[DOSSIER] La miséricorde, ou le nom même de Dieu

Du 8 décembre 2015 au 20 décembre 2016, l'Église catholique a vécu une Année de la Miséricorde. Voulu par le pape François, ce jubilé a été annoncé comme une Année sainte. La miséricorde, un thème cher au souverain pontife. Elle invite à entrer dans le mystère de Dieu.

"Ma pensée va, en premier lieu, à tous les fidèles qui, dans chaque diocèse ou comme pèlerins à Rome, vivront la grâce du Jubilé.
Je désire que l’indulgence jubilaire soit pour chacun une expérience authentique de la miséricorde de Dieu, qui va à la rencontre de tous avec le visage du Père qui accueille et pardonne, oubliant entièrement le péché commis..." Pape François.
> Lire la lettre du pape François

L'Année sainte a débuté le 8 décembre 2015, jour où l'Eglise célèbre traditionnellement l’Immaculée Conception. Ce jour a été notamment marqué par l’ouverture de la Porte sainte à la basilique Saint-Pierre à Rome. Elle se clôturera le 20 novembre 2016, la solennité de Jésus-Christ, Seigneur de l’Univers.

Le Jubilé de la Miséricorde c'est:
> Une page Facebook
> Le compte Twitter
> Un site officiel

Qu'est-ce qu'une œuvre de miséricorde?

Qu'est-ce qu'une œuvre de miséricorde?

Aimer son frère est une façon d'aimer Dieu ; le chrétien ne peut vivre que de l’Évangile. Les actes de miséricorde font grandir la foi. Le p. Francis Manoukian répond à Bénédicte Draillard.

Dans son message pour le Carême rendu public le mardi 26 janvier 2016, le pape François invitait à une prise de conscience de notre pauvreté devant Dieu. Le guide des catholiques invitait chacun à "réveiller [sa] conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté". L'Année de la miséricorde est l'occasion de poser des actes concrets de charité. Et de découvrir ce que sont les œuvres de miséricorde. Il en existe 14. Sept d'entre elles sont dites "œuvres corporelles" et sept autres "œuvres spirituelles". Héritage de l'Ancien Testament, elles sont inspirées de la vie et des actions du Christ lui-même.

Les sept œuvres corporelles de miséricorde: donner à manger aux affamés ; donner à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; accueillir les étrangers ; assister les malades ; visiter les prisonniers ; ensevelir les morts.

 

Les œuvres corporelles de miséricorde sont des réponses aux premiers besoins de l'homme. Elles visent à combler une injustice, à répondr à un cri de détresse de l'homme vers son créateur. Pour le p. Francis Manoukian, dans nos sociétes occidentales, on propose souvent à une personne en situation de précarité de se tourner vers une association ou vers les pouvoirs publics. Ce qui ne nous fait pas toujours prendre conscience de tout ce que l'on peut déjà donner à sa propre échelle. "Le premier besoin souvent c'est d'être regardé", exprime le prêtre qui a souvent participé à des maraudes auprès de SDF. "Dans toute oeuvre de miséricorde il y a d'abord la reconnaissance de la personne humaine."

"Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile!"  (1Co. 9, 16), écrivait saint Paul, mais la parole de Dieu ne peut être coupée des oeuvres de miséricorde. Dans l'Evangile, les oeuvres de Jésus parlent autant que ses discours. Aujourd'hui, les chrétiens sont largement présents dans le secteur de l'humanitaire ou du social. Des chrétiens qui "savent que le Christ est proche de leurs fragilités à eux", selon le prêtre de la communauté de l'Emmanuel. "Ils se sentent eux-mêmes consolés par Dieu".

La justice c'est la miséricorde. Au chapitre 25 de l'Evangile selon saint Matthieu, se trouve un texte fondamental pour tout chrétien. On y comprend que la justice selon Dieu est la miséricorde même. "La justice c'est rendre à chacun ce qui lui est dû", explique le p. Francis Manoukian. Qu'est-ce qui est dû à chacun? D'être approché dans sa misère, dans sa fragilité et dans sa pauvreté. Ce superbe texte renvoie chaque chrétien à sa responsabilité vis-à-vis de son frère malade "ou qui ne connaît pas Dieu", précise le prêtre fondateur d'une équipe missionnaire itinérante.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” (Mt, 25, 34-36)*

 

*Source: AELF

 

La miséricorde, un engagement au service de la vie de l’autre

La miséricorde, un engagement au service de la vie de l’autre

Miséricorde et pardon sont deux réalités distinctes. Alors que la miséricorde touche l'être, le pardon concerne l'acte. Béatrice Soltner reçoit Jean Pierre Brice Olivier.

La miséricorde est fondamentale dans la tradition judéo-chrétienne puisque Dieu est décrit comme un être aimant touché aux entrailles par le sort de l’homme. Souvent associée à la compassion, au pardon, au soin accordé aux plus fragiles ou encore à la charité, on a finalement du mal à la définir. "Pour nous ce terme est un peu abstrait, alors que le vocabulaire hébreu est beaucoup plus concret", observe Jean Pierre Brice Olivier, qui explique en effet que dans la Bible on parle du nez pour évoquer la colère, du coeur pour la volonté ou des reins pour la pureté. "Pour la miséricorde, le mot c'est les entrailles, une partie très précise du corps humain: les tripes, le ventre, l'utérus." Or, on sait bien que les entrailles sont le siège des émotions. La miséricorde c'est "être pris aux entrailles".

 

"De même que l'on dit Dieu n'est qu'amour et tout amour, on peut dire qu'il est miséricorde."

Dès l'Ancien Testament et tout au long des Ecritures, il y a des privilégiés dans le coeur de Dieu: les pauvres, les veuves, les orphelins. Ces personnes fragiles qui n'ont personne pour s'occuper d'eux et à qui Dieu manifeste particulièrement sa miséricorde. "La miséricorde rejoint le manque de quelqu'un", explique Jean Pierre Brice Olivier. Ce manque qui permet d'accueillir ce que Dieu donne. Par exemple, Marie-Madeleine, cette femme pécheresse qui rencontre Jésus, est aussitôt pardonnée par le Christ, "visage de la miséricorde du Père", car elle a beaucoup aimé. "La seule chose qui nous doit demandée c'est de beaucoup aimer", explique le dominicain. Mais l'amour dans l'Evangile n'est pas seulement pas d'ordre sentimental. Il ne s'agit pas seulement d'aimer avec des sentiments: aimer dans l'Evangile c'est vouloir aimer.

Les trois "aujourd'hui" du Nouveau Testament - Dieu donne et manifeste sa miséricorde maintenant. Que ce soit à Nazareth (Luc 4, 21), avec Zachée (Lc 19, 5) ou face au bon larron (Lc 23, 43), la miséricorde s'accomplit dans le présent, "c'est un aujourd'hui qui dure". Le passé ne compte pas, l'avenir on ne le connaît pas mais aujourd'hui: recevons-nous cet amour que Dieu donne?
 

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » (Lc 4, 21)
« Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » (Lc 19, 5)
« Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » (Lc 23, 43)*

*Source: AELF

 

Dieu nous couvre de sa miséricorde

Dieu nous couvre de sa miséricorde

"Le péché en nous n'intéresse pas Dieu." Pour Anne Lécu, quand Dieu nous "couvre de sa miséricorde", cela a quelque chose à voir avec le pardon. Elle répond à Béatrice Soltner.

Au début du livre de la Genèse, l’homme et la femme se trouvent libres et sans honte devant Dieu qui les a créés à son image. Il a suffit de la parole d’un serpent pour que ce couple tombe dans la honte et la culpabilité. Alors qu’ils se cachent, Dieu part à leur recherche pour couvrir leur dénuement, une forme de bénédiction pour un nouveau départ. "Le récit de la Genèse n'est pas un récit historique de quelque chose qui se serait passé il y a fort longtemps, c'est un récit théologique qui a donc une intention", explique Anne Lécu. Pour la religieuse, l'auteur exprime ici une énigme universelle, celle de la "discordance interne" qu'il y a en chaque homme. Discordance que saint Paul décrit ainsi "Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas."* (Rm 7,19) Le récit de la Genèse met en scène cette question qui nous concerne tous.

"Le péché en nous n'intéresse pas Dieu", explique Anne Lécu, "ce qui l'intéresse, c'est nous". Dès lors: "le péché en nous n'est pas nous." Anne Lécu est médecin en milieu pénitentiaire. Après avoir consacré ses recherches au thème de l'innocence, elle poursuit avec un nouvel ouvrage consacré à la honte. Elle explore notamment la métaphore de l'habit qui revient très souvent dans la Bible. Le vêtement que l'on porte pour cacher sa honte, la tunique avec laquelle Dieu recouvre l'homme de sa miséricorde... autant d'images qui, d'Adam et Eve au Christ jalonnent l'Ancien et le Nouveau Testament.

"Notre innocence est notre identité la plus profonde." Anne Lécu

La tunique que le Christ laisse à l'heure de sa mort, "sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas" (Jn 19, 23)*, est une métaphore de sa miséricorde. Le Dieu de la Bible est bien un Dieu d’amour qui n’a de cesse de nous couvrir de sa miséricorde, depuis le jardin d’Eden jusqu’au jardin de la résurrection. Pour la religieuse dominicaine, le terme de recouvrir est "très important, il a quelque chose à voir avec le pardon."

* Source: AELF

 

Emission enregistrée en février 2016

"Le Nom de Dieu est Miséricorde": l'expression d'un pape, les confidences d'un homme

Le Temps de le dire

Le livre du pape fait déjà beaucoup parler. Un ouvrage salué comme accessible, où le successeur de Pierre se confie comme à un ami. On en parle avec Stéphanie Gallet

Ce jeudi 14 janvier 2016 sort en France "Le Nom de Dieu est Miséricorde", un petit opus d'une centaine de pages signé Pape François. Et qui prend la forme d'une interview avec un journaliste italien et dans lequel le pape témoigne de sa foi en la miséricorde de Dieu. "On a l'impression d'une conversation, comme un ami parle à un ami", exprime Véronique Fayet. En France et dans le monde l'ouvrage fait parler de lui. Le 12 janvier à Rome, c'est l'acteur et réalisateur italien Roberto Benigni qui a présenté le livre du pape François, avec le cardinal Pietro Parolin, et un détenu converti.
 

La miséricorde, on en parle surtout depuis que le pape nous a proposé cette Année de la Miséricorde. "Quand il nous propose une Année de la miséricorde ce n'est pas un plan de com", pour Christophe Henning. Depuis qu'il est prêtre et peut-être même bien avant, Jorge Bergoglio s'est étonné de l'importance de la miséricorde dans sa vie d'homme et de prêtre. "Il sent au bout de ses trois ans de pontificat que cette miséricorde est le coeur de l'Evangile.". Et le texte qui sort cette semaine dans plus de 80 pays nous-dit-on, fait suite à "Misericordiae Vultus", la Bulle d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde. Un texte dense, très théologique, pour ne pas dire théorique, en comparaison avec le livre d'entretiens dont il est question en ce mois de janvier 2016.

"Le Nom de Dieu est Miséricorde": comme bien souvent avec le pape François, c'est un livre très personnel, étayé de ses lectures de la Bible, des Pères de l'Eglise, mais aussi par son expérience de pasteur. Pour Christophe Henning, dans ce livre le pape se fait en effet "curé du monde. L'ouvrage est comme un "accompagnement du curé du village mondial". Le pape encourage en effet à aller à la source: la confession et le sacrement de réconciliation, décrit comme le lieu même de la miséricorde. Le pape raconte comment cette miséricode n'est pas quelque chose que l'on décrète mais que l'on reçoit essentiellement dans la confession. Et c'est en pasteur qu'il parle de "l'apostoloat de l'oreille", soulignant l'importance de l'écoute dans notre monde d'aujourd'hui.

La foi en un Dieu qui pardonne quoi qu'il arrive est centrale chez ce pape argentin. Adressé au grand public - laïcs comme religieux - ce petit livre est destiné à donner confiance. Il y a "un souffle extraordinaire dans ce texte", apprécie le jésuite François Boëdec. Le pape "trouve les mots justes qui rejoignent chacun, il parle de la vie, des combats de l'homme, de ce qui emprisonne nos existences et nous empêche de croire à l'avenir". Dans ces entretiens ce qui plaît c'est qu'il n'y a pas seulement l'expression d'un pape mais les confidences d'un homme qui se dit pécheur parmi les pécheurs.

"On voit son humilité profonde et vraie", souligne Véronique Fayet. La présidente de Caritas France retient notamment la relation très spéciale que le pape entretien avec les prisonniers. "Quand il dit Je ne me sens pas meilleur qu'eux: c'est incroyable qu'un pape dise ça:". Humilité du pape argentin que l'on a vu au soir de son élection, quand il s'est abaissé depuis le balcon de Saint-Pierre-de-Rome. Humour et sens de la formule, qui touchent et qui sont caractéristiques du style François. "J'ai souri quand il dit la que la confession n'est pas un pressing, on imagine son oeil espiègle", conlut Véronique Fayet.

> Misericordiae Vultus - Bulle d'indiction du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde

> Magazine Pèlerin
> Secours catholique - Caritas France
> Centre Sèvres

Retour sur l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde

Retour sur l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde

Lors de son homélie, le pape François a souhaité que le Jubilé de la Miséricorde soit une année pour "grandir dans la conviction de la miséricorde". Par Pauline de Torsiac et Etienne Pépin.

"N’ayons pas peur! Laissons-nous embrasser par la miséricorde de Dieu qui nous attend et pardonne tout!" Voilà ce qu’a déclaré le pape François lors de la prière de l’Angélus pour marquer le début de l’Année sainte extraordinaire du Jubilé de la miséricorde. Dans son homélie, sous un immense logo du jubilé, le pape a particulièrement souhaité que cette année extraordinaire permette de "grandir dans la conviction de la miséricorde". Il a ajouté: "Nous devons faire passer la miséricorde avant le jugement."

En ce jour du 8 décembre 2015, fête de l’immaculée conception, et 50 ans jour pour jour après la clôture du concile Vatican II, le pape a célébré une messe place Saint-Pierre en présence de 70.000 fidèles environ. Il a ensuite solennellement ouvert la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre, une immense porte située dans l’atrium de l'édifice puis il en a franchi le seuil. Il était accompagné pour l’occasion de son prédécesseur Benoît XVI. Le 8 décembre 1965, le concile Vatican II prenait officiellement fin donc. Pour le pape Françoiscette année jubilaire est une invitation à raviver l’impulsion missionnaire de Vatican II.

Jusqu’au 20 novembre 2016 des millions de fidèles franchiront à leur tour cette Porte sainte à Rome. D'autres Portes saintes seront ouvertes: ce dimanche 13 décembre à la basilique Saint-Jean-de-Latran, mais aussi dans les deux autres basiliques papales, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-murs, les 1er et 25 janvier 2016. Le pape François a en effet invité tous les évêques du monde à ouvrir dimanche dans leur diocèse une Porte sainte, pour marquer le caractère universel de cette année.

En cette fête de l'Immaculée Conception, le sanctuaire marial de Lourdes est en effervescence. La Porte de la Miséricorde a été ouverte par Mgr Brouwet, devant des milliers de pèlerins. Un geste fort, évidemment, dans ce lieu d’apparition de la Vierge, là même où elle déclara à sainte Bernadette : "Que soy era immaculada councepciou", le 25 mars 1858. Lourdes, c'est aussi un lieu où la miséricorde se vit au quotidien dans l’accueil de pèlerins malades, blessés par la vie.

Jubilé de la Miséricorde: "une joie pour toute l'Eglise" confie le cardinal Ouellet

Le Jubilé de la Miséricorde a débuté ce mardi, avec l’ouverture à Rome de la Porte Sainte par le pape François. Pour la communauté Sant’Egidio, il s’agit d’une année particulière.

"Pour nous tous, cette année est une grâce" confirme un membre de la communauté Sant’Egidio de Rome, interrogé par Etienne Pépin pour RCF. Pour cette communauté, qui œuvre dans le monde entier pour la résolution des conflits et l’aide aux plus précaires, le Jubilé de la Miséricorde représente un temps particulier, véritable lien vers les pauvres.

"Dès le début, la communauté a vécu ce charisme du pauvre et de la prière, de l’autel et de la table où accueillir ce pauvre" confie Franco, un membre de Sant’Egidio, qui ajoute qu’évangile et détresse "vont toujours ensemble". Dans la liturgie de Sant’Egidio, à la messe, il y a toujours une place pour le pauvre, précise Franco. Et ce pauvre "c’est avant tout Jésus, qui se fait pauvre".

00:00

00:00

Pour le cardinal Marc Ouellet, interrogé à Rome après la célébration d’ouverture de l’année de la Miséricorde, "c’est un moment magnifique, plein d’espérance et de joie parce qu’ouvrir la porte de la miséricorde c’est ouvrir son cœur à une sainteté plus grande". "Une joie pour toute l'Eglise", conclut ce membre de la Curie romaine. 

00:00

00:00


 

 

Le pape fait de la miséricorde un pilier de l'Eglise catholique

Le Temps de le dire

La Porte sainte de Saint-Pierre-de-Rome est ouverte: le Jubilé de la Miséricorde est lancé. Le pape lance ainsi un appel à ne pas tomber dans l'indifférence. Par Stéphanie Gallet.

En ce 8 décembre 2015, devant des milliers de fidèles arrivés tôt ce matin, le pape François - suivi du pape émérite Benoît XVI - vient d'ouvrir la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre. Une porte que l'on ouvre traditionnellement au début de chaque Année sainte. Ce geste symboliquement fort donne le coup d'envoi à l'ouverture des portes saintes dans les basiliques du monde entier. Dimanche 13 décembre 2015, des milliers de portes seront donc ouvertes à leur tour.

Le Jubilé de la Miséricorde est lancé: avec le pape François la miséricorde devient un pilier de l'Eglise, un appel à la conversion de tous. Pour les catholiques en effet, la miséricorde est le signe de la puissance de l'amour de Dieu. De cette vertu divine le pape François fait un appel à creuser en notre humanité pour toujours plus rayonner de l'amour divin. 

Le pape François nous invite à ne pas tomber dans l'indifférence.

Comment vivre la miséricorde, comment la mettre en oeuvre? Le pape, à la suite du Christ, nous engage à prendre sur nous le fardeau de plus pauvres, à cheminer avec eux. "La miséricorde c'est ressentir dans son coeur et dans son corps la détresse des autres", explique Etienne Séguier. Cette attitude proche de notre moderne bienveillance appelle au pardon. Une force puissante pour nous relier les uns aux autres pour affronter les peurs et les angoisses de nos sociétés.

L'ouverture du Jubilé de la Miséricorde, des gestes symboliquement forts

L'ouverture du Jubilé de la Miséricorde, des gestes symboliquement forts

L'ouverture de la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre symbolise le passage du péché vers la grâce. Des gestes forts que vous explique François Ballarin et Etienne Pépin.

Le Jubilé de la Miséricorde avait été proclamé par la bulle d'indiction Misericordiae Vultus le 11 avril 2015, dans le sillage du synode sur la famille. Cette Année a été proclamée par le pape François pour "offir à tous "la voie du pardon et de la réconciliation". Un jubilé qui s'achèvera le 20 novembre 2016.

Le messe d'ouverture de cette Année sainte extraordinaire est marquée par l'inauguration de l'évangéliaire de la miséricorde. Un ouvrage qui sera déposé sur le même pupitre que celui utilisé pour le concile Vatican II.

L'Evangile de Luc: l'Evangile de la Miséricorde

L'Evangile de Luc: l'Evangile de la Miséricorde

L'enjeu de la miséricorde c'est de donner la vie. C'est ce que Dieu veut faire et ce dont Luc est témoin. Le p. François Lestang répond à Bénédicte Draillard.

"Il est le scribe de la miséricorde", déclare Dante à son sujet. Dans le premier chapitre de son Evangile, Luc met dans les lèvres de Marie ces mots superbes: "Le Seigneur a fait éclater sa miséricorde." Le mot miséricorde se dit "éléos" en grec ; et quand, à chaque messe on dit Kyrie eleison, on dit: "Seigneur fais-nous miséricorde". "C'est-à-dire, au fond, fais-nous vivre, car la miséricorde c'est cette faveur que l'on trouve auprès de Dieu", souligne le père François Lestang. Quand il fait miséricorde, Dieu choisit de donner la vie.

"Si on est appelés à être miséricordieux comme le Père est miséricordieux (Luc, 6, 36), ainsi que le demande le Christ, c'est que nous sommes nous-mêmes appelés à donner la vie que Dieu veut donner."

Le fils prodigue, la pécheresse aimante et pardonnée, Zachée... Luc ne fait pas que raconter des scènes où il est question de miséricorde entre différents protagonistes. L'évangéliste adopte un style particulier et apporte une attention toute particulière à ce qui touche le Christ aux entrailles. Comme dans l'épisode de la veuve de Naïm ou plus tard quand le Christ guéritle serviteur du grand prêtre. "Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit." (Luc, 22, 51). "Il y a chez Luc un amour des ennemis: Dieu veut du bien même à ceux qui apparemment font le mal", explique l'exégète.

Emission enregistrée en octobre 2012

La Bible, histoire de la découverte d'un Dieu de miséricorde

La Bible, histoire de la découverte d'un Dieu de miséricorde

"Le Dieu de la Bible c'est d'abord le Dieu des hommes qui ont écrit la Bible." D'où les images d'un Dieu violent dans les textes sacrés. Marie-Françoise Tinel reçoit Pierre Gibert.

"Ils ont cherché le vrai Dieu. Ils ne l'ont pas cherché en dehors de l'histoire humaine, en dehors du temps et du sens de cette histoire humaine. C'est au cœur des fureurs de leur histoire, au cœur de leur expérience, qu'ils l'ont peu à peu découvert. De cette découverte, ces chercheurs du vrai Dieu et du sens de l'histoire ont rendu témoignage dans l'ouvrage le plus lu au monde dans la Bible." Pierre Gibert est l'auteur d'un ouvrage sur la miséricorde de Dieu, "Ce que dit la Bible sur la miséricorde" (éd. Nouvelle Cité). Il explique que le Dieu de la Bible est d'abord le Dieu des hommes de la Bible.
 

Dieu de violence

La façon dont Dieu est décrit dans la Bible correspond à ce que les hommes ont "imaginé": il ne faut pas avoir peur du mot dit le bibliste. D'où ce Dieu de violence, que l'on reproche parfois à la Bible. Et ce que le P. Pierre Gibert explique, c'est qu'i a fallu du temps à l'humanité pour découvrir un Dieu de miséricorde.
 

Avant le monothéisme, le polythéisme

"L'humanité dans son ensemble est spontanément polythéiste." avant la décpouvert d'un Dieu, il y eut le polythéisme, l'adoration de plusieurs divinité. Même si très vite les cultures sont passées à un monolâtrisme, c'est-à-dire au choix de l'un des dieux parmi les autres. "En général le polythéisme provoque le monolâtrisme." L'Egypte, avec Akhenaton, en est un bon exemple.
 

A l'origine du monothéisme, les prophètes

Ce sont les prophètes qui ont prêché un Dieu unique et dénoncé la souffrance. Ilsont prêté à Dieu des sentiments humains, comme la colère, ou la violence - une violence dirigée contre les injustices. Et c'est précisément cette logique-là qui fait advenir un Dieu de miséricorde: Dieu est à l'inverse de l'homme. Le Dieu de l'Ancien Testament est un Dieu de miséricorde même si au sens strict le mot n'apparaît pas. En revanche, on y trouve un Dieu de pardon, de pitié... des termes qu'englobe la notion de miséricorde.

 

Emission enregistrée en juin 2015

 

Les dossiers RCF