beaucoup de ce synode.

Maguelonne est une jeune étudiante de 23 ans, actuellement en études de relations internationales et en stage à Rome. Elle nous livre ses attentes de jeune chrétienne engagée à l'occasion de ce synode. 

"Les jeunes ont besoin d'une parole"

"Il y a l’âge de l’enfance où j’ai été bercé dans une famille de tradition catholique. Je ne me suis jamais trop posé de questions. Et puis il y a l’adolescence, la confirmation, on se rebelle. On remet plein de choses en cause et on revient souvent. Et puis il y a le début de l’âge adulte qui n’est parfois pas évident. On perd une certaine innocence par rapport à notre foi, à notre manière de la vivre, à l’Eglise. Mais c’est toujours beau de pouvoir espérer. Parfois la souffrance que l’on vit dans notre foi laisse place à un bonheur gigantesque" explique cette jeune étudiante.

"L’Eglise m’apporte une parole dont on est très demandeur. Nous les jeunes, on a besoin d’une parole. Et si l’Eglise ne nous la donne pas, on va aller la chercher ailleurs. On a besoin d’une parole et d’une unité dans cette parole. On a besoin d’un seul son de cloche. C’est toujours frustrant quand on entend plein de sons de cloches, qu’on ne sait plus très bien ce que l’Eglise nous demande. On a besoin d’une boussole" ajoute Maguelonne.
 

"J'attends beaucoup de simplicité"

"L’Eglise doit nous donner un chemin. Elle ne peut pas dans le concret de notre vie nous dire quelles décisions nous devons prendre. Mais on a besoin d’un chemin, d’idéaux de vie. On a besoin que l’Eglise soit une lumière et qu’elle nous donne une parole vers laquelle on tend. Et dans notre quotidien, sans la remettre en cause, cette petite parole nous aidera à avancer" lance-t-elle.

"Pour une jeune de mon âge, spirituellement, affectivement, professionnellement, il y a tout à faire. J’ai tout à construire. On a des aspirations énormes, et des désillusions qui sont parfois éprouvantes. De l’Eglise, j’attends vraiment des réponses concrètes sur ces questions. Sur l’affectif, on en parle beaucoup au synode. Il ne faut plus que la sexualité soit un tabou. Dans le domaine professionnel, on a aussi besoin de savoir que l’Eglise ne nous lâche pas dans un monde pas forcément évident" précise Maguelonne.

"J’attends beaucoup du synode, beaucoup de courage. Beaucoup de jeunes ont besoin de recevoir des messages qui nous donnent du courage. J’attends beaucoup de simplicité. J’attends que le texte qui ressortira nous parlera avec simplicité, qu’il nous parle du concret. On devrait avoir un discours plus simple, plus approprié. Quand il y a un discours simple, on le garde. J’attends aussi de la fin de ce synode qu’on nous parle comment retrouver la vie du Christ" conclut-elle.
 

Maguelonne, étudiante françaisede 23 ans :

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[Synode] "L'Église devrait utiliser internet avec enthousiasme"

Le magazine du Synode

Internet et des nouvelles technologies tiennent une place ô combien importante dans la vie des jeunes. Les évêques réunis à Rome en synode se penchent sur le sujet.

"Vous n'êtes pas un peu jeune pour être évêque ?" En 2011, Mgr Thomas Dowd est devenu à 41 ans le deuxième plus jeune évêque au monde. À celui qui lui a posé cette étonnante question, il a rétorqué que le Christ avait dit-on... 33 ans ! Alors que le synode des jeunes se poursuit à Rome, Cyprien Viet et Antoine Bellier reçoivent l'évêque auxiliaire du diocèse de Montréal pour parler d'internet et des nouvelles technologies, qui tiennent une place ô combien importante dans la vie des jeunes.

"L'Église devrait utiliser cet outil soigneusement et avec enthousiasme"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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La nécessaire présence de l'Église sur le web

Les pères synodaux ont entamé la deuxième partie du document de travail, où il est question de discernement et de vocation. Et en ce qui concerne le numérique, justement, il est fortement question de discernement. Mgr Thomas Dowd était le webmestre quand son diocèse du Canada a été le premier à lancer son site web. "Il y a différentes manières d'être présent sur Internet, explique-t-il, mais c'est essentiel, pas parce que la technologie est importante, mais si ça nous donne des moyens d'entrer en dialogue avec des jeunes, il faut être présent, c'est certain !"

Interrogé également à ce sujet, Mgr Robert Barron, évêque auxiliaire de Los Angeles, considère comme "très important" que l'Église utilise les réseaux sociaux. "C'est essentiel parce que beaucoup de gens sont des nons, ils n'ont pas de connexion dans l'Église, l'Église devrait utiliser cet outil soigneusement et avec enthousiasme."
 

Le contact humain que rien ne remplace

Comment accompagner les jeunes dans leur croissance spirituelle à l'ère du numérique ? Rien qui remplace la rencontre en face-à-face, le contact humain lors de la messe ou de la confession. Pour Mgr Dowd, c'est là quelque chose d'essentiel "que l'Eglise va toujours garder". Il ajoute : "On va découvrir que c'est vraiment une force de l'Église." Lors des réunions du synode, on a d'ailleurs évoqué l'attachement des jeunes à l'adoration eucharistique. "L'Esprit saint est le premier WIFI !"

Grâce aux nouvelles technologies, rejoindre des jeunes qui n'ont aucun contact avec l'Église, puis les enseigner. Selon Mgr Dowd cela passe par "leur faire découvrir le silence", qui est "un point de départ important, mais pour d'autres c'est le jeûne, une forme de silence corporel". Leur "apprendre des disciplines qui libèrent, pleur permettre d'être à l'écoute de cette voix intérieure de l'Esprit saint".
 

Internet, discernement et vigilance 

Parmi les thèmes abordés lors du synode, la menace du totalitarisme post-moderne, qui, a-t-on dit, "tue les âmes". "Une expression très forte", admet Mgr Dowd. Avec internet et les réseaux sociaux, "il y a toujours le danger de la pression sociale, les fake news, et cette mentalité où on juge sans avoir toutes les informations, une sorte de justice instantanée : ça peut créer des réflexes totalitaires dans le sens que il y a un peuple qui accepte ça".

Comment apprendre aux jeunes à trouver un point d'équilibre ? Il faut sans doute enseigner, mais pas seuiement aux jeunes, que parfois le désir d'entrer en contact avec quelqu'un via les réseaux sociaux cache un désir de se voir valorisé. "Parfois je propose de faire un jeûne de l'internet."
 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Mieux former les accompagnateurs spirituels

Le Point du Synode

Les pères synodaux, les experts et les auditeurs parmi lesquels une trentaine des jeunes ont réfléchi ces dernières heures à la question essentielle de l’accompagnement spirituel.

L’accompagnement spirituel, c'est-à-dire cette attitude d’ouverture du cœur dans la vie de l’Eglise proposée non seulement aux prêtres, religieux et religieuses mais aussi à tous les baptisés appelés à associer leur vie de contemplation et le souci des pauvres. Bref, tous ceux qui veulent maintenir vivante leur foi et discerner quels sont les appels de l’Esprit dans leur vie.

Mais cet accompagnement spirituel ne s’improvise pas. C’est la raison pour laquelle des participants à l’assemblée synodale ont plaidé pour que la formation des accompagnateurs soit une claire priorité pastorale. Cette formation concerne les séminaristes qui se préparent à devenir prêtre. Dans ce domaine, elle est jugée encore insuffisante.

Mais elle concerne aussi tous les laïcs qui dans les états de vie qui sont les leurs veulent avoir des clés pour discerner pour eux-mêmes et pour les autres comment être fidèles à l’Evangile, car comme l’a affirmé un des jeunes auditeurs américains : "le manque de vrai guide spirituel est une des causes de la crise de la foi aujourd’hui".

La formation à l’accompagnement spirituel est donc ressortie des réflexions mais aussi la formation à la vie de prière, ces deux demandes allant de pair. Il a été question de l’importance de l’adoration eucharistique redécouverte par beaucoup de jeunes mais aussi plus largement de l’expérience de l’intériorité telle qu’elle peut se vivre notamment dans les rassemblements de Taizé. "Il faut nous apprendre à prier" disent les jeunes en écho au passage bien connu de l’Evangile.

Pour autant, ces demandes de formations ne doivent pas être une façon pour l’Eglise de faire taire toutes les inquiétudes des jeunes. Surtout dans un des contextes de plus en plus complexe où beaucoup n’hésitent pas à s’engager dans les champs politiques et sociaux Ces inquiétudes sont une richesse que l’Eglise doit accueillir sans forcément apporter de réponses immédiates. Les jeunes veulent d’abord être écoutés et ne veulent surtout pas être domptés. Une sagesse de vie spirituelle à laquelle les pères synodaux ont, semble-t-il, été attentifs ! 
 

[Synode] Pour Mgr Sako, "il faut aider les jeunes à découvrir le sens de leur vie"

[Synode] Pour Mgr Sako, "il faut aider les jeunes à découvrir le sens de leur vie"

Le cardinal Louis Raphaël I Sako, patriarche de Babylone des chaldéens, l'un des quatre présidents délégués du Synode, résume les enjeux des débats de ces derniers jours.

Le synode est entré dans l’examen de la seconde partie de l’instrumentum laboris. "Il y a une réflexion très profonde sur une pastorale adaptée aux jeunes d’aujourd’hui. On se concentre sur quatre points importants : l’écoute, la vocation, le discernement, et l’accompagnement" explique Mgr Sako.

"Aujourd’hui, l’enseignement a une autre sens. Ce n’est pas une dictée, mais une recherche ensemble. Qu’est ce que la foi, la place de Dieu dans notre vie ? Aider ces jeunes à découvrir le sens de leur vie, c’est très important. Je crois que c’est cela qui compte. Il faut leur présenter un exemple qui a vécu comme eux" ajoute le patriarche de Babylone des chaldéens.

Durant ses interventions, Mgr Sako a tenu à rassurer les chrétiens, et à mettre un peu de joie dans cette assemblée. "Je leur ai dit que ce n’est pas la fin du monde. Nous avons eu beaucoup de problèmes en Irak mais nous avons l’espérance. Et c’est ça notre joie. L’atmosphère est un peu pesante, alors j’ai voulu créer une atmosphère de joie. C’est pour cela que j’ai raconté quelques anecdotes pour ne pas les laisser dormir. On dort et on ronfle aussi au synode" conclut le prélat.

Mgr Louis Raphaël I Sako, patriarche de Babylone des chaldéens:

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[Synode] Comment rajeunir l'Eglise

Le dossier du jour

Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF à Rome, dresse le bilan de la deuxième semaine du Synode des jeunes.

Une soirée pour lancer la seconde semaine du synode

Cette seconde semaine du synode a début samedi dernier par une grande fête au Vatican. Une soirée qui a réuni autour du pape François 7.000 jeunes de différentes nationalités. Il y avait beaucoup d’ambiance : on a pu y voir des danses, entendre du hip hop mais aussi des témoignages parfois poignants de jeunes qui, ayant fait l’expérience de différentes addictions ou ayant été confrontés à des situations difficiles, ont su trouver dans la foi et le soutien de chrétiens, les moyens de s’en sortir.
 
Le pape François s’est adressé au jeunes durant cette soirée avec, comme toujours des mots percutants. "Vous n'êtes pas des marchandises, vous n'avez pas de prix, vous n'êtes pas à vendre. Ne vous laissez pas séduire, ni acheter, ni asservir" a martelé le pape François qui a appelé aussi les jeunes à mettre en œuvre leur liberté de façon cohérente et concrète.
 

Plus de 300 amendements

 Après cette fête, le synode a repris ses travaux en différents groupes de travail. Les 14 groupes de travail linguistiques ont continué à réfléchir tous azimuts aux préoccupations de la jeunesse à partir de la première partie du document de travail préparatoire au synode : l’instrumentum laboris.

Les débats qui ont abouti à plus de 300 amendements se sont portés sur les migrations, les divisions au sein des familles, les ravages de la mondialisation mais aussi sur la délicate question des abus sexuels commis par des membres du clergé. Un sujet abordé notamment dans un des groupes francophones dont fait partie Mgr Gobillard, l’évêque auxiliaire de Lyon.
 

Seul les jeunes peuvent évangéliser les jeunes

 Même si ce sujet pousse évêques, auditeurs et experts à l’humilité, l’ambiance, au dire de beaucoup, est plutôt fraternelle. Tous les participants tentent de se mettre à l’écoute des uns des autres et de l’Esprit Saint. Une attitude qui s’inscrit dans la logique de la deuxième partie du document de travail sur le discernement dont l’examen a commencé cette semaine.

La formation à l’accompagnement et à la vie spirituelle est revenue souvent dans les prises de parole. Les jeunes ont exprimé leur besoin d’être écoutés pour qu’ils puissent eux-mêmes écouter ceux qui ont besoin d’entendre le message de l’évangile. Car seuls les jeunes peuvent évangéliser les jeunes. C’est ce que souligne une des jeunes auditrices du Synode, de nationalité canadienne, Emilie Callan.
 

Une Eglise engagée dans le numérique

 Plutôt que faire une Eglise pour les jeunes, il s’agit de rajeunir l’Eglise ont dit certains des participants. S’il faut éviter de tomber dans la tentation du jeunisme, les membres de cette assemblée synodale ne veulent pas pour autant décevoir les jeunes. Le rapport final du synode ne doit pas être simplement une pâle copie du document de travail préparatoire : il faut qu’il soit accompagné d’un message adapté et direct qui puissent toucher et parler aux nouvelles générations. Il pourrait, dit-on, être dans une forme numérique car comme l’ont souligné beaucoup le monde digital et la nouvelle terre de mission du XXIe. C’est l’avis d’un autre canadien, l’évêque auxiliaire de Montréal, Mgr Dowd, très actif sur les réseaux sociaux.
 
Au-delà de ce défi numérique, le synode, et à travers lui, l’Eglise cherche à comprendre cette jeunesse dont elle ne maitrise pas complètement tous les codes. Ce qui est sûr, c’est que les deux semaines de travaux qui arrivent ne seront pas de trop pour répond à cet appel.

[Synode] Un évêque de Corée du Sud confiant sur la visite du pape au Nord

[Synode] Un évêque de Corée du Sud confiant sur la visite du pape au Nord

Focus sur une belle figure d’évêque venu de Corée du Sud pour participer au synode des jeunes, Mgr Lazare You Heung Sik.

C’est un petit homme aux cheveux poivre et sel dont émane douceur et bonté. Il s’agit de Mgr Lazare You Heung Sik, l’évêque du diocèse de Daejeon situé au centre du pays. Si le président de la commission Justice et paix de la Conférence des évêques de Corée du Sud affiche un sourire radieux c’est qu’il se réjouit d’une nouvelle peu banale.

A l’initiative du président Sud Coréen Moon Jae-in, un fervent catholique et connu pour être un homme dialogue, le pape François pourrait se rendre prochainement à Pyongyang, en Corée du Nord. Le président Moon en a parlé lui-même à Kim Jong Un et il semble que ce dernier soit ouvert à cette proposition. Pour l’instant, pas d’invitation officielle, mais elle devrait être remise jeudi par le président sud coréen qui sera reçu en audience par le pape François.
 
Il s’en réjouit même s’il souligne que d’importantes étapes reste encore à franchir et que tout reste à construire en Corée du Nord sur le plan de la liberté religieuse. Officiellement, il n’y a ni prêtre, ni évêque et les quelques chrétiens qui s’y trouvent sont automatiquement persécutés. Plus positivement, Mgr Lazare reconnait que la Corée du Nord a amorcé un vrai processus de changements depuis plusieurs mois acceptant d’entrer dans une phase de rapprochement avec son voisin du sud et a fait des concessions importantes sur la question sensible de la dé-nucléarisation.

Selon Mgr Lazare, cette idée suscite parfois chez une petite minorité de coréens du sud une certaine peur. Ils craignent que la réunification de la péninsule abaisse leur niveau de vie. Mais pour d’autres, cette idée est plutôt un signe encourageant car "il y a beaucoup de choses à faire ensemble", a souligné l’évêque sud coréen qui s’est lui-même rendu quatre fois au nord dans le cadre de missions humanitaires. Même s’il entend les peurs de certains jeunes, Mgr Lazare appelle à la confiance et l’espérance à la suite du pape François qui, lors de sa venue à Séoul en 2014 avait présidée une messe dédiée à la réunification coréenne.

[Synode] "Les jeunes ont besoin de voir des prêtres heureux"

[Synode] "Les jeunes ont besoin de voir des prêtres heureux"

​Sébastien Moine, 34 ans a été ordonné diacre en vue du presbytérat en juillet dernier pour le diocèse de Besançon. Il est actuellement à Rome pour une formation.

Actuellement en formation au séminaire pontifical français de Rome, Sébastien Moine, un diacre de 34 ans, a confié à Antoine Bellier, envoyé spécial de RCF pour le synode des jeunes, ses attentes sur la manière dont l'Eglise peut annoncer avec, toujours plus de pertinence et d'entrain, l'évangile aux jeunes d'aujourd'hui.

"Ce qui m’a marqué, dans l’instrument de travail, c’est cette demande des jeunes d’avoir des communautés plus accueillantes, plus joyeuses. C’est important de se demander ce qu’on veut de nos communautés pour annoncer l’Évangile. Je crois que dans l’Église de France, il faut réfléchir sur comment veut-on vivre le ministère de prêtre. Soit on a un ministère très chargé avec des prêtres overbookés, soit on a des prêtres disponibles pour les gens. C’est ce que demandent les jeunes présents au synode" explique ce séminariste.

Concernant le discernement vocationnel, Sébastien Moine rappelle que "l’on se pose beaucoup la question de la pastorale des vocations. Que faut-il faire dans une pastorale des vocations ? C’est important de la relier à la pastorale des jeunes. Je crois que le meilleur moyen pour qu’un jeune se pose la question du ministère, c’est de voir des prêtres heureux. C’est la plus belle chose pour qu’un jeune se dise qu’annoncer le Christ aujourd’hui peut le rendre heureux".

"Puisque les jeunes ont besoin d’être écoutés et accompagnés, peut-être que l’Eglise peut avancer sur une nouvelle forme de ministère confié à des laïcs qui seraient là pour écouter et aider les jeunes dans leur discernement de chrétiens" ajoute Sébastien Moine. Concernant les défis qui se posent à la jeunesse, le diacre précise que "très jeune on m’a confié des responsabilités dans l’Eglise. Les jeunes font différemment. Il faut que les générations plus anciennes acceptent cette différence. Il y a un défi sur l’intergénérationnel pour l’Eglise".

Sébastien Moine, diacre et séminariste:

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[Synode] "Donner aux jeunes le cadre de l'Évangile"

Le magazine du Synode

Les évêques réunis à Rome en synode sont particulièrement attentifs aux mouvements de jeunesse, susceptibles de donner aux jeunes "un cadre" et "la saveur de l'Évangile".

Le synode sur la jeunesse se déroule dans un climat fraternel, comme en témoignent un grand nombre de participants. Jusqu'à lundi le principal thème abordé est celui du discernement, et la nécessité être bien formé pour accompagner les jeunes est le sujet qui revient le plus souvent au cours des échanges. 

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Faire confiance aux jeunes et leur offrir un cadre

"La jeune génération d'aujourd'hui a besoin qu'on lui fasse confiance, mais en même temps que l'Église lui rappelle un cadre." Sébastien Moine, 34 ans, a été ordonné diacre en vue du presbytérat en juillet dernier pour le diocèse de Besançon. Actuellement au séminaire français pontifical de Rome, il réagit dans Le Magazine du Synode. Selon lui, le role de l'Église vis-à-vis des jeunes est de leur donner "le cadre de l'Évangile". "Leur dire on t'aime comme tu es mais on va t'aider à grandir, c'est tout le défi de l'éducation, un beau défi pour l'Église aujourd'hui !"
 

Face aux Abus, rappeler le Respect de la liberté de L'autre

Parmi thèmes douloureux abordés lors du synode, la question des abus. Abus sexuels mais aussi abus spirituels, ces relations d'emprise qui peuvent décourager les jeunes sinon les éloigner de l'Église. Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte, a été envoyé au Chili par le pape François pour enquêter sur les abus sexuels. "Le Saint Père parle de cléricalisme, dit-il, les abus sexuel sont des phénomènes qui indiquent l'abus de pouvoir." L'archevêque de Malte rappelle avec fermeté : "On doit respecter dans la charité la dignité de tous les gens, et leur liberté de choisir leur vocation, sans faire de pression sur les gens, on doit respecter leur vocation dans toute la liberté."
 

Aider les jeunes à trouver leur vocation

Les vocations sacerdotales, religieuses ou consacrées : ce que l'Église appelle "vocations spécifiques". À la conférence des évêques de France, Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux, est membre du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes. Il porte une attention particulière à la question de l'accompagnement spirituel mais aussi "aux groupes d'Église", comme le scoutisme, susceptibles de "permettre à des jeunes de vivre la saveur de l'Évangile".
 

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Mgr Alain de Raemy: "L’avenir de l’Église doit passer par une bonne catéchèse"

​On dresse le bilan à mi-parcours du synode des jeunes avec Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne et chargé de la jeunesse pour la conférence épiscopale.

Interrogé par Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome, Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne et chargé de la jeunesse pour la conférence épiscopale, livre ses premières impressions sur ce synode à mi-parcours, ainsi que ses espérances pour accompagner les jeunes dans l'Eglise.

"C’est toujours intéressant d’entendre des évêques du monde entier et des jeunes avec toute la diversité que cela comprend et la difficulté d’avoir un chemin pastoral commun. On part de situations différentes et on ne peut pas arriver avec des méthodes pastorales qui s’appliqueront à un endroit et pas à un autre. Il y a autant de jeunesse que de jeunes. Chacun fait son parcours" explique Mgr de Raemy.

"L’avenir de l’Église doit passer par une bonne catéchèse. Une catéchèse qui fasse faire l’expérience de Jésus. Ce n’est pas gagné d’avance. On a eu des catéchèses bien faites au niveau de l’information, mais il faut une catéchèse qui soit vivante, qui permette un contact de foi, de prière, qui bouscule, qui touche les tripes. On a à s’améliorer pour que les jeunes arrivent à l’adolescence avec un bagage de catéchèse qui soit plus existentiel" ajoute l'évêque auxiliaire de Lausanne.

Un dossier tient particulièrement à cœur Mgr de Raemy, celui de la transmission de la foi. "Comme disait le pape à l’homélie de la canonisation dimanche dernier, on n’est pas un chrétien si on ne prend qu’à 50%, 20%. Cette transmission ne pourra se faire qu’avec des chrétiens à 100%. Ceux qui reconnaissent qu’ils ne sont jamais à 100% et qui s’inspirent de tout Jésus, et pas seulement une partie. C’est ce qu’on appelle les valeurs" lance Mgr de Raemy qui conclut en se disant scandalisé de la faible part des femmes à ce synode.
 

Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne et chargé de la jeunesse pour la conférence épiscopale suisse:

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[Synode] Frère Bruno Cadoré:" il faut renforcer les communautés d'appartenance"

Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome, interroge le frère Bruno Cadoré, supérieur général de l'ordre des dominicains.

"Le travail se déroule bien, l’ambiance est excellente. Il y a beaucoup de jeunes évêques. C’est une Église qui se découvre, qui se constitue, qui se construit. C’est assez beau. J’appartiens à une tradition médiévale capitulaire. Je suis toujours un peu décalé, car j’ai l’habitude des chapitres et le synode n’est pas un chapitre. Donc il faut que je m’adapte mais je trouve que le synode correspond à ce qu’on pouvait en penser. La question maintenant est de savoir ce qu’un synode ouvre" explique frère Bruno Cadoré.

"L’Église est comme toutes les institutions. On a toujours tendance à penser aux jeunes, comme s’ils n’étaient pas là, alors qu’ils sont le présent et l’avenir. Pour ce synode, la prise de parole des jeunes permet de découvrir qu’il faut donner la place à tout le monde. Découvrir que si on donne la parole aux gens, les gens la prennent. Et si les gens prennent la parole, c’est pour converser. Et si vous conversez, ce que vous pensez va bouger, et ce qu’ils pensent va bouger. Le discours commun va bouger. Le corps de l’Église va bouger, et c’est cela que j’attends" ajoute le supérieur général de l'ordre des dominicains.

Au synode des évêques, seuls les évêques votent. "Cela ne me choque pas tellement. Mais dans un synode des évêques, pour que l’Église soit synodale, il faut développer la vie synodale des Églises particulières. La vie synodale, c’est ça. Dans cette vie, la plupart du temps, tous ont la parole et tous sont partie prenante des orientations prises par le synode" lance encore le frère Bruno Cadoré.

"Une dynamique comme celle-ci peut changer si on découvre que pour qu’il y ait discernement, il faut qu’il y ait communauté. Le discernement de la vie chrétienne sans communauté n’existe pas. Si le synode aboutit à dire qu’il faut renforcer les communautés d’appartenance, à ce moment-là, cela aura changé quelque chose" conclut-il.

Frère Bruno Cadoré, supérieur général de l'ordre des dominicains:

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[Synode] Focus sur la jeunesse canadienne avec Mgr Gerald-Cyprien Lacroix

Le Point du Synode

Depuis mercredi dernier le pape, les pères synodaux, des experts, des auditeurs dont 36 jeunes sont réunis au Vatican.

Les thèmes de travail sont très variés : le sport comme instrument d’évangélisation des jeunes, la famille comme lieu de transmission de la foi, la beauté de la liturgie, l’accueil des réfugiés et des migrants, la sexualité… Les jeunes présents dans l’assemblée s’expriment beaucoup…

Ils applaudissent, ils font un peu de bruit pour montrer leur approbation (ou pas) pendant les prises de parole… C'est ce qu'explique le cardinal Gerald-Cyprien Lacroix, archevêque de Quebec, Primat du Canada, représentant du continent américain à la commission pour l’information du synode.
 

[Synode] Mgr Nzeyimana: "au Burundi, beaucoup de jeunes veulent se consacrer à Dieu"

Certaines voix durant le synode se sont élevées sur le fait que l’Église était parfois trop occidentale. Pourtant, des évêques du monde entier sont actuellement à Rome.

C’est le cas de Mgr Blaise Nzeyimana, évêque du diocèse de Ruyigi, au Burundi. Il revient sur ses impressions sur le synode, à mi-parcours de ce rendez-vous de l’Église universelle, au micro d’Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome.

"Le travail est bien avancé. Maintenant nous allons penser à quelque chose de pratique pour faire avancer les choses. La plupart des jeunes ont répondu aux questionnaires que l’on a envoyés en préparation à toutes les conférences épiscopales. Ils ont exprimé ce qu’ils ressentent. D’abord un sentiment de joie car l’Église pense à s’asseoir et à traiter la question des jeunes. Ils ont ensuite manifesté des inquiétudes. Mais ce n’est pas que négatif car à voir ce que vivent les jeunes au Burundi, il y a chaque année un forum qui rassemble tous les jeunes pendant une semaine. Cela donne des espérances qui encouragent les jeunes à aller au-delà des difficultés qui sont manifestes" explique ​Mgr Blaise Nzeyimana, évêque du diocèse de Ruyigi, au Burundi.

Vu d’ici, on a parfois l’impression que la vitalité de la jeunesse catholique en Afrique n’est pas la même qu’en Europe. "Il est difficile de le dire, car pour le dire aisément il faudrait vivre la situation en Afrique, et en Europe. Mais quand un européen parle, on sent bien les problèmes qu’il se pose. Même chose pour un africain. Et on voit bien que cela ne se rencontre pas nécessairement. Ce qui m’enchante plus, c’est le dynamisme et la volonté d’engagement que je vois chez les jeunes. On voit bien des gens qui se donnent aisément avec bon cœur malgré les difficultés" ajoute Mgr Nzeyimana.

"Au Burundi, nous avons la joie de connaître un essor vocationnel. Beaucoup de jeunes veulent se consacrer à Dieu. Nous avons beaucoup de séminaristes qui sont dans les séminaires et les noviciats. Ils répondent aisément. Nous avons la joie. Nous avons connu des périodes très maigres à ce niveau, mais maintenant nous rendons grâce à Dieu" conclut l'évêque du diocèse de Ruyigi.

Mgr Blaise Nzeyimana, évêque du diocèse de Ruyigi, au Burundi:

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[Synode] Les jeunes d'Afrique particulièrement bien représentés au synode

Le magazine du Synode

Les jeunes d'Afrique sont bien représentés au synode. Dans ce continent aux situations variées, l'Église doit s'adapter pour accompagner au mieux la jeunesse.

L'Afrique est un continent particulièrement bien représenté au synode sur la jeunesse, avec des évêques d'Angola, d'Afrique du Sud, du Burkina Faso, du Mali, du Cameroun, de Madagascar ou encore du Bénin. Le pays dont est originaire le Père Cyrille Miyigbena, du diocèse de Cotonou, fondateur de l'école d'évangélisation Jeunesse bonheur et invité d'Elise Le Mer et Manuella Affejee. L'occasion d'évoquer la jeunesse du continent africain, dans sa diversité.

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Une Pastorale des jeunes post conflit

Dans des pays qui sortent de la guerre civile, comme la Côte d'Ivoire, le défi est de "construire l'unité et la fraternité", pour Mgr Gaspard Beby Gneba. Élaborer toute une une pastorale post conflit et aussi proposer aux jeunes des engagement associatifs pour leur permettre d'être "des acteurs de paix". 

"Il faut les ramener au Christ, ajoute le Père Cyrille Miyigbena, il n'y a pas de paix possible sans le Christ." Au sein de Jeunesse bonheur, il a fait l'expérience de proposer aux jeunes de s'approcher tous ensemble de la croix : "en venant toucher la croix ils se sont rendus compte qu'ils étaient serrés les uns contre les autres".
 

Le défi du modernisme

La jeunesse de Côte d'Ivoire n'est pas la jeunesse d'Afrique du Sud. Là, ce sont des "réalités européennes qui se vivent déjà là-bas". Et pour le cardinal Wilfrid Fox Napier, le défi c'est "le matérialisme" et "les influences contre la morale chrétienne" concernant "la contraception, l'avortement, la vie des familles détruites par toutes les influences". L'archevêque de Durban évoque aussi "la pression des gouvernements qui donnent de l'aide à l'Afrique mais sous certaines conditions, comme le contrôle de la population".
 

Faire face à la pauvreté

Dans d'autres pays comme le Bénin, le défi c'est "le quotidien à assurer : où on vit aujourd'hui et on ne sait pas si demain on sera là et si on aura de quoi assurer la vie", rappelle le Père Cyrille Miyigbena. "Les défis s'énoncent en termes de pauvreté, je ne dirais pas la misère mais quand même la pauvreté, qui est matérielle et aussi mentale". Au Bénin on raconte que "les jeunes ne veulent pas s'enrichir rapidement mais soudainement" : dans un pays où "le modèle c'est l'enrichissement rapide", le défi c'est aussi celui "de la paresse, de l'oisiveté, du minimalisme".

À Cotonou il n'est pas rare de voir des messes du dimanche soir rassembler 700 jeunes. ​"Une jeunesse qui a de grandes forces, de grands atouts, prête à se donner." Mais comme le constate le prêtre, "tout s'apprend". "On exhorte la jeunesse mais ça ne suffit pas pour mettre en pratique ce qu'on leur enseigne." Selon lui, il va falloir que les "pasteurs changent de méthode".

 

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Mgr Nzapalainga: "la jeunesse centrafricaine va mal"

Le Grand Invité

Stéphanie Gallet reçoit Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui en Centrafrique, en direct de Rome, à l'occasion du synode des jeunes.

"Je me sens proche de la jeunesse et tout cardinal devrait se sentir proche de la jeunesse comme le fait le pape. Si on tourne le dos à la jeunesse, on tourne le dos au présent et à l’avenir. Nous devons nous préoccuper de la jeunesse en voyant où se situe ses préoccupations, et l’accompagner pour chercher des moyens, afin de trouver des solutions avec le Christ" explique ​Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui en Centrafrique, le plus jeune des cardinaux partitipant au synode.
 

"Beaucoup de jeunes n'ont plus d'issue à leur vie"

Le cardinal Nzapalainga garde un bon souvenir de sa jeunesse. "Je garde un bon souvenir de mes parents, de mes collègues. La communauté est très importante. Quand vous êtes accompagné, soutenu, vous avez des repères et vous pouvez avancer. Mais quand vous êtes seul, c’est difficile. Je souhaite aux jeunes de par le monde de se retrouver en communauté. L’Eglise est une communauté. Le Christ envoyait les apôtres deux par deux, ils étaient ensemble. Et c’est ensemble qu’ils reçoivent l’Esprit Saint" ajoute-t-il.

En Centrafrique, les moins de 18 ans représentent la moitié de la population du pays. "La jeunesse centrafricaine va mal. Les ¾ de mon pays sont occupés par des rebelles. Beaucoup de jeunes ne vont plus à l’école depuis 2013. C’est une préoccupation pour moi et les autres pasteurs également. Quand on va à l’intérieur du pays, on voit que beaucoup de jeunes ont pris les armes, beaucoup de jeunes se droguent, beaucoup de jeunes n’ont plus d’issue à leur vie et je pense que je dois lancer des cris pour que l’on puisse ensemble chercher à aider cette jeunesse-là" précise-t-il.

Cette jeunesse centrafricaine "rêve un jour de devenir adulte et responsable. Les jeunes veulent occuper un poste, apporter leur  contribution. Il faut encourager, encadrer cette énergie que l’on appelle amour pour qu’un jour il puisse aider son pays, son groupe. Si on ne fait rien, on enfouit un talent. Beaucoup de jeunes ont des rêves, et si on ne fait rien pour les aider, ils sombrent dans le pessimisme" lance également Mgr Nzapalainga.
 

Au synode, "chacun apporte sa contribution"

Les problèmes de cette jeunesse centrafricaine, le cardinal Nzapalainga a pu les exposer devant le pape François à l’occasion de ce synode des jeunes. "Il est venu en Centrafrique, il est au courant, et il continue à soutenir la jeunesse centrafricaine. Un hôpital romain est en train de construire un complexe de pédiatrie. C’est un geste fort. Le pape agit. Il intervient. Nous en avons parlé" précise l’archevêque de Bangui.

Plus largement, ce dernier est venu au synode pour porter la voix de la jeunesse africaine dans son ensemble. "Il y a un problème fondamental de mal gouvernance. Il faut avoir le courage d’en parler. Si on créait des structures normales pour aider les jeunes à réaliser leurs rêves, ils pourraient bien rester dans leur pays et travailler. Nous voulons que cela change. Quand on est président, on est responsable pour tous les groupes sans exception" explique-t-il.

De ce synode, Mgr Nzapalainga retient "ces beaux visages des hommes, des jeunes, qui sont ici avec nous et qui vivent l’appel de l’Eglise. Nous avançons ensemble, l’Esprit nous conduit vers la destination que Dieu lui-même est en train de préparer. Et petit à petit chacun apporte sa contribution. Les débats sont houleux, riches. Et petit à petit, les esprits s’apaisent aussi. On espère que le texte qui sortira sera le reflet des discussions que nous avons eues".

[Synode] Renforcer l'accompagnement spirituel des jeunes

Le Point du Synode

Les discussions se poursuivent sur la question des jeunes, de la foi et des vocations autour du Pape à Rome...

 Un synode auquel participe le cardinal Sako, le patriarche de l'Église catholique chaldéenne. Pour lui, ce synode est différent. Tout d'abord parce qu'il trouve qu'il y a du raisonnement, de l'analyse autour des différentes interventions des jeunes et des experts.

Il l'a dit mardi dernier en conférence de presse : il apprécie la qualité des discussions. Mais ce qu'il attend surtout de ce synode, c'est la nécessité de trouver un langage compréhensible de l'Eglise par les jeunes. Pour lui, l'Eglise sort enfin de ses palais épiscopaux, dit-il, Reste désormais à se faire comprendre par les jeunes.
 
Autre continent, autre réalité. C'est le sujet de la drogue qui préoccupe Jaime Spengler, l'archevêque de Porto Allegre au Brésil. Il regrette que le sujet n'ait pas encore été abordé dans ce synode, car il le dit : c'est le fléau de son pays, et particulièrement de la jeunesse.

Pour lui, ces jeunes sont les crucifiés d'aujourd'hui. Il a même ajouté une comparaison qui a fait tiquer l'assemblée en affirmant que la drogue tuait plus au Brésil que la guerre en Syrie... Une comparaison dont ne s'est pas offusqué le cardinal Sako qui a bien distingué les deux phénomènes.
 
Le synode des évêques se poursuit, mais les discussions sur le discernement des vocations, elles, sont terminées. Et lors de la présentation de ce document, un consensus a été trouvé quasi immédiatement - ce qui est suffisamment rare pour le souligner- sur l'accompagnement dont il a beaucoup été question ces derniers jours.

Tous les groupes de discussion ont mis en garde contre les possibles dérives de l'accompagnement personnel. Tous ont insisté sur la dimension nécessairement communautaire de l'Eglise et ont émis des craintes face à un possible individualisme. Un accompagnement spirituel, oui, mais en groupe, en paroisse, ou dans les différents mouvements d'Eglise.

[Synode] Frère Aloïs: "les jeunes demandent un langage qui parle au coeur"

[Synode] Frère Aloïs: "les jeunes demandent un langage qui parle au coeur"

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, est l'invité spécial du pape François à l'occasion du synode des jeunes.

Frère Aloïs, prieur de la communauté œcuménique de Taizé, est l’invité spécial du pape François à l’occasion du synode des évêques sur les jeunes, la foi, et le discernement vocationnel. "C’est extraordinaire et fascinant d’écouter des évêques venant de situations si différentes" remarque-t-il notamment, quinze jours après le début de ce synode.

Pour Frère Aloïs, l’Église doit se faire mieux comprendre aujourd’hui, et donc changer son langage. "Je ne veux pas dramatiser cela. Il est sûr que l’Église doit apprendre le langage des jeunes, mais cela ne suffit pas. Les jeunes demandent beaucoup plus. Ils demandent un langage qui parle au cœur des gens, qui parle de l’acceptation, de la valeur de chaque vie humaine, de beauté de la création, qui partage leurs inquiétudes. Ce n’est pas un simple problème technique, il s’agit beaucoup plus de parler avec le cœur" ajoute-t-il.

Taizé est un exemple souvent cité à Rome durant le synode. "Nous sommes nous-mêmes étonnés que depuis bientôt cinquante ans des jeunes viennent à Taizé. Vont venir beaucoup de jeunes Français pour les vacances de la Toussaint. Il y a de tout. Il y a ceux qui croient profondément, ceux qui sont très loin. La foi aujourd’hui s’exprime justement avec un langage très différent" lance Frère Aloïs.

"Je suis touché de voir dans les églises, des endroits où est inscrit le mot écoute. Ce sont souvent des femmes, des gens à la retraite, qui accueillent, qui sont disponibles. Ils reçoivent  toute sorte de question. Comment donner de la visibilité à ces initiatives ?" s’interroge Frère Aloïs qui conclut en assurant qu’il y aura beaucoup d’imagination pour mieux accueillir, "si nous en sentons la nécessité intérieurement".
 

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé:

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[Synode] Les universités catholiques, "un énorme terrain d'évangélisation"

Le magazine du Synode

L'enseignement catholique c'est 60 millions de jeunes dans le monde, dans 220.000 écoles et 1.760 universités. Des lieux uniques pour se rencontrer et faire connaître la foi chrétienne.

L'avenir des jeunes passe par l'éducation. Élise Le Mer et Manuella Affejee consacrent ce Magazine du synode à l'éducation catholique : ses forces, ses fragilités, ses promesses. Et reçoivent Mgr Philippe Bordeyne, le recteur de l'Institut catholique de Paris (ICP), invité au synode en tant qu'expert, et Gabrielle Nogier, 21 ans, étudiante en école d'ingénieur, ancienne déléguée pour l'Île-de-France du réseau Chrétiens en grandes écoles (CGE), et actuellement à l'École d'évangélisation de la communauté de l'Emmanuel à Rome.
 

"Les écoles et les universités catholiques, ce sont des lieux où les jeunes qui n'ont aucune possibilité de rencontre avec la foi chrétienne vont rencontrer des témoins vivants, vont être initiés à la prière, à la pensée sociale chrétienne"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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L'Église engagée dans l'éducation et l'enseignement 

"L'éducation catholique ce n'est pas le thème du synode, comme le rappelle Mgr Bordeyne, c'est d'abord les jeunes en tant qu'ils ont un droit à l'éducation." À ce propos le recteur de l'ICP rapporte les propos d'un évêque du Bangladesh, "qui disait que dans son pays c'est un privilège d'accéder à l'éducation, ce n'est pas un droit".

Or, depuis 2.000 ans, "la pensée sociale chrétienne et l'activité de l'Église consiste à donner aux jeunes le droit et la possiblité de déployer leurs horizons de vie". On pense notamment à la création des universités au XIIIe siècle. Aujourd'hui, l'enseignement catholique c'est 220.000 écoles dans le monde, 1.760 universités et 60 millions de jeunes concernés. "Ce qui me touche c'est que les institutions catholiques soient ouvertes à tous les jeunes et puissent leur offrir la possiblité d'une formation complète."
 

"une éducation intégrale"

L'enseignement catholique aide les étudiants à décrocher un diplôme mais les aide aussi à s'orienter leur vie. Mgr Guy-Réal Thivierge, secrétaire général de la Fédération internationale des Universités catholiques (FIUC), parle d'une "éducation intégrale, de l'intelligence, du cœur, des bras et des mains, non seulement des têtes pleines mais des têtes bien faites". L'objectif étant de permettre aux jeunes de développer au mieux toutes leurs potentialités.

"L'éducation doit viser à la formation des consciences et des élites de demain", a-t-il été dit lors du synode. Former des élites, mais sans être élitiste. L'ambition de beaucoup d'écoles et d'universités catholiques est "d'accueillir chaque jeune et de les amener aussi loin que possible sur le chemin qui sera vraiment le leur. Et de les "former à une rencontre avec l'autre, qui pourra être une rencontre avec Dieu".
 

L'enseignement catholique lieu de rencontre et dévangélisation

"Je pense que cette génération a soif de rencontrer des gens différents et pas seulement de manière superficielle, en profondeur." L'université catholique tout comme les établissements qui accueillent une aumônerie, c'est pour beaucoup de jeunes l'occasion de rencontrer pour la première fois des chrétiens. "C'est un énorme terrain d'évangélisation, même si en tant que jeune on se pose beaucoup de questions - même en tant que catholique - mais c'est un moment crucial de notre vie où des non cathos peuvent avoir pour la première fois un témoignage de catholique", témoigne Gabrielle Nogier.

"Les écoles et les universités catholiques, ajoute Mgr Bordeyne, ce sont des lieux où les jeunes qui n'ont aucune possibilité de rencontre avec la foi chrétienne vont rencontrer des témoins vivants, vont être initiés à la prière, à la pensée sociale chrétienne, et se voir proposer des actions de solidarité ou de protection de l'environnement".
 

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

[Synode] Frère Aloïs demande plus de concret dans les idées

Le Point du Synode

​A Rome, les discussions autour du synode des jeunes se poursuivent, mais certains s’interrogent déjà sur l’après synode. C’est le cas de Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé.

Le prieur de la communauté de Taizé participe à cette assemblée. Il a bien compris le message du pape François qui demande du concret dans les échanges, et les idées. Une démarche qui n’est pas si simple pour le frère Aloïs. "Il n’est pas facile de trouver des pas concrets. Que veut-on faire concrètement pour être plus proche des jeunes ? Est-ce-qu’on va avoir le courage de modifier des choses, que le travail et les responsabilités soient beaucoup plus réparties dans l’Eglise et que des jeunes prennent également part à ces responsabilités" explique-t-il notamment au micro d’Elise Le Mer.

Frère Aloïs prône également la création d’un ministère d’écoute. "En donnant des horaires, un numéro de téléphone dans les paroisses. Si vous avez une question appelez, et quelqu’un répondra. Ce n’est pas seulement un service anonyme. Il faut que les prêtres de la paroisse soient également disponibles à certains moments. Je crois qu’il y aura beaucoup d’imagination de faire cela, si nous sentons la sensibilité intérieurement" conclut-il.

[Synode] "Si on attend du prêtre qu'il soit un surhomme, changeons nos attentes"

Le magazine du Synode

Au cœur du synode sur la jeunesse, la question de la vocation notamment sacerdotale. Qu'est-ce qu'être prêtre en 2018? "Aujourd'hui c'est son témoignage personnel, c'est sa vie qui compte."

Le discernement des vocations est l'un des thèmes principaux du synode sur la jeunesse, qui réunit actuellement les évêques à Rome autour du pape François. Pour parler de la vocation, Elise Le Mer et Manuella Affejee reçoivent Mgr Beniamino Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé, et Louis Chassériau, 36 ans, diacre en vue du sacerdoce pour le diocèse de La Rochelle.
 

"Aujourd'hui il faut témoigner de l'Évangile, il faut présenter quelque chose de l'Évangile qui soit crédible, c'est la personne du prêtre, c'est son témoignage personnel, c'est sa vie qui comptent"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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C'est quoi la vocation ?

Selon l'Église catholique, la vocation est "l'appel que reçoit chaque baptisé à suivre le Christ à devenir saint" et qui peut "se déployer dans plusieurs états de vie" : célibat concacré, vie religieuse, mariage ou sacerdoce. À ce sujet, la formation des futurs prêtres est une thématique d'une importance cruciale pour l'Église, dans un contexte de crise liée au scandale des abus sexuels.

Abus sexuels dont les jeunes ont rappelé qu'ils "minaient la crédibilité de l'Église". Les jeunes invités au synode ont également condamné à l'instar du pape François, la source de ces abus : le cléricalisme, c'est-à-dire l'abus de pouvoir. Mgr Beniamino Stella répond : "Nous sommes victimes d'une tradition avant tout, le prêtre était le chef, celui qui commande, celui qui dirige la communauté, mais c'est surtout celui qui a un pouvoir sur les consciences. C'est le point très délicat. Ce pouvoir sur les consciences qui doit toujours respecter la liberté de la personne. Au moment où le prêtre dit : je peux entrer dans ces profondeurs et diriger la conscience, la dominer, ça c'est l'abus. L'abus du pouvoir : le pape l'a appelé l'abus de conscience, sur la conscience de la personne, qui est très grave. Il faut faire très attention, ça peut être très fréquent, peut-être plus fréquent encore que l'abus sexuel... L'abus sur la conscience de la personne, la dominer, la pousser... ça est très grave pour un prêtre. Il faut toujours respecter la liberté et surtout la présence de Dieu dans la conscience des personnes. Parce que si le prêtre entre dans ce domaine profond il prétend exercer un pouvoir qui ne lui appartient pas, c'est un grave abus."
 

Être prêtre en 2018

Ordonné prêtre avant le concile Vatican II, Mgr Beniamino Stella constate qu'être prêtre en 2018 c'est être prêtre dans "une Église conciliaire", dans "une société multiculturelle". Et surtout, "aujourd'hui il faut témoigner de l'Évangile, il faut présenter quelque chose de l'Évangile qui soit crédible, c'est la personne du prêtre, c'est son témoignage personnel, c'est sa vie qui comptent". Louis Chassériau devrait être bientôt ordonné prêtre. "J'aimerais être un prêtre crédible, confie-t-il, cohérent entre l'Évangile que j'annoncerai et ce que je donnerai à voir de ma vie."

Si les fidèles attendent du prêtre une cohérence entre son engagement, ses paroles et ses actes, n'arrive-t-il pas que l'on en attende trop ? "Si on attend du prêtre qu'il soit un surhomme changeons nos attentes", répond le séminariste. Qui rappelle que le prêtre est "d'abord un pasteur chargé d'âmes", qui doit "contempler le Christ" et inviter les fidèles à le contempler aussi.
 

La formation des futurs prêtres

Le terme de "formation" est largement revenu dans les débats. Et notamment le sujet de la chasteté, de la vie sexuelle et du célibat. Mgr Beniamino Stella rappelle que dans tous les séminaires se trouve une personne spécialiste de ces questions. Souvent un psychologue ou une personne ayant des compténces professionnellement reconnues en matière d'accompagnement. "On recommande que ce soit une femme", confie d'ailleurs le préfet de la Congrégation pour le clergé. "Il faut distinguer les situations pathologiques et les situations normales de vie sur lesquelles il faut faire un discernement." 

 

 

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[Synode] La place des femmes en débat

Le Point du Synode

A Rome, le synode sur les jeunes est sur le point d'achever sa troisième semaine. Un synode où la question de la femme a largement été abordée.

C'est un sujet qui est revenu tout au long de ce synode d'évêques, et qui est encore revenu dans les discussions jeudi 18 octobre dernier. Et il est clair que nous ne sommes qu'au début d'une réflexion  sur la place de la femme dans l'Eglise. La preuve, jeudi, un père synodal a carrément proposé que se tienne un synode universel sur le thème de la femme.

Un autre père synodal a également un avis bien tranché sur la question. Il s'agit de l'évêque auxiliaire de Genève, Lausanne et Fribourg, Monseigneur de Raemy, qui participe également à ce synode. Il se dit absolument scandalisé de la si faible présence des femmes dans ce synode.

Le synode a également voté, avec l’aval du pape François, la création d’une commission chargée de rédiger une lettre aux jeunes. Une commission de huit personnes pami lesquelles l'évêque auxiliaire de Lyon, Mgr Emmanuel Gobilliard. "Les jeunes sont les témoins, les évangélisateurs des autres jeunes. Nous avons besoin de tout le monde dans l'Eglise. Nous avons des messages très forts à transmettre" explique le prélat.

En attendant, la Congrégation générale se poursuit jusqu'à samedi matin. S'en suivra ensuite la rédaction et le vote du document final.
 

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[Synode] "Les jeunes n'ont pas envie de se taper un texte de 300 pages"

La troisième semaine du synode des jeunes s’achève, avant d’entamer la rédaction et le vote du document final.

Mgr Macaire, archevêque de Saint Pierre et Fort de France, répond aux questions d'Elise Le Mer, envoyée spéciale de RCF à Rome, au sujet de la fin de cette troisième semaine de synode, et la rédaction du document final de l'assemblée.

"Hier c’était un petit moment de fête. Ce sera mon anniversaire dans une semaine. Et l’un des pères synodaux m’a amené des chocolats. Donc vous voyez que cela se passe bien" plaisante Mgr Macaire, répondant à une question sur son ressenti à propos de ce synode. Plus sérieusement, dit-il, "c’est assez intéressant cette affaire de chocolat à partager. Nous sommes arrivés dans ce petit cercle mineur après les grandes assemblées. Et dans ce petit groupe, il y a quelque chose qui a pris. Les réalités que l’on vit sont extrêmement différentes et pourtant on s’est reconnu dans une même ferveur. Et on vote les modifications du texte après de belles discussions très profondes".

Les pères synodaux vont donc, dès la semaine prochaine, écrire et voter le document final. Une étape que Mgr Macaire trouve passionnante. "On va détailler sur tel mot. Ce matin nous avons lu un texte qui appelle l’Eglise à inviter les jeunes catholiques à s’investir dans le monde digital. Et une personne a préféré dire "inciter" au lieu d’inviter. On a changé une lettre, et cela change tout. Les experts ont compris tout ce qui a été dit. C’est assez passionnant comme aventure intellectuelle et spirituelle" ajoute-t-il.

Les jeunes l’ont dit : ils veulent du concret. Autant dire que document final est très attendu par la jeunesse. "Je ne sais pas si le texte va s’adresser aux jeunes. Il y aura un texte pour les jeunes. Mais est ce que les jeunes vont se taper une encyclique écrite par 300 évêques ? Je n’en suis pas certain. Par contre, ce qui va en sortir, il faudra vraiment le faire passer. On va aussi le voter ce message pour les jeunes" lance Mgr Macaire.
 

Mgr David Macaire, archevêque de Saint Pierre et Fort de France:

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[Synode] Y aura-t-il un synode sur les femmes ?

Le magazine du Synode

La sous-représentation des femmes au synode sur la jeunesse fait réagir. Et surtout le fait que les trois religieuses invitées n'ont pas le droit de vote, contrairement aux religieux.

Après trois semaines de discussions, le synode va entrer la semaine prochaine dans sa phase finale. Et parmi les sujets récurrents, la place et le rôle des femmes dans l'Église. Une question soulevée par des évêques, par des femmes et des jeunes lors des assemblées du synode. Où sur les quelque 300 participants, 35 sont des femmes soit 10% de l'assemblée. Comment l'Église évolue-t-elle sur question ? Quelle place l'Église est-elle en mesure d'accorder aux femmes ? Pour en parler, Élise Le Mer et Manuella Affejee reçoivent Mgr Alain de Raemy, évêque auxiliaire de Lausanne, Genève et Fribourg, et Émilie Callan, journaliste et productrice à Sel et Lumière et auditrice au synode.
 

 "Je trouve même ridicule de mettre des prêtres à certains postes... Il y a tellement de laïcs qui pourraient assumer les taches qui se font ici.... Il pourrait y avoir des collaborateurs prêtres ou laïcs, et puis des femmes qui assumeraient beaucoup de tâches qui se font à la curie." 

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Mgr de Raemy "scandalisé"

Mgr de Raemy s'est dit "scandalisé" par la sous-représentation des ordres religieux féminins au synode. Si le synode est d'abord une assemblée d'evêques, parmi les personnes invitées au synode on compte 10 hommes, dix religieux et trois religieuses, avec cette différence que les religieux ont le droit de voter mais pas les religieuses. "Je suis surpris et vraiment choqué par le fait que les religieux hommes étaient représentés par 10 religieux, et les femmes religieuses, qui font 80% de la vie religieuse dans le monde, par trois femmes, sans aucun droit de vote".

Jeune auditrice au synode, Émilie Callan confie elle aussi : "Je savais que je n'aurai pas le droit de vote... mais quand j'ai découvert que des hommes pas prêtres avaient le droit de vote, mais que les femmes consacrées n'avaient pas le droit de vote, c'est quelque chose qui m'a 'chicotée', en bon canadien français, comment cela se fait-il ?" À propos de cette sous-représentation des femmes au synode, Mgr Marc Ouellet convient : "C'est une des limites de notre expérience d'Église et de notre expérience synodale, la présence limitée des femmes..." 
 

Y a-t-il une culture machiste dans l'Église ?

À la question "Y a-t-il une culture machiste dans l'Église ?" Mgr de Raemy répond : "Un petit peu oui, ça ressort de temps en temps, il y a quelque chose de cela." De son côté, Émilie Callan, qui a grandi dans une famille catholique et a été engagée dans de nombreux mouvements d'Église, confie : "Je ne me suis jamais sentie dans une culture machiste... mais je dois dire qu'en arrivant ici c'est qquelque chose qui m'a frappée un peu plus, c'est naturel pour moi de donner mon avis et d'arriver et là de ne pas avoir cette option-là, c'est quelque chose qui me surprend. Qui est bizarre."

Quant à la question de l'ordination des femmes, Mgr de Raemy considère que "c'est un sujet : de toute façon je pense que dans la société actuelle c'est inévitable de se poser la question". Et de se la poser du point de vue de la foi, en se demandant "Qu'est-ce que Jésus a voulu ?". Pour l'évêque se pose la question de la place que l'on donne aux femmes dans la vie de l'Église, car "elles n'ont de loin pas encore leur place".
 

plus De femmes à la curie romaine ?

En préparant ce synode, les jeunes ont mis en avant le fait que l'on manque dans l'Église de figures féminines de référence. "En tant que femme on a de la difficulté à s'identifier à un prêtre", témoigne Émilie Callan. Pour Mgr Ouellet, préfet de la congrégation pour les évêques, les femmes "devraient davantage être intégrées à tous les niveaux dans l'Église - évidemment sans la prétention au ministère dans le sens sacerdotal - mais il y a d'immenses possibilités dans les paroisses, dans les diocèses, pour que les femmes soient présentes dans les conseils pastoraux, dans les conseils diocésains et aussi dans les travail des curies locales et aussi à la curie romaine."

Des propos que Mgr de Raemy approuve : "Je trouve même ridicule de mettre des prêtres à certains postes... Il y a tellement de laïcs qui pourraient assumer les taches qui se font ici. À Rome il n'y a besoin que de l'évêque de Rome, qu'est-ce qu'on veut d'autres évêques ? Donc il pourrait y avoir des collaborateurs prêtres ou laïcs, et puis des femmes qui assumeraient beaucoup de tâches qui se font à la curie." Mr de Raemy se dit "pour" la tenue d'un synode sur le thème des femmes. "Parce que c'est un sujet tellement débattu, qui revient toujours, pourquoi ne pas se pencher en synode ?"

 

 

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[Synode] Est-il possible à l'Église universelle de donner des réponses universelles aux jeunes?

Le magazine du Synode

Une première version du document final du synode sera présentée demain. Mgr Jean Kockerols évoque la difficulté de "trouver des conclusions qui peuvent s'appliquer à tout le monde".

"C'est évidemment un événement exceptionnel, un moment de rencontres passionnant !" Mgr Jean Kockerols participe au synode sur la jeunesse, dont une première mouture du document final sera présentée demain. Au micro de Pauline de Torsiac et Olivier Bonnel, l'évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles pose un regard critique sur la méthode de travail employée lors de ce synode. "Au niveau de la méthode je suis un peu surpris, confie-t-il, j'éprouve un manque au niveau du dialogue et une rencontre de fond avec tous ceux qui sont présents là bas."
 

"Un des défis du synode" est de répondre à des jeunes qui "vivent des préoccupations très différentes dans le monde entier"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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La difficulté de s'adresser à tous les jeunes

À une époque où les jeunes éprouvent une "difficulté" à trouver "de bons accompagnateurs" spirituels, selon les mots de Mgr Kockerols, celui-ci constate aussi la grande difficulté à apporter des réponses universelles à "la" jeunesse. Il considère même "très dangereux" d'employer le "terme générique les jeunes". On l'a vu en effet en donnant la parole aux jeunes, la plupart de ceux qui "sont en attente d'une aide très explicite", qui interpellent le pape et demandent aux évêques de les acccompagner dans leur vie de foi, sont pour la plupart des jeunes "branchés" sur l'Église comme le dit Mgr Kockerols. Mais beaucoup de jeunes sont éloignés de l'Église.

"Un des défis du synode" est de répondre à des jeunes qui "vivent des préoccupations très différentes dans le monde entier". Pour l'évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, c'est "difficile de trouver des points de convergence". "On essaie de trouver des conclusions qui peuvent s'appliquer à tout le monde, on essaie mais c'est particulièrement fastidieux." Dans Le Magazine du Synode, Mgr Kockerols réagit aux propos de Maguelonne, étudiante de 23 ans, qui témoigne de ses très fortes attentes vis-à-vis de l'Église : "Les contextes socioculturels étant tellement différents je crains fort qu'il soit impossible à l'Église universelle de donner des réponses universelles à ces questions." 
 

Le synode, une méthode de travail en question

Travail rendu sans doute plus difficile encore par la rigidité de la structure. C'est en tout cas le sens de la remarque de Mgr Kockerols, qui parle d'un manque de "créativité" de la part des évêques lors de ce synode. "Les évêques sont-ils si peu créatifs ?", se demande-t-il. "J'espère que je me trompe, mais c'est vrai que la structure étant un peu rigide elle ne permet pas vraiment une créativité."

De toute évidence le synode sur la jeunesse est aussi une occasion pour l'Église d'expérimenter et de réfléchir sur la manière dont elle travaille en synodalité. D'ailleurs, Mgr Kockerols souligne que "le travail synodal en Église est une thématique que le pape a mis à son programme dès le début, il en parle dans Evangelii gaudium, et il vient de publier avant le synode un document d'orientation sur ce que ça signifie le synode des évêques... Je pense que cela pose effectivement de grandes questions sur la façon de fonctionner en Église".
 

Vers des petits synodes diocésains ?

Mgr Kockerols rentrera de ce synode avec la conviction que "s'entourer de jeunes", ce n'est "pas une option" mais "une obligation". "Je me sens obligé en revenant chez moi de faire ce travail de cette façon-là, j'aimerais bien mettre en œuvre cette pratique synodale avec les jeunes qui le veulent bien." Et plutôt qu'un ministère pour jeunes, comme cela a été proposé, l'évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles "préfère de loin que tout le monde soit conscient de la place que peuvent et doivent prendre les jeunes dans toutes les structures." Il plaide pour "une démarche inclusive et intégrante".
 

 

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[Synode] Mgr Percerou encourage les paroisses à s'appuyer davantage sur les jeunes

Le synode des jeunes entre dans sa dernière ligne droite avec la rédaction et le vote du document final par les pères synodaux. Parmi eux, l'évêque de Moulins, Mgr Percerou.

Si l'on en juge par les applaudissements, la première version du document final du synode sur les jeunes a été plutôt bien accueillie mardi 23 octobre, au matin, par les pères synodaux. Mais ce document n'est pas un mode d'emploi. Il ne propose pas d'actions précises à destination de la jeunesse, mais plutôt des orientations.
 

Mettre les diocèses à l'écoute des jeunes

Les conférences épiscopales auront la charge de mettre en pratique ces orientations. Mgr Laurent Percerou, évêque du diocèse de Moulins, dans l'Allier, est l'un des quatre évêques français qui participent au synode. Il explique à Pauline de Torsiac, envoyée spéciale de RCF à Rome,  comment il envisage la suite, et la mise en application des enseignements du synode, pour la France.

"Cela va être à chaque évêque de voir concrètement en fonction de son terrain comment il fera. Un appel sera je crois de dire comment est-ce-qu’on fait participer les jeunes à nos structures d’animation et même de gouvernement de nos communautés chrétiennes, à commencer par les paroisses. Et puis aussi voir dans les diocèses comment on essaie de se mettre à leur écoute en les faisant peut-être participer davantage aux conseils pastoraux, en créant des bureaux pastoraux des jeunes en leur demandant leur avis sur telle ou telle orientation" explique Mgr Percerou.
 

Travailler à la formation des jeunes

"J’avais présenté ici un projet de ministère de jeunes en responsabilité missionnaire, pour qu’ils puissent donner un an, deux ans, au service de ces périphéries où nous ne rejoignons pas les jeunes, et cela demeure pour moi une préoccupation. On a une pastorale des jeunes de 16 à 29 ans qui est vivante et dynamique mais en même temps nous touchons peu de jeunes. Il faudra travailler sans doute à la formation des jeunes, afin de leur donner des espaces de discernement vocationnel. Il en existe déjà" ajoute l'évêque du diocèse de Moulins.

Des jeunes ont donc pu témoigner au cours de ce synode. Mgr Percerou a été particulièrement touché par "les expressions de jeunes d’autres sphères culturelles qui nous ont partagé leurs réalités de vie de jeunes chrétiens dans des pays touchés par la guerre, par la persécution, par la pauvreté extrême. A la fois des témoignages de vie très poignants, puisque nous avons eu des témoignages de jeunes martyrs et puis de jeunes qui demandent vraiment à s’engager dans leur société pour pouvoir être acteurs de changements sociaux, et politiques, et qui nous demandent une formation à l’engagement social. Cela passe par la doctrine sociale de l’Eglise. Cela a été très fort dans ce que nous avons partagé et entendu".
 

Mgr Laurent Percerou, évêque du diocèse de Moulins, au micro de Pauline de Torsiac:

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[Synode] Les jeunes chrétiens d'Orient ont besoin d'être formés pour défendre leurs droits

Le magazine du Synode

"Si l'Orient est vide de chrétiens, le christianisme n'aura plus de racines." Mgr Sako, patriarche de l'Église catholique chaldéenne, nous décrit la réalité des jeunes chrétiens d'Irak.

Une première version du document final a été présentée aujourd'hui lors du synode sur la jeunesse. Un texte plutôt bien accueilli par l'assemblée, si l'on en croit ses longs applaudissements. Quelle sera la portée de ce texte ? Prendra-t-il en compte les attentes et les réalités des jeunes du monde entier ? Pour évoquer la jeunesse des pays du Moyen-Orient, Pauline de Torsiac et Olivier Bonnel reçoivent Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de l'Église catholique chaldéenne, il est l'un des quatre présidents délégués de ce synode.
 

En Irak, l'Église encourage les jeunes à se battre "mais ils ont besoin d'être formés, d'être soutenus parce que la situation politique n'aide pas beaucoup"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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le témoignage marquant de Safa, jeune irakien 

Parmi les jeunes invités au synode, Safa, un jeune irakien a livré un témoignage qui remarqué, que les pères synodaux ont applaudi. Il a parlé de son expérience de l'Église chaldéenne et du droit de la jeunesse chrétienne de vivre avec dignité. Mgr Sako rappelle que ce sont "120.000 chrétiens" d'Irak qui "ont tout laissé" obligés de fuir à cause de leur foi. "C'est quelque chose exceptionnel aujourd'hui dans tout ce qu'il y a d'égoïsmes, d'individualismes."

Mgr Sako a réclamé la création d'un conseil pontifical pour les jeunes. "Aujourd'hui les jeunes sont le cœur de l'Église, c'est le dynamisme de l'Églsie, il faut un conseil pontifical pour tout ce qui regarde les jeunes." Mgr Sako avait demandé la création de ce conseil dès avant le synode sur la jeunesse. Un conseil pontifical "dans lequel les jeunes seront présents, pas seulement les prêtres", et ce notamment pour "diminuer le cléricalisme".
 

Les aspirations de la jeunesse irakienne chrétienne

"Tous les Irakiens pas seulement les chrétiens attendent la paix et la stabilité économique. Et nous les chrétiens, l'égalité et la justice, donc un changement ou des réformes sur la constitution qui doivent être basées sur la citoyenneté et non pas la religion." En Irak, les chrétiens sont de ceux qui réclament une séparation de l'Église et de l'État.

L'Église encourage les jeunes à se battre "mais ils ont besoin d'être formés, d'être soutenus parce que la situation politique n'aide pas beaucoup", exprime Mgr Sako. "Mais je crois qu'il y a une prise de conscience de la part des musulmans pour un régime civil."
 

Un appel à soutenir les chrétiens d'Orient

"Si l'Orient est vide de chrétiens, le christianisme n'aura plus de racines, exprime Mgr Sako, il faut soutenir ces chrétiens-là et leur montrer la proximité la solidarité et les aider humainement et aussi smoralement." Le patriarche de l'Église catholique chaldéenne signifie que les chrétiens d'Orient n'ont pas tant besoin d'argent mais de sen sentir moins isolés. "Se sentir humains et chrétiens cela nous manque, on se sent isolés et aussi oubliés étant donné la structure irakienne."

 

 

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[Synode] Un document final qui doit "envoyer des signaux à la jeunesse"

[Synode] Un document final qui doit "envoyer des signaux à la jeunesse"

Le synode sur les jeunes la foi et le discernement vocationnel touche à sa fin et l'heure est à la rédaction du document final qui sera remis samedi prochain au pape François.

Mercredi 24 octobre, les pères synodaux sont réunis en Assemblée plénière pour discuter de la première version du document final qui leur a été présentée mardi 23 octobre dernier et pour déposer d’éventuels amendements au texte. Le document final qui sera voté samedi par les participants ne sera pas un catalogue de propositions concrètes pour les jeunes mais plutôt une liste d’orientations. Libre aux conférences épiscopales et aux différents diocèses de les mettre en œuvre par la suite.

Pour l’évêque de Dolisie, au Congo–Brazzaville, Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, ce synode "est une mise en orbite". Le rôle des évêques sera d’en être "les satellites pour en renvoyer les signaux à la jeunesse". L’évêque africain a tenté pendant le synode de faire entendre sa voix sur la question de l’exploitation des ressources naturelles, cause de migrations forcées dans son pays et ceux limitrophes. Il espère que cette réalité figurera dans le document final du synode voté samedi avant qu’il ne soit remis au Pape François.

Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou, évêque de Dolisie, au Congo–Brazzaville:

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"L’une des raisons essentielles, c’est le bouleversement de l’écosystème. Les Africains ne savent pas faire de pétrole. Nous voulons bien que les terres soient exploitées, mais qu’on tienne compte de ceux qui sont là aussi. Chez moi à Pointe Noire il y a des terres qui sont complètement souillées, et les jeunes paysans qui travaillent là sont obligés de partir. Seulement ils ne font pas de liens entre les exploitations pétrolières et les conséquences. Il faut comprendre qu’ils puissent aller chercher leur avenir ailleurs, même avec beaucoup de peine" explique-t-il au micro de Pauline de Torsiac.

"C’est vrai qu’il y a une solidarité chrétienne, mais ce n’est pas l’Eglise qui va arranger cette situation. Ce sont les grandes décisions politiques. Ils savent très bien l’interaction qu’il y a entre les multinationales et les hommes politiques au pouvoir. Que gagne le peuple ? C’est un problème de développement. Quand on dégage les jeunes, il faut les accueillir quelque part. Il faut même les aider. Je comprends ceux qui ont peur de partager leur gâteau. Mais c’est inévitable. Il faut qu’on reparte à la source. L’Europe et l’Occident seront obligés d’accueillir une bonne partie de l’Afrique" conclut Mgr Bienvenu Manamika Bafouakouahou.

 

[Synode] Pour que les jeunes aillent à la messe

[Synode] Pour que les jeunes aillent à la messe

Des jeunes aimeraient que leur génération aille à la messe, des évêques qui encourager les jeunes à relever les défis de leur temps. Au synode sur la jeunesse chacun exprime ses attentes.

"Entre les 16 jeunes auditeurs invités au synode sur la jeunesse, des liens très forts se sont créés, malgré les barrières linguistiques on arrive à fraterniser juste avec le regard", confie Nathanaël, étudiant en droit à l'université de Nouméa, qui représente la conférence épiscopale du Pacifique. Avec Henriette, 27 ans, de Guinée-Conakry, l'unique représentante des mouvements de scoutisme au synode, ils sont les invités de Pauline de Torsiac et Olivier Bonnel.

"Tout ce qu'on est en train de vivre en ce moment [au synode], c'est pour pousser les jeunes à aller à l'église !"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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Une lettre aux jeunes adressée lors de la messe de clôture

En plus du document final, un texte d'une cinquantaine de pages qui sera présenté samedi, une lettre aux jeunes sera lue dimanche au cours de la messe de clôture de l'assemblée synodale. Si on ne peut en dévoiler le contenur, on peut se demander si l'esprit de cette lettre répond aux attentes des jeunes. "Ce qui ressort surtout c'est la volonté des jeunes d'être écoutés, d'être entendus et le sens de la responsabilité", observe Nathanël. 

Pauvreté, guerre, chômage... D'un pays à l'autre les conditions de vie sont très différentes. Ceux qui sont touchés par le chômage notamment "font partie de ces jeunes que les pères synodaux ont voulu encourager avec cette lettre", explique Nathanël. "Chaque région, on a nos difficultés, nous on n'a pas la guerre sur notre île mais les jeunes ont des défis." 
 

Ce qu'ils ont dit aux pape et aux évêques

"Nous voulons que les jeunes soient écoutés dans l'Église, a affirmé Henriette lors de l'une des réunions du synode, pour une Église bien vivante il faut aussi des jeunes." Les jeunes catholiques ont aussi à cœur de se voir confier des responsabilités dans l'Église : "Oui, nous aussi nous pouvons être responsables", affirme la jeune femme avec conviction. Issue d'une famille musulmane, cette jeune guinéenne s'est convertie au christianisme, à la faveur de son engagement scout - toutefois elle confie : "J'aimais le Christ sans même m'en rendre compte !"

"Tout le monde reconnu qu'il y a un vrai décalage entre le langage de l'Église et ce que nous vivons", observe Nathanaël. "Par exemple quand nous allons à la messe, l'homélie est parfois trop théorique et le langage du curé est pas compréhensible par les jeunes." Selon l'étudiant en droit, "l'important c'est davoir des témoignages de vie personnels".
 

Pour que les jeunes aillent à la messe

Devant le contraste qui existe entre certains pays d'Europe et le sien, Henriette se dit "énormément touchée" par la faible participation des jeunes européens à la messe dominicale, là où "en Guinée, les églises sont remplies de jeunes chaque dimanche". "Tout ce qu'on est en train de vivre en ce moment [au synode], c'est pour pousser les jeunes à aller à l'église !"

En Nouvelle-Calédonie, la jeunesse chrétienne est "très active, très dynamique". Nathanaël a soulevé un problème propre à l'Église de Nouvelle-Calédonie, le fait que beaucoup de jeunes se détournent de l'Église après avoir reçu le sacrement de confirmation. "C'est une réelle problématique, confie-t-il, la solution pour moi c'est la famille la base de tout, j'ai témoigné de ma vie personnelle si je suis là aujourd'hui je le dois à l'éducation de mes parents c'est ce que je suis venu apporter."

 

 

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[Synode] Les mentalités dans l'Église "devront changer"

Le magazine du Synode

Lutter contre le cléricalisme, donner des responsabilités aux jeunes... Ce synode sur la jeunesse qui s'achève met en lumière des volontés de changement des mentalités au sein de l'Église.

Ce jeudi 25 octobre, les pères synodaux ont marché sur l'antique voie de pèlerinage vers Rome, jusqu'au tombeau de saint Pierre. Le synode touche à sa fin et l'heure est à la rédaction du document final qui sera voté samedi. Il y a aussi la lettre que pères synodaux souhaitent adresser aux jeunes. En RDC, les attentes des jeunes vis-à-vis de ce qui va sortir du synode sont très fortes. C'est ce que souligne Mgr Fridolin Ambongo Besungu, archevêque coadjuteur de Kinshasa.

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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En RDC, l'Église catholique joue un rôle de suppléant

En RDC, "c'est encore l'Église catholique qui donne espoir au peuple quant à son avenir". La République démocratique du Congo (RDC) attend son élection présidentielle fixée au 23 décembre prochain mais l'incertitude règne car la vie politique du pays est particulièrement instable depuis 2016. Dans ce contexte Mgr Fridolin Ambongo Besungu rappelle que "l'Église joue une mission de suppléance [du gouvernement], autrement ce peuple serait complètement abandonné à lui-même". L'Église catholique est donc sur tous les fronts, notamment celui de l'éducation.
 

Les attentes très fortes des jeunes chrétiens congolais

Les jeunes générations actuelles, "génération réseaux sociaux" se trouve "bombardées d'informations" et leurs parents "dépassés", observe l'archevêque coadjuteur de Kinshasa. "La jeunesse du Congo a besoin qu'on lui donne de l'espoir pour son avenir", dit-il, son "avenir est pratiquement bouché". Car une fois les études finies vient le problème du travail et la difficulté de trouver un travail. "On est dans un cercle vicieux : on comprend dans ce contexte l'attente de cette jeunesse par rapport au synode."
 

Après le synode, ce qui doit changer

"Le synode nous a aidés à prendre conscience qu'on a pas assez de structures pour accueillir les jeunes." Autre enseignement que Mgr Ambongo Besungu retient du synode, la nécessité d'un "changement de mentalité de la part des adultes : très souvent on a peur que les jeunes fassent des erreurs, il faut faire confiance aux jeunes même s'ils se trompent, ce n'est pas grave". En réaction aux propos du pape condamnant le cléricalisme, là aussi Mgr Ambongo Besungu déplore que "le jeune prêtre" sortant du séminaire "s'installe dans le rôle du patron" et désire à cet égard "un changement de mentalités".

 

 

Une émission proposée par RCF et Vatican News

 

 

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Frère Aloïs dresse son bilan du synode des jeunes

Frère Aloïs dresse son bilan du synode des jeunes

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé, dresse le bilan du synode des jeunes au micro de Pauline de Torsiac.

Frère Aloïs, le prieur de la communauté de Taizé, était présent au synode des jeunes en tant qu'auditeur. N'étant pas un père synodal, il ne votera pas le document final, mais il dresse au micro de Pauline de Torsiac, envoyée spéciale de RCF à Rome, son bilan de ce rassemblement synodal.

Frère Aloïs note tout d'abord le vif désir des évêques de se rapprocher des jeunes, de leurs réalités, de leurs quotidiens. "Une volonté très forte de la part des évêques d’être proche des jeunes. Cette volonté va se traduire dans des initiatives très concrètes. On pourrait imaginer qu’il y ait des réunions par pays, par conférences épiscopales pour approfondir et adapter aux situations locales le document final" lance le prieur de Taizé.

En vrai homme de prière et d'intériorité, Frère Aloïs a également été marqué par le silence. Un silence bien présent au milieu des nombreux échangés qui ont eu lieu pendant ces quatre semaines. "Le silence entre les interventions était merveilleux. Ce n’était pas seulement pour souffler, mais aussi pour vivre tout dans un esprit de prière" ajoute Frère Aloïs.

A Taizé, l'un des maîtres mots est la diversité. C'est donc tout naturellement que Frère Aloïs a été sensible aux différences exprimées durant le synode. "Je retiens la grande diversité. Nous sommes beaucoup plus conscients des différentes situations dans le monde. Un évêque africain l’a dit très clairement. On ne montre pas seulement un Africain en train de se noyer en Méditerranée. Il y a aussi toute la vitalité de l’Eglise africaine. C’est cela qu’il faut montrer. C’était vraiment un échange qui a ouvert l’horizon de tous" témoigne-t-il.

Durant le synode des jeunes, chaque participant venait avec ses questions, ses difficultés, ses fardeaux. "L’une de mes préoccupations était que nous trouvions vraiment dans l’Église des manières, des modes, des lieux où écouter les jeunes. Nous voyons à Taizé que les jeunes cherchent à être écoutés. Ils veulent partager ce qu’ils vivent intimement avec un adulte. C’est très bien que le pape insiste beaucoup sur l’intergénérationnel. Cela pourrait se renforcer dans l’Église" conclut Frère Aloïs.
 

Frère Aloïs, prieur de la communauté de Taizé:

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[Synode] "Le cri des évêques aux jeunes : vous êtes l'Église avec nous"

Le magazine du Synode

Ce samedi est remis au pape François le document final du synode sur les jeunes, qui s'achève ce dimanche 28 octobre. Pauline de Torsiac et Olivier Bonnel font le point.

Le synode sur la jeunesse, un événement que nous vous faisons vivre depuis plsu de trois semaines sur RCF. Dans quelques heures, cardinaux, évêques, jeunes, experts venus de tous les continents rentreront chez eux. Pour faire le point, Pauline de Torsiac et Olivier Bonnel reçoivent Mgr Emmanuel Gobilliard, l'un des quatre évêques français à avoir participé au synode, ainsi que deux jeunes, Thibault, 24 ans, ancien étudiant en droit et Pierrick, 21 ans, étudiant en master I à Lyon. L'un et l'autre font partie de la délégation d'une vingtaine de jeunes qui vient d'arriver de Versailles, pour vivre la fin de ce synode.

"Le cri des évêques aux jeunes : vous êtes l'Église avec nous"

 

Synode des jeunes, RCF se mobilise - Du 3 au 28 octobre, les évêques du monde entier sont réunis à Rome en synode pour réfléchir au thème: "Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel". RCF bouleverse ses programmes pour vous faire vivre un moment historique pour l'Église.
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À qui s'adresse le synode ? 

Inutile de se mentir, pour Mgr Gobilliard, il y a des jeunes qui "n'en ont rien à faire de l'Église". En revanche, ces mêmes jeunes ont besoin d'amitié et de témoignages. "On a besoin que les chrétiens les plus engagés ce soient eux les témoins."

Parmi les chrétiens engagés, Pierrick et Thibault, qui se sentent particulièrement concernés par ce synode sur la jeunesse puisqu'ils ont fait le voyage jusqu'à Rome. "J'avais très envie de participer à ma manière au synode, même symboliquement, en me rendant à Rome", confie Pierrick. Le jeune homme se dit touché par "le désir" des évêques "de répondre à un cri de la jeunesse". "Quand on voit la joie que procure l'engagement et l'effort que représente le fait de suivre le Christ, ajoute Thibault, c'est une relation qu'on veut approfondir." 
 

Le synode, un "écosystème"

"Épuisé mais content", Mgr Gobilliard dit "avoir l'impression d'avoir vécu quelque chose". Selon lui, le synode n'était pas "une réunion" ni "une rencontre" ou même "un temps fort". "C'était quelque chose de l'ordre de la vie de l'Église... le synode c'est Jésus qui marche avec ses apôtres sur les routes de Galilée." Ce qui fait dire à l'évêque auxiliaire de Lyon : "On a essayé de recréer l'écosystème de l'Église, grâce auquel l'Église peut grandir."
 

Faire infuser le synode auprès des jeunes

Reste après cela à faire infuser ce synode auprès des jeunes. "Les personnes qui attendent des recettes toutes faites seront évidemment déçues", prévient Mgr Gobilliard. Les pères synodaux ont selon lui "lancé un cri" en direction des jeunes : "vous êtes l'Église avec nous".

Ils encouragent les jeunes à ne pas attendre que les prêtres leur demandent de s'engager. Mgr Gobilliard salue notamment l'initiative des Altercathos, à Lyon, "un groupe qui a jailli d'un désir d'engagement dans la société, ils vivent très bien sans l'institution mais sont très respectueux de la parole du pape et des évêques : je trouve formidable ce genre de groupes qui connaît une incroyable croissance parce qu'ils ont mis en place cet écosystème."
 

L'importance de l'engagement auprès des plus pauvres

Le pape Françoise insiste sur l'importance de l'engagement auprès des plus pauvres. "C'est là que se vit quelque chose qui est du domaine de l'appel", constate Mgr Gobilliard. Bien souvent en effet ceux qui acceptent de s'engager et font le choix ar exemple d'entrer au séminaire sont des personnes qui étant plus jeunes avaient fait l'expérience de l'engagement associatif. "Les pauvres sont nos maîtres, disait saint Vincent de Paul, ils sont la voix de Jésus qui nous apelle à nous donner."
 

 

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