Une Semaine sainte confinés chez soi, comment s'y préparer?

Les auditeurs de RCF pourront suivre les offices de la Semaine sainte en direct à la radio, tout en restant confinés chez eux. Mgr Emmanuel Gobilliard nous aide à nous y préparer.

VIVEZ PÂQUES ET LA SEMAINE SAINTE EN DIRECT SUR RCF - Dans ce contexte de confinement lié à l’épidémie de Covid-19, toutes les équipes RCF se mobilisent pour vous faire vivre en direct la Semaine sainte et Pâques. Ainsi, nous proposons à nos auditeurs une programmation autour de trois axes : DONNER DU SENS, PRIER et ACCOMPAGNER.
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En tant que président du Conseil d’orientation de RCF, Mgr Emmanuel Gobilliard accompagnera les auditeurs de RCF durant le triduum pascal, et célébrera les offices en direct de l’archevêché de Lyon, avec Mgr Michel Dubost. Si, les équipes de RCF sont mobilisées pour assurer un service d'Église, la Semaine sainte en ce temps de confinement, prend une tournure particulière. Mgr Gobilliard indique comment les auditeurs de RCF peuvent s'y préparer.

 

Suivre les célébrations à distance : "ça devient une liturgie si on accomplit les gestes de la prière"

 

Sans sacrement ni rassemblement, Va-t-on vivre une vraie Semaine sainte ?

Le Vatican l’a annoncé, cette année il n’y aura pas de rassemblements pour la Semaine sainte, pas de rameaux ni lavement des pieds… Va-t-on vivre une vraie Semaine sainte ? Mgr Gobilliard rappelle que "les grâces viennent de Dieu" et "qu’elles dépassent les moyens habituels choisis par l'Église". "Si Dieu est Dieu, il peut faire qu’il y a une vraie conversion, et en particulier dans les moments difficiles. Dans l’histoire du peuple juif, le Seigneur se manifeste de multiples façons."

Il n’y aura pas non plus de sacrement de réconciliation, ni baptême, et les catholiques ne pourront pas communier… "Tout ce dont on est privé, s’il y a un grand désir de le recevoir, le Seigneur le donne." Ainsi, les catéchumènes - ceux qui se préparent au baptême - qui devaient être baptisés lors de la Vigile pascale, recevront "la grâce liée au sacrement". Sans "tomber dans le relativisme", il est nécessaire de comprendre "quand il n’y a pas la possibilité matérielle de vivre le sacrement", le Seigneur répond à notre désir profond et authentique de le rejoindre.
 

RENOUER AVEC LA "LITURGIE DOMESTIQUE"

"On oublie tout ce que les laïcs peuvent faire !" En situation de confinement, où l'on rejoint "l’expérience vécue par le peuple d’Israël ou les premiers chrétiens", on peut "renouer avec une liturgie domestique et familiale, que l’on a un peu perdue chez les chrétiens au profit de regroupements de masse". Ainsi, en plus des bénédictions autour du repas, un parent peut bénir un membre de sa famille… Autant de traditions très présentes encore chez les juifs et que, nous chrétiens, pourrions retrouver à la faveur de ce confinement. 
 

suivre la messe à distance : L'importance des gestes à accomplir

Qui dit liturgie, même à distance, dit gestes de prière. L'évêque rappelle que rester assis sur sa chaise à côté de la radio pendant les offices "ce n’est pas une liturgie" : ça le "devient" si on accomplit les gestes de la prière : tout au long des offices sur RCF, Mgr Emmanuel Gobilliard accompagnera les fidèles et les guidera dans les gestes à accomplir.
 

pour vivre le triduum pascal chez soi : que peut-on aménager ? 

Les auditeurs de RCF vont donc vivre le triduum pascal en direct : comment peuvent-ils s’y préparer ? L'évêque explique qu'ils peuvent d’abord prévoir une décoration adaptée à chaque jour saint et aménager un petit oratoire. Dès à présent, ils peuvent fabriquer des rameaux ou, s’ils ont un jardin, récupérer une branche d’arbre. Pour la Vigile pascale, ils peuvent prévoir un cierge ou des bougies et aussi de l’eau dans une vasque pour rappeler l’eau du baptême. 
 

la joie de Pâques peut-elle être amoindrie par l'épidémie ? 

Pour se préparer à la Semaine sainte, "la question de la joie est très importante", insiste Mgr Gobilliard, qui observe, en ce temps de confinement "plutôt qu’une crise spirituelle, il y a une crise psychologique", causée par la solitude ou le caractère anxiogène de la crise sanitaire. "Je reçois beaucoup de témoignages qui sont positifs sur le plan spirituel, négatifs sur le plan psychologique."

Vivre la Semaine sainte, c'est être tourné vers la joie de Pâques. Une joie que l’on est invités à accueillir au milieu de nos vies marquées par le deuil et la souffrance. "La joie pascale n’est pas d’ordre psychologique, elle repose sur la foi et l’espérance. On n’est pas obligés de se dire que tout est beau. La joie pascale est plus profonde que ça, elle est en lien avec la Résurrection du Christ." 

L’évêque a pour "devise secondaire" : "Pour que ma joie soit en vous" (Jean 15, 11). Il rappelle que "la joie, quand elle est liée à la foi, peut se vivre en lien avec une grande tristesse psychologique et humaine". Et s’il est dit dans la Bible "Soyez toujours dans la joie" (1 Th 5, 16), c’est que la joie de la Bible est liée à la présence de de ceux que l’on aime : "Jésus sait que son Père est toujours présent."

 

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